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"Au bonheur d'Elise"
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30 juillet 2015

Condamné pour carences dans la prise en charge d'enfants autistes, l'Etat ne fera pas appel

article publié dans Localtis

HandicapPublié le mercredi 29 juillet 2015

Dans huit jugements rendus le 15 juillet, le tribunal administratif de Paris a condamné l'Etat à un total de 240.000 euros de dommages-intérêts (de 13.164 à 70.000 euros selon les affaires), au profit de sept familles ayant un enfant autiste. Ces sommes leur ont été attribuées "en réparation des préjudices subis tant par eux-mêmes que par leurs enfants en raison des carences de l'Etat dans la prise en charge des troubles autistiques qu'ils présentaient".

Des "carences" dans la prise en charge

Les huit affaires concernaient différents départements sur l'ensemble du territoire, mais, conformément à l'article R.351-8 du Code de justice administrative, le président de la section du contentieux du Conseil d'Etat a décidé - pour la "bonne administration de la justice" - de confier l'ensemble de ces affaires à un seul tribunal administratif.
Les affaires jugées concernent essentiellement la scolarisation des enfants autistes et l'accueil en établissement médicosocial, en internat ou semi-internat. Dans deux cas, les enfants avaient dû être placés dans un établissement en Belgique, faute de réponse adaptée en France.
Dans ses différents jugements, le tribunal reconnaît l'existence d'un préjudice moral pour les enfants et les parents - notamment du fait de l'éloignement, pour les enfants placés en Belgique -, ainsi que de "carences" dans la prise en charge qui aurait dû être assurée à ces enfants.
En revanche, les jugements exonèrent l'Etat de toute responsabilité sur les orientations, jugées inadaptées, prononcées par les commissions des droits et de l'autonomie des personnes handicapées (CDAPH) ou sur la mauvaise application des décisions par les établissements et services médicosociaux.

Le troisième plan Autisme pour rattraper le retard

L'association "Vaincre l'autisme" - qui entretient des relations tendues avec le ministère des Affaires sociales et de la Santé et qui soutenait les parents dans leurs recours - s'est réjouie de ces décisions, qui démontrent "la responsabilité de l'Etat à l'origine de situations d'inégalité intolérables" et "font office d'une nouvelle jurisprudence des préjudices subis par les personnes autistes exilées en Belgique". L'association rappelle également que quatorze autres affaires du même type sont pendantes devant le tribunal administratif de Paris et que "d'autres familles continuent à saisir Vaincre l'autisme pour intégrer cette 'plainte collective'".
De son côté, Ségolène Neuville a indiqué que le gouvernement ne fera pas appel de ces décisions du tribunal administratif de Paris, qui deviennent donc définitives. Interrogée par l'AFP, la secrétaire d'Etat chargée des personnes handicapées et de la lutte contre l'exclusion a affirmé : "Je ne suis pas étonnée par ce jugement parce qu'en France, nous avons réellement un retard pour la prise en charge des enfants autistes, retard que je qualifierais d'historique, car ça fait très longtemps que c'est comme ça."
La ministre a notamment indiqué que le troisième plan Autisme 2013-2017 (voir nos articles ci-contre) avait précisément pour vocation de combler ce retard français, qui lui a déjà valu une condamnation européenne (voir notre article ci-contre du 7 février 2014). Ce plan prévoit notamment une enveloppe de 205 millions d'euros, qui financera, entre autres, la création de 3.400 places pour enfants et adultes atteints de troubles autistiques. 

Jean-Noël Escudié / PCA

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12 juillet 2015

Avis d'experts en live => Obsédant ... Encore eu-t-il phallus ...

Teaser d'un documentaire de 90 minutes consacré à la psychanalyse : "La théorie sexuelle" de Sophie Robert

10 juillet 2015

L'autodestruction du mouvement psychanalytique

article publié dans SCIENCE ... et pseudo-sciences

Sébastien Dupont. Gallimard, Coll. Le Débat, 2014, 208 pages, 16,90 €

Recension de Jacques Van Rillaer - SPS n° 313, juillet 2015

Ceci est la version intégrale d’une note de lecture abrégée parue dans le SPS n° 313.

« Évidemment, je ne suis pas chaud-chaud pour dire que quand on fait de la psychanalyse, on sait où on va. La psychanalyse, comme toutes les autres activités humaines, participe incontestablement de l’abus. On fait comme si on savait quelque chose. » Jacques Lacan1

S. Dupont se définit comme un praticien d’orientation psychanalytique (en langage d’initié : un POP). Plus précisément, il est un psychologue qui a « fait l’expérience irremplaçable de la cure » (p. 10), mais il n’est pas psychanalyste reconnu par l’une ou l’autre des nombreuses Écoles de psychanalyse. Il voue à Freud une admiration sans faille :

« Il existe sans conteste un “génie” de la psychanalyse » (p. 9), « Je crois que la psychanalyse est une invention extraordinaire » (p. 11), «  La psychanalyse constitue une référence précieuse, voire indispensable  » (p. 14), « La référence incontestable des thérapies par la parole et de leurs dérivés » (p. 197). « Fantastique terreau de créativité clinique ». Sans rire, S. Dupont donne comme exemples de cette créativité fantastique, les domaines de l’autisme et de la toxicomanie (p. 197 et suivantes).

L’auteur est comme l’adepte d’une religion qui se désole de comportements de coreligionnaires, mais qui maintient sa foi dans les fondements de sa religion. Peut-être est-il comme je l’étais à la fin des années 1970 : au milieu du gué, profondément déçu des pratiques psychanalytiques, mais n’osant pas contester les bases de la doctrine et faire tout autre chose.

Constatant l’affaiblissement croissant de la psychanalyse dans le monde actuel, y compris en France, le pays où – avec l’Argentine – elle se maintient le mieux, S. Dupont propose aux psychanalystes et aux POP de faire leur autocritique et d’agir sur les facteurs internes de « destruction » de la psychanalyse afin de la sauver. Il n’évoque guère les objections des non-freudiens. Concernant les critiques émises par Bénesteau, Onfray et les auteurs du Livre noir de la psychanalyse, il se contente d’une phrase interrogative : « N’ont-ils pas cédé au même travers que les psychanalystes idéologues qu’ils croyaient contrer : l’identification de la psychanalyse à ses grandes figures et la sacralisation des œuvres ? » (p. 26).

1. Les facteurs de l’autodestruction de la psychanalyse

S. Dupont est loin d’être le premier freudien qui déplore des conduites donnant une (très) mauvaise image de la discipline. À titre d’exemple, Pierre-Henri Castel, y a consacré un livre, où on lit : « La psychanalyse n’a pour pire adversaire qu’elle-même, quand elle organise sa métamorphose en théorie “majeure” : dans le dialogue des maîtres, la monumentalisation de son histoire et la foi en un messianisme de pacotille qui l’affranchirait des bornes de son petit réduit ».

Le principal mérite de S. Dupont est de présenter un large ensemble de ces critiques dans un ouvrage clair, remarquablement écrit, soigneusement articulé. Il a aussi le mérite de ne pas se contenter de la sempiternelle accusation de « résistances ». Il écrit que « ce sophisme s’est révélé néfaste à long terme », car « cette fameuse parade rhétorique » referme la psychanalyse sur elle-même, la prive d’apports et l’affaiblit de l’intérieur (p. 23). Chose amusante concernant les experts des motivations inconscientes : S. Dupont précise qu’il ne veut « en aucun cas suggérer que des psychanalystes agiraient intentionnellement et consciemment dans le sens d’affaiblir leur propre mouvement » (p. 30).

S. Dupont précise que plusieurs facteurs s’alimentent réciproquement et que le plus important est « la division du mouvement et l’absence d’instance fédératrice » (p. 85). Il déplore qu’il n’y ait pas de porte-parole légitime élu par les pairs, pour dialoguer avec l’État, et que la dizaine de psychanalystes invités dans les médias soient peu représentatifs de l’ensemble des praticiens. Il écrit :

« Le temps passant, la division en écoles rend de plus en plus difficile la fédération des psychanalystes. Après soixante années de divisions, pendant lesquelles les différences se sont exacerbées et des réflexes claniques se sont installés, il paraît bien difficile de vouloir rassembler, tout en respectant les différences – c’est là la fonction d’une fédération –, des écoles et des individus qui n’acceptent parfois pas même de se parler. Les différences théoriques, techniques, éthiques et conceptuelles deviennent si grandes que les membres des diverses écoles renâclent à se reconnaître mutuellement comme psychanalystes et à se considérer comme les membres d’une même communauté, au-delà de leurs spécificités » (p. 73).

L’absence de reconnaissance légale du titre est en rapport avec ces incessantes divisions. En 1989, cinq psychanalystes de plusieurs obédiences ont tenté de constituer une instance représentative des psychanalystes français. La majorité des psychanalystes s’y est opposé :

« De manière assez paradoxale, ce sont les psychanalystes qui – majoritairement – s’opposent à la protection de leur titre, permettant ainsi à quiconque, y compris à des individus peu qualifiés, de s’autoproclamer psychanalystes, aux dépens des usagers et de l’image de la psychanalyse » (p. 66).

Les autres facteurs que S. Dupont examine en détail – ce que nous ne ferons pas ici – sont les suivants : l’absence de consensus sur la formation, le culte de la personnalité « entraînant des effets de cour, de loyauté, d’identification et d’attachement affectif », la vie en vase clos, le dogmatisme, les discours incompréhensibles, le radicalisme, « l’oppositionnisme » (la prétention d’être « révolutionnaire », « avant-gardiste »), la revendication d’une position à part et d’une « immunité sociale », le côté élitiste et parisianiste, la recherche d’ennemis pour se souder (avec le risque de « se faire piéger dans des sortes de « sables mouvants » de la disqualification »), « la concurrence sur le marché psy », l’absence d’intérêt pour d’autres disciplines, en particulier la psychologie scientifique, la négligence de la thérapie et des besoins réels de la population, la féminisation de la profession, le manque de créativité.

Explicitons brièvement trois autres facteurs présentés par l’auteur et un quatrième, qu’il passe sous silence.

L’absence de méthode scientifique

S. Dupont écrit : «  Le principal problème de la psychanalyse comme méthode scientifique concerne la façon dont elle vérifie ses hypothèses. Au-delà du fait que les phénomènes observés par les psychanalystes ne sont pas facilement reproductibles ni quantifiables – au contraire des objets des sciences exactes –, il n’existe pas de méthode consensuellement adoptée par les psychanalystes pour évaluer leurs interventions et leurs théories. Il leur est donc difficile de comparer leurs recherches et plus encore de départager les théories selon leur pertinence. Ce problème de méthode a un impact préjudiciable de grande ampleur sur l’évolution des théories psychanalytiques. De ne pas être suffisamment développées sur la base de l’observation (voire de l’expérimentation), les théories évoluent de façon spéculative et autoréférentielle, et s’opposent dans des débats qui deviennent infinis puisque aucune donnée d’observation n’est là pour les départager. L’évolution des théories psychanalytiques tend ainsi à ressembler à celle que connaissent les théories philosophiques ou les courants artistiques » (p. 127s).

Le refus de l’évaluation par la majorité des psychanalystes

S. Dupont s’interroge : «  Combien de temps ce refus sera-t-il tenable, si l’on considère que les tenants des autres modèles vont poursuivre leurs propres programmes, faire valoir leurs résultats et éventuellement disqualifier les méthodes analytiques ? Quitte à voir leurs techniques évaluées, les psychanalystes n’ont-ils pas intérêt à concevoir eux-mêmes les outils de leur propre évaluation, non seulement pour que les résultats soient les plus fiables possibles, mais aussi pour en tirer des enseignements cliniques (car il ne s’agit pas uniquement d’identifier les effets, mais aussi de mieux comprendre les processus impliqués) ?  » (p. 183).

L’aspect religieux

«  Le mouvement psychanalytique a été affecté, à certaines périodes et dans certaines de ses composantes, par des dérives religieuses. Certains psychanalystes ont ainsi élevé leur discipline au rang d’objet de croyance : la théorie devient un dogme sacré, l’inconscient une divinité, Freud un prophète, ses œuvres des Écritures saintes et les écoles de psychanalyse des communautés de croyants » (p. 112).

«  L’œuvre de Lacan s’est particulièrement bien prêtée à cet abord religieux et théologique, du fait de son style hermétique et autoréférentiel. Certaines écoles – notamment d’obédience lacanienne – se livrent ainsi au psittacisme et organisent des enseignements et des séminaires de lecture au cours desquels on fait interminablement l’exégèse des textes du maître, au risque de se rapprocher de la pratique du « catéchisme », voire de la messe en latin de l’Église chrétienne (répéter sans comprendre devient une vertu) » (p. 119).

Les mensonges freudiens

Un facteur essentiel de l’abandon du freudisme – notamment par des adeptes – est la découverte, depuis les années 1970, des mensonges de Freud concernant les résultats de ses traitements. Rappelons que cela commence par le traitement de la morphinomanie par la cocaïnothérapie et la psychothérapie d’Anna O., dont la cure désastreuse a été présentée par Freud comme une magnifique guérison. S. Dupont n’évoque pas ces faits. Les ignore-t-il ? Si oui, on peut lui conseiller de lire un des trois livres auxquels il n’a consacré qu’une phrase : Mensonges freudiens de Bénesteau (2002), Le Livre noir de la psychanalyse (2005), Le crépuscule d’une idole (2010). S’il est informé, il se conduit comme l’adepte d’une religion qui dissimule les affabulations du fondateur.

Face à un tel bilan, pourquoi, alors qu’on a un diplôme de psychologue2, continuer à se définir comme « POP » ? Sans doute parce qu’on ignore ou qu’on connaît mal l’histoire ancienne de la psychanalyse, ses problèmes épistémologiques et les alternatives aujourd’hui possibles, en particulier les TCC.

2. La méconnaissance de l’histoire ancienne de la psychanalyse

Des scissions depuis le début

S. Dupont écrit : « Le mouvement psychanalytique n’a cessé de se diviser dès qu’il a commencé à prendre de l’ampleur. En soixante ans, il est passé d’une association unique – la Société psychanalytique de Paris fondée en 1926 – à une vingtaine » (p. 61).

En réalité, le mouvement psychanalytique s’est divisé depuis sa naissance, c’est-à-dire depuis cent ans. Dès que Freud a réuni des collègues autour de lui, des conflits d’interprétation ont éclaté et ont conduit à de violentes disputes, des interprétations du genre « il résiste, il refoule, il est névrosé », des excommunications et la constitution de nouvelles Écoles, avec de nouveaux chefs (ou gourous) : Adler, Stekel, Jung, Reich, Rank, Ferenczi, M. Klein, Fromm, Lacan, les post-lacaniens, la sophianalyse, etc. Dès le départ, il y a « des » psychanalyses.

Ces divisions sont inévitables car l’analyse freudienne est, selon l’expression même de Freud, un art d’interpréter, « eine Deutungskunst ». Chacun peut appliquer une grille d’analyse psychologique qui rend tout significatif et même cohérent. Et cela d’autant plus qu’on en appelle à l’Inconscient, comme une boîte magique dont on tire ce qu’on veut pour avoir le dernier mot. Il est donc inévitable qu’il y ait de nombreuses façons de faire des analyses psychologiques3.

L’appel de S. Dupont à resserrer les rangs de tous les analystes sous la bannière d’un porte-parole élu par ses pairs apparaît totalement irréaliste lorsqu’on lit la correspondance de Freud. Échantillon de la façon dont lui-même, mais aussi les « dissidents », pensaient :

Freud écrit à Ferenczi en 1925, à propos du compte rendu d’une conférence de Jung : « Il est plaisant de voir qu’en douze ans, depuis la séparation, il n’a même pas avancé d’un pas, il est exactement aussi figé qu’Adler. Il est tout aussi clair qu’il est resté le même sale type ; car il ne craint pas d’user des mêmes déformations de la psychanalyse, celles que, chez d’autres, nous pouvons si souvent attribuer à l’ignorance. Le reste, c’est du bla-bla »4

Relisez bien : ceux qui ne pensent pas comme moi n’ont pas avancé d’un pas, ils déforment ou ignorent « la » (= ma) psychanalyse, ils racontent du « bla-bla », ce sont des sales types…

La visée thérapeutique

S. Dupont écrit : «  Freud a toujours eu une position assez claire : pour lui, la méthode psychanalytique a avant tout une visée thérapeutique. Mais, au fur et à mesure de l’histoire de la psychanalyse, cette position a été moins partagée par les psychanalystes ou alors parfois de façon ambiguë. Lorsqu’elle s’est diffusée à grande échelle et qu’elle a intéressé un public de plus en plus important, la cure a été pensée plutôt comme une expérience de découverte de soi que comme thérapie » (p. 163).

En réalité, Freud a cru que sa méthode allait guérir quantité de maux à l’époque où il prenait de la cocaïne, ce qui l’a amené à inventer des guérisons5.

Par la suite, quand il s’est limité au tabac, il a progressivement perdu ses illusions et écrivait, aux disciples déçus par la pauvre efficacité de sa méthode, que l’essentiel était d’acquérir du savoir. Ainsi, déjà en 1912, à Stärcke : « Le point de vue thérapeutique n’est pas le seul qui intéresse la psychanalyse et n’est pas non plus le plus important »6.

Les difficultés actuelles des patients

Selon S. Dupont, plusieurs conceptions de la psychanalyse sont anachroniques parce que «  les patients que les analystes reçoivent sont très différents de ceux qu’a connu Freud » (p. 192). Il précise : «  La psychopathologie qu’a connue Freud (à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle) était en grande partie une psychopathologie du conflit et de la contrainte : dans les névroses graves décrites par Freud et par les premiers psychanalystes, nous percevons la lutte (le « conflit ») entre les désirs personnels – parfois contradictoires – et le poids des restrictions, des interdits » (p. 168). « La psychopathologie du conflit a cédé la place à une psychopathologie du lien et du clivage  » (p. 169).

En fait, selon les circonstances, les pathologies changent d’expression, d’intensité et de fréquence, mais elles restent grosso modo les mêmes. Il y a depuis toujours des addictions, des psychoses, des dépressions, des phobies, des obsessions, des compulsions, des paraphilies… Ce que Freud appelait « neurasthénie » correspond plus ou moins à la dépression et au syndrome de fatigue chronique. Ce qu’il appelait « névrose d’angoisse » s’appelle aujourd’hui tantôt « trouble panique », tantôt « trouble anxieux généralisé ». Son entité préférée, l’« hystérie », a éclaté en divers vocables : conversion somatique, troubles dissociatifs, personnalité histrionique7, etc.

Le noyau théorique

S. Dupont conclut son ouvrage en écrivant : « Le plus essentiel et le plus original réside à mon sens dans la théorie du conflit psychique. C’est la véritable nouveauté de l’approche freudienne  » (p 199)… mais il affirme trente pages plus haut que cette nouveauté – le conflit psychique – n’est plus d’actualité pour comprendre les patients…

D’autre part, il note : «  Paradoxalement, considérer certains thèmes (par exemple les fantasmes œdipiens, les souvenirs d’enfance, les relations affectives avec les parents ou encore les traumatismes passés) comme étant a priori plus intéressants que d’autres dans le cadre d’entretiens thérapeutiques revient à contredire les principes originels de l’écoute flottante et de la neutralité du praticien face au discours du patient » (p. 107).

Mais finalement, que reste-t-il de l’édifice théorique de Freud ? Et parmi les nouveautés, selon quels critères peut-on départager les hypothèses validées et celles qui ne sont pas réellement confirmées ? Jusqu’à présent, dans l’histoire de la psychanalyse, ces critères ont toujours été le « Magister dixit » et le consensus des membres d’une association d’analystes. Freud, Adler, Stekel, Jung, Rank, Reich, Ferenczi et d’autres étaient des cliniciens. Tous ont construit des théories qui se contredisent mutuellement. La pratique clinique fait naître des hypothèses. La validation de ces hypothèses relève de la méthode scientifique, en psychologie comme en médecine.

3. L’état désespéré de l’analyse freudienne

En 1906, Möbius publiait L’état désespéré de toute psychologie. Freud a présenté ce livre à son premier cercle le 20 février 19078. Le titre de l’ouvrage convient parfaitement pour sa méthode et sa théorie.

S. Dupont croit qu’il reste un brillant avenir à l’analyse freudienne pour autant que les analystes cessent de se saboter et s’ouvrent à d’autres disciplines. En réalité, l’état est désespérant, déjà simplement au niveau du jargon. Comme l’écrivait François Roustang, ancien jésuite devenu un temps une autorité du freudo-lacanisme : « Les études de vocabulaire faites à travers l’œuvre entière de Freud sont proprement désespérantes. Elles aboutissent toutes sans exception, quand elles sont faites avec soin, à la constatation de variations de sens et le plus souvent de contradictions multipliées qui sont insurmontables, insynthétisables »9.

Les interprétations resteront à jamais discutables, « irréfutables » au sens poppérien. Dans son dernier livre – en quelque sorte son testament –, Freud a reconnu cette impasse : « Nous inférons un certain nombre de processus qui sont en soi « inconnaissables », les intercalons parmi ceux qui nous sont conscients, et si nous disons, par exemple, qu’ici est intervenu un souvenir inconscient, cela veut dire précisément : il s’est produit ici quelque chose de totalement insaisissable mais qui, s’il était parvenu à notre conscience, ne pourrait être décrit que de telle ou telle façon. De quel droit et avec quel degré de certitude effectuons-nous dans ce cas de telles inférences et interpolations ? Cela reste naturellement soumis à la critique dans chacun des cas, et il est indéniable que la décision offre souvent de grandes difficultés, qui s’expriment dans le manque d’accord parmi les analystes  »10.

Les énoncés théoriques typiquement freudiens, qui sont opérationnalisables en vue d’être testés, ont quasi tous été réfutés depuis des années11.

En matière de thérapie, l’analyse freudienne ne fait guère mieux que la plupart des autres thérapies verbales, mais coûte beaucoup plus cher. Elle fait nettement moins bien que les thérapies comportementales et cognitives12.

Le freudisme a eu le mérite de promouvoir la pratique psychothérapeutique et la recherche psychologique, mais il a fait son temps. Il est foncièrement caduc. Ailleurs qu’en France et en Argentine, d’autres façons d’observer, de comprendre et de pratiquer ont largement pris sa place. Le seul espoir raisonnable est de voir progresser la psychologie scientifique et, avec elle, la pratique thérapeutique.

1 « Ouverture de la section clinique ». Ornicar ? Bulletin périodique du champ freudien, 1977, 9, p. 3.

2 Les psychanalystes et POP qui n’ont guère de diplôme de psychologie ou de psychiatrie n’ont pas beaucoup d’autres solutions que de continuer à se battre pour leur gagne-pain. Une solution adoptée par Stuart Schneiderman, qui fut le plus grand nom du lacanisme aux États-Unis dans les années 1970, est de devenir coach. Cf. http://stuartschneiderman.blogspot.be

3 Pour des détails, voir : J. Van Rillaer, « Analyses psychologiques et psychanalyses : un capharnaüm ». Science et pseudo-sciences, 2010, n° 293.

4 Freud-Ferenczi, Correspondance. III, trad., Gallimard, 2000, p. 248.

5 Voir : « Le freudisme : un conte scientifique ». Science et pseudo-sciences, 2014

6 Pour des citations et des détails : « Les désillusions de Freud sur l’efficacité thérapeutique de sa méthode (1) » et « Les désillusions de Freud sur l’efficacité thérapeutique de sa méthode (2) ». Science et pseudo-sciences, 2014, n° 309 & 310.

7 Bourgeois, M., « La mise en pièces de l’hystérie dans la nosographie contemporaine ». Annales médico-psychologiques, 1988, 146 : 552-562

8 Nunberg, H. & Federn, E., Eds, Les premiers psychanalystes. Minutes de la Société psychanalytique de Vienne. I. 1906-1908. Trad., Gallimard, 1976, p. 141-147.

9 Un destin si funeste. Paris : Minuit, 1976, p. 92.

10 Abriss der Psychoanalyse (1940) Gesammelte Werke, XVII, p. 127. Trad., Abrégé de psychanalyse. Œuvres complètes, PUF, 2010, XX, p. 295.

11 Des ouvrages de synthèse classiques, sur ce sujet : Kline, P., Fact and Fiction in Freudian Theory. Londres : Methuen, 1972, 406 p. - Eysenck, H. & Wilson, G., The experimental study of freudian theories. London : Methuen, 1973, 405 p. - Fisher, S. & Greenberg, R., The scientific credibility of Freud’s theories and therapy. Basic Books, 1977, 502 p.

12 INSERM (2004) Psychothérapie. Trois approches évaluées. Paris : Éditions de l’Inserm, 568 p.

9 juillet 2015

Vidéo -> Conférence de Lydie Laurent, fondatrice d'Epsilon à l'Ecole

Ajoutée le 1 juil. 2015

Découvrez l'intervention de Lydie Laurent, fondatrice de Epsilon à l’école, qui a eu lieu lors des journées d'exposition Hop'Toys au Ludopole de Lyon les 12 et 13 juin 2015. Le thème de cette conférence était : Procédures d’enseignement basées sur la preuve à partir d’exemples en éducation sensorielle.

7 juillet 2015

Voir la vidéo -> La différence, quelle drôle de danse: une chanson pour un regard différent sur l'autisme

Je vous invite à regarder cette vidéo et à écouter les paroles de cette chanson chantée par une chorale composée d’enfants atteints d’autisme et d’autres non.

Si vous désirez acheter le CD de la chanson, toutes les infos sont sur la page Facebook de l’association belge Autistes & Artistes : https://www.facebook.com/pages/La-dif…  Tous les bénéfices seront versés à l’association AUTISTES & ARTISTES.

 

Pour plus de supports pour parler du handicap et de la différence avec les enfants, je vous propose de compléter cette vidéo avec 3 autres articles :

Sélection de livres qui sensibilisent au handicap

Une chanson de rap pour changer de regard sur le handicap 

Tous différents : un livre parce qu’on a le droit d’être différent

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7 juillet 2015

20 choses que j'ai apprises depuis que je sais que mon fils est autiste

article publié sur le Huffington Post

Shawna Wingert Headshot
Publication: 07/07/2015 06h58 CEST Mis à jour: 07/07/2015 06h58 CEST


1. Le manque de sommeil donne l'impression que les choses sont pires qu'elles ne le sont réellement.

2. Un être humain est capable de parler de serpents, d'aquariums ou de chats pendant quatre heures d'affilée. J'en ai fait l'expérience.

3. Les gens peuvent faire preuve d'une très grande cruauté.

4. Les gens peuvent faire preuve d'une très grande humanité.

5. Chaque fois que je me dis que je ne tiendrai pas un jour de plus, mon fils s'arrange pour faire un truc incroyable et je vois les choses d'une tout autre manière.

6. Parfois, les médecins savent exactement ce dont nous avons besoin. D'autres fois, ils n'en ont aucune idée. Quoi qu'il en soit, ne consultez que des médecins qui vous considèrent comme un partenaire privilégié dans le suivi de la santé et des progrès de votre enfant.

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7. Les capacités de mon fils sont encore plus stupéfiantes que je ne l'aurais imaginé. Il m'a laissé pantoise plus d'une fois. Comme quand je me suis aperçue qu'il avait, sans le moindre effort, mémorisé les noms savants de chaque poisson à l'aquarium et de chaque plante dans le parc. J'ai l'impression d'entrevoir quelque chose de sacré, qui me dépasse complètement.

8. Il y a toujours une explication à son comportement. Et il n'a jamais eu pour objectif de me casser les pieds.

9. L'auto-stimulation: je n'en avais jamais entendu parler.

10. Les fixettes servent à quelque chose. Elles permettent à nos enfants d'interagir avec le monde extérieur. Et elles contribuent souvent au développement de leurs prodigieuses facultés intellectuelles.

11. Le chagrin que je ressens est avant tout de mon fait, pas de celui de mon fils. Renoncer à toutes mes attentes de mère est une des choses les plus difficiles dans notre situation. Mais pas pour mon enfant. Ce ne sont pas les siennes. La plupart du temps, le problème c'est moi. Pas lui.

12. Choisissez vos combats. Je répète: Choisissez. Vos. Combats. J'essaie de travailler sur une chose à la fois, jusqu'à ce que cela devienne une habitude. Puis je passe à la chose suivante. Essayer de tout régler en même temps n'aide personne. Cela ne fait que créer du stress pour chacun des membres de ma famille.

13. Observer mon enfant m'a permis d'en apprendre davantage qu'avec n'importe quel bouquin, thérapeute ou site internet. Les fonctions cérébrales atypiques peuvent être difficiles à comprendre pour une maman « neurotypique ». Plus je suis attentive à la façon dont mon fils réfléchit et réagit, mieux je le comprends.

14. L'autisme rend parfois ma vie un peu bizarre. Comme la semaine dernière, quand j'ai passé au moins une heure tous les jours dans une boutique d'aquariums. Drôle de passe-temps, hein ? Mais on est comme ça, et on ne s'en porte pas plus mal.

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15. Vous finirez par trouver les petits trucs qui marchent avec vos enfants. Pour le mien, ce sont les draps en Lycra. Un espace calme, avec beaucoup de couvertures au fond un placard fonctionne aussi pour une petite fille que je connais. Vous trouverez des astuces, même dans les moments où vous aurez l'impression qu'il n'y a aucune solution.

16. Vous aurez toujours l'impression de ne pas être à la hauteur

17. Il vous arrivera de trouver tout ça parfaitement naturel

18. Certaines mamans vous feront énormément de bien. Tournez-vous vers elles, que ce soit en personne ou en ligne. Posez-leur des questions. Laissez-les vous expliquer que vous n'êtes pas la seule dans ce cas.

19. Même si certaines des réponses que j'ai reçues étaient pour le moins inattendues, les prières ne restent jamais vaines.

20. La première fois que quelqu'un utilise le mot "autisme" pour décrire notre enfant, c'est horrible. Mais j'ai appris ce qui se cache derrière ce tout petit mot: du bon et du moins bon, de la beauté et de la laideur, de la joie et du chaos. Si j'ai appris une chose, c'est bien de faire la paix avec tout cela. Sans ce mot, mon fils ne serait pas mon fils. Et j'aime mon enfant, tel qu'il est. Même avec ce petit mot qui a bouleversé nos vies.

L'autisme.

J'en suis moi-même étonnée, mais j'ai cessé de lutter contre ce trouble. J'ai appris à l'accepter et le connaître.

Et même à vivre avec.

Ce blog, publié à l'origine sur Le Huffington Post (Etats-Unis), a été traduit par Aurélie Montaut-Pernaudet pour Fast for Word.

5 juillet 2015

Handicapé mais debout

4 juillet 2015

Je suis comme je suis ! - Le respect des différences

Publié le 04-06-2015 - Mis à jour le 19-06-2015

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Ce programme court aborde la notion du respect des différences et du fait qu'il ne faut pas se moquer des autres.  A travers deux personnages, Lentille et Pois Chiche, qui pensent qu'ils ont un problème car l'un ne voit pas bien et l'autre a trop de poids, on explique aux enfants que ce n'est pas un problème mais une différence et qu'il faut s'accepter tel qu'on est.

Réalisateur(s) : Joyce Colson
Producteur(s) : CNCDH, Canopé-CNDP, La générale de Production
Auteur(s) : Olivier Blond

Année : 2014

3 juillet 2015

Thomas Bourgeron de l'Institut Pasteur, nouveau membre de l'académie des sciences

article publié sur le site de la Fondation Orange

Neuf nouveaux académiciens ont été reçus sous la coupole de l’institut de France. Une réception à l’académie est un grand honneur et une grande joie comme l’ont exprimé les nouveaux académiciens rassemblés ce mardi 23 juin, chacun à sa manière, avec intelligence, passion et modestie.
Mais c’est aussi un grand moment d’émotion, cette émotion et cette fierté que traduisait le discours de Thomas Bourgeron.

Crédits photos : Sébastien Toubon - Le quotidien du médecin.

 

Thomas Bourgeron qui a présenté ses travaux sur l’autisme, entre autres sur la vulnérabilité génétique à l’autisme, sur le cerveau social, sur comment comprendre les autismes, a aussi rappelé la situation de prise en charge insuffisante de l’autisme en France. Il a aussi insisté sur le but de ses recherches qui est avant tout de trouver un moyen d’améliorer la vie des personnes autistes et de leur famille. Pour lui la science, la recherche, doivent faire la place à la diversité, diversité humaine à prendre en compte tous les jours, rappelant que les personnes autistes n’était que peu admises à l’école.
Il a appelé aussi à une science plus ouverte, et insisté sur l’enjeu du partage des données.

Ce fut l’occasion pour Thomas Bourgeron de remercier tous ceux qui l’on aidé, entres autres les Fondations dont la Fondation Orange qui soutient ses travaux depuis 2005.

Les nouveaux académiciens ont tous exprimé leur gratitude envers ceux sans qui ils ne seraient pas là, leurs professeurs à l’école, à l’université, les rencontres internationales, d’autres chercheurs… Un bel éloge de la transmission. Tous ont aussi rappelé l’importance du soutien familial dans un métier très prenant avec beaucoup d’incertitudes, leur famille présente ce beau jour et qui a été un point d’ancrage et de stabilité dans les aléas de la recherche.

 

A propos de l’académie des sciences (extrait de la présentation de l’institut) :
Lors de sa création en décembre 1666, le Roi Louis XIV donne à l’Académie des sciences mission d’entrer en commerce de découvertes avec les académies étrangères. Au fil des siècle, le rayonnement de l’Académie ne s’est pas démenti : elle est aujourd’hui l’une des cinq académies les plus réputées au niveau mondial.
Elle fêtera en 2016 son 350ème anniversaire.

3 juillet 2015

Autisme -> Mon univers à part - clip de Sophie Robert


Mon univers a part (clip autisme de Sophie Robert) par dragonbleutv

Un enfant sur 100 nait autiste, mais ce trouble neuro-développemental n'est pas inscrit sur son visage. C'est pourquoi les personnes avec autisme sont victimes d'une double discrimination : le rejet de la différence, et le rejet du fait que cette différence ne se voit pas. C'est pourquoi je les ai peint en bleu. Je vous invite à ouvrir les yeux sur ces personnes extra ordinaires qui sont partout, tout autour de nous. Sophie ROBERT

1 juillet 2015

Comment expliquer ce que c'est l'autisme

Si l'un de vos proches ou vous-même est atteint d'autisme, il peut parfois s'avérer difficile d'expliquer ce qu'est cette pathologie. Avant de pouvoir bien l'expliquer aux autres, il peut être utile d'apprendre tout ce que l'on peut sur le sujet. Vous serez alors capable d'expliquer comment l'autisme affecte les compétences sociales des personnes affectées, leur empathie et leur comportement physique.

Partie 1 sur 5: Comprendre l'autisme pour l'expliquer aux autres

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    Familiarisez-vous avec la définition générale de l'autisme. L'Autisme est un trouble du développement qui conduit, dans la majorité des cas, à des troubles de la communication et des compétences sociales. C'est un trouble neurologique qui cause de nombreuses difficultés, mais qui a également quelques bons côtés.[1]
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    Apprenez ce qu'en disent ceux qui en sont atteints. Les autistes, vivant eux-mêmes leurs différences et leurs pulsions, peuvent fournir la meilleure compréhension possible sur le fonctionnement de ce trouble. Ils ont une vision plus complète que celle des associations gérées par leurs parents.[2]
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    Comprenez que l'autisme est en fait un trouble du large spectre autistique. Cela signifie que les symptômes varient d'une personne à l'autre. Il est impossible que deux autistes aient exactement les mêmes symptômes. L'un peut avoir des problèmes sensoriels sévères, possédant pourtant d'importantes compétences sociales et une bonne fonction exécutive, alors qu'un autre peut avoir peu de problèmes sensoriels et d'énormes difficultés avec chaque interaction sociale de base. Vu les différences de symptômes, toute généralisation est exclue lorsqu'il s'agit de l'autisme.
    • Prenez ce fait en compte lorsque vous expliquez l'autisme aux autres. Il est important de souligner que chaque personne affectée se comporte différemment, tout comme chaque personne neurotypique (non-autiste) se comporte différemment.
    • Quand vous décrivez une personne autiste, insistez sur ses besoins individuels.
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    Soyez conscient des troubles de la communication. Pour certains autistes, la communication sociale est très difficile. Nous en parlerons plus dans la Méthode 2, mais voici quelques troubles de la communication fréquents liés à l'autisme :
    • Une voix bizarre ou monocorde, un rythme et un ton bizarres
    • Une répétition de questions et de phrases (écholalie)
    • Une difficulté d'exprimer ses besoins et ses envies
    • Un traitement plus long des mots entendus, un manque de réaction rapide à des instructions, une confusion provoquée par beaucoup de mots prononcés trop vite
    • Une interprétation littérale du langage (confusion face au sarcasme, à l'ironie, à des figures de style)
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    Comprenez que les autistes interagissent différemment avec le monde qui les entoure. En parlant avec une personne autiste, vous pouvez vous demander si elle fait attention à vous ou si elle se fiche complètement de votre présence. Ne soyez pas troublé par cela. Gardez à l'esprit que :
    • Il est plutôt habituel que les autistes donnent l'impression de ne pas s'intéresser à ce qui les entoure. Ils n'ont peut-être pas conscience ou ne sont pas intéressés par la présence de ceux qui les entourent. Cela rend la communication sociale difficile.
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    • Une personne autiste peut écouter différemment. Par exemple, le contact visuel peut être inconfortable ou distrayant pour les autistes et ils peuvent avoir besoin de s'agiter afin de se concentrer. Ainsi, ce qui peut ressembler à de l'inattention, est en fait une modification qu'ils opèrent pour mieux écouter.
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    • Un autiste peut donner l'impression de ne pas entendre la personne qui lui parle. Cela peut être dû à la lenteur du traitement des informations auditives ou à la présence de choses détournant son attention. Proposez de parler dans un endroit plus calme et faites des pauses afin de donner à l'autiste le temps de la réflexion.
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    • Pour les enfants autistes, jouer avec d'autres enfants peut être éprouvant, parce que cela implique des règles sociales difficiles et/ou des expériences sensorielles qui les dépassent. Ils peuvent choisir de s'abstenir.
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    Les autistes aiment les structures. Ils peuvent créer des routines très structurées pour leur journée. C'est dû au fait que les autistes peuvent être facilement effrayés par un nouveau stimulus, alors qu'un programme établi leur donne plus de confort. Nous en parlerons plus dans la Méthode 4. Les autistes peuvent :
    • Suivre une routine très stricte.
    • Trouver des changements imprévus très stressants (par ex. changement d'environnement scolaire).
    • Utiliser des objets de réconfort pour combattre le stress.
    • Placer les choses en ordre (par ex. ordonner des jouets par couleur ou par taille).
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Partie 2 sur 5: Expliquer les compétences sociales des autistes à un adulte

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    Expliquez à un adulte que les personnes autistes peuvent agir différemment et que cela ne devrait pas poser de problème. Les autistes doivent faire face à des barrières et des facteurs de stress qu'une personne non autiste ne comprend pas  [3], alors ils peuvent se comporter différemment ou présenter d'autres compétences sociales. Tout dépend des besoins et des forces de la personne affectée.
    • Les autistes avec de bonnes compétences sociales peuvent tout simplement paraître un peu étranges et maladroits. Il leur arrive de faire des remarques irréfléchies qui n'ont pas de rapport avec la conversation.
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    • Certains autistes ne sont pas capables d'interagir dans un cadre social normal.
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    Signalez qu'un autiste peut ne pas engager de contact visuel. Le contact visuel peut être pour lui extrêmement difficile. L'autiste peut être incapable de maintenir le contact visuel et d'écouter ce que l'on lui dit en même temps.[4]Expliquez que même si l'autiste ne regarde pas, cela ne veut pas dire qu'il n'écoute pas.
    • Par exemple, l'une des rédactrices de cet article a dû immédiatement regarder ailleurs en voyant cette image, parce que l'intensité du regard interférait avec sa capacité à lire l'article.
    • Ne forcez jamais le contact visuel. Vous pourriez effrayer la personne autiste,  [5] ce qui pourrait faire plonger ses compétences en conversation et provoquer une surcharge sensorielle.
    • Certains autistes sont capables d'engager le contact visuel sans trop d'efforts. Encore une fois, cela dépend de la personne.
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    3
    Expliquez que la personne autiste ne l'ignore pas. Expliquez que l'autiste peut avoir besoin de s'agiter ou d'éviter le contact visuel pour pouvoir se concentrer. L'autiste peut également regarder la bouche de la personne qui lui parle, ses mains, ses pieds ou même regarder dans la direction opposée. Si vous vous énervez contre l'autiste, il commencera à vous éviter.
    • Rappelez que, en raison de troubles sensoriels et de troubles de l'attention, l'autiste peut peiner à se concentrer sur la conversation. L'autiste n'ignore pas les autres, il/elle peut lutter pour être capable de participer à l'interaction, ne serait-ce qu'un peu.
    • Expliquez qu'il faut s'exprimer clairement, si l'on a envie de parler avec la personne autiste. Pour être clair, mettez-vous à côté de l'autiste, appelez-le par son nom et soyez de préférence dans sa portée visuelle. Si la personne autiste ne répond pas quand on l'appelle, réessayez, parce qu'elle a pu ne pas entendre.
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    Soulignez que certains autistes sont non-verbaux (incapable de parler). Ils peuvent communiquer à travers le langage des signes, des images, des textes écrits, le langage corporel ou le comportement. Expliquez que, même si la personne ne peut pas parler, elle peut néanmoins comprendre ce que l'on dit et avoir son mot à dire.
    • Rappelez que le dénigrement est toujours condescendant. Les autistes non verbaux devraient être traités comme toutes les personnes de leur âge.
    • Montrez les travaux des grands autistes non verbaux, comme l'écrivaine Amy Sequenzia.
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    5
    Soulignez que la personne autiste peut ne pas saisir le sarcasme, l'humour ou le changement de ton. Les autistes ont beaucoup de mal à comprendre les différents tons de la voix, surtout si les traits du visage de l'interlocuteur ne correspondent pas au ton de sa voix.
    • Quand vous l'expliquerez, vous pouvez le comparer à l'usage des émoticons dans des textos. Si quelqu'un vous écrivait « Bon, c'était très bien », vous pourriez comprendre qu'il est sincère. Pourtant, s'il ajoutait « : -P » à son message, ce qui représente quelqu'un qui tire la langue, vous interpréteriez le texte comme sarcastique.
    • Les autistes peuvent apprendre à comprendre le langage figuratif. Certains sont même bien familiarisés avec les nuances du sarcasme et de l'humour.
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Partie 3 sur 5: Expliquer les troubles de la conversation

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    Aidez votre interlocuteur à comprendre que l'autiste se soucie vraiment des sentiments des autres. Les autistes ne comprennent pas toujours ce que les autres ressentent ou quelle est la meilleure façon de réagir. Rappelez-leur que les autistes manquent souvent de capacité d'empathie, ce qui fait qu'ils paraissent insensibles alors qu'ils ont tout simplement du mal à comprendre les émotions des autres.
    • Expliquez qu'il vaut mieux être le plus clair possible pour dire comment on va. Par exemple, une personne autiste peut ne pas comprendre pourquoi vous regardez vos pieds, mais si vous lui dites que vous êtes triste parce que votre père est fâché contre vous, elle saura mieux vous répondre.
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    Parlez des passions intenses qui accompagnent l'autisme. Plusieurs personnes autistes sont profondément passionnées par quelques sujets spécifiques et peuvent en parler longuement.
    • La population non autiste peut considérer quelque chose de dit ou de fait par un autiste comme malpoli, alors que généralement les autistes ne font pas fi des pensées et des sentiments des autres. Ils peuvent ne pas se rendre compte du fait que leur interlocuteur n'est pas intéressé par ce qu'ils ont à dire.
    • Certains autistes sont extrêmement prudents quand il s'agit de parler de leurs centres d'intérêt, de peur de se montrer malpoli. Si c'est le cas, il faut l'assurer que c'est bien de parler de ses passions de temps en temps, surtout si l'interlocuteur lui pose des questions sur le sujet.
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    Dites à votre interlocuteur que les autistes peuvent ne pas se rendre compte à quel point vous êtes intéressé. Si vous souhaitez changer de sujet ou terminer la conversation, ils peuvent ne pas saisir vos allusions. Il est mieux d'être direct.
    • Pour vous faciliter la tâche, préparez-vous quelques excuses pour partir, comme « Je dois y aller pour ne pas être en retard » ou « Je suis fatigué et j'ai besoin d'un peu de temps tout seul' (beaucoup d'autistes le comprendront très bien).
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    Faites comprendre à la personne que les autistes ont des émotions, comme tout le monde. Il est très important que tout le monde comprenne que les autistes ressentent l'amour, le bonheur et la douleur de la même manière que les autres. Même s'ils paraissent détachés de temps en temps, cela ne veut pas dire qu'ils sont dépourvus d'émotions. En fait, beaucoup d'autistes ressentent les choses très profondément.
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Partie 4 sur 5: Expliquer l'étiquette du comportement physique

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    Expliquez que certains autistes ne supportent pas le contact physique. Cela est lié à leurs troubles sensoriels. Les réactions au toucher varient d'une personne à l'autre, il est alors important de demander à l'autiste s'il veut être touché.
    • Certains autistes aiment bien le contact physique. Beaucoup d'entre eux vont prendre dans leur bras leurs amis proches ou les membres de leur famille avec plaisir.
    • Dans le doute, demandez. Dites : « Veux-tu que je te prenne dans mes bras ? » et bougez lentement, pour que la personne autiste puisse le remarquer et dire non. Ne la touchez pas sans l'avertir, car vous pouvez l'effrayer au point de paniquer.
    • Les préférences des autistes changent d'une journée à l'autre. Par exemple, un petit garçon autiste qui normalement adore les câlins, peut soudainement dire « non » quand vous les lui demanderez une autre fois. Cela est causé par ses troubles sensoriels ou par le fait qu'il est trop bouleversé. Ne le prenez pas personnellement.
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    Expliquez que de nombreux autistes ne peuvent pas supporter certains stimuli sensoriels. Un autiste peut avoir mal à la tête à cause de la lumière vive ou sursauter et se mettre à pleurer, si vous laissez tomber une assiette par terre. Rappelez aux autres la sensibilité de l'autiste, pour qu'ils puissent l'aider.
    • Expliquez qu'il est bien de demander quels sont les besoins d'une personne autiste pour pouvoir y répondre. Par exemple, « Est-ce que cette chambre est trop bruyante pour toi ? Devons-nous aller ailleurs ? »
    • Il n'est JAMAIS acceptable de taquiner l'autiste sur ses sensibilités (par ex. de claquer les portes des meubles pour le voir sursauter). C'est une agression qui peut provoquer une grande douleur, la peur et même une crise de panique.
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    Dites à votre interlocuteur que les autistes supportent mieux les stimuli lorsqu'ils ont été prévenus et pu se préparer.[6] En général, les autistes supportent mieux des situations quand ils savent à quoi s'attendre, alors conseillez de prévenir l'autiste avant de faire quelque chose qui pourrait l'effrayer.
    • Un exemple : « Je vais fermer la porte du garage maintenant. Si vous voulez sortir de la chambre ou vous boucher les oreilles, allez-y. »
  4. 4
    Mentionnez qu'une personne autiste peut présenter certains comportements anormaux. Ce sont des comportements dits d'autostimulation, parce qu'ils stimulent les sens. Ils peuvent les aider à se calmer, à se concentrer [7], à communiquer [8] et à prévenir un effondrement [9] Expliquez que, bien que cela puisse paraître bizarre, il est inacceptable d'empêcher l'autiste de continuer.[10][11] Voici quelques exemples de comportements d'autostimulation :
    • Un balancement du corps
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    • Une répétition des mots et des bruits (écholalie).[12]
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    • Des battements de mains.
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    • Des claquements de doigts.
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    • Se cogner la tête (Parlez-en au thérapeute ou à un adulte responsable, si cela constitue un problème.) Comme ce comportement peut provoquer une douleur physique, il vaut mieux le remplacer par un autre, comme des hochements rapides de tête. Le thérapeute l'aidera à choisir un autre comportement d'autostimulation.
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    • Sauter partout et claquer des mains d'excitation
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    Expliquez que ces comportements sont souvent réconfortants, car ils produisent un effet sensoriel prévisible. Tout comme les routines, ils peuvent créer une sensation de sécurité et de prévisibilité. Par exemple, un autiste peut sautiller dans un endroit à répétition ou écouter la même chanson en boucle ou dessiner la même chose. Des comportements à répétition sont liés à leur niveau de confort.
    • Si vous essayez d'expliquer l'autisme de votre enfant à un ami, comparez comment vos enfants se préparent pour l'école. Se préparer pour l'école est une routine : on prend un petit-déjeuner, on se brosse les dents, on prépare nos affaires, etc. Même si c'est tous les jours pareil, parfois certaines de ces activités peuvent être perturbées. Un enfant neurotypique (non-autiste) ne sera pas dérangé s'il doit d'abord s'habiller et ensuite prendre son petit-déjeuner, ce qui ne fait pas partie de la routine. Pour un enfant autiste, ce type de changement peut être extrêmement désorientant. S'il est habitué à une certaine routine, il vaut mieux s'y tenir.
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Partie 5 sur 5: Expliquer l'autisme à votre enfant

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    Assurez-vous que l'enfant est prêt pour cette discussion. Il est important que vous soyez sincère avec votre enfant, particulièrement s'il est autiste ou l'ami d'un enfant autiste. Pourtant, il est également très important d'être persuadé que l'enfant est en âge de comprendre ce que vous lui dites et qu'il n'en deviendra pas confus ou effrayé. Chaque enfant est unique, alors il n'existe pas de limite d'âge. Le choix du moment opportun pour cette conversation ne dépend que de vous.
    • Si votre enfant est autiste, n'ayez pas peur de pécher en lui en parlant trop tôt. Se sentir différent peut être très stressant, si personne ne lui explique pourquoi il l'est. Les jeunes enfants peuvent entendre quelque chose d'aussi simple que : « Tu as un handicap appelé autisme. Cela signifie que ton cerveau fonctionne un peu différemment et c'est pourquoi tu as des thérapeutes pour t'aider. »
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    Expliquez à votre enfant que l'autisme n'est pas une raison pour être triste. Enseignez-lui que l'autisme est un handicap, non une maladie ou un fardeau et que c'est OK d'être autiste. Les enfants plus grands peuvent tirer bénéfice d'une présentation du concept de la neurodiversité et des mouvements pour les droits des handicapés.
    • Aidez votre enfant à comprendre que ses différences le rendent unique et spécial. Expliquez les forces de l'autisme : le sens aigu de la logique et de l'éthique, la compassion, des passions profondes, la concentration, la loyauté et l'envie d'aider (la responsabilité sociale).
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    Encouragez votre enfant. Soyez sûr de l'encourager, en lui disant que l'autisme le rend différent mais non pire. Votre enfant peut toujours participer à des activités diverses à l'école et à la maison et mener une vie heureuse.
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    Assurez-vous d'exprimer votre amour à votre enfant. Répétez-lui souvent comment vous l'aimez et tenez à lui. Il est essentiel de jouir d'un vrai soutien, surtout quand on vit avec un handicap et avec de l'aide votre enfant pourra vivre une vie heureuse et fructueuse.
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Conseils

  • Ne vous frustrez pas si la personne à qui vous expliquez l'autisme n'a pas l'air de comprendre. Restez calme et essayez de répondre aux questions qu'elle pose pour mieux cerner ce trouble.
  • Proposez de lui fournir quelques sites Internet sur le sujet. Consultez les références dans cet article pour des suggestions.
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Avertissements

  • N'essayez jamais d'empêcher l'autiste d'effectuer son comportement d'autostimulation.
  • Soyez très prudent quand vous suggérez à quelqu'un des sites Internet sur l'autisme. Certaines organisations (surtout celles dirigées par des parents) diabolisent l'autisme et se concentrent sur son calvaire au lieu de se concentrer sur le respect et l'intégration. Concentrez-vous plutôt sur des organisations dirigées par des autistes ou celles qui en comptent beaucoup dans leur direction.
    • Les sites Internet qui traitent de la neurodiversité, qui parlent de l'individu avant la maladie,  [13] qui promeuvent l'acceptation et parlent plutôt de comment s'accommoder de ce trouble et non de le soigner, sont généralement bons.

Sources et citations

  • Autism Self-Advocacy Network (ASAN)
  • Autism Women's Network
  • Parenting Autistic Children with Love and Acceptance
19 juin 2015

Vidéo -> A l'Ecole de TED et ses Amis à Saint Maur dans le Val-de-Marne -94-

"A l'école de TED et ses Amis" : Ecole parentale pour enfants sans solution du 94 atteints de TED et/ou de pluri-handicaps voici une vidéo de notre année scolaire 2013/2014

Ajoutée le 8 août 2014

Notre école parentale, actuellement totalement privée, a ouvert ses portes en septembre 2013. Pour cette première année scolaire nous avons accueilli 4 enfants "sans solution "du Val de Marne atteints de Troubles Envahissants du Développement Autisme et/ou de pluri-handicapés et non verbaux
Accéder au site http://www.ecoledetedetsesamis.com/

 

31 mai 2015

Mathieu Schaller, le comédien handicapé de La loi du Marché

article publié sur Vivre FM

Cannes 2015

Vincent Lindon dédie son prix d'interprétation à Cannes "à tous les acteurs qui ont joué avec moi et sans qui je ne serais pas là". Parmi eux, Mathieu Schaller, 25 ans, travailleur en ESAT en Ile de France. Le comédien handicapé joue le rôle du fils de Thierry, ce chômeur mis à mal par "La loi du marché".

Mathieu Schaller (deuxième à gauche) avec l'équipe du film La loi du marché
Mathieu Schaller (deuxième à gauche) avec l'équipe du film La loi du marché

C'est sa première apparition sur les écrans de cinéma. Dans le film de Stéphane Brizé, Mathieu Schaller interprète le rôle du fils de Vincent Lindon. Son personnage porte le même prénom que lui. Il faut dire que dans "La loi du marché", Vincent Lindon est entouré de comédiens amateurs qui font là leurs premiers pas au cinéma et qui sont très proches de la vie réelle. Mathieu est infirme moteur cérébral et présente des difficultés de paroles propres à ce handicap. Dans une des scènes du film, il raconte une blague en forme d'énigme à ses parents : "Peut-on remplir un verre vide avec des gouttes d'eau?". Dans ce long métrage inspiré de la vie réelle de familles confrontées au chômage, le fils en situation de handicap apporte son lot de difficultés: coût de sa formation, difficultés scolaires,... au risque de plomber encore davantage le tableau.

A tous les acteurs qui ont joué avec moi" (Vincent Lindon)

Mathieu Schaller était à Cannes ces jours-ci pour la présentation du film au festival. Montée des marches, déambulation sur la Croisette, dîner officiel sur la plage, ... il a pu gouter à la vie de star de cinéma pendant son séjour. Vincent Lindon n'a pas manqué d'associer les comédiens de "La loi du marché" à son prix d'interprétation. Dans son discours de remerciement, il a tenu à rendre hommage à ses partenaires amateurs, mais aussi à tous ceux que la loi du marché met de coté : "Je dédie ce film à tous ces gens pas toujours considérés à la hauteur de ce qu'ils méritent et qui sont les citoyens laissés pour compte. Je leur dédie avec tout mon cœur et aussi à tous les acteurs qui ont joués avec moi et sans qui je ne serais pas là" a déclaré le lauréat, très ému sur la scène du Palais du festival dimanche soir. Il a tenu aussi à remercier le Festival d'avoir choisi ce film avec ses comédiens venus du monde réel : "C'est un acte politique de choisir  un film comme celui là qui parle de nos contemporains".

Après son prix, la presse rend hommage au talent du comédien et aussi au choix du réalisateur de faire appel à des acteurs non professionnels. Les critiques de cinéma mettent l'accent sur l'aspect documentaire du film. Le Monde parle de la "stricte réalité des choses" (Jacques Mandelbaum), "réalisme brutal" souligne de son coté Le Parisien (Hubert Lizé). Première a repéré des "plans séquences cruels" dont celui la "bouffe triste en famille" avec la femme de Lindon (Karine de Mirbeck) et Mathieu, le fils handicapé. Le journaliste trouve le résultat "saisissant de réalisme" (Christophe Narbonne).

Lundi, Mathieu Schaller est rentré de Cannes. Il a repris le chemin de son Esat, sa réalité à lui, sans doute pas aussi triste.

 

Vincent Lochmann

29 mai 2015

Ciné-ma différence à Fontenay sour bois -> samedi 30 mai Cendrillon au cinéma Le Kosmos

information publiée sur le site d'Envol Loisirs

Pour s'incrire c'est ICI

Samedi 30 mai à 15 heures, succombez sous le charme de Cendrillon....

C'est une séance cine-ma différence, ouverte à tous et adaptée aux personnes dont le handicap s'accompagne de troubles du comportement.. Parce que le cinéma, art au combien populaire, c'est pour tout le monde.

C'est au Kosmos à Fontenay sous bois.
C'est au tarif groupe à 2.30 euros.

Il y a beaucoup de fêtes partout ce WE mais soleil ou pas, on sera là pour vous.

Bien à vous.


Marie-Françoise Lipp
Envol Loisirs http://www.envol-loisirs.org

cendrillon

Le père d’Ella, un marchand, s’est remarié après la mort tragique de la mère de la jeune fille. Pour l’amour de son père, Ella accueille à bras ouverts sa nouvelle belle-mère et les filles de celle-ci, Anastasie et Javotte. Mais lorsque le père d’Ella meurt à son tour, la jeune fille se retrouve à la merci de sa nouvelle famille, jalouse et cruelle. Les trois méchantes femmes font d’elle leur servante, et la surnomment avec mépris Cendrillon parce qu’elle est toujours couverte de cendres. Pourtant, malgré la cruauté dont elle est victime, Ella est déterminée à respecter la promesse faite à sa mère avant de mourir : elle sera courageuse et bonne. Elle ne se laissera aller ni au désespoir, ni au mépris envers ceux qui la maltraitent. Un jour, Ella rencontre un beau jeune homme dans la forêt. Ignorant qu’il s’agit d’un prince, elle le croit employé au palais. Ella a le sentiment d’avoir trouvé l’âme soeur. Une lueur d’espoir brûle dans son coeur, car toutes les jeunes filles du pays ont été invitées à assister à un bal au palais. Espérant y rencontrer à nouveau le charmant Kit, Ella attend avec impatience de se rendre à la fête. Hélas, sa belle-mère lui défend d’y assister et réduit sa robe en pièces… Pendant ce temps, le Grand Duc complote avec la méchante belle-mère pour empêcher le Prince de retrouver celle qu’il aime... Heureusement, comme dans tout bon conte de fées, la chance finira par sourire à Ella : une vieille mendiante fait son apparition, et à l’aide d’une citrouille et de quelques souris, elle va changer le destin de la jeune fille…

28 mai 2015

Le monde de Nathan en salle le 10 juin 2015

Découvrez la bande-annonce du film Le monde de Nathan, en salle le 10 juin 2015

Dans "Le monde de Nathan" Asa Butterfield joue le rôle de Nathan un adolescent renfermé, qui vit replié sur lui-même. Il fuit toute manifestation d'affection même quand elle vient de Julie, sa mère. Incapable d’appréhender l'amour, Nathan trouve le confort et la sécurité dans les mathématiques.

le monde de nathan

26 mai 2015

Autisme : lutter contre le stress grâce aux animaux de compagnie

article publié sur sciences & avenir

Louise Horvath Publié le 24-05-2015 à 19h00

Les interactions sociales sont autant de situations stressantes pour les personnes atteintes de troubles du spectre autistique. La présence d'animaux de compagnie serait-elle une solution pour lutter contre cette anxiété sociale ?

Les cochons d'inde parviendraient à apaiser les enfants atteints de troubles du spectre autistique. © OJO Images/Rex Featur/REX/SIPA
Les cochons d'inde parviendraient à apaiser les enfants atteints de troubles du spectre autistique. © OJO Images/Rex Featur/REX/SIPA

Pour les enfants atteints de troubles du spectre autistique (TSA), les relations sociales sont sources de stress et d’angoisse. Et cela les marginalise souvent davantage. Comment palier à cela ? L'équipe de Marguerite O'Haire de l’université du Queensland (Australie) a fait le pari que la présence  des animaux pourraient diminuer ce stress.

Des niveaux de stress supérieurs à ceux des autres enfants

99 écoliers âgés de 5 à 12 ans dont 33 souffrant de TSA ont participé à cette étude. L’expérience confrontait les enfants, par groupe de 3 (un enfant TSA et deux non TSA), à quatre situations: lire silencieusement pendant 5 min, lire devant la classe (5 min), s'amuser avec des jouets (10 minutes) et passer du temps avec deux cochons d’Inde (10 minutes). Tout cela dans un environnement familier : leur salle de classe habituelle ou une autre pièce de leur école. Le stress des jeunes participants était mesuré par un auto-test avec une échelle de smileys (5 niveaux de très content à pas du tout content) que complétaient les enfants et des tests de mesure de la conductance cutanée, l’électricité présente à la surface de la peau. Ce dernier paramètre était décomposé en deux mesure : la réponse de conductance cutanée (RCC) et le niveau de conductance cutanée (NCC). La première indique l’activation de l’amygdale, caractérisant un stress mental et un traitement émotionnel de l'information. La seconde traduit une activation du cortex cérébral préfrontal, qui a lieu lorsquel'on traite des informations extérieures et que l'on s'engage dans une tâche qui demande de l'attention.

Au repos, les enfants TSA ont montré un niveau de stress bien supérieur à celui des autres. Mais tous ont mentionné, lors du test des smileys, avoir été moins stressés avec les animaux. Ensuite, les activités les moins stressantes étaient, dans l’ordre : le jeu, lire silencieusement et lire à l’oral.

Les mesures de conductance cutanée, quant à elles, ont montré de grandes variations entre les deux groupes d’enfants. Chez les enfants TSA, la RCC et le NCC ont montré une courbe similaire. Les lectures provoquaient le même niveau de stress, supérieur à celui des autres enfants. La RCC, et donc leur stress, atteignait un pic lors des lectures et diminuait en présence des rongeurs. Pour les enfants non TSA en revanche, la RCC et le NCC étaient différents. La première, augmentait progressivement  entre la lecture silencieuse, celle à voix haute et le jeu puis redescendait quand ils étaient au contact des animaux. Le NCC montrait quant à lui une augmentation constante entre ces activités jusqu'à un paroxysme avec les animaux. Une réaction inverse de celle observée chez les enfants TSA.

Une présence apaisante

De telles différences s’expliquent par l’attrait de la nouveauté, qui galvanisait les écoliers caressant les cochons d'Inde et provoquait par là même un fort NCC. Il est toutefois un point sur lequel les résultats sont formels : les animaux ont participé à baisser le stress et apaiser tous les enfants. Bien plus que les jouets, dans le cas des enfants TSA pour lesquels ces sessions généraient du stress, lié à la nécessité de rapports sociaux. Les animaux de compagnie, une présence rassurante face à un monde extérieur parfois hostile ?

21 mai 2015

Loon-Plage : autiste et artiste, Pauline Vanpée a enregistré son premier album

article publié dans La Voix du Nord

Publié le

M.F.

Du haut de ses 21 ans, Pauline Vanpée est une jeune femme comme les autres, à ceci près qu’elle est atteinte d’autisme. Elle n’hésite toutefois pas à franchir ses propres limites pour réaliser sa passion : le chant. Son CD de trois titres s’appelle « Mélodie pour papillons »

 

pauline vanpée

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Pauline Vanpée a enregistré son premier CD de trois titres.

« J’ai rencontré Pauline lors du défilé Tout le monde il est beau (lire ci-contre) que j’organise chaque année et auquel tout le monde peut participer. Il y a trois ans, Pauline s’était produite avec un groupe d’amis. L’année suivante, elle a demandé à chanter une chanson toute seule. L’année dernière, ce n’est plus un, mais trois titres qu’elle a interprétés », se souvient Maria Genot, du centre socioculturel.

Rapidement repérée pour sa jolie voix et sa passion évidente, Pauline Vanpée est contactée par Maria Genot qui souhaite l’aider à concrétiser son rêve : enregistrer un album.

« J’ai voulu l’aider à aller au bout de sa passion. Nous nous sommes rendues au studio d’enregistrement Bernard-Vasseur, à Loon-Plage, où Pauline a pu enregistrer trois titres. Elle y a pris beaucoup de plaisir ! Puis nous avons réalisé la pochette de son album. »

Mercredi après-midi, elle a franchi une nouvelle étape : dédicacer son album au centre socioculturel. Une fierté pour cette jeune femme, mais aussi pour celle qui l’a accompagnée tout au long de son parcours musical.

« Ça a été une journée inoubliable pour Pauline. Elle a pu profiter d’une séance de relooking réalisée par Ang elle Beauté, puis s’est rendue au jardin public pour une séance de shooting. Elle était radieuse. Elle a interprété ses trois chansons devant un public de professionnels et d’amis et a offert son CD aux organisateurs du projet », conclut Maria Genot.

Même si le CD ne devait pas être commercialisé, Pauline Vanpée n’a pas fini de faire parler d’elle. Son public pourra la retrouver le 15 septembre à l’occasion du nouveau défilé Tout le monde il est beau.

Tout le monde il est beau le 15 septembre

La cinquième édition du défilé aura lieu le mardi 15 septembre, à 18 h, à la salle Coluche.

« Cette année, on va mettre en valeur le bénévolat, toutes les personnes qui m’ont aidée depuis 2010. J’avais envie de les remercier et de les mettre à l’honneur. Il a fallu lister toutes les personnes passées sur scène depuis cinq ans. Finalement, on se rend compte qu’il y a énormément de monde qui y participe et que le spectacle devient trop long », explique Maria Genot.

Cette année, le spectacle durera deux heures. Il sera suivi par un temps d’échanges et de rencontres.

« J’aimerais que les gens, les structures comme les familles, puissent échanger après le défilé. Ça ne peut pas toujours se faire. Quand on lance le défilé, qu’il y a cent personnes à faire passer, les gens n’ont pas forcément le temps de se rencontrer, de parler », complète-t-elle.

Centre socioculturel : «Cette différence n’a pas lieu d’être»

Dans le cadre d’un projet réparti sur quatre années, le centre socioculturel ouvre ses portes aux personnes atteintes d’un handicap. Un accueil spécifique a notamment été mis en place. Yveline Goussé, directrice, revient sur ces projets.

En quoi est-ce important pour le centre de soutenir ce genre de projet ?

« C’est complètement dans nos valeurs. Notre projet social, étalé sur quatre années, évalué et agréé par la CAF, reprend nos perspectives et nos objectifs, notamment l’accueil de tous, la place de chacun au sein du centre socioculturel, quels que soient l’âge, l’origine sociale, les difficultés. »

Que souhaitez-vous démontrer grâce à ce projet ?

« Au travers du projet de Maria Genot, on montre que les personnes handicapées sont comme les autres, et qu’on peut faire des choses ensemble. Le défilé Tout le monde il est beau a permis de développer un partenariat avec les organismes spécialisés du secteur qui accueillent des personnes en situation de handicap. Notre but : montrer que cette différence n’a pas lieu d’être, dans un centre social ou dans la vie en général. »

Comment adaptez-vous votre accueil auprès des personnes handicapées ?

« Un travail est mené avec les institutions spécialisées. On doit se faire aider par des personnes qui ont un savoir-faire ! On a développé un accueil d’enfants en situation de handicap dans nos accueils de loisirs également. On avait fait appel à une éducatrice spécialisée, mais on s’est dit qu’il fallait former tout le personnel pour que chaque personne soit au courant de l’attitude et des gestes à adopter. L’accueil est adapté avec les parents. Les activités se font à la carte, selon les aptitudes de chacun. »

21 mai 2015

Autisme : Israël a développé une méthode qui marche

article publié dans The Times of Israël

Changer le regard sur l’autisme s’avère être toujours un long parcours semé d’embûches pour les familles

6 février 2014, 17:30
Un enfant autiste travaille avec un psychomotricien dans un institut médico-éducatif à Paris (Crédit : AFP/Archives Franck Fife)
Journalistes

AFP – Les enfants autistes subissent en France une « discrimination quotidienne ». Peu ont accès à l’école, aux loisirs, aux mêmes droits que les autres en général, et changer le regard de la société est un parcours du combattant, témoignent les familles.

La quasi-totalité des Français (95%) accepteraient que leur enfant soit en classe avec un enfant autiste, révèle un sondage Ifop pour l’association SOS autisme en France publié mercredi 5 février.

Pourtant « seuls 20% des enfants autistes sont aujourd’hui scolarisés », déplore la porte-parole de l’association, Olivia Cattan. « Il y a 600 000 autistes en France, mais ils restent invisibles », lance-t-elle, dans un cri de colère.

Cette militante féministe, auteur du témoignage « Un monde à l’autre. Autisme : le combat d’une mère » aux éditions Max Milo, est la maman de Ruben, 8 ans, diagnostiqué autiste à 5 ans. Elle rend compte de leur combat pour le faire accepter à l’école.

Pour lui permettre de suivre, à mi-temps, une scolarité ordinaire, et « parce qu’aucune auxiliaire de vie scolaire (AVS) publique n’était disponible », Olivia Cattan, ancienne journaliste, a cessé toutes ses activités professionnelles et pris la décision d’accompagner elle-même son fils à l’école, pendant deux ans.

Aujourd’hui, la famille paie une AVS privée et des séances de psychologie comportementale. « Mais comment font les mères célibataires qui vivent avec le RSA? », s’insurge Olivia Cattan.

Elle y raconte aussi le quotidien de sa famille, confrontée au mutisme du petit garçon, jusqu’à ce qu’une méthode éducative en Israël parvienne à lui débloquer la parole.

En effet, le centre Feuerstein, emploie près de 160 personnes dans ses locaux de Jérusalem afin d’aider les personnes autistes. Il s’appuie sur une méthode élaborée dans les années 1970 par le professeur israélien, d’origine roumaine, Reuven Feuerstein.

Reuven Feuerstein (Crédit : Wikimedia commons)

Reuven Feuerstein (Crédit : Wikimedia commons)

Celle-ci est destinée aux enfants handicapés, ou en situation traumatique. Selon Feuerstein, « toute personne est capable de changement quel que soient son âge, son handicap et la gravité de ce handicap. Les enfants différents ont simplement besoin d’un surcroit d’attention et d’investissement personnel ».

La méthode se fonde sur le principe de « médiation », à savoir une personne qui s’interpose entre l’enfant et le monde.

Selon le site de L’Express, « Des méthodes comme [celle de] Feurstein, qui ont fait leurs preuves depuis des années en sortant les enfants littéralement de leur mutisme et en permettant à ces enfants d’avoir une vie sociale et professionnelle, sont révolutionnaires. Certains enfants de ce grand centre situé en Israël sont devenus professeurs dans des universités, comptables, infirmiers, d’autres sont entrés dans l’armée à des postes de haut gradés. Ils ont pour la plupart fondé une famille et sont autonomes. »

« Il y a 600 000 autistes en France, mais ils restent invisibles »

Olivia Cattan

Malgré la loi handicap de 2005, qui voulait favoriser la scolarisation des élèves handicapés en milieu ordinaire, les associations dressent un constat d’échec.

« De plus, à chaque étape de la scolarisation obligatoire, le nombre d’enfants atteints d’autisme scolarisés diminue », souligne M’Hammed Sajidi, président de Vaincre l’autisme.

« Ainsi, si 87% des enfants autistes qui sont scolarisés en milieu ordinaire le sont en école élémentaire, seulement 11% le sont au collège et 1,2% au lycée ».

Et le combat ne s’arrête pas aux portes de l’école. « Les enfants autistes n’ont pas non plus accès aux centres de loisirs, aux clubs de sport ou aux conservatoires », explique Olivia Cattan. « Quand j’ai voulu inscrire Ruben à un club de tennis, on m’a suggéré de lui faire faire plutôt du rugby ou du trampoline », soupire-t-elle.

« Il n’y a pas un jour sans que l’on soit confronté à une menace d’exclusion d’un lieu public », raconte aussi Laurent Savard, père de Gabin, 11 ans, autiste et hyperactif.

« Contrairement à la trisomie 21, l’autisme ne se voit pas, du coup, c’est un peu la double peine : votre enfant souffre d’un trouble du comportement et peut aussi provoquer le rejet ». Pour se battre, ce comédien a choisi l’arme de l’humour (noir), en abordant dans un spectacle, « Le bal des pompiers », la différence de son fils.

« On se figure généralement l’autiste comme le personnage de « Rain Man » mais il y a des tas de formes d’autisme, qui restent très méconnues et peuvent faire peur », souligne-t-il.

Pour mettre fin aux discriminations, l’association SOS autisme en France a fait appel à une équipe d’avocats, que pourront saisir les familles pour faire valoir leurs droits.

Un premier accord a été conclu avec la fédération d’athlétisme, qui s’est engagée à ne pas refuser d’enfants autistes dans ses clubs, se félicite l’avocat David Koubbi.

« Nous sommes dans une phase de sensibilisation mais, si dans une deuxième phase nous constatons qu’il y a violation des droits, nous engagerons des poursuites en justice », assure-t-il.

Dans une décision rendue publique mercredi 5 février, la France a été épinglée par le Conseil de l’Europe qui lui reproche de pas respecter l’accès à la formation professionnelle des autistes et leur droit à être scolarisés dans des établissements ordinaires.

Pour Vaincre l’autisme, à l’origine d’une réclamation collective contre l’Etat français, « cette condamnation apporte aux familles concernées « espoir et soulagement ». L’association a récemment publié son rapport, faisant un bilan des avancées ou non de l’année 2013.

20 mai 2015

Présentation -> Inclusion scolaire - Vidéo de Sophie Robert

20 mai 2015

Autisme : de l'adolescence à l'âge adulte

information publiée sur le site de Sésame Autisme

SESAME N° 193 1er trimestre 2015 vient de paraitre!

Thème : Autisme : de l'adolescence à l'âge adulte

Sommaire :

Editorial - Christine MEIGINIEN

La préparation de la transition à l'âge adulte :

  •     Des jeunes du SESSAD "Les Comètes" en insertion IMPRO

               Par Marie-Christine DULIEUDirectrice du SESSAD,  Fatima BENCHEIKH et Aude      BONNET Educatrices spécialisées - Autisme 75 Ile de France

  •     Un pas vers le pré-professionnel : l'exemple de l'IMPRO Le Clos de Sésame     (Sésame Autisme Rhône Alpes)

               Par Amélie MANTO Directrice de l'IMPRO - Sésame Autisme Rhône Alpes

  • Préparer à la sortie de l'IME

           Par Delphine DOTTE et Anne-Christel BRABANT (IME La Fontinelle - Autisme 59-62)

Les perspectives de l'âge adulte

  • Trois jeunes à l'ESAT Sésame Services de Loire Atlantique

            Par Françoise OLIVIER Chef de Service

  • L'expérience de l'ESAT Les Trois Bonniers d'Orchies

           Par Mahdi Sobti Directeur de l'ESAT - Autisme 59-62

  • Le Pass P'As : un projet d'insertion professionnelle et de logement des personnes Asperger ou autistes "de haut niveau"

           Par Olivier MASSON, Directeur du Centre de Ressources Autisme Nord Pas de Calais 

  • Un emploi en mileur ordinaire pour des personnes avec autisme sévère : c'est possible. Entretien avec C. COLLIGNON, Présidente de l'Association Plateforme Passage

           Par Sylvaine RIBADEAU DUMAS

  • Je suis autiste, je travaille, j'aimerai bien être embauché à la SNCF - Témoignage de Tony recueilli par Christine LEZER, Secrétaire de la Fédération Française Sésame Autisme
  • SAVS : des personnes handicapées dans la ville

           Par Monique GAVET Directrice du SAVS la Montagne - HAARP Val d'Oise

  • Le carré de Sésame : un projet d'accès à la socialisation et à la vie citoyenne la plus large pour des adultes avec autisme sévère

          Par Annick TABET, Vice Présidente de Sésame Autisme Rhône Alpes- Vice Présidente de la Fédération Française Sésame Autisme

  • Mon histoire, ma vie

           Par Marie GAILLARDET

Actualité

  • La loi du 11 février 2005 10 ans après

           Par Sylvie DEHOUCK - Autisme 75

Echos de la Fédération et des Associations

  • Un don privé pour financer un "jardin sensoriel" au FAM le Roncier

           Par Francis LEGRAS Président de Sésame Autisme 76

  • Séjour d'été à destination de jeunes adultes et adolescents autistes Asperger

           Par l'Association Pélagie

  • Hommage à M. Wassen

           Par F. BOUNINE - Les Vinots

  • Autisme Europe

           Par Annick TABET Mmebre du Conseil d'Administration d'Autisme Europe, représentant le Fédération

Documentation

  • En glanant dans les revues et sur Internet

           Par le Dr Gérard WARTER

Publications

Dans le prochain numéro : Compte-rendu du colloque de Lille et les personnes avec autisme et le numérique

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