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"Au bonheur d'Elise"
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29 mai 2017

Un « combat sans fin » pour son fils autiste

article publié dans l'Est républicain

Le cri du cœur d’Audry Reibel, la maman de Quentin, qui se bat pour son fils autiste depuis plus de quinze ans et se trouve en butte à de nouvelles difficultés.

Le 29/05/2017 à 05:10
mis à jour à 07:38

« Je suis épuisée, révoltée et scandalisée », dit Audrey Reibel, qui va devoir retourner devant le juge.  Photo C.A

Photo HD « Je suis épuisée, révoltée et scandalisée », dit Audrey Reibel, qui va devoir retourner devant le juge. Photo C.A

Quentin va avoir 17 ans. Il est désormais élève à l’IME de Flavigny-sur-Moselle, où il découvre les différents métiers qui pourront s’ouvrir à lui. Depuis qu’un nom a été mis sur son handicap, l’autisme, sa maman se bat pour lui apporter toutes les prises en charge nécessaires à une bonne évolution. 

Depuis 2009, lorsque l’association Vivre avec l’autisme a créé un Sessad (Service d’éducation spéciale et de soins à domicile), Quentin a pu bénéficier de l’assistance nécessaire tant à domicile qu’à l’école, puis au collège Bichat. Il y a été accompagné par des auxiliaires de vie scolaire, le Sessad intervenant parallèlement chez lui.

La donne a changé lorsqu’il a intégré l’Institut médico-éducatif de Flavigny en septembre 2016. Audrey Reibel demande à la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) de pouvoir conserver en partie les services du Sessad. « J’ai besoin de ses professionnels pour gérer les rituels, les troubles du comportement, l’apprentissage de l’autonomie lorsque Quentin est à la maison. Je ne demandais pas une prise en charge supérieure, mais qu’elle soit répartie entre l’IME pour 80 % et le Sessad pour 20 %. Cela m’a été refusé malgré une conciliation. J’ai donc saisi le tribunal du contentieux de l’incapacité (TCI) et j’ai gagné contre la MDPH, le juge m’accordant cette prise en charge partagée jusqu’au 30 juin 2017. »

Cette date approchant, Audrey Reibel a réitéré la même demande à la MDPH. Nouveau rejet et incompréhension de la maman de Quentin, qui a aussitôt contesté cette décision par un courrier à la présidente de la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées.

Elle lui demande de réexaminer sa demande en s’appuyant sur une circulaire du 2 mai 2017 qui, estime-t-elle « va exactement dans le sens de ce que je demande, à savoir de la souplesse, une prise en charge personnalisée selon les besoins de la personne handicapée et à partir d’un projet individualisé ».

Pour l’heure pas de réponse. Pour ne pas perdre de temps, Audrey Reibel a déjà déposé un recours au TCI. « Ce rejet remet en question tout le projet de vie de Quentin et tous les efforts que nous, parents, devons faire pour que notre fils ait la vie la plus digne possible et un minimum d’avenir dans la société. »

« C’est un combat sans fin pour une demande qui représente 1 heure 30 à 2 heures par semaine », regrette-t-elle. « Il n’y a pas une recette unique, nous avons toujours privilégié ce qui existe de meilleur dans les prises en charge proposées. Le 3e plan autiste plaide pour une reconnaissance de leur diversité et des méthodes d’accompagnement variées. Cette année, grâce au Sessad, Quentin a fait un stage en cuisine dans un restaurant. À la maison, nous avons pu continuer à travailler sur de nombreux objectifs et il a bien progressé. Je sais qu’il y a une liste d’attente, mais si un Sessad ne suffit pas en Meurthe-et-Moselle, il faut en ouvrir un autre. »

Catherine AMBROSI

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29 mai 2017

Lancée par le 78 et le 92, la première plate-forme multiservices de France pour les autistes verra le jour aux Mureaux

article publié dans Le Parisien

Virginie Wéber (avec Victor Tassel)
28 mai 2017, 14h48
Les Mureaux. D’ici 2020, une structure médicale innovante doit naître à cheval entre l’hôpital de Meulan-Les Mureaux et l’ancien campus EDF. Ce terrain de 3 ha appartient au conseil départemental des Yvelines. LP/Virginie Wéber.

Une plate-forme médicale innovante est sur le point d’émerger aux Mureaux. Si cette structure multiservices voit le jour, il s’agirait incontestablement d’un pas en avant dans la prise en charge des personnes atteintes d’autisme et de troubles psychiques en Ile-de-France et même au-delà.

« Le type de structure qu’on est en train de mettre en place n’existe pas en France, annonce d’emblée Marie-Hélène Aubert, vice-présidente du conseil départemental des Yvelines, en charge de l’autonomie. Pour pouvoir y arriver, on a visité les établissements franciliens qui ont les meilleures pratiques. On est aussi allé voir ce qui se fait en Belgique. » La Belgique, ce pays d’exil qui permet aujourd’hui à de nombreux adultes français atteints de troubles du spectre autistique (TSA) de pouvoir être soignés et accompagnés. « Notre priorité est d’éviter de nouveaux départs vers la Belgique et de réussir à accueillir ces personnes qui n’ont plus de solution en France une fois qu’elles ont passé l’âge de 20 ans », insiste Marie-Hélène Aubert.

Le 18 mai dernier, un appel d’offres a donc été lancé pour la création de cette structure interdépartementale Yvelines/Hauts-de-Seine. Le projet, qui « s’intègre dans le processus de fusion » entre les deux départements, selon Marie-Laure Godin, vice-présidente du conseil départemental des Hauts-de-Seine en charge des affaires sociales, des solidarités et de l’insertion, inclut d’abord un foyer d’accueil médicalisé. Il permettrait de proposer 66 places pour un public atteint de TSA et 50 places pour des personnes avec des troubles psychiques. La plate-forme prévoit également un service d’accompagnement médico-social pour adulte handicapé (SAMSAH) qui vise à proposer une offre de soins pour 42 personnes bénéficiant d’une autonomie. La création de deux pôles de compétence et prestations externalisées (PCPE) est programmée : un dans chaque département. Il s’agit d’accompagner de manière transitoire des enfants, adolescents et adultes sans situation pérenne.

« Comment une grosse structure comme celle-là peut-elle proposer une offre individuelle qui soit adaptée aux troubles autistiques ? Il y a un vrai débat là-dessus » s’interroge Jean-Marc Monguillet, président de l’association Autisme en Yvelines… qui a pris le pari d’y croire. « On va essayer de se positionner sur l’appel d’offres avec d’autres structures, confie-t-il. En fait, tout dépend de la solution architecturale que le porteur de projet va proposer. » Un point qui semble essentiel à tous. « A la rentrée, on va étudier les projets en s’attachant à faire attention à cet aspect. On veut vraiment la création de petites unités pour favoriser la prise en charge d’une personne par un encadrant », précise Marie-Hélène Aubert.

Le lieu d’implantation n’est pas le fruit du hasard. Le conseil départemental des Yvelines a mis à disposition un terrain de 3 ha, situé à cheval entre le site de Bécheville de l’hôpital de Meulan-Les Mureaux et l’ancien campus EDF. Cela représente une économie pour le projet estimée à 30 M€. En outre, la proximité avec le centre hospitalier permettrait de mutualiser les services de restauration et de blanchisserie. « C’est l’emplacement le plus adéquat que nous avons trouvé », confie Marie-Laure Godin. Le coût annuel de fonctionnement est évalué à 15 M€, dont la moitié serait prise en charge par les départements des Yvelines et des Hauts-de-Seine.

« On espère définir le porteur de projet cet hiver pour une ouverture en 2020 », indique Marie-Hélène Aubert.« Nous avons déjà plusieurs foyers de ce type dans le département, mais celui-ci sera le plus important en termes de capacité d’accueil, ajoute Marie-Laure Gaudin. C’est essentiel puisque beaucoup de familles ne trouvent pas de foyer d’accueil médicalisé à proximité de chez elles. Nous n’avons pas de nouveaux projets déclarés pour le moment, mais il n’est pas du tout exclu d’en ouvrir d’autres à l’avenir. »

leparisien.fr
26 mai 2017

Il faut arrêter de gaspiller l'argent de l'autisme - Danièle Langloys, présidente d'Autisme France - Mai 2017

LOGO autisme france

Information publiée sur le site d'Autisme France

Le scandale de l'argent de l'autisme

 

Lire le pdf


 

 

24 mai 2017

Inquiètude pour la rentrée des élèves handicapés

[Inquiétude pour la rentrée des élèves handicapés]

Selon Le Monde, il n'y a quasiment plus d'enveloppe de contrats aidés (CUI). Or Emmanuel Macron a dit qu'il n'y aurait pas de loi de finance rectificative cet été, ce qui signifie pas de création de nouveaux postes d'AESH et pas de nouvelle enveloppe de contrats aidés. Cela veut dire que la rentrée pourrait être catastrophique pour les élèves handicapés.

Il manque déjà des milliers d'AVS dans toute la France et le gel forcé d...

Afficher la suite
Plus de 60 % du budget 2017 a été consommé par le gouvernement Cazeneuve. Faute des fonds nécessaires pour la fin de l’année, 62 000…
lemonde.fr
22 mai 2017

Autisme : ce que veulent les familles - Extrait JT de 20 heures du dimanche 21 mai 2017

Quelles sont les attentes des familles autistes ? France 2 a recueilli plusieurs témoignages.

 


Autisme : ce que veulent les familles

France 2

avatar
France 2France Télévisions

Mis à jour le 21/05/2017 | 21:05
publié le 21/05/2017 | 21:05

L'autisme, un trouble du développement du cerveau qui touche un enfant sur 100. C'est le cas de Paul, huit ans, le fils de Thomas et d'Aurélie. Et Arnaud, 11 ans, le fils d'Anne-Sophie. Très souvent, le handicap isole, épuise et déstabilise l'équilibre familial. "C'est une bataille de tous les jours et de toutes les nuits. Forcément, il y a de jolis moments, car c'est votre enfant, mais ça bouleverse tout", explique Aurélie.

Prise en charge très tôt  

Quelles sont les mesures prioritaires pour ces familles ? "Prendre en compte qu'un enfant autiste doit être pris très tôt en charge dans le milieu ordinaire, mais accompagné avec quelqu'un d'extrêmement bien formé", souligne Anne-Sophie. Grâce à leur acharnement, ces deux familles ont réussi à faire progresser leur enfant. Aujourd'hui, elles attendent un geste de l'État pour ne plus se battre seules.

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19 mai 2017

Autisme : le gouvernement ontarien offrira un financement direct aux familles

article publié sur le site de Radio Canada

Publié le jeudi 18 mai 2017 à 11 h 27 | Mis à jour le 18 mai 2017 à 19 h 53

Le ministre des Services à l'enfance et à la jeunesse Michael Coteau
Le ministre des Services à l'enfance et à la jeunesse Michael Coteau Photo : Radio-Canada//CBC

Les familles ontariennes d'enfants atteints d'autisme auront le choix de recevoir des services publics ou de recevoir un financement direct pour payer une thérapie privée.

Le gouvernement libéral a annoncé jeudi que le Programme ontarien des services en matière d'autisme, dont le budget se chiffre à 533 millions de dollars, comprendra d'ici la fin de l'année une option de financement direct.

Les nouvelles mesures devraient aussi permettre de créer 16 000 nouvelles places en cinq ans « afin qu'un plus grand nombre d'enfants et de jeunes autistes puissent recevoir les services dont ils ont besoin plus tôt », dit la province dans un communiqué.

Plusieurs groupes de parents demandent l'option du financement direct depuis longtemps.

« Ça fait 12 ans qu’on demande des options de financement direct », selon le président de l’Ontario Autism Coalition, Bruce McIntosh. « Nous savons que c’est l’option la plus flexible. Le coût par enfant pour le gouvernement est plus bas de cette manière. Tout le monde gagne à utiliser cette approche. »

Si certaines familles préfèrent utiliser les services publics, parce qu’elles ne veulent pas avoir à faire la gestion qui vient avec un service privé, d’autres veulent la flexibilité du financement direct, selon M. McIntosh.

« Les thérapeutes peuvent venir à la maison », selon lui.

Le service public est restreint à un horaire de 9 à 5, lundi au vendredi. Les fournisseurs de services privés travaillent aussi le soir et les fins de semaine. 

Bruce McIntosh, Ontario Autism Coalition
On voit seulement les mains et les jambes de l'enfant derrière le jouet.
Un enfant autiste joue avec des blocs à la maison. Photo : Radio-Canada/Bernard Lebel

Volte-face

Lorsque le gouvernement libéral a annoncé un nouveau programme de services en matière d’autisme l'an dernier, il a ajouté que les distinctions entre « intervention comportementale intensive » et « analyse du comportement appliqué » devaient disparaître, préférant offrir un service au cas par cas.

Ce programme ne devait pas entrer en vigueur avant 2018. En attendant, le gouvernement avait déclaré qu’il ne donnerait plus de fonds pour les enfants de plus de quatre ans en « intervention comportementale intensive ». Le gouvernement avait annoncé que les parents de ces enfants recevraient 8000 $ pour payer pour des thérapeutes privés pendant la transition.

Cette annonce avait suscité une levée de boucliers de la part de familles, qui affirmaient que cette somme ne paierait que pour quelques mois de traitement.

La première ministre Kathleen Wynne avait ensuite assigné un nouveau ministre au dossier, qui avait immédiatement annoncé que les parents recevraient plusieurs paiements jusqu’à ce que le nouveau programme entre en vigueur. Le début du programme est prévu pour juin 2017.

Les familles qui reçoivent déjà les paiements de 10 000 $ pour des thérapies privées continueront de les recevoir jusqu’à ce que le nouveau programme de fonds directs entre en vigueur, avant la fin de l'année.

11 mai 2017

Macron président : 1ères pistes sur sa politique handicap

article publié sur handicap.fr

Marie-Anne MontchampRésumé : Au nom d'En Marche!, Marie-Anne Montchamp dévoile l'état d'esprit et les intentions du président élu sur sa politique handicap. Hausse de l'AAH, recrutement d'AVS... Elle affirme que ces objectifs sont "atteignables".

Par , le 11-05-2017

Handicap.fr : À quel titre prenez-vous la parole au nom d'En Marche ! que vous avez rejoint en mars 2017 ?
Marie-Anne Montchamp : Je suis membre de l'équipe En Marche !, j'ai fait avec passion la campagne présidentielle en apportant ce que je sais faire et je continuerai avec la même passion !

H.fr : Transfuge issue des Républicains, qu'est-ce qui vous séduit dans la politique d'En Marche ! ?
MAM : La personnalité d'Emmanuel Macron avec ses valeurs d'ouverture et de bienveillance, cette volonté de construire un progressisme contemporain et de faire tomber les cloisons gauche-droite. J'ai été étonnée de voir que le candidat issu de la primaire de droite traite la question du handicap de manière aussi froide et technique. Un programme droitier fondé sur un choc budgétaire, avec pour priorité un hypothétique retour à la croissance ce qui reléguait à un autre temps la volonté de se consacrer aux citoyens qui en ont le plus besoin. Le handicap, c'est le combat de ma vie. Mon engagement politique se fondait donc sur les réponses que les candidats pouvaient apporter dans ce domaine…

H.fr : Un sondage publié en mars par l'APF révélait que les personnes handicapées interrogées prévoyaient de voter majoritairement pour Jean-Luc Mélenchon, avec l'espoir d'un changement radical. Que répondez-vous à ces électeurs ?
MAM : Avant tout, nous les écoutons. Je peux comprendre que les annonces de La France insoumise aient pu retenir l'attention de certaines personnes handicapées. Jean-Luc Mélenchon a exprimé de manière claire qu'il fallait renverser la table et briser cette chape de plomb intolérable. Pour autant, la philosophie d'Emmanuel Macron, parce que plus sereine et nuancée, moins spectaculaire dans l'expression, permet de se fixer des objectifs atteignables. La qualité du dialogue social se nourrit précisément de cette sérénité.

H.fr : Qu'est-ce que ce mandat va changer concrètement pour les personnes handicapées ? Emmanuel Macron a déclaré vouloir faire du handicap « l'une des priorités de son quinquennat »…
MAM : Le président de la République élu souhaite une réorientation totale, sur plusieurs axes. Tout d'abord, il veut apporter les réponses que les personnes handicapées attendent sur la question des ressources avec un souci de précision et de personnalisation. Faire aussi qu'au bout de ce quinquennat personne ne se retrouve « sans solution », selon l'expression qu'Emmanuel Macron a reprise lors de sa carte blanche sur le handicap à l'occasion du dernier débat télévisé (article en lien ci-dessous). Cet esprit doit être incarné au plus haut niveau de l'État, il n'a cessé de le répéter ; nos concitoyens en situation de handicap ont trop souffert du désarmement de cette politique. Le président de la République va impulser une transformation sociétale sur cette question. Sa politique est pensée et murie pour tous ; c'est une question civilisationnelle. Le contrat avec la Nation, qui est le socle du programme présidentiel, restera très présent lors de la campagne des législatives.

H.fr : Justement, Emmanuel Macron dit vouloir accueillir des personnes de la société civile lors des législatives. Quelle place pour celles en situation de handicap, comme l'a fait récemment Anne Hidalgo en investissant le handi-basketteur Ryadh Sallem sur la liste PS à Paris ?
MAM : Le mécanisme de la commission d'investiture est simple : chacun peut s'inscrire et déposer sa candidature. C'est une modalité contemporaine de recrutement des talents et pas un casting où l'on aurait toutes les formes de diversité soigneusement checkées. Parmi ces talents, il y a évidemment des personnes en situation de handicap.

H.fr : Plus que d'ordinaire ?
MAM : C'est difficile à dire tant que la liste n'est pas validée. Mais il y en aura, c'est certain.

H.fr : On pense à Matthieu Annereau, ex LR, élu aveugle, qui, lui aussi, a franchi le Rubicon…
MAM : Encore une fois c'est la commission d'investiture qui doit statuer mais un profil comme le sien est parfaitement dans l'esprit de notre mouvement. Matthieu a toute vocation à faire des choses importantes.

H.fr : Le candidat Macron a promis d'augmenter l'AAH de 100 euros, soit un peu plus de 900 euros par mois à taux plein. Comment et à quelle échéance le Président compte-t-il le faire ?
MAM : Tout d'abord l'engagement sera tenu. Mais, évidemment, le calendrier sera précisé par le Gouvernement.

H.fr : Marie-Sophie Desaulle, membre d'En Marche ! et auteure du rapport Zéro sans solution, a même déclaré : « On fera plus si c'est possible ! ».
MAM : En effet, nous avons tous en ligne de mire le seuil de pauvreté (ndlr : en France, environ 1 000 euros par mois). Mais, évidemment, là encore, les décisions relèvent des prérogatives strictes du président et de son exécutif !

H.fr : Emmanuel Macron a également promis de recruter des AVS (auxiliaires de vie scolaire) en nombre. Dès la rentrée 2017 ?
MAM : Je l'ai entendu dire : « On n'attendra pas ! ».

H.fr : Le président promet un gouvernement resserré d'une quinzaine de ministres. Quelle place pour le secrétariat aux personnes handicapées ? À quel ministère compte-t-il le rattacher ?
MAM : Il a déclaré vouloir le rattacher au Premier ministre en raison de l'importance qu'il accorde à cette politique, comme l'a montré le choix de sa « Carte blanche » lors du débat d'entre-deux-tours.

H.fr : Quel avenir pour la Conférence nationale du handicap  qui réunit tous les acteurs du handicap ?
MAM : Nous ne sommes pas allés dans le détail sur cette question mais Emmanuel Macron entend vivifier nos institutions. Il n'y a donc aucune raison que cette volonté de rendre plus tonique l'ensemble des instances ne soit remise en cause. L'esprit En Marche !, c'est la concertation, l'écoute de tout ce qui vient de la société civile. Les associations de personnes handicapées sont de véritables acteurs du dialogue social. Elles attendent une régénération très forte de leur rôle.

H.fr : Convoitez-vous un poste dans le prochain gouvernement ?
MAM : « Convoiter », quel mot ! Je vous parle d'un changement institutionnel incroyable et je mesure à quel point des acteurs éminents de la vie politique sont en perte de repères. Il y a presque une forme d'indécence à aller sur ce type de conjecture. Il y a mille manières de servir son pays…

H.fr : Etes-vous candidate à l'élection législative ?
MAM : Non, pas du tout ! C'est l'illustration de ce que je viens de vous dire.
 

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Sur Handicap.fr

10 mai 2017

Périscolaire et AVS - Le Ministère persiste à ignorer la loi

10 mai 2017
Par Jean Vinçot
Blog : Le blog de Jean Vinçot

Malgré les décisions des juridictions administratives, le Ministère de l’Éducation Nationale persiste à reporter sur les communes le financement de l'aide humaine lors des TAP (temps d'activités périscolaires)

Le Conseil d’Etat avait considéré, dans un litige concernant la commune de Plabennec (décision du 20 avril 2011), que c’était à l’Etat de financer l’auxiliaire de vie scolaire nécessaire à la scolarisation d’un enfant handicapé, y compris en dehors du temps scolaire. La question concernait l’accompagnement nécessaire à la cantine.

Le besoin d’accompagnement en péri-scolaire fait l’objet d’une décision de la CDAPH. Malheureusement, bien des CDAPH refusent de statuer sur ce point. Il leur appartient pourtant de faire figurer dans le Plan Personnalisé de Compensation les mesures nécessaires à compenser le handicap, qu'elles relèvent ou non d'une décision de la commission. Ce n'est pas non plus à la commission de rentrer dans les considérations de savoir qui est le financeur des mesures prescrites.

C'est important que l'équipe de suivi de la scolarisation mentionne explicitement le besoin dans son compte-rendu.

Cette décision du Conseil d’État n'a pas été appliquée partout. Elle est fréquemment ignorée dans les discussions sur le sujet.

La question est devenue plus cruciale et d’actualité avec la réforme des rythmes scolaires, et la création – facultative – des TAP (temps d’activité péri-scolaire).

Dans un premier temps, l’article L.916-2 du code de l’éducation a été créé. Le Conseil Constitutionnel (décision du 24 avril 2003) a considéré que cela ne créait pas une nouvelle charge pour les communes, dans la mesure où les missions prévues à l’article L.916-1 n’étaient pas modifiées. En effet, le transfert de charges à une collectivité doit être compensée financièrement.Mais, dans un deuxième temps, la loi de finances pour 2014 a supprimé dans l’article L.916-1 du code de l’éducation les mots : « y compris en dehors du temps scolaire », ce qui conduisait à vider de son sens la décision du Conseil Constitutionnel.Le Ministère de l’Education Nationale a donc donné des consignes aux Inspections d’Académie, qui prenait en charge le temps d’accompagnement en péri-scolaire (que ce soit la cantine ou les TAP) en application de la décision du Conseil d’Etat. Désormais, sauf pour les contrats en cours, l’Education Nationale demanderait aux communes de payer le temps d’accompagnement péri-scolaire.

Cela représente un obstacle supplémentaire pour la scolarisation des enfants autistes : en effet, les parents sont contraints à un certain nomadisme scolaire pour trouver une école – publique ou privée – qui scolarise avec de la bonne volonté un enfant autiste.

Faire supporter la charge de l’accompagnement par une commune autre que de celle de résidence ne peut qu’engendrer des conflits.

Le Ministère a négocié avec la CNAF (Caisse nationale des allocations familiales) le financement de la prise en charge des élèves handicapés pendant le temps des activités péri-scolaires. Les communes peuvent obtenir une aide du fonds « publics et territoires » (circulaire CNAF n° 2015-004).

Mais, comme l'a rappelé le tribunal administratif de Rennes dans une décision du 30 juin 2016, l’article L. 917-1 dispose que : « Des accompagnants des élèves en situation de handicap peuvent être recrutés pour exercer des fonctions d’aide à l’inclusion scolaire de ces élèves, y compris en dehors du temps scolaire» . Il en déduit que cela « implique la prise en charge par l’Etat des mesures propres à assurer l’accès de ces enfants aux activités périscolaires, alors même qu’elles ne relèveraient pas, en tant que telles, de sa compétence, dès lors que ces mesures apparaissent comme une composante nécessaire à la scolarisation de l’enfant et qu’elles sont préconisées par la CDAPH « .

Dans sa circulaire du 3 mai 2017 sur les AVS, le Ministère de l'Education Nationale persiste. Il propose benoîtement aux collectivités territoriales de se rapprocher de l'Education Nationale pour avoir accès au « vivier des AESH ». La plupart des accompagnements étant le fait de personnes en contrat aidé, le « vivier » est déjà asséché par cette volonté d'ignorer la loi.


 Extraits du jugement du TA de Rennes – 30 juin 2016

Considérant qu’il ressort des pièces du dossier que le 23 juillet 2015, la Commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH) d’Ille et-Vilaine a accordé à l’enfant S , scolarisée depuis le mois de septembre 2015 à l’école Jacques Prévert de Bruz, une aide individuelle par une auxiliaire de vie scolaire (AVS) du 1er septembre 2015 au 31 juillet 2016 sur le temps scolaire et périscolaire en précisant qu’il fallait tenir compte de la fatigabilité de l’enfant ; qu’en exécution de cette décision, le recteur de l’académie de Rennes a recruté Mme B. pour assister et accompagner S tout le temps scolaire et pendant les pauses méridiennes ; que M. B n’étant pas satisfait des conditions de prise en charge de sa fille, il a notamment demandé au recteur de l’académie et ce en exécution de la décision de la CDAPH du 23 juillet 2015, que l’auxiliaire de vie scolaire assiste également S pendant les temps de garderie, le matin entre 8h et 8h30 et l’après-midi entre 16h30 et 18h30, et pendant le temps d’activités périscolaires, ces dernières étant regroupées, à Bruz, le jeudi après-midi ; que, le 11 janvier 2016, le directeur académique des services de l’éducation nationale lui a indiqué que les temps d’activités périscolaires étant un service public facultatif mis en place par les communes, il incombait à la mairie de Bruz d’organiser la prise en charge de S au cours de ces périodes, à l’exception toutefois des pauses méridiennes, lesquelles sont financièrement prises en charge par les services de l’éducation nationale, dès lors qu’elles font un lien entre deux périodes scolaires ; que la requête de M. B doit être regardée comme tendant à titre principal à l’annulation pour excès de pouvoir de cette décision ; qu’en effet, si le requérant semble contester également, dans son mémoire introductif d’instance, une décision portant « refus d’apporter l’aide individualisée dont [sa] fille a besoin durant la récréation », l’existence d’une telle décision, contredite par l’administration en défense, n’est pas démontrée par le requérant ni ne ressort des pièces du dossier, et M. B , qui ne formule d’ailleurs dans ses écritures ultérieures aucune demande expresse d’annulation d’une telle décision, a abandonné dans son mémoire enregistré le 14 avril 2016 ses conclusions tendant à ce qu’il soit enjoint à l’administration d’assurer que S soit aidée en cour de récréation ;

Sur les conclusions à fin d’annulation :

Sans qu’il soit besoin d’examiner les autres moyens de la requête :

2. Considérant qu’aux termes de l’article L. 112-1 du code de l’éducation : « Pour satisfaire aux obligations qui lui incombent (…), le service public de l’éducation assure une formation scolaire, professionnelle ou supérieure aux enfants, aux adolescents et aux adultes présentant un handicap ou un trouble de santé invalidant. Dans ses domaines de compétence, l’Etat met en place les moyens financiers et humains nécessaires à la scolarisation en milieu ordinaire des enfants, adolescents ou adultes handicapés (…) » ; qu’aux termes de l’article L. 351-3 du même code : « Lorsque la commission mentionnée à l’article L. 146-9 du code de l’action sociale et des familles constate qu’un enfant peut être scolarisé dans une classe de l’enseignement public ou d’un établissement visé au 3° de l’article L. 351-1 du présent code à condition de bénéficier d’une aide individuelle dont elle détermine la quotité horaire, cette aide peut être apportée par un accompagnant des élèves en situation de handicap recruté conformément aux modalités définies à l’article L. 917-1. (…) » ; que l’article L. 917-1 dispose que : « Des accompagnants des élèves en situation de handicap peuvent être recrutés pour exercer des fonctions d’aide à l’inclusion scolaire de ces élèves, y compris en dehors du temps scolaire. Ils sont recrutés par l'Etat, par les établissements d'enseignement mentionnés au chapitre II du titre Ier et au titre II du livre IV de la deuxième partie ou par les établissements mentionnés à l'article L. 442-1. Lorsqu'ils sont recrutés par ces établissements, leur recrutement intervient après accord du directeur académique des services de l'éducation nationale. » ;

3. Considérant qu’il résulte des dispositions précitées des articles L. 351-3 et L. 917-1 du code de l’éducation que les missions des assistants d’éducation affectés à l’accueil et à l’intégration scolaires des enfants handicapés s’étendent au-delà du seul temps scolaire ;

4. Considérant qu’il incombe à l’Etat, au titre de sa mission d’organisation générale du service public de l’éducation, de prendre l’ensemble des mesures et de mettre en œuvre les moyens nécessaires pour que le droit à l’éducation et l’obligation scolaire aient, pour les enfants handicapés, un caractère effectif ; que cette obligation implique la prise en charge par l’Etat des mesures propres à assurer l’accès de ces enfants aux activités périscolaires, alors même qu’elles ne relèveraient pas, en tant que telles, de sa compétence, dès lors que ces mesures apparaissent comme une composante nécessaire à la scolarisation de l’enfant et qu’elles sont préconisées par la CDAPH ; que le requérant est, par suite, fondé à soutenir que l’autorité administrative a commis une erreur de droit en considérant que la compétence de la seule commune de Bruz sur la création et l’organisation des activités périscolaires faisait obstacle à toute prise en charge par l’Etat d’un accompagnant pour l’enfant S afin de permettre à celle-ci de suivre ces activités ; que la décision litigieuse doit, par suite, être annulée ;

Sur les conclusions à fin d’injonction :

5. Considérant qu’aux termes de l’article L. 911-1 du code de justice administrative : « Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution » ;

6. Considérant, en premier lieu, que l’annulation, au point 4 du présent jugement, de la décision litigieuse, pour erreur de droit, si elle implique nécessairement un nouvel examen de la demande de M. B par l’autorité compétente, n’implique pas nécessairement qu’il soit enjoint à celle-ci, ainsi que le demande le requérant, d’accorder à sa fille une durée d’aide individualisée lui permettant « de participer à toutes les activités scolaires et périscolaires », incluant selon lui les heures de garderie ou d’accueil de loisirs périscolaire, ainsi qu’ « aux activités mentionnées à l’article L. 212-15 [du code de l’éducation] » ;

7. Considérant, sur ce point, qu’il n’est pas établi et qu’il ne ressort pas des pièces du dossier que la CDAPH ait entendu prescrire, dans sa décision du 23 juillet 2015, une assistance de la jeune S par un accompagnant non seulement durant le temps scolaire proprement dit et durant les activités périscolaires prévues à l’article L. 551-1 du code de l’éducation, qui en sont le prolongement, mais aussi durant les heures d’accueil périscolaire de loisirs et de halte-garderie ; qu’en tout état de cause, l’accueil en halte-garderie, dont l’objet principal est d’assurer la garde d’enfants que leurs parents ne peuvent emmener et reprendre à l’école à l’heure d’ouverture de leur classe et immédiatement après la fin des activités scolaires, ne peut être regardée comme une composante nécessaire à la scolarisation d’un enfant, même lorsque celui-ci est handicapé et requiert à ce titre un traitement particulier ; qu’il ne peut être considéré, dès lors, que la mise à disposition d’une personne pour accompagner un enfant scolarisé handicapé durant les périodes de garderie serait au nombre des moyens nécessaires pour que le droit à l’éducation et l’obligation scolaire aient, pour cet enfant, un caractère effectif ;

8. Considérant qu’il résulte des points 5 à 7 que les conclusions à fin d’injonction de M. Brahime ne peuvent être accueillies ;

(...)

D E C I D E :

Article 1er : La décision du 11 janvier 2016 de l’inspecteur d’académie, directeur académique des services de l’Education nationale d’Ille-et-Vilaine est annulée.

Article 2 : L’Etat versera à M. B une somme de 100 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Texte complet : https://forum.asperansa.org/viewtopic.php?p=306109#p306109

Article L916-1 (version antérieure au 29/12/2013)

Des assistants d'éducation peuvent être recrutés par les établissements d'enseignement mentionnés au chapitre II du titre Ier et au titre II du livre IV pour exercer des fonctions d'assistance à l'équipe éducative en lien avec le projet d'établissement, notamment pour l'encadrement et la surveillance des élèves. Lorsqu'ils sont recrutés pour l'aide à l'inclusion scolaire des élèves handicapés, y compris en dehors du temps scolaire, leur recrutement intervient après accord de l'inspecteur d'académie. Ils peuvent également être recrutés par les établissements mentionnés à l'article L. 442-1, après accord de l'inspecteur d'académie, pour exercer des fonctions d'aide à l'inclusion scolaire des élèves handicapés, y compris en dehors du temps scolaire.

Les assistants d'éducation qui remplissent des missions d'aide à l'inclusion scolaire des élèves handicapés bénéficient d'une formation spécifique pour l'accomplissement de leurs fonctions, mise en oeuvre en collaboration avec les associations d'aide aux familles d'enfants handicapés. A l'issue de leur contrat, les assistants d'éducation peuvent demander à faire valider l'expérience acquise dans les conditions définies par les articles L. 2323-33, L. 6111-1, L. 6311-1, L. 6411-1 et L. 6422-1 du code du travail.

Les assistants d'éducation peuvent exercer leurs fonctions dans l'établissement qui les a recrutés, dans un ou plusieurs autres établissements ainsi que, compte tenu des besoins appréciés par l'autorité administrative, dans une ou plusieurs écoles. Dans ce dernier cas, les directeurs d'école peuvent participer à la procédure de recrutement.

Les assistants d'éducation sont recrutés par des contrats d'une durée maximale de trois ans, renouvelables dans la limite d'une période d'engagement totale de six ans.

Le dispositif des assistants d'éducation est destiné à bénéficier en priorité à des étudiants boursiers.

Par dérogation au premier alinéa, des assistants d'éducation peuvent être recrutés par l'Etat pour exercer des fonctions d'aide à l'inclusion scolaire des élèves handicapés dans les conditions prévues à l'article L. 351-3, ainsi que pour exercer des fonctions d'accompagnement auprès des étudiants handicapés inscrits dans les établissements d'enseignement supérieur mentionnés aux titres Ier, II, IV et V du livre VII du présent code et pour lesquels une aide a été reconnue nécessaire par la commission mentionnée au premier alinéa de l'article L. 146-9 du code de l'action sociale et des familles.

Les conditions d'application du présent article sont fixées par décret pris après avis du comité technique ministériel du ministère chargé de l'éducation. Ce décret précise les conditions dans lesquelles est aménagé le temps de travail des assistants d'éducation, en particulier pour ceux qui sont astreints à un service de nuit. Il précise également les droits reconnus à ces agents au titre des articles L. 970-1 et suivants du code du travail. Il peut déroger, dans la mesure justifiée par la nature de leurs missions, aux dispositions générales prises pour l'application de l'article 7 de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat


Conseil d'État 
 
N° 345434 
Inédit au recueil Lebon 
4ème et 5ème sous-sections réunies 
M. Stirn, président 
M. Bruno Bachini, rapporteur 
M. Keller Rémi, rapporteur public
 
Lecture du mercredi 20 avril 2011

REPUBLIQUE FRANCAISE  -  AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS

Vu le pourvoi, enregistré le 30 décembre 2010 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présenté par le MINISTRE DE L'EDUCATION NATIONALE, DE LA JEUNESSE ET DE LA VIE ASSOCIATIVE ; le ministre demande au Conseil d'Etat :  
 
1°) d'annuler l'ordonnance n° 1004766 du 16 décembre 2010 par laquelle le juge des référés du tribunal administratif de Rennes, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a, d'une part, ordonné la suspension de l'exécution des décisions implicites par lesquelles l'inspecteur d'académie du Finistère a refusé de mettre à la disposition de l'enfant de M. et Mme Mikaël A un auxiliaire de vie scolaire pour des activités périscolaires à raison de 6 heures par semaine en application de la décision de la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées du 29 juillet 2010, et, d'autre part, a enjoint à l'inspecteur d'académie du Finistère de réexaminer la situation d'Hannah A et de prendre une nouvelle décision dans le délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance ;  
 
2°) de rejeter la demande de suspension d'exécution présentée par M. et Mme A et la commune de
Plabennec
  
Vu les autres pièces du dossier ; 
 Vu le code de l'éducation ; 
 Vu le code de justice administrative ; 
 
Après avoir entendu en séance publique : 
- le rapport de M. Bruno Bachini, Maître des Requêtes,  
 - les conclusions de M. Rémi Keller, rapporteur public ; 
 
 Considérant qu'aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. (...) ;  
 
Considérant qu'il ressort des pièces du dossier soumis au juge des référés que, par une décision du 29 juillet 2010, la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées a fait droit à la demande présentée par M. et Mme A tendant à l'accompagnement de leur fille Hannah par un auxiliaire de vie scolaire, en leur accordant une durée d'intervention hebdomadaire de 18 heures, à raison de 12 heures au titre du temps scolaire et de 6 heures au titre du temps périscolaire, pour la période allant du 1er septembre 2010 au 31 août 2012 ; que, par une décision implicite de rejet, l'inspecteur d'académie du Finistère a refusé de mettre en oeuvre cette décision en tant qu'elle prévoyait la prise en charge des 6 heures d'intervention hebdomadaire correspondant à la partie périscolaire de la mission de l'auxiliaire ;  
 
Considérant qu'aux termes de l'article L. 112-1 du code de l'éducation : Pour satisfaire aux obligations qui lui incombent (...), le service public de l'éducation assure une formation scolaire, professionnelle ou supérieure aux enfants, aux adolescents et aux adultes présentant un handicap ou un trouble de santé invalidant. Dans ses domaines de compétence, l'Etat met en place les moyens financiers et humains nécessaires à la scolarisation en milieu ordinaire des enfants, adolescents ou adultes handicapés (...) ; qu'aux termes de l'article L. 351-3 du même code : Lorsque la commission mentionnée à l'article L. 146-9 du code de l'action sociale et des familles constate qu'un enfant peut être scolarisé dans une classe de l'enseignement public ou d'un établissement visé au 3° de l'article L. 351-1 du présent code à condition de bénéficier d'une aide individuelle dont elle détermine la quotité horaire, cette aide peut être apportée par un assistant d'éducation recruté conformément au sixième alinéa de l'article L. 916-1. / Les assistants d'éducation affectés aux missions d'aide à l'accueil et à l'intégration scolaire des enfants handicapés sont recrutés par l'inspecteur d'académie, directeur des services départementaux de l'éducation nationale (...) ; qu'aux termes du premier alinéa de l'article L. 916-1 du même code : Des assistants d'éducation peuvent être recrutés par les établissements d'enseignement mentionnés au chapitre II du titre Ier et au titre II du livre IV pour exercer des fonctions d'assistance à l'équipe éducative, fonctions en lien avec le projet d'établissement, notamment pour l'encadrement et la surveillance des élèves et l'aide à l'accueil et à l'intégration scolaires des élèves handicapés
, y compris en dehors du temps scolaire (...) et qu'aux termes du sixième alinéa de ce même article : Par dérogation au premier alinéa, des assistants d'éducation peuvent être recrutés par l'Etat pour exercer des fonctions d'aide à l'accueil et à l'intégration des élèves handicapés dans les conditions prévues à l'article L. 351-3 (...) ; 
 
Considérant qu'il résulte des dispositions précitées des articles L. 351-3 et
L. 916-1 du code de l'éducationque les missions des assistants d'éducation affectés à l'accueil et à l'intégration scolaires des enfants handicapés s'étendent au-delà du seul temps scolaire ;  
 
Considérant qu'il incombe à l'Etat, au titre de sa mission d'organisation générale du service public de l'éducation, de prendre l'ensemble des mesures et de mettre en oeuvre les moyens nécessaires pour que le droit à l'éducation et l'obligation scolaire aient, pour les enfants handicapés, un caractère effectif ; qu'à cette fin, la prise en charge par celui-ci du financement des emplois des assistants d'éducation qu'il recrute pour l'aide à l'accueil et à l'intégration scolaires des enfants handicapés en milieu ordinaire n'est pas limitée aux interventions pendant le temps scolaire ;  
 
Considérant qu'il résulte de ce qui précède que le juge des référés du tribunal administratif de Rennes n'a pas commis d'erreur de droit en retenant comme étant propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux sur la légalité de la décision litigieuse le moyen tiré de ce que l'inspecteur d'académie avait commis une erreur de droit en refusant à M et Mme A l'octroi des heures d'accompagnement périscolaire de leur enfant reconnues par la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées au motif que ces activités ne relevaient pas du service public de l'éducation ; que, par suite, le MINISTRE DE L'EDUCATION NATIONALE, DE LA JEUNESSE ET DE LA VIE ASSOCIATIVE n'est pas fondé à demander l'annulation de l'ordonnance attaquée ; 
 
D E C I D E : 
--------------
Article 1er : Le pourvoi du MINISTRE DE L'EDUCATION NATIONALE, DE LA JEUNESSE ET DE LA VIE ASSOCIATIVE est rejeté. 
 
Article 2 : La présente décision sera notifiée au MINISTRE DE L'EDUCATION NATIONALE, DE LA JEUNESSE ET DE LA VIE ASSOCIATIVE, à M. et Mme Mikaël A et à la commune de
Plabennec.  


Article L916-2

Les assistants d'éducation peuvent être mis à la disposition des collectivités territoriales pour participer aux activités complémentaires prévues à l'article L. 216-1 ou aux activités organisées en dehors du temps scolaire dans les écoles et les établissements d'enseignement conformément à l'article L. 212-15.

Une convention conclue entre la collectivité intéressée et l'établissement employeur dans les conditions prévues à l'article L. 216-1 précise les conditions de cette mise à disposition.

Article 72-2 de la Constitution

Les collectivités territoriales bénéficient de ressources dont elles peuvent disposer librement dans les conditions fixées par la loi.

Elles peuvent recevoir tout ou partie du produit des impositions de toutes natures. La loi peut les autoriser à en fixer l'assiette et le taux dans les limites qu'elle détermine.

Les recettes fiscales et les autres ressources propres des collectivités territoriales représentent, pour chaque catégorie de collectivités, une part déterminante de l'ensemble de leurs ressources. La loi organique fixe les conditions dans lesquelles cette règle est mise en oeuvre.

Tout transfert de compétences entre l'Etat et les collectivités territoriales s'accompagne de l'attribution de ressources équivalentes à celles qui étaient consacrées à leur exercice. Toute création ou extension de compétences ayant pour conséquence d'augmenter les dépenses des collectivités territoriales est accompagnée de ressources déterminées par la loi.

La loi prévoit des dispositifs de péréquation destinés à favoriser l'égalité entre les collectivités territoriales.

Conseil constitutionnel - Décision n° 2003-471 DC du 24 avril 2003 (Loi relative aux assistants d´éducation)

« 6. Considérant, en second lieu, que le nouvel article L. 916-2 dispose : « Les assistants  d´éducation peuvent être mis à la disposition des collectivités territoriales pour participer aux  activités complémentaires prévues à l´article L. 216-1 ou aux activités organisées en dehors du temps scolaire dans les écoles et les établissements d´enseignement conformément à l´article L. 212-5 » ; qu´il résulte de ses termes mêmes que cet article se borne à permettre aux assistants d´éducation de participer, en dehors des missions pour lesquelles ils ont été recrutés, à des activités  organisées par les collectivités territoriales, qu´il s´agisse des activités éducatives, sportives et  culturelles complémentaires prévues, dans le cadre du temps scolaire, par l´article L. 216-1 ou des activités à caractère culturel, sportif, social ou socio-éducatif organisées, en dehors du temps scolaire, dans les conditions prévues par l´article L. 212-15 ; que cet article n´a ainsi ni pour objet ni pour effet de permettre aux collectivités territoriales de financer des emplois d´assistants d´éducation pour exercer les missions incombant à l´Etat prévues à l´article L. 916-1 ; »

LOI n° 2013-1278 du 29 décembre 2013 de finances pour 2014 (1)

Article 124

I. ― Le code de l'éducation est ainsi modifié :
1° L'article L. 351-3 est ainsi modifié :
a) A la fin du premier alinéa, les mots : « assistant d'éducation recruté conformément aux modalités définies à l'avant-dernier alinéa de l'article L. 916-1 » sont remplacés par les mots : « accompagnant des élèves en situation de handicap recruté conformément aux modalités définies à l'article L. 917-1 » ;
b) A la seconde phrase du deuxième alinéa, les mots : « assistant d'éducation recruté dans les conditions fixées au premier alinéa de l'article L. 916-1 » sont remplacés par les mots : « accompagnant des élèves en situation de handicap recruté dans les conditions fixées à l'article L. 917-1 » ;
c) Les troisième et quatrième alinéas sont supprimés ;
2° Les deux dernières phrases du premier alinéa, la première phrase du deuxième alinéa et l'avant-dernier alinéa de l'article L. 916-1 sont supprimés ;
3° Le titre Ier du livre IX de la quatrième partie est complété par un chapitre VII ainsi rédigé :

« Chapitre VII

« Dispositions spécifiques relatives aux accompagnants des élèves en situation de handicap

 « Art. L. 917-1.-Des accompagnants des élèves en situation de handicap peuvent être recrutés pour exercer des fonctions d'aide à l'inclusion scolaire de ces élèves, y compris en dehors du temps scolaire. Ils sont recrutés par l'Etat, par les établissements d'enseignement mentionnés au chapitre II du titre Ier et au titre II du livre IV de la deuxième partie ou par les établissements mentionnés à l'article L. 442-1. Lorsqu'ils sont recrutés par ces établissements, leur recrutement intervient après accord du directeur académique des services de l'éducation nationale.
« Des accompagnants des élèves en situation de handicap peuvent également être recrutés pour exercer des fonctions d'accompagnement auprès des étudiants en situation de handicap inscrits dans les établissements d'enseignement supérieur mentionnés aux titres Ier, II, IV et V du livre VII de la troisième partie du présent code et pour lesquels une aide a été reconnue nécessaire par la commission mentionnée à l'
article L. 146-9 du code de l'action sociale et des familles.
« Ils peuvent exercer leurs fonctions dans l'établissement qui les a recrutés, dans un ou plusieurs autres établissements ainsi que, compte tenu des besoins appréciés par l'autorité administrative, dans une ou plusieurs écoles. Dans ce dernier cas, les directeurs d'école peuvent participer à la procédure de recrutement.
« Ils peuvent être mis à la disposition des collectivités territoriales dans les conditions prévues à l'article L. 916-2 du présent code.
« Les accompagnants des élèves en situation de handicap bénéficient d'une formation spécifique pour l'accomplissement de leurs fonctions, mise en œuvre en collaboration avec les associations d'aide aux familles d'enfants en situation de handicap. Ils peuvent demander à faire valider l'expérience acquise dans les conditions définies aux articles
L. 2323-33, L. 6111-1, L. 6311-1, L. 6411-1 et L. 6422-1 du code du travail.
« Ils sont recrutés par contrat d'une durée maximale de trois ans, renouvelable dans la limite maximale de six ans. Lorsque l'Etat conclut un nouveau contrat avec une personne ayant exercé pendant six ans en qualité d'accompagnant des élèves en situation de handicap en vue de poursuivre ces missions le contrat est à durée indéterminée. Pour l'appréciation de la durée des six ans, les services accomplis à temps incomplet et à temps partiel sont assimilés à des services à temps complet. Les services accomplis de manière discontinue sont pris en compte, sous réserve que la durée des interruptions n'excède pas quatre mois.
« Les services accomplis en qualité d'assistant d'éducation pour exercer des fonctions d'aide à l'inclusion scolaire des élèves en situation de handicap sont assimilés à des services accomplis en qualité d'accompagnant des élèves en situation de handicap.
« Les accompagnants des élèves en situation de handicap sont régis par les dispositions réglementaires générales applicables aux agents contractuels de l'Etat prises pour l'application de l'
article 7 de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat, sous réserve de dérogations prévues par le décret mentionné au dernier alinéa du présent article.
« Les conditions d'application du présent article sont fixées par décret, pris après avis du comité technique ministériel du ministère chargé de l'éducation nationale. »
II. ― Jusqu'à l'entrée en vigueur du décret mentionné au dernier alinéa de l'article L. 917-1 du code de l'éducation, les assistants d'éducation exerçant des missions d'aide à l'inclusion scolaire des élèves en situation de handicap demeurent régis par le
décret n° 2003-484 du 6 juin 2003 fixant les conditions de recrutement et d'emploi des assistants d'éducation.
L'Etat peut proposer un contrat à durée indéterminée aux assistants d'éducation parvenus, à compter du 1er janvier 2013, au terme de six années d'engagement pour exercer des missions d'aide à l'inclusion scolaire des élèves en situation de handicap. Cette proposition est faite au plus tard au terme du contrat en cours des personnels concernés, qu'ils soient en fonction ou en congé prévu par les dispositions réglementaires qui leur sont applicables à la date d'entrée en vigueur de la présente loi.
Le contrat à durée indéterminée proposé en application du deuxième alinéa du présent II est régi par l'article L. 917-1 du code de l'éducation. Il prévoit une quotité de temps de travail au moins égale à celle prévue par le précédent contrat. Il peut prévoir de modifier les clauses relatives aux établissements d'enseignement où l'agent est susceptible d'exercer.
Lorsque l'agent refuse le contrat proposé, il est maintenu en fonction jusqu'au terme de son contrat en cours.

Article L916-1

Des assistants d'éducation peuvent être recrutés par les établissements d'enseignement mentionnés au chapitre II du titre Ier et au titre II du livre IV pour exercer des fonctions d'assistance à l'équipe éducative en lien avec le projet d'établissement, notamment pour l'encadrement et la surveillance des élèves. [Phrases supprimées]

A l'issue de leur contrat, les assistants d'éducation peuvent demander à faire valider l'expérience acquise dans les conditions définies par les articles L. 2323-33, L. 6111-1, L. 6311-1, L. 6411-1 et L. 6422-1 du code du travail

Les assistants d'éducation peuvent exercer leurs fonctions dans l'établissement qui les a recrutés, dans un ou plusieurs autres établissements ainsi que, compte tenu des besoins appréciés par l'autorité administrative, dans une ou plusieurs écoles. Dans ce dernier cas, les directeurs d'école peuvent participer à la procédure de recrutement.

Les assistants d'éducation sont recrutés par des contrats d'une durée maximale de trois ans, renouvelables dans la limite d'une période d'engagement totale de six ans.

Le dispositif des assistants d'éducation est destiné à bénéficier en priorité à des étudiants boursiers.

Les conditions d'application du présent article sont fixées par décret pris après avis du comité technique ministériel du ministère chargé de l'éducation. Ce décret précise les conditions dans lesquelles est aménagé le temps de travail des assistants d'éducation, en particulier pour ceux qui sont astreints à un service de nuit. Il précise également les droits reconnus à ces agents au titre des articles L. 970-1 et suivants du code du travail. Il peut déroger, dans la mesure justifiée par la nature de leurs missions, aux dispositions générales prises pour l'application de l'article 7 de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat.

9 mai 2017

Le handicap, priorité pour Macron: les handicapés français en Belgique vont-ils partir?

Emmanuel Macron veut mettre fin à l'exode des handicapés vers la Belgique.
Emmanuel Macron veut mettre fin à l'exode des handicapés vers la Belgique. - © Flickr - Le web
Publié à 12h52

Il en a fait une des priorités de son quinquennat. Le nouveau président français Emmanuel Macron veut faire du handicap une thématique centrale de son mandat. C’est d’ailleurs le sujet que le candidat d’En Marche avait choisi de développer en carte blanche lors du débat télévisé d’avant second tour.

Parmi ses projets, Emmanuel Macron entend créer des places pour les personnes handicapées. Une façon d’éviter l’exode des Français vers les institutions belges où ils sont plus ou moins 7000 actuellement, particulièrement dans le Hainaut. Du côté des institutions wallonnes, on suit donc avec attention ce qui se passe de l’autre côté de la frontière. Car un retour des Français chez eux pourraient évidemment avoir des conséquences, notamment pour l’emploi.

"Impossible de rattraper le retard en 5 ans"

Au Centre Reine Fabiola à Neufvilles, où 400 des 500 résidents sont de nationalité française, l’inquiétude reste toutefois très relative. "L’avenir nous dira comment ça va se passer dans les faits, explique le directeur Laurent Courtois. Mais, sans vouloir paraître présomptueux, il y a aussi un savoir-faire en matière d'encadrement du handicap chez nous. C’est historique d’ailleurs. La Belgique a développé ses compétences dans le domaine de longue date. La qualité du projet pédagogique belge reste donc très attractive pour les Français."

Du côté de la Ligue nationale pour les personnes handicapées, le président Xavier Jonnaert n’est pas plus inquiet. "La demande est très importante en France, fait-il remarquer. Il y a pour l’instant des balbutiements. Mais l’offre Outre-Quiévrain est nettement insuffisante pour combler la demande… Ce sera impossible de rattraper le retard sur un mandat de cinq ans."  

Emmanuel Macron n'est d'ailleurs pas le premier à vouloir aller dans ce sens-là. Cela fait plusieurs années que la France envisage une augmentation du nombre de places pour les handicapés sans qu'il y ait des conséquences pour les institutions belges. Des institutions qui reçoivent encore à l’heure actuelle de nombreuses demandes d’hébergement en provenance de l’Hexagone.

Des places pour les Belges ?

Si malgré tout des Français venaient à quitter les institutions belges, cela ne signifierait pas pour autant que leurs places pourraient être mises à disposition d’handicapés de nationalité belge.La prise en charge et l’accompagnement des personnes handicapées françaises qui résident sur le territoire wallon est en effet exclusivement assumée financièrement par l’Etat français.

"Il est donc totalement illusoire de penser que les personnes en situation de handicap qui viennent de France occupent des places qui pourraient être octroyées à des personnes handicapées de Wallonie, ajoute-t-on du côté du ministre wallon Maxime Prévot. Les structures spécialisées dans l’accueil de ces bénéficiaires n’auraient pas vu le jour sans ces Français. Au vu du contexte budgétaire, la Wallonie ne pourrait en aucun cas financer ces places même si elles venaient à se libérer. "

5 mai 2017

Plan autisme : des "avancées" mais encore trop de lacunes

Les EchosLe 05/05 à 13:38

plan autisme

Le troisième plan autisme était doté d'un budget de 205 millions d'euros.

Un rapport d'évaluation estime que ce troisième plan autisme (2013-2017) n'a "pas établi un cadre solide d’action concernant les adultes et les familles".

En progrès mais peut mieux faire. C'est le constat du rapport d'évaluation rendu public ce vendredi par les inspections générales des Affaires sociales (Igas) et de l'Education nationale sur le troisième plan autisme.

Ce plan (2013-2017) a permis "des avancées" mais il n'a " pas établi un cadre solide d'action concernant les adultes et les familles ", soulignent les auteurs du rapport remis à la secrétaire d'Etat chargée du Handicap, Ségolène Neuville. "La priorité a été donnée au diagnostic des enfants et l'adaptation des interventions menées à leur égard", constatent-ils, et "les projets de repérage et diagnostic des adultes ont ainsi mis du temps à être déployés".

A l'origine, le plan prévoyait l'adoption en 2016 de recommandations de bonnes pratiques concernant la prise en charge des adultes, or celles-ci sont désormais attendues pour le second semestre 2017.

Le troisième plan aborde les questions de répit sous le seul angle de l'accueil temporaire

Alors que la création de 1.500 places pour adultes était prévue en maisons d'accueil et foyers spécialisés, seules 267 places avaient été installées à fin février 2017. De nombreux adultes sont encore dans des établissements destinés aux enfants et adolescents, dans l'attente d'une solution adaptée.

Concernant les familles, "leur rôle est mal pensé", estime le rapport. La formation des aidants familiaux a connu "un développement conséquent", mais des mesures d'accompagnement "plus importantes" sont nécessaires, par exemple de la guidance parentale dès la suspicion ou l'annonce du diagnostic. Autre critique : "le plan aborde les questions de répit sous le seul angle de l'accueil temporaire, sans prendre en compte la diversité des situations vécues".

Pour les enfants et adolescents, les délais "demeurent parfois considérables" pour obtenir un diagnostic, et les recommandations de bonnes pratiques de prise en charge, publiées en 2012 par la Haute autorité de santé (HAS), demeurent "contestées dans certains établissements sanitaires et médico-sociaux, et parfois mal appliquées".

Les enfants ne bénéficient pas toujours de l'orientation la plus appropriée

Le troisième plan autisme était doté de 205 millions d'euros et prévoyait la création de 3.400 places pour adultes et enfants. Or, seulement 1.725 places avaient été créées à fin février 2017, selon le rapport.

"Les enfants ne bénéficient pas toujours de l'orientation la plus appropriée au regard de leurs besoins". Les parcours sont "marqués par des ruptures nombreuses", l'accès aux soins courants (dentaires, etc...) est souvent difficile.

Si la scolarisation en milieu ordinaire se développe, "une proportion importante" d'enfants ne va à l'école ou en établissement spécialisé que "durant un temps hebdomadaire limité".

Au-delà des critiques, les auteurs du rapport formulent une cinquantaine de recommandations pour l'élaboration d'un quatrième plan autisme. Ils préconisent par exemple de poursuivre la formation des professionnels, afin que les recommandations de bonnes pratiques soient appliquées.

Quelque 650.000 enfants et adultes seraient atteints de troubles du spectre autistique (TSA) en France, selon les associations. Un nouveau-né sur 100 serait concerné.

Source AFP
4 mai 2017

Il dénonce les conditions d’accueil des enfants autistes en Essonne

article publié dans Le Parisien

Mise au point de Stéphane Bruzzi :
Stéphane Bruzzi Bonjour à tous, j'entame mon 4 eme jour de grève de la faim.Je vais bien , même si la journée d'hier a été géniale mais très fatigante, Merci lolo ,Tristan , à nos super bénévoles et à ma géniale épouse Fouzia.

J'aimerai apporter un démenti à l'article du Parisien paru ce jour.
Nous avons apporté des réponses aux ars sur le transport, le budget global, ces questions n'ont plus été abordées par la suite.
J'avoue ne pas comprendre leur positionnement .
Quel intérêt ont-ils à part discréditer notre association, les experts et notre gestionnaire ?
Stéphane Bruzzi
President d'Ecolalies


Florian Garcia|03 mai 2017, 18h40|0
Lieusaint (Seine-et-Marne), ce mercredi. Ecolalies, l’association présidée par Stéphane Bruzzi (à droite), a organisé une vente de crêpes pour financer son projet. (LP/F.G.)
Florian Garcia

« On est en train de gâcher des vies, on ne peut pas rester sans rien faire », lâche, le cœur gros, le président de l’association d’Etiolles Ecolalies, Stéphane Bruzzi. Alors que son projet de structure d’accueil d’enfants autistes est bouclé, et a même reçu le soutien de deux secrétaires d’Etat, sa réalisation reste pourtant au point mort. Pour faire entendre sa voix, le président a entamé, ce lundi, une grève de la faim.

« Ce projet, nous travaillons dessus depuis cinq ans, reprend le président. Il a été expertisé pendant deux années. Un terrain à Ris-Orangis a été retenu avec le soutien du maire. Nous avons également obtenu toutes les certifications et le ministère de la Santé, via le secrétariat au Handicap, nous a alloué une enveloppe budgétaire de 300 000 € ».

« J’ai obtenu un accord de principe pour leur trouver un terrain et je me suis engagé à faire construire un équipement avant de le mettre à leur disposition dans des conditions favorables », confirme le maire de Ris-Orangis, Stéphane Raffalli (PS). Malgré toutes ces garanties, la structure de l’association n’a pas obtenu l’aval de l’Agence régionale de santé (ARS). Et sans cet accord, impossible de toucher l’aide du ministère.

« Nous ne sommes pas opposés au projet, assure l’ARS. Bien au contraire, nous souhaitons même pouvoir l’autoriser. Mais à ce jour, l’association ne nous a pas transmis tous les éléments nécessaires pour débloquer les crédits. » Parmi les pièces manquantes au dossier figurent des précisions sur les locaux, l’organisation des transports qui prendront en charge les enfants ou encore le budget global de la structure.

 

« Je ne suis pas opposé à fournir toutes ces données, assure le président. Mais là, on nous demande des plans d’architectes ou encore l’implantation du bâtiment par rapport au terrain… Tout ceci a un coût et nous finançons ce projet sans subventions. A chaque fois, ces nouvelles pièces à fournir repoussent l’ouverture. »

Déterminé à se faire entendre, et à introduire « un peu plus d’humanité » dans ce dossier administratif, Stéphane Bruzzi ne mettra un terme à sa grève de la faim que lorsque l’ARS aura pris « un arrêté autorisant l’ouverture ». « En Essonne, 300 enfants autistes ont dû en 2016 aller en Belgique pour être pris en charge », s’indigne-t-il.

  leparisien.fr
2 mai 2017

Autisme: le chemin de croix d'une mère

Publié le 29 avril 2017 à 20h58 | Mis à jour le 30 avril 2017 à 11h00

Selon Autisme Québec, entre 2009 et 2013, le... (123RF/Maria Dubova)

 

Selon Autisme Québec, entre 2009 et 2013, le nombre de demandes d'allocation pour des enfants atteints d'un trouble du spectre de l'autisme a augmenté de 62 %. Parallèlement, le taux de refus en première instance est passé de 18,7 % à 42,4 %.

123RF/Maria Dubova

(Québec) Une mère dont le fils est atteint du trouble du spectre de l'autisme (TSA) considère comme un chemin de croix le processus de révision visant à déterminer si son enfant est admissible ou non à un supplément gouvernemental en raison de son handicap. Une situation qui est loin d'être un cas isolé, indique-t-on chez Autisme Québec.

Marie-Claude Bibeau se bat depuis 2012 devant le tribunal administratif de Retraite Québec afin de démontrer que son garçon de 16 ans est toujours admissible à une allocation mensuelle de 190 $, comme c'était le cas depuis que le diagnostic est tombé, il y a une douzaine d'années. Le gouvernement avait justifié la décision de ne plus verser le montant par le fait que l'enfant ne répondait plus aux critères.

«Ils s'arrangent pour trouver les critères qui correspondent à leur vision des choses. Ils transforment la réalité en fonction de ce qu'ils veulent avoir. C'est ça qui est tordu et qui me choque», dénonce la mère de famille de la Rive-Sud.

«À leurs yeux, poursuit-elle, mon fils n'est plus assez handicapé. Mais un TSA, ce n'est pas temporaire, c'est permanent. Les besoins de mon fils se sont modifiés, mais ils n'ont pas disparu. Je trouve que c'est discriminatoire». En revanche, elle dit n'avoir «jamais eu de problèmes» avec les allocations versées par le gouvernement fédéral.

Mme Bibeau a été forcée de quitter son emploi afin de s'occuper de son fils, inscrit au secteur régulier de son école avec un horaire allégé. «C'est costaud. Avec tous les suivis et les rencontres, c'est impossible pour l'un des deux conjoints de travailler à temps plein.»

L'approche de la prochaine audience pour contester la décision de Retraite Québec, fixée en juin, n'a rien pour calmer ses angoisses, d'autant plus qu'elle et son mari doivent monter seuls aux barricades.

«C'est comme David contre Goliath. Tu te retrouves devant deux juges et un avocat dont l'objectif est de faire tomber la demande. C'est énormément de stress. Ç'a fait quatre ans qu'on est là-dedans, c'est ridicule...»

Confusion

Une représentante d'Autisme Québec déplore elle aussi que les parents d'enfants atteints de TSA aient «à se battre pour obtenir le soutien financier auquel ils ont droit».

«La tâche n'est pas simple, ça peut être long, souvent de trois à cinq ans, explique Marie-Joëlle Langevin. Nous avons des demandes récurrentes de parents pour obtenir des conseils. Il y a beaucoup de confusion dans les documents à remplir.»

Selon les chiffres de son organisme, entre 2009 et 2013, le nombre de demandes d'allocation pour des enfants atteints d'un TSA a augmenté de 62 %. Parallèlement, le taux de refus en première instance est passé de 18,7 % à 42,4 %.

Habitudes de vie

Joint par Le Soleil, le porte-parole de Retraite Québec, Frédéric Lizotte, mentionne «qu'il peut arriver que, malgré un diagnostic, un enfant ne démontre pas de limitations et d'incapacités suffisamment importantes pour le rendre admissible à cette aide».

Une équipe de professionnels de la santé est amenée à rendre une décision «en fonction de l'ensemble des rapports contenus au dossier de l'enfant et selon certains critères».

«Si la situation ne correspond pas à ces critères, explique-t-il dans un courriel, l'importance des limitations est évaluée en fonction de la réalisation des habitudes de vie d'un enfant du même âge pendant une période prévisible d'au moins un an.» Ces habitudes de vie sont celles que l'enfant doit réaliser pour prendre soin de lui-même et participer à la vie sociale (nutrition, soins personnels, déplacements...).

Au sujet des demandes de révision traitées au cours des deux dernières années, précise le relationniste, «la décision est demeurée la même dans près de 70 %» des cas. Pour sa part, Autisme Québec soutient que dans la moitié des dossiers contestés, le tribunal se rend aux arguments des parents.

Pour les dossiers ayant fait l'objet d'un renversement de décision, «le changement s'explique, pour la très grande majorité des cas, par de nouveaux éléments apportés» en cours de route, avance M. Lizotte.

Selon Retraite Québec, au cours des deux dernières années, le nom-bre de demandes liées à un TSA est stable, à environ 1600 par année. À 58 %, le taux d'acceptation des demandes n'a également guère varié.

2 mai 2017

APPEL À TOUTES LES ASSOCIATIONS : Pour soutenir ECOLALIES et son président en grève de la faim

1 mai 2017

Québec débloque 9 millions de plus par année dans les services liés à l'autisme

information publiée sur le site de Radio Canada

Publié aujourd'hui à 15 h 34

La ministre de la Famille, Lucie Charlebois, annonce l'investissement de 9 millions de dollars supplémentaires chaque année dans la région de Montréal pour améliorer les services offerts aux personnes atteintes d'un trouble de l'autisme et à leurs proches. Un montant de 6 millions de dollars est aussi ajouté cette année à cette fin dans la région de Montréal.

19 avril 2017

Autisme: l'aide est insuffisante

article publié dans info dimanche

11 avril 2017 - 06:54

Francois Drouin

Par Francois Drouin, Journaliste

autisme-isabelle-marquis-riviere-du-loup-001-620x348Isabelle Marquis et son fils Jean-Christian Lebel - Photo Marc-Antoine Paquin

L’annonce d’un demi-million de dollars par année pour venir en aide aux personnes atteintes du trouble du spectre de l'autisme (TSA) et leur famille devrait avoir un impact positif sur le délai de prise en charge des enfants autistes. Mais cet apport qui pourrait aussi augmenter le nombre d’heures de services fait l’impasse sur l’hébergement.

Ainsi donc, au-delà des chiffres, certains font preuve de prudence et de réserve face aux sommes disponibles, notamment dans le cas de l’aide à l’hébergement. C’est le cas d’Isabelle Marquis qui pilote avec d’autres parents, un projet de centre de santé spécialisé dans le but de combler les besoins grandissants de ces ressources pour les personnes vivant avec un trouble du spectre de l’autisme.

«Bien que les sommes aient l'air alléchantes, ce qui a été annoncé pour l'hébergement et le répit-gardiennage des jeunes adultes autistes est de 6 millions de dollars pour 5 ans divisés par 17 régions administratives. Ceci représente 70 000 $ par année pour tout le Bas-Saint-Laurent pour les services pour cette tranche d'âge. Autant dire rien qui puisse héberger nos jeunes», lance Mme Marquis.

Cette dernière reproche donc à la ministre de souffler le chaud et le froid dans ce dossier où les besoins, notamment en maison d’accueil, sont criants. «Le gouvernement fait donc des annonces d'une main pendant que le CISSS du Bas-Saint-Laurent coupe de l'autre. En effet, selon les statistiques fournies par le syndicat des familles d'accueil et des Ressources intermédiaires, 14 hébergements auraient fermé depuis l’année dernière», soutient-elle.

Mme Marquis ne cache pas son inquiétude alors qu’ici même, à Rivière-du-Loup, des services sont menacés. «Notre Maison s'apprête à fermer son service de répit-gardiennage à cause du retrait des employés payés par le CISSS. En ce moment, le CISSS refuse de financer de nouvelles ressources intermédiaires et se retirent des ressources déjà existantes. Alors, il va falloir beaucoup plus que $70 000 par année pour compenser ces pertes.»

AUTISME

Au Québec en 2015-2016 il y avait 14 429 élèves à la formation générale des jeunes avec un TSA, soit une prévalence de 142 pour 10 000 ou 1 enfant sur 70. Au Bas-Saint-Laurent, ce sont 371 personnes qui bénéficient de services spécialisés en TSA dont  235 sont âgés de 17 ans et moins.

12 avril 2017

Autisme - Anti-impérialisme de façade

12 avr. 2017
Par Jean Vinçot
Blog : Le blog de Jean Vinçot

Une tribune pour Mélenchon prétend "aller au-delà des polémiques" et mettre l'accent sur le manque de moyens. Mais les arguments anti-américains ("anti-impérialistes") utilisés sont faux. Mise au point sur quelques-uns de ces arguments.

Suivant un article paru dans un site de la France Insoumise, Autisme : au-delà des polémiques, l’absence de moyens !, les procédures de diagnostic pour l'autisme coûtent horriblement cher, et permettent à des entreprises privées, évidemment des multinationales américaines, de faire des profits aux dépens du secteur public.

Il est "plaisant" de lire cette argumentation (une fake news comme l'aime l'équipe de Trump, sur l'autisme en particulier) sur un site de la France Insoumise, malgré l'émission de J.L Mélenchon avec Olivia Cattan, et tout à fait conforme avec l'argumentation de Michel Botbol, de l'Association Française de Psychiatrie, coureur de couloirs ministériels de droite.

"Pauvres" hôpitaux de jour ! Ce sont pourtant eux le "haut de gamme" en coûts financiers de la prise en charge de l'autisme : bien entendu pas en efficacité ni en satisfaction des usagers.

Tout anti-capitaliste ou anti-impérialiste "conscient" ne peut être que révulsé par la description de l'envahissement marchand des entreprises américaines favorisé par les recommandations de la HAS (Haute Autorité de Santé).

Désolé de dire que cela relève du fantasme.

Il y a 5 ans, nous avons eu ces mêmes débats en Bretagne,


 Toutes ces considérations tendent à ne faire utiliser ADI et ADOS que par l’équipe du CRA et des équipes associées.Même le service Winnicott, dirigé par le Dr Squillante, pourtant membre du comité qui a publié les recommandations de la HAS et de la SFP de 200514, ne serait pas en mesure de les pratiquer.15 Mais à la lecture de la thèse qui vient d’être soutenue sous la présidence du Pr Botbol, on voit que la CFTMEA y est toujours privilégiée16.

Le dénigrement de l’ADI et de l’ADOS a été systématique de la part du Pr Botbol :

  • Lourdeur;
  • Manque de fiabilité;
  • Coût financier des formations.

«Le Pr Botbol a précisé que les questionnaires ADI et ADOS sont deux outils pour le diagnostic. Ils sont cependant trop lourds à mettre en œuvre par les équipes de premier niveau (2 heures pour ADI et 2 H 30 pour ADOS, avec examen de la vidéo par 3 personnes). Les explications fournies n'ont pas permis de comprendre la nature exacte de leur lourdeur, ni en quoi elle constituerait un obstacle rédhibitoire à leur mise en œuvre. Est-ce le coût financier des formations (1 à 2 journées à 3000 euros pour ADI; 2 journées à 3500/4000 euros pour ADOS)? Est-ce l'impossibilité pour les équipes de se libérer pour ces formations? Le Pr Botbol pense que ces deux méthodes devraient pouvoir être mises en place au niveau des centres départementaux, mais ne doivent pas être généralisées.»

Extrait du compte-rendu avec les assos de parents (26/04/2013) (...)

  • Lors du CTRA [Comité Technique Régional Autisme] de juillet 2012, le Pr Botbol a admis que le CRA avait formé à l’ADI . Il était peu vraisemblable que les professionnels concernés aient payé 3.000 € pour cette formation ... En fait, le CRA de Bretagne a proposé au moins une formation de 3 jours chaque année à l’ADI, pour un coût de 200 € (300 € la dernière année). De plus, le CRA a toujours assuré sa mission de conseil sur les diagnostics complexes – et donc l’assistance à la mise en œuvre de l’ADI et son suivi.

En ce qui concerne l’ADOS, le coût de la formation est de 1.200 € prix catalogue du CERESA(Bernadette Rogé) pour les personnes envoyées par un établissement13 . D’autre part, le CRA Nord Pas de Calais a une offre de formation ADOS en 2014 à 540 €. (...)

Toutes ces considérations tendent à ne faire utiliser ADI et ADOS que par l’équipe du CRA et des équipes associées.

Même le service Winnicott, dirigé par le Dr Squillante, pourtant membre du comité qui a publié les recommandations de la HAS et de la SFP de 200514, ne serait pas en mesure de les pratiquer.15 Mais à la lecture de la thèse qui vient d’être soutenue sous la présidence du Pr Botbol, on voit que la CFTMEA y est toujours privilégiée16.

14 et des recommandations 2012

15 La question a été posée au CTRA du 9 juillet, en présence du Dr Squillante.

16 http://dumas.ccsd.cnrs.fr/docs/00/84/43/79/PDF/These-Medecine_specialisee-2013-Psychiatrie-Kerrien_Margaux.pdf5


 Une formation d'un coût aussi faible (plus que soldé), avec une supervision gratuite ensuite par le CRA : mais que faut-il de plus ?

L'ADI est simple d'utilisation

L'ADI est un entretien semi-structuré. Il dure d'une heure et demi à 3 heures.

Il permet d'obtenir un score dans les trois critères des troubles envahissants du développement : un certain nombre de symptômes, tôt dans le développement.

Certains des médecins formés, hélas, ne veulent pas l'utiliser – soit parce qu'ils estiment manquer de temps, soit parce qu'ils sont contre sur le principe, soit parce qu'ils pensent manquer d'expérience.

Mais pas parce qu'ils ne veulent pas visiter Chicago (humer l'air de l'école d'orthogénie de Bruno Bettelheim?) ou New-York.

Dans les discussions entre professionnels, je comprends qu'il est préférable de faire une dizaine d'ADI par an pour être compétent en la matière.

L'A.B.A n'est pas une multinationale américaine

Un certain nombre de programmes d'intervention recommandés en matière d’autisme provient d'Amérique du Nord.

Le programme TEACCH est une politique de l'Etat de Caroline du Nord, sous l'impulsion d'Eric Schöpler (qui avait quitté Bettelheim).

L'A.B.A n'est pas une marque, ni une multinationale : sur la base de cette science de l'analyse appliquée du comportement, appliquée pour la première fois à l'autisme par Ivan Lovaas, une extrême diversité de pratiques se sont développées.

Sur le plan de la communication augmentée alternative, il y a certes le programme PECS. Il s'agit bien d'une marque déposée dans plusieurs pays. Mais les coûts des formations PECS ne sont pas exorbitants.

On peut aussi prendre la méthode de Denver (Early Start Denver Model). Il vaut quand même mieux être formé et supervisé par quelqu'un de compétent, que de se baser seulement sur un livre. Mais rien n'empêche de l'utiliser.

Dans l'état du Nouveau Brunswick (Canada), c'est l'ABA Autisme qui est utilisé. Elle est tout simplement enseignée par l’Université. La mise en place d'une plate-forme universitaire d'enseignement sur les troubles du spectre de l'autisme à distance, avec l'Université de Clermont-Ferrand, se fait d'ailleurs avec l’Université du New-Brunswick, dans le cadre du 3ème plan autisme.

Mais qu'est-ce qui explique que la TED (Thérapie d'Echanges et de Développment) développée par l'hôpital de Tours ne soit pas répandue ?

Sur quelques autres points

« Les résultats du travail thérapeutique et psychanalytique n’ont pas été assez quantifiés. Des recherches notamment à l’Inserm sont en cours avec des premiers résultats intéressants. » 

L'efficacité des approches psychanalytiques n'est effectivement pas assez quantifiée :

  • une autre commencée en 2006, dite des 50 cas ou de l l'INSERM, dont on annonce tout le temps les résultats « préliminaires », dont la méthodologie est contestée.

« En outre, donner un diagnostic sans offrir des soins dans la foulée, c’est extrêmement nuisible. D’autant que le diagnostic peut être long à accepter pour les parents. » Des psychanalystes qui donnent le diagnostic sans rien offrir – même pas le conseil de présenter un dossier à la MDPH, c'est courant. Compte tenu de la carence des établissements sanitaires et médico-sociaux, il restera heureusement aux personnes concernées le recours aux associations et à Internet.

« Le souci, c’est que l’autisme ne touche  pas que des familles qui vont bien ! Il ne touche pas que des parents exempts de maladies, de problèmes conjugaux, d’histoires compliquées.

Ces familles-là ont besoin d’avoir un psychiatre qui peut aussi aider les parents à se dégager de leur culpabilité, à faire face, à comprendre le sens que peut avoir cet enfant-là dans leur vie et donner un sens à la vie de cet enfant tel qu’il est. Et in fine l’aider à grandir. Ça ne suffit pas d’éduquer l’enfant, c’est toute la famille qu’il faut aider. » Terrible, ce paternalisme, cette volonté de soigner les parents qui n'ont rien demandé. La demande première et principale, c'est de comprendre son enfant, et d'avoir des conseils pour le faire progresser.

« se dégager de leur culpabilité ». Ah ! Bien sûr, en posant des questions sur la grossesse, les relations parentales etc … c'est le meilleur moyen d'enfoncer les parents dans la culpabilité, qu'on prétendra soigner ensuite. Une bonne explication sur ce que c'est un trouble neuro-développemental, ce serait plus efficace, non ? Moins fun, c'est vrai.

"On est en train de tuer le secteur sanitaire, financé par l’État, pour tout mettre dans le médico-social, financé par les collectivités territoriales." Drôle d'opposition : jusqu'à 20 ans, c'est "l'Etat" (sécurité sociale en fait) qui finance le médico-social (notamment IME). Après 20 ans, les MAS sont financés par la sécu, et partiellement FAM et SAMSAH.

"Une autre aberration dans la résolution Fasquelle, c’est de laisser aux centres médico-psychologiques (CMP), qui sont dans les quartiers, la charge de faire des diagnostics, et de laisser les soins au secteur médicosocial, moins médicalisé." Où çà dans la résolution Fasquelle ? Le 3ème plan autisme n'en parle même pas.

Il est sans cesse quesion d'approches plurielles, alors que dans la réalité, les programmes validés par la HAS et l'ANESM sont très minoritaires : dans les établissements médico-sociaux de Bretagne (étude CEKOIA), seuls 17% des établissements pour enfants et 8% des établissments pour adultes disent en connaître une !

Conséquences de l'inefficacité du secteur public et du refus de l'évolution : obligation pour les usagers de se tourner vers le secteur libéral, dans la mesure de leurs moyens.C'est l'inégalité assurée, conséquence de soit-disants anti-impérialisme et anti-capitalisme de façade, idéologies qui sont la couverture du corporatisme .

Conclusion en belle langue de bois, mais il n'est pas dit qu'elle doit être réservée aux professionnels.Innocent

8 avril 2017

Le nouveau bâtiment des Papillons blancs sort de terre

Les engins de chantier sont à pied d’œuvre.
Les engins de chantier sont à pied d’œuvre.

Les résidents vont déménager dans un établissement flambant neuf de 4 773 m2 érigé sur un terrain de 39 190 m2 situé rue Jean-de-la-Fontaine, à la limite de la cité des Agneaux.

Dédié en grande partie aux personnes autistes, il hébergera quatre-vingts pensionnaires (au lieu de soixante-dix actuellement) dans un internat offrant quarante lits et fonctionnera 24 heures sur 24.

« Un outil remarquable en faveur des pensionnaires »

«  Nous allons non seulement disposer d’un outil remarquable en faveur des pensionnaires mais aussi préserver les emplois existants et lancer une campagne d’embauches  », se félicitent conjointement le maire Jean-Luc Coquerelle et Pascal Huet, directeur général de l’APEI les Papillons blancs du Douaisis. Un projet de 10 millions d’euros avec un engagement financier de l’ARS.

NELLO BENEDETTI (CLP)

6 avril 2017

Plan autisme, " la volonté politique ne doit pas faillir "

article publié dans Handicap.fr

Résumé : Ségolène Neuville, secrétaire d'État en charge du handicap, a souligné le 3 avril 2017 que la volonté politique ne devait pas faire défaut dans les mois qui viennent, afin d'assurer la mise en œuvre du 4e Plan autisme.

Par , le 04-04-2017

« Il faudra, dans les mois qui viennent, ne pas faillir sur la volonté politique et l'engagement militant, pour qu'un nouveau Plan autisme puisse entrer en vigueur au 1er janvier 2018 », a souligné Ségolène Neuville lors d'un colloque au ministère des Affaires sociales, qui a réuni plusieurs experts et associations le 3 avril 2017. « Son budget se décidera à l'automne 2017 », a-t-elle précisé.

Les bases d'un budget

Lors de la Conférence nationale du handicap de mai 2016 (CNH), François Hollande avait annoncé qu'un nouveau plan viendrait, au 1er janvier 2018, prendre le relais du troisième, doté de 205 millions d'euros pour la période 2013-2017. « Nous en posons les bases, même si nous savons tous que ce gouvernement ne sera plus là le mois prochain », a ajouté Mme Neuville, au lendemain de la journée mondiale de sensibilisation à l'autisme.

Un rapport de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas), évaluant le 3e plan, « doit être rendu courant avril et sera rendu public », a-t-elle rappelé. Parmi les priorités à prendre en compte, le soutien aux familles a été cité, ainsi que le renforcement de la politique de diagnostic, la formation des professionnels et l'inclusion sociale et citoyenne des personnes atteintes de troubles du spectre de l'autisme (TSA) : « Nous devons aller plus loin dans la mise en œuvre de méthodes efficaces, qui ont fait leurs preuves en France et à l'étranger ». Mme Neuville a par ailleurs annoncé que pour la première fois, l'Inserm (Institut  national de la santé et de la recherche médicale) serait associé à la  construction du futur plan.

650 000 personnes touchées

Parallèlement au colloque, où a été comparée la prise en charge des personnes autistes dans plusieurs pays (Suisse, Belgique, Norvège, Royaume-Uni), une commission scientifique internationale s'est réunie au ministère le 15 mars (lire article en lien ci-dessous). Les débats lors de cet événement sont destinés à nourrir ce plan.
En France, quelque 650 000 enfants et adultes seraient atteints de TSA, et un nouveau-né sur 100 serait concerné, selon les associations.

© Fotolia

4 avril 2017

Autisme - 3/04/17 - Conférence scientifique internationale

3 avr. 2017
Par Jean Vinçot

Blog : Le blog de Jean Vinçot


Ségolène Neuville a décidé de réunir une commission scientifique internationale pour préparer les orientations du 4ème plan autisme. Quelles conclusions tirer de cette conférence ?

La commission est composée de :

  • Pr Tony CHARMAN, psychologue clinicien (King’s College - Royaume-Uni)
  • Pr Jonathan GREEN, pédopsychiatre (Université de Manchester - Royaume Uni)
  • Pr Christopher GILLBERG, psychiatre de l’enfant et de l’adolescent (Université de Göteborg - Suède)
  • Dr Francesco CUXART, Docteur en psychologie (Université de Barcelone - Espagne)
  • Dr Pierre DEFRESNE, pédiatre, neuro-pédiatre, réadaptation fonctionnelle et professionnelle (Centre de Référence pour les Troubles du Spectre de l’Autisme "J-Ch Salmon" – Belgique)
  • Pr Herbert ROEYERS, Ph.D, spécialiste en psychologie clinique (Université de Gand – Belgique)
  • Pr Carmen DIONNE, Professeure psychologue (Université du Québec à Trois-Rivières - Canada)
  • Dr Annalisa MONTI, neuropsychiatre (Italie)
  • Pr Laurent MOTTRON, MD, Ph.D, psychiatre (Centre de Recherche en santé mentale de l’Université de Montréal – Canada)
  • Pr Kerim MUNIR, psychiatre (Hôpital pour enfants de Boston - USA)
  • Pr Fred VOLKMAR, psychologue (Université de Yale – USA) - absent ce 3 avril
  • Pr Catherine BARTHELEMY, pédopsychiatre (INSERM – France)
  • Pr Thomas BOURGERON, généticien (Université Paris Diderot / CNRS - France)
  • Pr Marion LEBOYER, psychiatre (UPEC – France)
  • Pr Nadia CHABANE, pédopsychiatre (Centre Cantonal Autisme – Suisse)
  • Pr Bernadette ROGE, psychologue (Université Jean Jaurès, Toulouse – France)
  • Pr Ghislain MAGEROTTE, psychologue (Université de Mons – Belgique)
  • Pr Amaria BAGHDADLI, pédopsychiatre (Centre Hospitalier Universitaire de Montpellier – France)
  • Dr Amaia HERVAS ZUNIGA , Ph.D, pédopsychiatre (Espagne)
  • Pr Francine JULIEN-GAUTHIER, Professeur de Sciences de l’Education (Québec, Canada)

Une première réunion par visioconférence avait eu lieu le 15 mars. Les associations représentant les personnes autistes et les familles avaient préparé collectivement des questions. Les 9 premières ont pu être discutées le matin, pendant une heure 30. L'ensemble de la conférence a été filmée, et devrait être mis en ligne sur le site du Ministère. Chacun pourra en juger.

Les questions posées

20170403-1
20170403-2

Remarques sur quelques points :

 1 - Psychanalyse


S'il y a bien un point où l'unanimité des experts s'est manifestée de façon évidente, c'est bien celle-là. Jonathan Green a rappelé qu'il n'y a aucune étude sur l'efficacité de la psychanalyse, et que les bases théoriques de la psychanalyse sont fausses. 

Il rappelera que la question des effets indésirables des pratiques est peu traitée, mais que la psychanalyse peut avoir des incidences négatives,  par ces théories et ce que l'on dit des parents. Il y a un consensus sur les risques potentiels de la psychanalyse.

La question sera réabordée en public à la conférence de l'après-midi. Kerim Munir se fera l'interprète de tous les experts pour écarter la psychanalyse dans l'autisme : "elle ne doit pas être remboursée par la sécurité sociale, ce serait jeter l'argent par les fenêtres !"

Nadia Chabanne interviendra sur les troubles de l'attachement, qui n'ont aucun parallèle avec l'autisme, sur le Syndrome de Munchausen "by proxy" qui n'a rien à voir avec ce trouble neurodéveloppemental. Les traits de caractère partagés par certains parents avec leurs enfants montrent qu'il y a une base génétique qui passe d'une génération à l'autre.

Elle s'appuie sur l'hétérogénéité de l'autisme et indique comme intervention d'abord les outils de communication fonctionnelle, la formation des parents (guidance parentale, coaching), le modèle de Denver - ESDM , l'ABA surtout en cas de déficience intellectuelle ou de troubles du comportement.

Un intervenant indiquera que la France est victime d'un ralentissement de la recherche, du fait du poids de la psychanalyse. La France est différente ... et "c'est problématique".

2 - Repérage et intervention précoces

Laurent Mottron indique qu'il faut découpler interventions et diagnostic. Le diagnostic peut intervenir plus tard. Catherine Barthélémy estime aussi nécessaire ce découplage pour les très jeunes enfants, ce qui ne doit pas empêcher d'accéder aux services spécialisés.

Amaria Baghdadli rappelle que cela faisait déjà l'objet d'un consensus dans les recommandaitons de 2005. Il faut identifier l'existence de troubles neuro-développementaux et inscrire une prise en charge dans une filière non spécialisée, telles que les CAMSP.

A l'interrogation de Tony Charman, Danièle Langloys répondra que depuis 2005 (recommandations HAS/FFP sur le diagnostic des enfants), le maillage territorial pour le diagnostic est inégal et défaillant, et qu'il n'y a pas d'intervention précoce dans la plupart des cas.

Munir, Magerotte, Dionne, Mottron, Monti, Green
Munir, Magerotte, Dionne, Mottron, Monti, Green

3 - Adaptation des interventions

Laurent Mottron s'appuie sur les recommandations de NICE (Grande Bretagne), privilégie la guidance parentale, estime qu'il n'y a pas d'effet dose (plus d'intervention donne plus de résultats) et qu'il n'est pas possible ni utile de donner 25 h d'intervention par semaine à chaque enfant, comme c'est préconisé par la HAS et au Canada.

Carmen Dionne indique qu'il faut réinvestir en soutien en milieu de vie naturel des enfants, soutenir le projet éducatif en milieu scolaire.

Pour Christopher Gillberg, il faut une approche individualisée. Les symptômes ne déterminent pas le résultat. Ce sont plus les troubles épileptiques, le trouble déficitaire de l'attention etc... qui peuvent donner une prévisibilité.

Jonathan Green est d'accord. Avant d'aller à l'école, il faut se concentrer sur le développement des bases sociales. Il faut traiter les comorbidités.

  • Note : sur la période pré-scolaire, il développe le contraire des thèses de Laurent Mottron, qui estime qu'il n'est pas prouvé que le développement de la socialisation doit avoir lieu entre 2-5 ans et que c'est d'autres compétences (comme l'exposition massive à la lecture) qui doivent être développées à cet âge.

Bernadette Roger insistera aussi sur l'intervention précoce en milieu naturel, dans les familles, à la crèche, à l'école, de façon intensive.

J'avoue que ces réponses me laissent sur ma faim. On voit que manifestement, les chercheurs n'apportent pas d'éléments déterminants pour préciser des interventions adaptées à certains "profils".

Mais la question des interventions va rebondir de façon curieuse lorsque la commission a rendu compte de ses travaux en séance publique. Ce sont Jonathan Green et Laurent Mottron qui sont venus présenter la position de la commission, "du consensus".

Jonathan Green indique qu'il n'y avait aucun modèle prouvé scientifiquement jusqu'à récemment, mais que çà commence à se faire depuis 10/15 ans. Un essai randomisé coûte 2 millions d'€ : K. Munir expliquera que c'est le coût de la prise en charge d'un autiste sur toute sa vie.

Laurent Mottron rebondit alors en critiquant les 25 h préconisés par la HAS, "cible commode". Il estime qu'il ne faut pas raisonner en intensité. Que le modèle de Jonathan Green de guidance parentale (le PACT) est efficace avec 30 h par an. Qu'il ne nécessite pas de renforcement positif . Selon lui, il faut commencer par une intervention immédiate avec les parents pour traiter les problèmes alimentaires, les troubles du sommeil, les crises. Et traiter seulement après les problèmes proprement dits de l'autisme.

Que cela ne représente pas le point de vue de tous les experts, "le consensus", se voyait sur les têtes de certains. Jonathan Green est le créateur du PACT, que promeut Laurent Mottron avec un argument économique détestable. Ce sont des scientifiques de sociétés riches qui étaient représentés là : les moyens d'investir existent. C'est un calcul à court terme de ne pas investir aujourd'hui, ce qui a pour conséquence d'entraîner demain de lourdes dépendances.

Carmen Dionne, du Québec aussi, a lourdement insisté ensuite sur le fait qu'il n'y avait pas de consensus entre experts sur l'intensité de la prise en charge. Et sur le fait de tenir compte des priorités de la famille dans l'intervention.

A part Laurent Mottron, seul Jonathan Green est intervenu dans ce sens ("il n'y a aucune preuve scientifique sur l'efficacité de l'ABA"), ainsi que l'expert britannique présent à la table ronde sur l'inclusion l'après-midi.

Militant principalement pour les personnes autistes de haut niveau (Asperger ou non), j'ai (dans mon association) peu pratiqué l'ABA de façon intensive. Nos associations militent essentiellement pour la scolarisation en milieu ordinaire, puissant moyen d'apprentissage des interactions sociales et préparation de l'avenir dans la vie adulte.  Le diagnostic est fait plus tardivement, et la scolarisation permet l'évolution. Cela n'empêche pas l'intérêt d'une pratique comme celle du réseau Epsilon à l'école, inspirée par l'ABA avec du matériel Montessori.

Il est assez fréquent que des enfants avec différents niveaux de sévérité des troubles liés à l'autisme se trouvent dans la même famille. Les interventions ne seront évidemment pas les mêmes. Il ne faudrait pas que sous un prétexte économique à court terme, les moyens ne soient pas mis sur ceux qui en ont le plus besoin.

Et quand je vois ce qu'arrive à faire la MAS de Saint-Sétiers (Corrèze), c'est grâce à l'analyse appliquée du comportement qu'elle arrive à réparer près de 10 années d'exclusion scolaire et sociale.

8 - Différence homme/femme

Laurent Mottron propose de travailler avec les CRA sur le sujet. Le diagnostic pour les femmes se fait plus tard, et il faut plus de signes. Il propose de relâcher en attendant les critères du DSM pour les femmes, d'abaisser le seuil du diagnostic.

Il préconise l'utilisation des auto-références féminines, qu'il estime solides et "sémiologiquement intéressantes". Les auto-références, ce sont les récits de vie rédigés par les personnes elles-mêmes dans le cadre du processus de diagnsoitc.

Christopher Gillberg va dans le même sens. Il utilise un questionnaire de 15 questions pour les femmes et jeunes filles. On ne sait pas si l'autisme est surreprésenté chez les hommes, en fait.

En Suède, depuis l'année dernière, le seuil de l'autisme est passé de 8 symptômes à 4.

Nouvel espace site internet

La conférence a été aussi l'occasion de nous montrer le déroulement de la mesure 39 du plan autisme, la communication, avec l'ouverture récente de l'espace accompagnants sur le site autisme du Ministère :

http://social-sante.gouv.fr/grands-dossiers/l-autisme/espace-accompagnants-10709/

Discours de Ségolène Neuville

Sur le site du Ministère

Ségolène Neuville - conférence scientifique internationale - 3 avril 2017
Ségolène Neuville - conférence scientifique internationale - 3 avril 2017

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A lire le commentaire de Danièle Langloys avant la conférence.

Pour la journée mondiale de sensibilisation à l'autisme 2017, les familles espèrent plus qu'une simple conférence

2 avril 2017

Pour la journée mondiale de sensibilisation à l'autisme 2017, les familles espèrent plus qu'une simple conférence

article publié dans le Huffington Post

Faut-il vraiment une conférence internationale pour faire enfin ce qu'il faudrait faire pour les personnes autistes?

02/04/2017 07:00 CEST | Actualisé il y a 10 heures

Après les quelques espoirs vite douchés engendrés par le plan autisme 3, les familles constatent massivement les menaces qui pèsent sur leurs rares acquis. La notion de troubles neuro-développementaux semble largement absente du bagage scientifique de nombreux professionnels qui masquent leur ignorance sous des diagnostics farfelus de troubles de l'attachement, de la personnalité ou de psychose infantile. L'acharnement haineux contre les familles qui insistent pour avoir un diagnostic d'autisme se poursuit sous forme de vengeance: les parents et surtout les mères seules sont punies d'avoir contesté un diagnostic erroné et risquent de se faire retirer leurs enfants.

Ce 2 avril 2017 a un goût très amer. Mobilisés depuis plusieurs mois pour la naissance d'un plan 4 qui aurait pu accélérer les transformations d'un système verrouillé, nous voyons cet espoir s'envoler, du moins dans un avenir proche. Le cabinet ministériel qui aurait pu le porter s'en tient prudemment à une conférence scientifique internationale à laquelle les associations n'ont même pas pu assister et qui va résumer ses travaux en une demi-heure le 3 avril. Faut-il vraiment une conférence internationale pour faire enfin ce qu'il faudrait faire pour les personnes autistes? Les familles et les professionnels compétents qui les soutiennent, car il y en a, sont d'abord les victimes de l'absence totale de courage politique à gauche comme à droite, pour régler une bonne fois pour toutes les problèmes liés à l'autisme.

En France, on gaspille l'argent public, mais ce n'est pas un souci: la Cour des Comptes est censée s'intéresser à cette question depuis des mois; il y a des années qu'elle aurait dû le faire, ainsi que les parlementaires. Nous parents sommes aussi des citoyens et avons le droit de demander des comptes sur l'usage de l'argent de nos impôts, alors que nous ne trouvons pas les services nécessaires et devons les payer de notre poche. Gageons d'ailleurs que la Cour des Comptes ne fera que compter, ce qui est son travail, et ne fera pas avancer l'exigence de qualité en autisme, pourtant indispensable. Il faut être compétent pour être efficace, et utiliser à bon escient l'argent du contribuable. Mais pas de problème: en toute impunité, on peut dans les hôpitaux de jour ou autres services publics, faire de la pataugeoire, de l'atelier-contes, du packing, au lieu d'aider les enfants autistes à développer communication sociale et autonomie. Les hôpitaux de jour devaient être inspectés? Mais non, sauf exceptions, on s'en tient à des visites informelles appuyées sur une grille d'analyse non rendue publique. Pas question de heurter la toute-puissance du lobby psychiatrique.

Bien entendu, en France, il est impossible d'obtenir les statistiques sur les personnes concernées. Un exemple? Impossible d'avoir les chiffres des personnes autistes indûment hospitalisées. Le seul chiffre existant, il faut aller le chercher dans la vidéo de l'audition de la France au Comité ONU des droits de l'enfant en 2016, où on découvre que 10.000 enfants diagnostiqués autistes (plus tous ceux sans diagnostic) étaient dans des hôpitaux de jour, massivement déscolarisés donc, au mépris de la loi. Alors, fonctionnaires du ministère de la Santé, donnez-nous ces chiffres!

En France, pour l'autisme, on privilégie les croyances, alors que dans d'autres pays qui n'ont pas forcément nos moyens, on essaie d'être pragmatique, cohérent et de répondre aux besoins des personnes autistes en s'appuyant sur des preuves scientifiques, ou l'expertise des professionnels et des usagers. Hélas, le verbiage indigent des psychanalystes continue à faire la loi: la pseudo-souffrance psychique du "sujet" autiste, qui n'accède pas au statut de personne, l'impitoyable déterminisme qui lui fait choisir d'être autiste pour fuir son environnement social et sa mère trop froide ou trop fusionnelle, sa réduction à son corps ou à de supposées angoisses archaïques: ces scandaleuses inepties continuent à structurer les formations à l'autisme partout, des médecins, des psychologues, des travailleurs sociaux, des infirmiers...Une véritable gangrène.

Bientôt 30 ans que notre association, Autisme France, demande la refonte de toutes les formations: nous n'avons jamais rien obtenu. Les psychanalystes organisent leur lobbying partout, à l'Assemblée Nationale, dans les médias, dans les ministères, dans l'indifférence et la complicité collectives. En France, chacun confond psychiatre, psychanalyste, psychologue, et s'imagine que la psychanalyse c'est le soutien psychologue alors que ce déterminisme condamne les humains à leur inconscient réduit à la sauce freudo-lacanienne, car l'inconscient cognitif c'est quand même autrement intéressant. La violence est la même que pour le diagnostic: vous ne voulez pas de la psychanalyse, vous l'aurez de force. Excellente définition de la dictature, non? La psychanalyse devrait être réservée à des adultes consentants et éclairés. L'imposer par la force à des personnes vulnérables est une violation indigne de l'éthique de la plus élémentaire.

Alors que chacun fasse enfin son travail: Education Nationale, formez enseignants et intervenants en autisme, recrutez psychologues, orthophonistes et éducateurs; et arrêtez de dire qu'il ne faut pas tripler le mammouth: il faut le décongeler, le mammouth, sans plus. Demandez l'argent gaspillé dans les hôpitaux de jour: la place de nos enfants est à l'école, dans des parcours diversifiés. Administrations centrales, mettez-vous au travail: rendez publiques les statistiques existantes sur l'autisme, établissez les autres. Dotez la France de cohortes épidémiologiques dignes de ce nom en demandant l'aide du Pr Fombonne: les deux seules qui existent en France ont des biais majeurs et sont inutilisables; 0, 36 % de prévalence de l'autisme en France, alors que partout c'est entre 1 et 1, 5%: combien de temps encore allons-nous continuer à être la risée du monde entier?

Revoyez les outils de classification des handicaps qui ignorent l'autisme, refaites de fond en comble les formations initiales, aidez à mettre en œuvre une certification autisme des établissements et services qui garantisse leur qualité et leur réponse précise et efficace aux besoins des personnes autistes.

Candidats à la présidentielle, faites de l'autisme un enjeu majeur de santé publique et de société: c'est une urgence absolue.

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