article publié sur le site Autisme Infantile Ressources et entraide - 15 février 2011
La pression intolérable sur les parents après le diagnostic d’un TED ou d’un autisme

Prises en charges précoces: on fait peur aux parents !
Je ne pense pas que nous soyons les seuls parents sur qui la pression monte terriblement avec l’annonce d’un TED ou d’un autisme pour un enfant. Ce billet vient de la lecture d’un billet de Béatrice datant de l’an dernier, sur qui la pression a été mise aussi.
Suivant le professionnel qui fera le diagnostic, deux possibilités:
- les parents seront poussés dans les hôpitaux de jours, non adaptés en général à la prise en charge des Troubles Envahissants du Développement.
- D’autres, comme nous, seront orientés en libéral, sur conseil d’un ou d’une pédopsychiatre ouverte sur les nouveaux types de prise en charge : la thérapie psycho-éducative.
Notre pédopsychiatre nous a même dit que les hôpitaux de jours étaient plutôt pour des parents démissionnaires, démunis devant le handicap de leur enfant. J’ai trouvé cette phrase très dure, je n’en mesure pas la réalité. Je ne peux donc pas parler pour les parents qui se sont vus orientés en hôpitaux de jour.
Cependant, nous, parents qui choisissons la voie « libérale », sommes lâchés dans la nature. Par le biais des forums, ainsi que de la communauté Autisme Infantile, nous avons été convaincus que la thérapie psycho-éducative devait tenir une part importante dans la prise en charge (PEC, dans le jargon…) de notre fils.
Là, nous commençons une prise en charge en individuel, et nous mesurons la chance que nous avons que ce type de thérapie donne de bons résultats sur notre enfant. Nous apprenons à cette occasion que si nous voulions être pris en charge au sein de l’association vers laquelle nous nous étions tournés à cause du psychologue, il nous faudrait descolariser notre enfant 4 demi journées par semaine : en effet, elle n’accepte de prendre en charge les enfants qu’à raison d’un mi temps, en deçà, les résultats ne seraient pas suffisamment bons. Cela nous a bien évidemment rebutés, car il est hors de question de descolariser autant notre fils, surtout avec l’AVS qui est maintenant présente, qui l’aide à progresser, et qui suit également un autre enfant (d’où des difficultés d’emploi du temps).
Donc, nous restons avec le psychologue en libéral qui travaille également pour cette association (pour du suivi de prises en charge par des intervenants). Mais, assez vite, le psychologue nous dit estimer que deux prises en charge par semaine seraient bien plus profitables, l’idéal étant le mi-temps, mais qu’il comprenait les difficultés financières que cela engendre. Mais on nous fait sentir aussi le sentiment d’urgence : le risque que l’enfant, du fait de ses troubles du comportement, ne soit plus scolarisable.
Tout ceci est très perturbant:
- Faisons-nous bien?
- L’école n’est-elle pas anxiogène pour notre enfant?
- N’aurait-il pas besoin de moments de décompression?
Aujourd’hui, 4 mois après nous savons que non, que l’école lui apporte beaucoup, le sociabilise, lui fait même apprécier la compagnie des autres enfants, ce que nous n’obtiendrions pas même avec la meilleure prise en charge possible.
Il a la possibilité de se frotter à la réalité, il sait maintenant réagir aux « agressions », il n’accepte plus de se laisser prendre ses jouets. En début d’année, il allait pleurer auprès de la maitresse ou de l’Atsem en disant « il m’embête ». Maintenant, il s’accroche à son jouet, et crie fort lorsque quelque chose lui pose de gros problème.
Il a une capacité déconcertante à éviter les situations trop difficiles, ce qui n’empêche pas les moments de « craquage », d’effondrements physiques et psychologiques, qui vont en diminuant.
Nous hésitons cependant toujours pour la deuxième prise en charge de la semaine, ne sachant pas ce qui est le mieux pour notre enfant, tout en tenant compte du fait qu’il a vraiment « décollé » depuis la prise en charge ABA.
Ce qui nous fait dire les choses suivantes… Il est important de garder ceci à l’esprit:
- Les prises en charges de type thérapies psycho-éducatives « à la demi journée » sont épuisantes pour l’enfant, et pas forcément nécessaires, à voir selon les atteintes de l’enfant.
- L’école est un lien entre l’enfant et la réalité, lorsque c’est possible, lorsque l’enfant n’est pas en souffrance et qu’il a une AVS qui lui apportera vraiment beaucoup.
- Les prises en charge de type psycho-éducatives ne guériront pas nos enfants. Elles vont en aider certains, les moins atteints, semble-t-il, sauf à aller vraiment à du très très intensif, et encore… ça n’est pas parce qu’une famille mettra plusieurs mois pour mettre en place une prise en charge adaptée, que l’enfant sera « perdu ».
- Il ne faut pas fuir la pression psychanalytique pour tomber dans une autre (je vole cette expression à quelqu’un qui se reconnaîtra).
Nos enfants sont nés autistes, TED, et le resteront toute leur vie. Certains n’accéderont jamais à l’autonomie, que ce soit la propreté ou l’autonomie au sens plus large du terme, quoi que l’on puisse faire.
La
soirée spéciale « Autisme, voir le monde différemment » débutera par
la projection du film documentaire Autisme, l’espoir, de la réalisatrice
Natacha Calestrémé. Le film présente un regard inédit sur l’autisme.
Réalisé à partir de huit ans d’archives filmées, il permet de découvrir
les progrès d’un enfant que l’on pensait perdu, et qui donne un espoir à
tous les autres. La projection sera suivie d’une rencontre découverte
avec un des intervenants : Josef Schovanec, 28 ans atteint d’autisme
Asperger.
Réalisé par Natacha Calestrémé. Un regard inédit sur
l’autisme : Aymeric est un enfant au comportement étrange. Il semble
ignorer ses parents, il manifeste de grosses colères, ne parle pas et ne
s’intéresse qu’à la machine à laver qui tourne. Ses parents, Lydie et
Marc cherchent à comprendre de quoi est atteint leur enfant. Mais les
pédiatres, psychiatres, psychologues qu’ils rencontrent disent que tout
est normal. Pour la majorité des parents d’enfants atteints d’autisme
(un enfant sur 150), c’est le même combat pour obtenir un diagnostic. Et
pourtant plus tôt on sait, plus l’enfant a de chance de progresser.
Aymeric a 3 ans et demi lorsqu’enfin, ses parents apprennent qu’il est
atteint d’autisme sévère. Aux dires des professionnels, il ne parlera
jamais, il n’ira pas à l’école, il ne vivra pas parmi les autres. Pour
aider leur enfant, Lydie et Marc vont s’informer à l’étranger, et se
former aux thérapies comportementales importées des Etats-Unis et du
Canada, comme le PECS, le TEACCH, l’ABA. Grâce à 8 ans d’archives, nous
suivons l’apprentissage insoupçonnable de cet enfant qui à l’âge de dix
ans, parle, écrit, suit un CM1 dans une école ordinaire et fait
partager sa joie de vivre. Aymeric, c’est l’histoire incroyable d’un
enfant que l’on pensait perdu et qui donne un espoir à tous les autres.



Et
voilà, l’école, qu’elle aime tant et qui la fait progresser, malgré
tout les efforts de la maitresse, les miens, ceux de son papa, les
siens… eh bien Maëlys pose de trop grosses difficultés.
Maëlys
a, à priori, les compétences et capacités de rester en milieu scolaire
normal, car elle fait du programme de moyenne ou grande section alors
qu’elle est en petite section, mais il faut qu’elle ait quelqu’un
derrière elle pour tout « recentrer » sur elle.
Intégration, inclusion… et pourquoi pas tout simplement scolarisation?
Nathalie a écrit il y a quelques mois

