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"Au bonheur d'Elise"
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14 janvier 2018

Guide d’appui pour l’élaboration de réponses aux besoins des personnes présentant des troubles du spectre de l’autisme

Pour rappel -> En recommandant de l'utiliser pour vos dossiers MDPH : http://www.cnsa.fr/documentation/cnsa-dta-2016_web.pdf

A vous de l'imposer et de faire respecter vos droits. N'hésitez pas à le mettre en référence dans vos demandes ... Comme dit Féline ... (Jean-jacques Dupuis)

 

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13 janvier 2018

Le 4ème plan autisme a-t-il les moyens de ses ambitions ?

article publié dans va-infos

Le 4ème plan autisme a-t-il les moyens de ses ambitions ?

A l’occasion de la visite de Geneviève Mannarino, conseillère départementale, au sein du centre Alissa pour autistes d’Aubry-du-Hainaut, le « 4ème plan Autisme » a été abordé par les acteurs présents, Andre Masin, le président d’AFG autisme, Renée Stievenard, maire d’Aubry-du-Hainaut, Cécile Linquette, vice-présidente de l’association l’As des As, la nouvelle directrice Caroline Laurin, et la psychologue, Claire Lecherf.

( Visuel André Masin, Geneviève Mannarino, Caroline Laurin, Renée Stievenart, et Claire Lecherf)

Avant des sujets nationaux abordés par les différents locuteurs, cet échange intervient après un début du mois de décembre électrique. Vacance d’une direction depuis juillet 2016, certes remplacée par Mme Lecherf, un membre de l’équipe médico-sociale, pléthore de questions des parents, des salariés déboussolés, une communication bien trop timide de l’exploitant ’AFG autisme, une porte un matin…, et tout cela débouche sur l’expression d’une colère. Elle ne se juge pas, doit s’entendre, s’écouter, car elle repose sur le fondement qui anime toutes les parties concernées, AFG, parents, salariés…, en l’occurence le bien-être de l’enfant autiste au sein du Centre Alissa.

Le président d’AFG a voulu répondre « la directrice devait arriver le 01 janvier, elle était déjà engagée. Nous avons eu des problèmes de recrutement, compétences insuffisantes, voire un refus d’une promotion interne. Nous ne pouvons pas annoncer des embauches qui ne sont pas certaines », assène André Masin, président d’AFG, très remonté sur cet épisode médiatique.

La nouvelle directrice, Caroline Laurin, est sur site depuis le 12 décembre dernier. « Mme Laurin arrive d’une EPHAD sur la région lilloise. Elle était en cours de formation depuis octobre. Nous l’avons formé sur la thématique de l’autisme », ajoute André Masin.

Pour sa part, Cécile Linquette, vice-présidente de l’association As des As (autistes Asperger), souligne : « Toutes les familles indiquent qu’il y a un manque de communication. Il faut nous écouter, nous entendre. Nous avons du travail à faire ensemble ».

Toutes les cartes sont sur la table pour un retour à un fonctionnement pertinent et bienveillant chez Alissa. Le charme du passé est qu’il est passé, la tache de Mme Laurin est de taille. « Je suis le manager de cette équipe de 20 salariés. Aujourd’hui, la galette sera partagée avec les enfants, les parents, les salariés. Fin janvier, un conseil CVS (Conseil de Vie Sociale) est programmé », explique la nouvelle directrice. incontestablement, ce CVS sera un marqueur pour cette année 2018.

Une plate-forme numérique avec AFG Autisme

Hall d’accueil du Centre Alissa à Aubry-du-Hainaut

André Masin a profité de cette rencontre pour annoncer un prochain déploiement d’une plate-forme numérique partagée. C’est le logiciel Airmes, médico-social d’aide à l’accompagnement des personnes en situation de handicap. « Nous allons utiliser ce système dont nous ne sommes pas à l’origine. Par contre, son promoteur fait partie de notre Conseil d’administration. Cet outil permet de suivre le quotidien de l’enfant, l’agenda, les événements durant la journée, mais également la récupération de données comme le diagnostic de la MDPH… », indique André Masin.

Même si tous les parents ne disposent pas forcément des outils numériques adéquats, cette initiative est très positive dans le cadre d’une information au plus près du quotidien de l’enfant.

Enfin, pour conclure sur le sujet local, André Masin a demandé à Renée Stievenard, maire d’Aubry-du-Hainaut, une signalétique sur la commune pour ce centre Alissa, demande reçue 5/5 par la première magistrate.

« 30 enfants pour l’IME, 17 enfants pour le SESSAD sont sur les listes d’attente du Centre Alissa », précise Caroline Laurin. Cette donnée ouvre les portes d’une discussion plus large.

Geneviève Mannarino, conseillère départementale,  en charge des personnes handicapées et de l’autonomie : « Nous sommes dans un virage sur le sujet de l’autisme »

Caroline Laurin, Geneviève Mannarino

Celui qui ne sait pas d’où il vient ne peut savoir où il va. Le 1er plan autisme (2005/2007) n’existe que parce que la France a été condamnée par l’Europe sur la prise en charge des autistes. «  Nous sommes loin des pays nordiques, du Québec, voire de l’Italie du Nord, et de l’Espagne du Nord », souligne Geneviève Mannarino. En fait, la France cultive un retard structurel tout autant que culturel sur cette thématique.

Les chiffres sont glaçants. En effet, vous avez seulement «  3 à 5 % des autistes adultes, et 15 % des enfants, qui sont pris en charge en France », indique André Masin. C’est pourquoi, un 4ème Plan Autisme est en cours de négociation. « Nous avons beaucoup travaillé dans les commissions dédiées à ce 4ème plan autisme », indiquent de concert Geneviève Mannarino et André Masin.

Bien sûr, l’AFG avec 28 sites en exploitation, 800 salariés, participe à l’ensemble des commissions. « Je suis assez optimiste sur l’autisme léger en terme d’autonomie. Par contre, sur le bas niveau, je suis plus inquiet concernant l’issue de ce 4ème plan autisme », indique André Masin. Sur l’estimation de la population concernée « le spectre est plus large pour une population d’enfants qui n’étaient pas considérés comme autiste. De l’autre coté, les cas les plus lourds sont toujours dans un IME », ajoute-t-il.

« Nous sommes dans un virage sur le sujet de l’autisme. Rien n’interdit des expérimentations. Par contre, je suis très favorable à plus d’autonomie, mais jamais je n’ai mentionné la fermeture de structures », indique avec force Geneviève Mannarino. La question en filigrane est les moyens alloués à cet exercice. « Les premiers retours inquiètent en terme de moyens humains et financiers dédiés à ce 4ème plan autisme en région comme au national », ajoute-t-elle. Les consultations sont achevées. Les arbitrages sont en cours avec un retour dans les mois à venir, difficile d’aller plus loin dans les supputations. Par contre, le constat sur le 3ème Plan Autisme (2013-2017) est sans concession. « Nous avons eu trop peu de moyens pour la mise en place de ce nouveau plan, même si la formation a été abordée », explique André Masin.

Par contre, les paroles entendues durant ces consultations choquent parfois. En effet, certaines voix évoqueraient la fermeture des structures médico-sociales afin de favoriser un soutien appuyé à l’autonomie. « Je leur souhaite bien du courage. Certains jeunes, puis adultes, ne pourront jamais être autonomes. Il faut une réponse adaptée pour chacun », répond André Masin, père de deux autistes. Presque comme une évidence, entre la théorie dans les bureaux, et la pratique de terrain, le gouffre est immense. Le seul fait d’émettre la simple idée que l’autonomie pourrait être la seule réponse apportée à l’autisme est d’une naïveté coupable, d’une cruelle inconscience !!!

Le Conseil départemental prend des initiatives

Dans son prochain budget, le Conseil départemental du Nord joue la carte d’un accompagnement de l’autisme. A ce titre, des innovations comme les « familles gouvernantes » vont se développer sur le département, et bientôt sur Marly. « L’habitat inclusif serait une évolution. Pour cela, il faut travailler avec les bailleurs sociaux entre autres« , ajoute Geneviève Mannarino.

Pour autant, le Nord demeure frontalier de la Belgique. « Nous avons signé des  CPOM (contrats pluriannuels d’objectifs et de moyens) avec des établissements belges dont accueil est d’une grande qualité », explique Geneviève Mannarino. Toutefois, cela ne constitue « qu’une réponse d’attente », ajoute la Conseillère départementale.

Assurément, la construction de structures en France serait le graal de l’accueil des autistes enfants, et adultes. C’est de l’emploi non délocalisable à terme, des chantiers, et bien sûr une nouvelle proximité pour les familles. Ne l’oublions pas, des enfants viennent de toute la France en Belgique, l’éloignement de la famille est un crève-coeur.

En conclusion de cet échange instructif, André Masin commente « tous les acteurs de l’autisme doivent faire quelque chose pour l’autisme», une aspiration très présidentielle soulignant « le besoin de collaboration entre les structures, associations etc. », ajoute Geneviève Mannarino. La transversalité est importante sur ce sujet comme sur tant d’autres.

L’autisme n’attend pas, il espère !

Daniel Carlier

Publié par Daniel Carlier le 11 janvier 2018
André Masin Autisme Centre Alissa Geneviève Mannarino
Le 4ème plan autisme a-t-il les moyens de ses ambitions ?

13 janvier 2018

Un homme condamné pour l’agression sexuelle de sa jeune voisine autiste à Sainte-Marie

article publié sur France bleu

jeudi 11 janvier 2018 à 17:08 Par François David, France Bleu Roussillon

Un habitant de Sainte-Marie-la-Mer (Pyrénées-Orientales) est condamné en appel pour avoir agressé sexuellement sa jeune voisine autiste âgée de 15 ans. En première instance, il avait été relaxé. Une affaire qui montre la difficulté pour la justice d'entendre la parole des enfants handicapés.

Palais de justice de Montpellier Palais de justice de Montpellier © Radio France - Salah Hamdaoui

Perpignan, France

C’est la fin d’une longue épreuve judiciaire pour la famille d’une adolescente atteinte d’autisme : il aura fallu trois ans d’abnégation et deux procès pour faire reconnaître la culpabilité  de leur ancien voisin, un artisan de Sainte-Marie âgé de 57 ans.

L’homme a beau clamer son innocence, la cour d’appel de Montpellier vient de le condamner pour "agression sexuelle" sur la jeune adolescente handicapée. Il écope d’une peine de deux ans de prison avec sursis, assortie d’une mise à l’épreuve. Il est également inscrit sur la liste nationale des délinquants sexuels.

Relaxe lors du premier procès

Eté 2015. L’adolescente est à la plage avec ses parents. Un voisin de la famille propose de l’emmener faire une promenade en barque dans l’embouchure de la rivière la Têt. En confiance, les parents acceptent de lui confier leur enfant quelques minutes. 

Quelques jours plus tard, la jeune fille se confie à son éducatrice, alors qu’elle est de retour sur les lieux à l’occasion d’une promenade. La professionnelle donne l’alerte. Et devant les gendarmes, l’adolescente décrit une nouvelle fois des faits d’agression sexuelle. 

"atre expertises psychologiques et psychiatriques sont diligentées. Toutes concluent à la crédibilité de la jeune fille.  Pourtant, lors du procès devant le tribunal correctionnel de Perpignan, le dossier semble s’effondrer. Le parquet demande la relaxe et il est suivi par les juges.

« Les juges ont traité ce dossier comme s’ils n’avaient pas une enfant autiste sur le banc des parties civiles, analyse Maitre Corinne Serfati, l’avocate de la famille. Il ont voulu entendre et comprendre sa parole comme si elle n’avait pas de handicap. Nécessairement, ils sont passés à côté…"

Un an plus tard, devant la cour d’appel de Montpellier, les événements prennent une autre tournure. L’affaire est examinée en profondeur. Cette fois, les expertises sont prises en compte. Les trois heures d’audience débouchent sur la condamnation du voisin.

"Ce jugement doit faire jurisprudence."

"Il faut que cette condamnation fasse jurisprudence, clame Maître Corinne Serfati. Quand il y a un handicap, la parole de l’enfant est plus difficile à recueillir, et surtout plus difficile à entendre et à comprendre pour les avocats et les magistrats. Ce dossier va donner des clés, pour ne plus passer à côté de la parole d’un enfant handicapé."

Maitre Serfati : « cette décision va faire jurisprudence »

François David
12 janvier 2018

Sophie JANOIS, avocate spécialiste du droit de la santé, invitée du magazine de la santé

L'invitée du jour répondra aux questions de Michel et Marina à propos de son ouvrage "La cause des autistes". Défendre les personnes autistes.

  • Me Sophie Janois, avocate spécialiste du droit de la santé. Le replay de son intervention démarre à 11'30

Le magazine de la santé

A REVOIR Présenté parDiffusé le 12-01-2018 Michel Cymes et Marina Carrère d'Encausse Replay | Durée : 55 minutes Chaque jour, grâce à Michel Cymes, Marina Carrère d'Encausse et Benoît Thevenet, la santé n'est plus un sujet tabou. Les deux médecins et leur complice abordent en direct, avec précision et souvent avec humour, la santé qui est un sujet de préoccupation majeur des Français.

https://www.allodocteurs.fr

 

11 janvier 2018

Nicolas Nordman nouvel adjoint au handicap d’Anne Hidalgo

Vendredi 06 Octobre 2017 - 12h30

Paris

A la suite des élections sénatoriales, Anne Hidalgo a procédé ce 6 octobre a un remaniement de l’équipe du conseil de Paris. Nicolas Nordman succède à Bernard Jomier à la délégation au handicap. Issu du Parti socialiste, l’élu du 19e arrondissement récupère une délégation exclusivement dédiée au handicap.


Nicolas Nordman, 46 ans, conseiller du 19e arrondissement fait partie du nouvel exécutif municipal parisien élu ce 6 octobre. Alors que Paris vient de se voir attribuer les jeux olympiques et paralympiques de 2024, le nouvel adjoint devra relancer l’accessibilité de la voirie et des établissements parisiens. Il devra également veiller au bon fonctionnement de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) de Paris.

Son prédécesseur, le médecin Bernard Jomier a été élu sénateur de Paris sous les couleurs du Parti socialiste. Il avait été désigné en 2014 au moment de l’élection d’Anne Hidalgo à la mairie de Paris. Il avait un portefeuille élargi comprenant la santé et le handicap et faisait partie des élus d’Europe Ecologie Les Verts.

De son côté l’élue écologiste Galla Bridier est désignée comme adjointe aux personnes âgées et à l’autonomie.

La rédaction

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11 janvier 2018

Scolarisation -> Le GEVA-Sco en 10 questions !

 

Le GEVA-Sco en 10 questions !

Le GEVA-Sco, vous en avez entendu parler ? Vous l'avez entre les mains ? Quel que soit le mode de scolarisation de votre enfant, cet outil est important. Le sigle GEVA-Sco signifie : " Guide d'évaluation des besoins de compensation en matière de scolarisation ".

http://www.enfant-different.org

 

6 janvier 2018

Postcast émission la tête au carré avec Sophie Janois, avocate spécialisée dans l'autisme

intervention de Sophie Janois de 15' à 26'

5 janvier 2018

14h Sophie Janois, avocate spécialisée dans le droit des autistes - émission la tête au carré France inter

Sophie Janois est avocate, spécialisée dans la défense des autistes et des parents d'autiste. Manque de prise en charge, défaut de diagnostic, droit aux allocations bafoué... Quand la machine judiciaire et administrative s'enraye, c'est la vie de ces personnes qui est directement impactée, entre enfants déscolarisés et parents à bout de nerfs. Par son action, l'avocate espère apporter un regard nouveau sur le problème et commence à récolter les fruits des graines qu'elle sème. Mais le changement doit aussi être législatif, avec l'apport de textes de lois qui permettront d'encadrer et d'aider efficacement les personnes malades. Sophie Janois signe La cause des autistes, aux éditions Payot, dans lequel elle revient sur ses expériences.

 

5 janvier 2018

Plans autisme en France sur Wikipédia

Historique intéressant ... Manque de mon point de vue la référence à un outil majeur pour la prise de décision Le Mur "la psychanalyse à l'épreuve de l'autisme" réalisé par Sophie ROBERT (cliquez sur le lien pour voir ou revoir) permettant de se rendre compte de la futilité des théories qui soutiennent encore de nombreuses prises en charge dans l'hexagone (Jean-Jacques Dupuis)

Plans autisme en France - Wikipédia

Les plans autisme en France sont des programmes comportant un ensemble de mesures définies et financées par le gouvernement français pour améliorer l'accompagnement des personnes autistes et de leur famille. Depuis 2005, ces plans sont au nombre de quatre. Leur champ d'application est au niveau national.

https://fr.wikipedia.org

 

4 janvier 2018

Un homme politique démissionne pour s'occuper de son fils malade ... En Suisse ...

4 janvier 2018

Contribution Autisme France à la synthèse des axes stratégiques pour le plan 4

2 janvier 2018

La Ferme au Bois, quinze ans d’accueil pour les adultes autistes

Gilles Pourbaix est l’un des fondateurs de la Ferme au Bois, créée par cinq familles d’enfants autistes.
Gilles Pourbaix est l’un des fondateurs de la Ferme au Bois, créée par cinq familles d’enfants autistes.

 

Cela fait 33 ans que Gilles Pourbaix a empoigné son bâton de pèlerin pour porter haut la voix des autistes. Trente-trois ans, c’est l’âge d’Axelle, sa fille, qui ne parle pas. Elle communique par des images et des objets.

Mais à la naissance d’Axelle, on parle peu d’autisme. «  Un médecin nous a expliqué que son retard était dû au fait que c’était une fille qui arrivait après quatre garçons. Selon lui, ma femme ne savait pas s’occuper d’une fille  », se souvient amèrement le Templeuvois.

Explications culpabilisantes

Le couple refuse les explications psychanalytiques culpabilisantes et se tourne vers les méthodes éducatives. Impensable de placer Axelle en hôpital psychiatrique.

Petite, elle est accueillie en Belgique, plus réceptive à la vision anglo-saxonne. «  Avec quatre autres familles, nous nous sommes rendu compte qu’il existait très peu d’établissements éducatifs en France  », note Gilles Pourbaix. Alors ils se regroupent en association pour en ouvrir.

« Ils s’occupent d’un potager, de quelques animaux. Et participent à la vie du village. La Ferme au Bois n’est pas un ghetto. »

C’est alors que naît le projet de la Ferme au Bois, un foyer d’accueil médicalisé (FAM) pour autistes à partir de 20 ans. La famille d’Axelle met un terrain à disposition. Et, grâce aux deniers publics, l’association rénove une vieille ferme au carré qui deviendra la maison des activités, nantie de deux accueils de nuit.

Longue liste d’attente

Ici, la nature donne les premiers repères à ces publics qui en ont tant besoin. «  Ils s’occupent d’un potager, de quelques animaux. Et participent à la vie du village en allant chercher le pain, en faisant du sport dans la salle communale. La Ferme au Bois n’est pas un ghetto  », insiste Gilles Pourbaix.

Le président d’Autisme 59-62, l’association qui gère désormais la Ferme au Bois, se désespère «  d’une liste d’attente de 150 familles  » qui escomptent une place en foyer d’accueil.

«  Les jeunes qui devraient sortir des Instituts médico-éducatifs ne le peuvent pas car il n’y a pas de place dans les structures pour adultes. Alors ils restent en IME et prennent la place des plus jeunes. Avec les budgets contraints, on est dans une logique infernale  », dénonce Gilles Pourbaix, également vice-président du Centre de ressource autisme.

Alors il interpelle le ministère, les élus départementaux et régionaux, sans lâcher son bâton de pèlerin.

 

Association autisme Nord

Les dates clés

1995

Des parents d’enfants autistes créent l’association Autisme Nord pour financer la construction de structures adaptées.

2002

La date d’ouverture de la Ferme au Bois de Genech, un Foyer d’accueil médicalisé qui s’étend sur 1,8 ha et accueille 18 internes.

2005

Construction de l’extension de Templeuve qui accueille 8 adultes autistes.

2014

Autisme Nord fusionne avec Sésame autisme pour créer Autisme 59-62

Bientôt quinze établissements dans la région

Autisme 59-62 gère plusieurs établissements dans la Pévèle : trois foyers d’accueils médicalisés à Genech, Attiches et Templeuve-en-Pévèle, un ESAT (établissement et service d’aide par le travail) à Orchies, au sein de la Chicorée Leroux, ainsi qu’un FAM et un foyer d’hébergement, un FAM à Herlies (qui déménage à Hantay en janvier), deux IME (Institut médico-éducatif) à Annœullin et à Tourcoing, un centre de jour et des maisons Asperger (autistes de haut niveau) à La Bassée, et un FAM à Liévin.

Ce sont en tout treize établissements auxquels se sont ajoutés le SESSAD Éclat de Roubaix (services d’éducation spéciale et de soins à domicile) et le FAM du Coquelicot à Bray-sur-Somme depuis le 1er  janvier.

Pour l’instant, l’association emploie 350 salariés et accueille 300 autistes, de 6 ans à une cinquantaine d’années.

2 janvier 2018

Comment aider les demandeurs d'emploi autistes ?

article publié sur Autisme Information Science

01 janvier 2018

Aperçu: G.M.
 

How to support job seekers with autism? 

 
Nous avons développé cette fiche à fournir des renseignements et des directives sur le soutien aux personnes avec un diagnostic de "trouble du spectre de l'autisme" (dTSA). C'est un point de départ pour une série de questions que vous pourriez vouloir prendre en considération en offrant un soutien lié à l'emploi de ce groupe de demandeurs d'emploi.

Remarque: les troubles du spectre de l'autisme seront nommés TSA tout au long de ce document.

Compréhension de l'autisme et son impact sur le rendement au travail

Les personnes handicapées sont généralement des experts de leurs propres besoins, et de la compréhension de l'impact de leur handicap sur le rendement au travail ainsi que les ajustements de travail dont ils ont besoin lors de ces entretiens, alors que de la formation ou au travail. Cependant, les personnes avec dTSA peuvent ne pas avoir nécessairement un grand niveau de conscience de soi dans ces domaines et cela peut nécessiter une aide supplémentaire pour répondre à ces questions afin de trouver et de conserver un emploi.

L'autisme est un trouble du développement qui a des répercussions sur des domaines clés, y compris celui l'interaction sociale avec d'autres, de la communication, du traitement de l'information, et de la nécessité d'uniformité (structure et la routine). Le degré de difficulté va naturellement varier d'une personne à l'autre.

Les difficultés dans les compétences sociales proviennent d'une incapacité à comprendre les autres et peuvent inclure:
  • la mise à distance (ce qui est perçu par les autres et n'est pas nécessairement vrai)
  • l'incapacité à nouer des amitiés
  • une interaction à une seule voie (difficulté avec le tour de parole) ou une conversation unilatérale souvent liée à une forte zone d'intérêt
  • l'évitement du contact visuel
  • l'incapacité à lire le langage du corps
  • l'incapacité à comprendre les notions d'espace personnel, par exemple, une personne autiste peut se tenir trop près pour le confort des autres en raison d'une altération de la compréhension des règles non écrites de l'engagement social que nous tenons tous pour acquis.
Les troubles de la communication pourrait entraîner la parole rare ou pas de parole, des difficultés à initier la conversation avec les autres et une utilisation répétitive de la langue. Pour certaines personnes ayant de bonnes compétences verbales, leur langue peut être très concrète avec une incapacité à comprendre des concepts abstraits.

Les personnes avec dTSA ont besoin de structure et d'une routine afin d'apprendre de nouvelles compétences et à faire du bon travail. Lorsque qu'elle est submergée ou dépassée, une personne autiste peut manifester des comportements répétitifs, par exemple, être préoccupée par des sujets particuliers restreints, des objets insolites ou se livrer  à des mouvements stéréotypés ou répétitifs tels que le flapping des mains. Ceci est observé comme un moyen de faire face à leurs difficultés.

L'autisme est aussi fortement associé à la déficience intellectuelle si les personnes avec un diagnostic de syndrome d'Asperger, communément appelé autisme de haut niveau, ont souvent des niveaux d'intelligence normale et la capacité d'entreprendre des études supérieures. elles peuvent aussi témoigner d'une connaissance exceptionnelle ou de talent dans des domaines spécifiques, tout en étant en difficulté dans tous les domaines clés du développement, y compris des difficultés de compétences sociales et la nécessité de l'uniformité et de la routine.

Les domaines de fonctionnement importants pour l'emploi qui peuvent être affectés comprennent:
  • littératie et la numératie
  • compréhension de l'information et des instructions, les personnes autistes ont souvent besoin d'être formés sur l'ordre d'une tâche
  • résolution de problèmes et compétences de prise de décision en raison de l'accent sur le détail plutôt que sur la grande image
  • récit du temps, gestion du temps et l'organisation
  • capacité de voyager ou vivre de façon autonome
  • comportements appropriés et les compétences sociales
  • toilettage et les soins personnels.
Certaines personnes avec dTSA vivent de la façon autonome dans la communauté, mais beaucoup vivent avec leur famille ou dans des établissements d'hébergement pris en charge. Il est donc très important d'établir des contacts avec la famille ou les soignants, et si vous avez la permission de parler avec eux, communiquer avec eux pour vous aider à construire une image précise des capacités liées au travail et les limites de tous les demandeurs d'emploi atteints d'autisme de votre charge de travail. Le soutien des autres significatifs est un élément très important pour obtenir un résultat de l'emploi de succès pour votre demandeur d'emploi.

Le Jobaccess contient de plus amples informations sur l'autisme.  Le Jobaccess est une base de données interrogeable qui vous permet de chercher des idées pour des ajustements en milieu de travail et des solutions basées sur un handicap particulier et le type de travail effectué.
 
  • Syndrome d'Asperger
  • Autisme
  • Troubles cognitifs
  • Trouble envahissant du développement non spécifié

Mettez la personne en premier

Lors de l'élaboration d'un plan de recherche d'emploi ou pour offrir un soutien postérieur à l'emploi, il est nécessaire de faire preuve de souplesse et de traiter chaque personne  autiste individuellement. Adaptez votre approche aux besoins et aux capacités individuelles et se concentrer clairement sur les objectifs et capacités de chaque personne. Cela devrait également entraîner la réévaluation et l'adaptation des plans et le soutien nécessaire, en reliant les personnes avec des services spécialisés compétents.

Puiser dans les réseaux de soutien existants peut également contribuer à la concrétisation des ambitions professionnelles. Utiliser les évaluations en cours de validité et les rapports (école, médicaux, de réadaptation et de la capacité de travail) pour vous aider à acquérir une compréhension complète des forces de la personne, les obstacles et toute l'assistance dont ils auront besoin sur le chemin de l'emploi.

Préalable à l'emploi de stratégies

Vous pouvez aider les demandeurs d'emploi autistes à trouver un emploi convenable et durable en développant, avec la personne et ses proches, une approche individualisée préalable à l'emploi du plan qui intègre une analyse de ce qui suit:

une exploration des possibilités d'emploi réalistes
une stratégie de développement des emplois dans les curriculum vitae, les entrevues et les techniques de recherche d'emploi, y compris le rôle du demandeur d'emploi et votre rôle dans ces activités
contrepartie de la divulgation d'invalidité
exigences des ajustements ou des modifications au travail
compte des besoins de soutien post-placement.

Recherche d'emploi

Parfois, les personnes avec dTSA peuvent exprimer des opinions fortes sur les emplois dans lesquels elles pourraient réussir. Ces idées proviennent de leur compréhension limitée des options ou ce qui est impliqué dans un travail particulier. Par conséquent, il est crucial d'explorer soigneusement les compétences professionnelles de chaque demandeur d'emploi et les intérêts personnels par la discussion, la vérification des juges dans l'emploi précédent ou de parler franchement avec des professeurs expérimentés.
Pour ceux qui ont peu ou pas d'expérience de travail récent, il peut être utile d'organiser une expérience de travail ou de bénévolat pour aider à la détermination des choix d'emplois à venir.
Ce processus d'exploration peut aussi aider à déterminer si une personne va être en mesure de travailler pour des salaires complets ou être payée avec un sous salaire minimum fondé sur la productivité dans le cadre de l'accès aux emplois aidés.
La plupart des demandeurs d'emploi bénéficieront d'une implication personnelle dans la préparation de curriculum vitae appropriés, et en utilisant une variété de méthodes de recherche d'emploi. Cependant, la plupart des personnes avec dTSA ont besoin d'aide pour rédiger un curriculum vitae, pour les entrevues et pour contacter les employeurs. Le marketing inversé, composé de la création d'emplois ou la redéfinition des approches avant la publicité, peut-être la meilleure méthode à utiliser avec de nombreuses personnes dans ce groupe. Une bonne règle de base est de faire participer une personne au niveau maximum de ses capacités dans l'ensemble du processus de recherche d'emploi.

Entretiens d'embauche - soutien et conseils

Quand il s'agit de véritables entretiens d'embauche ou de réunions face à face avec les employeurs, de nombreuses personnes autistes ont souvent du mal à soutenir la concurrence pour des emplois avec d'autres candidats. Par conséquent, ils peuvent bénéficier d'un soutien pour la défense de leurs droits lors des entretiens ou des réunions pour bien comprendre les exigences de l'emploi et pour se vendre à un employeur éventuel. Il peut s'agir de l'aide pour expliquer les besoins individuels de formation et de soutien ou d'incitation des employeurs qui pourraient être disponibles (par exemple, les subventions salariales, les salaires pris en charge).
Il est important, en tant que d'aide lors de l'entrevue, que vous puissiez aussi inciter un employeur à éviter un langage complexe ou ambiguë, à reformuler les questions si elles ne sont pas initialement comprises, ou pour compenser les éventuelles difficultés de traitement de l'information tout en laissant suffisamment de temps pour les réponses aux questions d'entrevue.

Tous les candidats à l'emploi, quelles que soient leurs techniques d'entrevue, peuvent bénéficier de possibilités de pratique d'entrevue et de comprendre ce que les entretiens d'embauche se conduisent du début à la fin. Vérifiez également que le demandeur d'emploi a une bonne compréhension de ce que sont les questions de l'entrevue acceptables et légalement admissibles en fonction de leur handicap.

Les questions de divulgation

Il n'existe pas de réponse unique à la question de la divulgation d'invalidité pour les personnes avec dTSA. Pour certains, cela peut ne pas être une question cruciale que leur handicap soit visible. Dans ce cas, cela peut être une question de travailler sur un moyen de discuter du handicap d'une personne et de ses capacités avec des employeurs potentiels d'une manière avec laquelle ils sont à l'aise.
Pour un petit nombre de personnes autistes avec un haut niveau de fonctionnement cognitif ou un syndrome d'Asperger, la divulgation peut devenir un vrai problème qui mérite un examen attentif. Parfois, le handicap peut ne pas être évident au départ dans une interview ou au travail et peut même être perçue comme un comportement bizarre ou excentrique. Cela peut souvent mener à un étiquetage par des collègues. Bien que cela reste toujours le choix de la personne de divulguer, dans ce cas, les stratégies de communication de l'information peuvent être vitales pour s'assurer que le demandeur d'emploi reçoit le soutien et la formation dont il a besoin pour que le placement réussisse.
 

Post-placement des stratégies

Début sur l'emploi des techniques de formation sur place et des conseils

Le démarrage d'une tâche peut être une période éprouvante pour tout nouvel employé, mais pour beaucoup de personnes autistes, compte tenu de leurs difficultés particulières, il peut y avoir la nécessité d'une aide à la formation et un soutien supplémentaires en plus des encouragements que l'employeur peut vous proposer. Cela varie en fonction de l'employé, de la gravité de l'incapacité, de la complexité de la tâche et de la nature du lieu de travail. Une telle formation pourrait inclure:
  • une analyse du travail et la pratique systématique des instructions "montrer et dire"  par un coach interne ou externe pour atteindre la compétence des tâches
  • un suivi de la performance et de l'introduction des aides pour promouvoir l'autonomie et la productivité, tels que:
- auto tableaux de suivi de production
- listes visuelles ou écrites et les horaires
- des modèles ou des échantillons de travail
- instructions de mémorisation
  • des instructions concrètes (règles) concernant la culture du travail en vue de la compétence sociale et de l'inclusion, y compris:
- règles concernant les pauses, les fêtes et le rythme de travail
- vêtements acceptables et hygiène
- les relations de pouvoir
- clans et sous-groupes
- humour et «chahut»
  • une formation des formateurs impliquant:
 - un processus plus formel d'instruire un désigné un collègue ou un superviseur en formation spécialisée plus approprié et les techniques de suivi des performances
- le développement d'un système de jumelage informel, où un collègue est prêt à garder un oeil sur les progrès de l'employé et aider à apprendre de nouvelles tâches et de traiter les problèmes liés au travail comme l'exige
  • l'éducation proactive de l'employeur et des collègues de travail sur l'impact de l'autisme dans le but d'éviter les malentendus sur le lieu de travail ce qui peut impliquer la divulgation complète ou partielle.
La situation idéale est lorsque l'employeur prend possession de l'insertion et de la formation des employés, mais pour les nouveaux employés dTSA, ils peuvent avoir besoin de vos conseils et de l'aide pour bien faire les choses. Ce qui suit est une série de conseils sur la formation efficace pour ces employés, mais gardez à l'esprit que chaque personne est unique avec ses propres capacités, les limites et les styles d'apprentissage:
 
  • la formation doit être menée dans le cadre d'une routine prévisible
  • enseigner de nouvelles tâches de manière séquentielle par une démonstration pratique (le montrer et dire la méthode):
- démontrer ou modéliser la tâche vous-même et ensuite amener la personne à le faire, expliquer et corriger les erreurs au fur et à
  • fournir des repères visuels pour faciliter l'apprentissage, par exemple, les modèles, un ensemble d'instructions écrites, un modèle, un travail mis en place comme une séquence pour donner un sens visuel à celui-ci
  • décomposer des tâches plus complexes et montrer étape par étape en personne , en particulier pour les tâches pour lesquelles une personne risque d'avoir des problèmes de maîtrise
  • Ne parle pas alors pendant la formation et rester concentré sur la tâche à accomplir
  • être ouvert aux différentes manières de compléter des tâches aussi longtemps que le résultat final est le même
  • se concentrer d'abord sur la qualité plutôt que la quantité, en veillant à ce qu'une personne exécute correctement la tâche avant de se concentrer sur la vitesse ou de la productivité
  • donner beaucoup de commentaires positifs sans jamais négliger de corriger les erreurs, les comportements inacceptables ou les méthodes de travail dangereuses et souligner pourquoi c'est important
  • éviter la rotation des emplois, immédiatement ou à introduire trop de variété dès le premier jour, mais rappelez-vous que de nombreuses personnes avec dTSA pourront être multi-compétences et il est souvent utile au processus d'apprentissage (la répétition est la clé) si elles peuvent maîtriser un, deux ou plusieurs tâches avant de passer à l'apprentissage de nouvelles tâches
  • Soyez clair dans vos instructions et ne pas inonder la personne avec beaucoup de nouvelles informations à la fois
- éviter le langage difficile ou directions complexes
- donner une instruction à la fois
- si la mémoire est un problème: constituer une liste d'emplois pour la journée
  • faire comprendre qu'il est normal de se poser des questions en cas de doute sur une tâche ou sur quoi faire, mais aussi d'encourager et féliciter l'initiative
  • être conscient que certaines personnes ne doivent fonctionner ensemble au sein de structures et routines pour être efficaces et ne répondent pas bien aux changements constants ou à variété.
Pour les personnes autistes avec un haut niveau de fonctionnement cognitif ou avec un syndrome d'Asperger , l'accent devrait davantage être mis sur les premières habiletés sociales et de formation comportementale appropriées pour le lieu de travail et les différents collègues avec lesquels ils pourront interagir et de communiquer sur une base régulière.

Un soutien continu

Une fois qu'un employé avec dTSA a commencé à travailler et qu'il s'est vu donner toute l'assistance nécessaire par la formation initiale et continue, vous pouvez augmenter leurs chances de conserver cet emploi en offrant un soutien continu quand cela est nécessaire. Les exigences de soutien continu et la façon dont cette aide est fournie devrait être discuté avec l'employé. Un soutien continu peuvent inclure:
  • des visites ou des appels téléphoniques pour surveiller la performance
  • une aide à la résolution des problèmes liés au travail
  • un encadrement continu des employeurs et des collègues sur les questions pertinentes de handicap ou des techniques de formation
  • des conseils sur la redéfinition des tâches (tâches, les processus, les heures) ou ajustements en milieu de travail (modifications structurelles, des aides et des équipements spéciaux, les stratégies de communication)
  • la mise à disposition des évaluations ergonomiques ou lieu de travail
  • des conseils hors site ou sur site ou des retours sur la performance
  • l'orientation vers des services externes ou de liaison dans les mécanismes internes de soutien
  • une aide à la formation et à l'expansion de ses fonctions, y compris les examens réguliers du rendement / évaluations.

28 décembre 2017

Le combat d’une mère dans la Somme pour aider son fils autiste

Aurélia a cessé son activité professionnelle il y a six ans pour se consacrer à plein-temps à Le’o, 11 ans, atteint du syndrome X Fragile à trouble autistique.
Aurélia a cessé son activité professionnelle il y a six ans pour se consacrer à plein-temps à Le’o, 11 ans, atteint du syndrome X Fragile à trouble autistique.

Le courrier, signé du chef du cabinet du président de la République, est arrivé début décembre dans la boîte aux lettres de la famille Emonnot. Comme un petit avant-goût de Noël : « Croyez bien que le chef de l’État mesure les difficultés quotidiennes auxquelles les familles d’enfants en situation de handicap peuvent être confrontées et il est déterminé à mener une action volontaire sur leur prise en charge », écrit-il, précisant que leur courrier avait été transmis au préfet de la Somme afin que soient recherchés les moyens de les aider.

La famille a écrit à Brigitte Macron

Aurélia Emonnot a aussi écrit à la première dame Brigitte Macron après avoir frappé à toutes les portes dans la région.

Elle espère qu’une solution pourra enfin être trouvée pour son fils Le’o, 11 ans, diagnostiqué à l’âge de 4 ans X Fragile à trouble autistique. Une maladie génétique qui entraîne des troubles du comportement et un retard du développement. « Il est suivi à tiers-temps à l’hôpital de jour La Grande Ours d’Amiens mais sa prise en charge s’arrêtera à ses 12 ans, ce qui veut dire que dans six mois, Le’o sera en fin de parcours et n’aura plus le droit à rien », alerte la jeune femme qui a cessé son activité professionnelle il y a six ans pour lui consacrer tout son temps. « Aujourd’hui, il ne parle toujours pas mais arrive à faire des progrès grâce à ses séances d’orthophonie, d’équithérapie, de ciniothérapie et de psychomotricité auxquelles il a droit quatre matinées par semaine. Mais pour que ses progrès soient vraiment notables, il faudrait que ces séances soient quotidiennes. »

C’est tout le combat de cette famille qui cherche aujourd’hui désespérément une place dans un institut médico-éducatif (IME) spécialisé dans l’accompagnement des enfants autistes.

En vain. Il est depuis six ans sur liste d’attente à l’IME au Fil du Temps d’Amiens. « J’appelle tous les quatre mois la MDPH (Ndlr : la Maison départementale des personnes handicapées) pour savoir où en est son dossier. J’ai toujours la même réponse : il n’y a pas de sortie pour l’instant. On me dit qu’il faut compter dix ans d’attente en général, mais dans 5 ans, Le’o aura 16 ans, et sera donc bien trop grand pour l’IME. »

La famille a bien eu une proposition pour un établissement situé à Bussy-les-Daours mais il ne correspondait pas à ses attentes : « Non seulement il n’est pas adapté à la situation de Le’o mais en plus, nous avons besoin qu’il reste à Amiens où habite sa grand-mère dont il est très proche. »

C’est en effet elle qui épaule au quotidien la famille qui habite près de Roye et multiplie les allers-retours à Amiens. « Il dort au moins une fois par semaine à la maison et je l’ai régulièrement pendant les vacances pour les soulager un peu car ce n’est pas facile pour eux, la vie de famille en prend forcément un coup », témoigne Francine.

Contactée, la MDPH indique que le cas de Le’o n’est pas considéré comme une situation critique dans la mesure où il bénéficie actuellement d’une prise en charge quatre matinées par semaine. « Mais nous travaillons pour qu’il ne se retrouve pas en situation de rupture de parcours en septembre prochain », assure Brigitte Godart, la directrice qui reconnaît le chiffre de 25 cas d’enfants en situation critique chaque année. « Mais nous sommes confiants sur la possibilité de Le’o d’intégrer un établissement en septembre 2018 », précise-t-elle.

 

TÉRÉZINHA DIAS

Pour suivre le combat de Le’o : La vie de Le’o sur Facebook

28 décembre 2017

Un Conseil Départemental condamné à verser plus de 7000 € de RSA à une mère d’enfants handicapés

logo toupi carréarticle publié sur le site de TOUPI

Nadia, mère de deux enfants handicapés, s’était vu réclamer un indu de RSA en janvier 2016 et avait été privée de RSA depuis. La CAF et le Conseil Départemental de Haute-Savoie prétendaient qu’elle n’avait pas droit au RSA parce qu’elle percevait la Prestation de Compensation du Handicap pour ses enfants.

Le tribunal administratif de Grenoble vient de condamner le Conseil Départemental de Haute-Savoie à verser à Nadia le RSA dû depuis janvier 2016, soit plus de 7000 €. En effet, comme nous l’expliquions ici, la Prestation de Compensation du Handicap (PCH) n’a pas lieu d’être intégrée dans les ressources qui servent à calculer le RSA, lorsque cette PCH est versée à l’aidant d’un enfant de moins de 20 ans.

La décision du tribunal a été prise en moins de trois semaines, en référé, car il a reconnu l’urgence de la situation.

 

Dans au moins 14 départements, les Conseils Départementaux privent illégalement des parents d’enfants handicapés de RSA : Aveyron (12), Bouches du Rhône (13), Côtes d’Armor (22), Lozère (48), Manche (50), Mayenne (53), Oise (60), Sarthe (72), Haute-Savoie (74), Seine Maritime (76), Nord (59), Somme (80), Vaucluse (84), La Réunion (97).

TouPI continue à accompagner les familles concernées pour que leurs droits au RSA soient rétablis. Nous regrettons néanmoins qu’il faille en passer par la justice pour que les familles obtiennent simplement le juste versement des prestations auxquelles elles ont droit. Ne s’indignerait-on pas de devoir aller devant le tribunal pour recevoir le versement de prestations familiales ? Pourquoi en va-t-il autrement pour les familles ayant des enfants handicapés ? Pourtant, malgré nos alertes auprès de la CNAF (Caisse Nationale d’Allocations Familiales) et du Secrétariat d’Etat aux Personnes Handicapées, rares sont les familles qui, jusqu’à présent, ont obtenu la régularisation de ses droits autrement qu’en s’adressant à la justice. La CNAF refuse toujours de modifier sa circulaire erronée.

 

Nous remercions Maître David Taron qui nous a accompagnés.

L’ordonnance du tribunal administratif de Grenoble est consultable ici.

27 décembre 2017

Robes noires et blouses blanches ou le problème préoccupant des signalements abusifs

placements abusifs

article publié dans JIM

Publié le 27/12/2017

Paris, le mercredi 27 décembre 2017 – « Il (le médecin) a fait une IP (information préoccupante) sans nous prévenir, pour carence de soins et nomadisme médical. Pourquoi n’a-t-il pas pris la peine de nous appeler ? On lui aurait expliqué nos réflexions, nos doutes... On a l’impression qu’il a coché des cases pour se protéger : enfant autiste, pas de suivi, signalement... Je n’ai plus confiance ». C’est par ce témoignage en forme de vignette clinique, que TSA (Travail Social Actualités) avait illustré le problème des signalements abusifs de parents d’enfants autistes à la protection de l’enfance (1). En fait, deux débats se superposent. D’une part, la question (plus générale) des confusions de diagnostics, dans ce cas entre autisme et maltraitance, ailleurs entre une suspicion de maltraitance et une autre situation médicale ou psychopathologique : maladie des os de verre, phénomène d’aliénation parentale (2), etc. Ces erreurs d’aiguillage conduisent à faire intervenir indûment les robes noires des magistrats là où les blouses blanches des médecins s’imposeraient en priorité. D’autre part, il existe une controverse, plus spécifique aux troubles du spectre autistique, sur les modes de prise en charge préconisés. Quand une famille s’oppose à une proposition d’intervention (thérapie, rééducation particulière...), il n’est pas rare qu’elle suscite des soupçons de maltraitance, au moins par carence de soins : voyant abusivement un contexte de maltraitance, des travailleurs sociaux, des médecins ou des enseignants signalent une situation préoccupante et la lourde machinerie judiciaire est alors actionnée.


Pourtant, « personne ne ressort indemne d’une procédure pour signalement abusif, des familles sont détruites », souligne M’Hammed Sajidi, auteur d’un Guide contre le signalement abusif (3). Présidente d’Autisme France et auteure d’un rapport sur les violations des droits et dysfonctionnements de l’Aide sociale à l’enfance » (publié en juillet 2015) (4), Danièle Langloys dénonce une « impitoyable machine à broyer les familles d’enfants autistes. » Et même un juge des enfants, Éric Bocciarelli, confirme la réalité de ce problème : « On est insuffisamment éclairé. On n’est pas très bon pour évaluer la maltraitance, l’autisme n’est pas toujours bien diagnostiqué en France, et les magistrats sont au degré zéro de la formation sur les troubles autistiques. »

Plusieurs moyens permettraient d’améliorer cette triste situation. Surtout, promouvoir une meilleure formation pour l’ensemble des acteurs impliqués dans la chaîne des signalements et des IP, y compris les médecins de première ligne, auxquels on demande de plus en plus souvent de formuler un diagnostic incombant normalement aux Centres de ressources autisme (CRA), car ces structures dédiées sont engorgées par des « listes d’attente de 18 mois. » Il faut aussi rénover profondément la lecture archaïque de l’autisme qui prévaut encore souvent en France, une lecture imprégnée par la psychanalyse où la mère est forcément coupable : le juge Bocciarelli confirme que « certaines familles se heurtent à des professionnels obtus voulant imposer leurs préconisations et sont signalées, alors qu’il n’est nullement question de danger pour les enfants ». Rappelons que la loi (Art. 375 du code civil) (5) concerne pourtant les cas où l’un ou plusieurs de ces trois domaines, la santé, la sécurité ou la moralité, sont en danger.

Dr Alain Cohen

Références

(1) Iris Briand : À qui peuvent se vouer les familles d’enfants autistes ? TSA n°75 (2016) : 10–12.
(2) http://paulbensussan.fr/alienation-parentale/
(3) http://vaincrelautisme.org/sites/default/files/Guide%20contre%20le%20signalement%20abusif.pdf
(4) http://www.autisme-france.fr/offres/doc_inline_src/577/Rapport%2Bsur%2Bles%2Bdysfonctionnements%2Bde%2Bl5C27Aide%2BSociale%2BE0%2Bl5C27Enfance%2BAutisme%2BFrance%2B2%2Bversion%2Bpublique.pdf
(5) https://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do?cidTexte=LEGITEXT000006070721&idArticle=LEGIARTI000006426776

23 décembre 2017

Lamballe. Pour leur fils autiste, les parents montent au créneau

Paul et Annick lancent un appel pour que leur fils, Quentin, puisse intégrer une MAS de façon définitive.
Paul et Annick lancent un appel pour que leur fils, Quentin, puisse intégrer une MAS de façon définitive. | Ouest-France

 

Sonia TREMBLAIS.

Les parents de Quentin, un jeune homme de 21 ans, bataillent pour lui trouver une place définitive dans une Maison d’accueil spécialisée. Il est ballotté entre plusieurs structures. Les parents témoignent.

« Nous sommes en colère ! » Annick et Paul Tardivel habitent Saint-Aaron, à Lamballe. Elle est assistante maternelle, lui est à la retraite. Ils sont les heureux parents de six enfants, dont Quentin, âgé de 21 ans. Sa particularité ? Son handicap. C’est seulement en juin dernier que le diagnostic est tombé. « Notre fils est autiste typique associé à une déficience intellectuelle. Un diagnostic posé bien trop tard », s’agace la mère de famille.

Auparavant, il présentait un trouble de déficit de l’attention avec hyperactivité. « À l’époque, les professionnels manquaient de formation sur l’autisme. Depuis son tout jeune âge, nous savions que quelque chose n’allait pas ». Après le CP, il est dirigé en Clis (classe d’intégration scolaire). « Il décrochait vite. » Il est ensuite entré en IME, institut médico-éducatif.

« Le corps de Quentin a dit stop ! »

À 15 ans, « il a été dirigé vers un apprentissage en espace vert, s’indignent les parents. Cela l’a perturbé. Il a dû abandonner à cause de son comportement envers les autres ». En 2015, il consulte un psychiatre qui lui prescrit un traitement. En février 2016, Quentin fait une réaction médicamenteuse et tombe dans le coma. « Nous avons su ensuite que ce traitement n’était pas approprié. Le corps de Quentin a dit stop ! Pendant une semaine, son pronostic vital était engagé. »

La décision du corps médical tombe. Il est interné en hôpital psychiatrique à Saint-Brieuc. Stupeur dans la famille. « Les soins étaient inappropriés. » Quentin perd des forces. Les parents sont dévastés, ses frères et sœurs aussi. « Il a fallu lui réapprendre tous les gestes de la vie quotidienne. La vie à la maison, ce n’était plus comme avant. »

De plus en plus perturbé, Quentin retourne en IME et fait des allers-retours en MAS (maison d’accueil spécialisée) dans quatre villes différentes. Comme toute personne handicapée, il bénéficie de 90 jours d’accueil en MAS par an.

Pour les familles, c’est un répit pour souffler. « Mais, ce n’est que temporaire. À la fin de l’année, cela s’arrêtera. Nous craignons qu’il doive retourner en hôpital psychiatrique. Notre fils n’a pas sa place là-bas ! » Il y a un mois, Quentin s’est fait agresser par un patient. « Le personnel n’a pas eu le temps d’intervenir ! »

Lire aussi : Autisme. L’État condamné à trouver une structure adaptée à un enfant de 12 ans

Les parents dénoncent « le manque de moyens»

Une situation très compliquée. « Quentin ne veut plus aller à l’hôpital. Il est enfermé, alors qu’il a besoin d’air et d’espace. Il n’y a pas de place en MAS. » De démarche en démarche auprès des organismes de santé et d’élus, les parents dénoncent « le manque de moyens. L’État doit agir pour proposer des structures adaptées. Il y a de grands besoins pour l’accueil des autistes ainsi que pour former les soignants ».

Dans leur lutte, la famille est soutenue par l’association Autisme, ça suffit ! « Moralement, c’est important. Nous sommes aussi fatigués et parfois découragés. »

« Il vit dans sa bulle mais il adore la mécanique »

Ils parlent avec amour de leur grand garçon aux yeux bleus… « Il vit dans sa bulle mais il adore la mécanique, sourit Paul. Dès qu’il voit un tracteur ou une tondeuse, son regard s’illumine ». La famille persévère. « Quentin est en détresse, nous aussi. Mais nous nous battrons jusqu’au bout. Le pire, c’est qu’il doit rester à l’hôpital pour que le dossier avance. Aujourd’hui, il y a plus qu’urgence ! »Paul et Annick lancent un appel pour que leur fils, Quentin, puisse intégrer une MAS de façon définitive. Un combat qu’ils mènent non seulement pour eux mais pour toutes les familles touchées par le handicap. « Si ça peut servir aux autres… »

21 décembre 2017

Bulletin d'information d'Autisme Europe - décembre 2017

21 décembre 2017

Bande annonce de "Maternophobie" émission réalisée par Sophie Robert

il y a 2 heures141 views

dragonbleutv

Dragon Bleu TV

Bande annonce d'une émission de 85 minutes "Maternophobie" produite, réalisée et animée par Sophie Robert pour Océan Invisible Productions et Ninsun Project.

Sujet : "Syndrome de Munchausen par procuration" versus "syndrome d'aliénation parentale" : deux fantasmes psychiatriques utilisés dans les tribunaux pour condamner les parents/mères d'enfants différents et les mères d'enfants abusés sexuellement dans leurs démarche de protection de leur enfant. Objectif, les séparer de leur enfant pour le confier à une institution ou au parent abuseur. Les mères sont la cible, les enfants différents/handicapés, et les enfants abusés en sont les premières victimes.

Comment en est on arrivé à criminaliser l'amour maternel? D'où viennent ces théories d'un autre âge? Comment s'expriment t'elles aujourd'hui ? Comment s'en prémunir?
Avec : Caroline Colombel,
Me Sophie Janois, avocate en droit de la santé,
Véronique Gropl, présidente des Rencontres Internationales de l'autisme,
Maud Lacroix, présidente de l'association Petits Bonheur,
Ilel Kieser, psychologue spécialisé dans la protection de l'enfance et des victimes d'abus sexuels,
Pr Christophe Lançon, chef du service psychiatrie de l'hôpital de la Conception à Marseille.

21 décembre 2017

Handicap et enfants: la grande loterie des auxiliaires de vie scolaire

article publié dans l'express
Actualité
SociétéPar , publié le 21/12/2017 à 07:15 , mis à jour à 14:04

Dans une salle de classe d'une école primaire à Marseille, le 4 septembre 2017.

Dans une salle de classe d'une école primaire à Marseille, le 4 septembre 2017.

afp.com/BORIS HORVAT

Les auxiliaires de vie scolaire (AVS) permettent à certains enfants handicapés de gagner en automonie et de suivre une scolarité dans un cadre "classique". Mais encore faut-il en avoir une.

Depuis que son fils est scolarisé, Christophe Frérot s'inquiète à chaque rentrée. Il y a deux ans, Thomas s'est retrouvé sans auxiliaire de vie scolaire (AVS): elle s'était blessée alors qu'elle animait une colonie de vacances pendant l'été et n'a pas été remplacée. L'adolescent atteint de troubles autistique a donc pris sur lui en classe. "Mais il pétait un câble lorsqu'il rentrait le soir", raconte le père de famille, militant au sein du Collectif citoyen handicap

LIRE AUSSI >> Plus de 3000 élèves handicapés ont fait leur rentrée sans accompagnant 

Chaque année, les parents d'élèves en situation de handicap dont la condition requiert l'assistance d'un ou d'une AVS -en très grande majorité des femmes- angoissent. Leur attribuera-t-on une AVS à la rentrée? Si tel est le cas, combien d'heures sera-t-elle présente chaque semaine? Et s'il lui arrive quelque chose avant la fin de l'année, sera-t-elle remplacée? C'est que le problème est structurel depuis des années, malgré les engagements des différents gouvernements: quelque 122 000 enfants sont concernés en 2016 pour seulement 70 000 accompagnants (45.000 AVS et 25.000 emplois à temps plein d'AESH -accompagnants des élèves en situation de handicap). 

Sans AVS, la situation "peut se transformer en cauchemar"

"Quand on a gagné une année, ça ne veut pas dire qu'on va gagner la suivante", résume Danièle Langloys, présidente de la Fondation autisme et mère d'un autiste aujourd'hui adulte. Tous les ans, des familles font appel à sa Fondation parce qu'elles n'ont pas d'AVS, que les heures notifiées ne sont pas effectives ou que l'AVS a abandonné son poste, "laissant alors l'enfant sans auxiliaire en milieu d'année scolaire". Une part d'aléa terrifiante pour les familles dont la situation, déjà complexe, "peut se transformer en cauchemar sans nom".  

Une majorité d'établissements scolaires n'acceptent les enfants qu'en présence de ces contractuelles de l'Éducation nationale, dont les contrats sont le plus souvent à mi-temps. Sans cette aide, beaucoup d'enfants peinent à suivre en classe. "Ils ne maîtrisent pas les consignes qu'on leur donne, ne comprennent pas comment il faut se conduire, quand et comment intervenir, ni à quelle allure ils doivent travailler", développe la présidente de la Fondation. "Avec des hyperactifs [30% des enfants autistes], la situation peut vite devenir ingérable." 

TÉMOIGNAGE >> "Sans auxiliaire de vie scolaire, mon fils handicapé n'ira pas au CP" 

"Mon fils ne comprend pas les notions de groupe", avance par exemple Christophe Frérot, dont le fils de 16 ans est aujourd'hui en 3e. "Nous ne voulons pas d'AVS pour le plaisir mais pour pousser nos enfants au niveau de la scolarisation. Lorsqu'elles ne sont plus là, ils régressent. Et lorsque ça arrive, l'Éducation nationale nous dit qu'ils ne sont plus aptes à être scolarisés en milieu ordinaire" et sont orientés vers des structurées spécialisées. 

Cette proposition, Christophe l'a balayée d'un revers de main lorsque Thomas était encore petit. Il ne veut pas de ce type d'établissement, qu'il juge inadapté pour son fils. Comme le lui permet la loi, il demande donc une AVS. "Selon les professionnels, Thomas n'avait pas sa place à l'école. Ils disaient qu'il fallait le placer en institut, qu'il ne saurait jamais lire, écrire, parler. Mais nous nous sommes rendu compte qu'il pouvait tout à fait intégrer le milieu ordinaire avec l'aide d'une auxiliaire." 

"Les familles les plus défavorisées trinquent"

Aujourd'hui, Thomas parle, lit, écrit et compte. L'école lui a permis de gagner en autonomie. Il pourra ainsi "moins vivre au crochet de la société", selon son père. Cette solution serait même bien moins coûteuse pour l'État. "L'hôpital de jour coûte 180 000 euros à l'année, contre 700 euros par mois pour une AVS à temps partiel", calcule le papa, pour qui cette scolarisation a aussi un prix. Pour s'occuper de son fils lorsqu'il n'est pas à l'école, Christophe a arrêté de travailler. Il a donc décidé d'attaquer l'État pour "absence de prise en charge".  

"Nous ne regrettons pas ce choix, mais les frais de psychologues à nos frais et la perte de mon salaire nous a forcé à revoir nos projets".Il s'estime cependant chanceux, car son fils bénéficie d'une AVS pendant 24 heures par semaine, un quasi temps plein, une situation rare. "Ce sont les familles les plus défavorisées qui trinquent. Elles se retrouvent dans des situation de précarité parce que les parents doivent s'occuper de leurs enfants scolarisé à temps partiel", assure Danièle Langloys. 

TRIBUNE >> Emploi: "Il faut des contrats adaptés pour les parents d'enfants différents" 

En cas d'absence d'AVS ou de non-respect des heures notifiées, la Fondation Autisme propose aux parents des documents de référence pour mettre en demeure la direction académique de l'Éducation nationale. "La loi impose de mettre des AVS à disposition des enfants qui en ont besoin. Une notification d'AVS est une décision d'Etat. La direction académique peut donc rapidement être mise en référé", développe la présidente de l'association. Elle précise: "les familles gagnent systématiquement". Sur le fond, en tout cas, ce qui ne signifie pas nécessairement qu'une AVS soit notifiée à leur enfant dans la foulée. 

Un emploi précaire qui n'attire pas de candidat

Mais si l'Éducation nationale peine à respecter ses engagements, c'est aussi parce qu'il existe un réel problème de recrutement chez les AVS. Majoritairement à temps partiel, en contrat à durée déterminée et payé au lance-pierres, le métier n'attire pas les foules. "Ce n'est pourtant pas faute d'avoir réclamé la titularisation de tous les postes de salariés précaires de l'Éducation nationale", s'énerve Élisabeth Boussion, présidente du Collectif 49 Précaires de l'Éducation nationale.  

"Les AVS ne peuvent pas vivre correctement. Elles sont obligées de chercher un poste ailleurs pour subvenir à leurs besoins, alors qu'une titularisation serait bénéfique pour elles comme pour les enfants." Danièle Langloys confirme: "On se sert des personnes en situation de précarité sociale comme variable d'ajustement au handicap. Leurs contrats ne durent que 18 mois, trois ans dans certaines Maison départementale des personnes handicapées (Mdph). Ce n'est pas respectueux". 

D'autant que, si l'on en croit Élisabeth Boussion, les formations dispensées par l'Éducation nationale ne sont ni sérieuses, ni adaptées, et les conditions de travail laissent cruellement à désirer. "Les AVS sont maltraitées, astreintes à des heures de travail non-rémunérées, elles sont mal payées, mises au fond de la classe pour ne pas déranger." 

La baisse des emplois aidés impacte directement les AVS

Début décembre, la secrétaire d'État en charge des Personnes handicapées Sophie Cluzel annonçait la création de 11 200 postes d'AVS, en contrat avec l'Éducation nationale, pour pallier le manque dès la rentrée 2018. Sa déclaration a cependant laissé les parents perplexes. "On prend les parents pour des cons", souffle Christophe Frérot. "Le nombre d'AVS a diminué récemment, notamment parce que les contrats aidés [la moitié des accompagnants actuels] ont été massivement sabrés par le gouvernement. Nous voulons donc savoir quel sera le véritable nombre d'AVS supplémentaires." 

Mais là n'est pas le problème, pour la présidente du Collectif 49: "Sans titularisation et sans formation professionnelle qualifiante, on continuera à faire du bricolage avec ces enfants. Les recrutements sont impossibles sans changement". Au micro de RTL, Sophie Cluzel a promis la mise en place d'un contrat "plus pérenne", dans le cadre d'une "professionnalisation des accompagnants". Et de dénoncer en choeur avec les premiers concernés: "Certains élèves n'ont pas d'AVS parce que tant que l'on sera sur un système précaire avec des contrats aidés, il manquera toujours des AVS". Un constat sur lequel les parents concernés l'attendent désormais.  

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