A la question : voulez-vous que l'on aille plus loin pour découvrir les causes éventuelles de la pathologie d'Elise ? Nous avons répondu oui. Aussi, une hospitalisation de quelques jours a été programmée par le neurologue qui la suit. Qui accompagnera Elise ? Son papa.

Et hop, nous débarquons donc le lundi 2 octobre à l'hôpital Saint Antoine pour une série d'examens.

Passage obligé aux admissions où Lisou en profite pour aller saluer toutes les personnes présentes compréhensives, amusées ou interloquées ... like usual puis accueil très sympathique de la personne chargée précisémment de l'accueil avant l'installation dans notre chambre sympa et fonctionnelle (wc, lavabo) ... un lit d'appoint confortable m'est destiné. A peine arrivée, selon son habitude, Elise fait le tour du propriétaire et va au contact des malades et du personnel avec une prédilection pour la pièce destinée aux poses et repas du personnel et aux tâches nécessaires à la préparation des repas etc ... là elle se trouve bien et est bien accueillie par des jeunes femmes qui se révèlent plutôt amusées par son comportement ... repas et nuit tranquille.

Le 2ème jour, prélèvement urinaire dès le réveil puis nous partons faire une biopsie musculaire à la Salpétrière. Lisou a été "prémédiquée" - entendez par là qu'elle a reçu une dose de médicaments destinée à la détendre - quand les ambulanciers l'emmène elle est groggy ... Mais arrivée sur le lieu de l'examen elle s'éveille notablement, se mobilise sentant l'affaire louche. Quand le médecin la voit et m'explique en quoi consiste l'opération - c'en une ! - il devient évident qu'elle n'aura pas lieu ... il renonce très vite. En effet, il faut faire une anesthésie locale, inciser le derme (indolore en principe) et prélever un bout de muscle qui lui ne peut être endormi. Cela suppose que le patient prenne sur lui dixit le praticien. Ensuite on recoud. Le tout sous champ opératoire, durée annoncée 20 minutes ... Donc compte tenu du comportement d'Elise il décide de ne pas se lancer dans la manip ! Donc retour à Saint Antoine ... un coup pour rien !!! Lisou dort une bonne partie de l'après-midi. Une prise de sang lui est faite : pendant que je la tiens solidement, l'infirmière officie ...

Mercredi, réveil 6h00, douche avec l'aide soignante, petit déjeuner. Prémédication .. . Direction le premier sous-sol pour un IRM. Les brancardiers nous déposent dans le couloir et pendant l'attente Elise comme hier se mobilise et s'agite ... nous sommes les premiers de la journée à passer. Au bout d'une demi-heure une femme blonde qui s'occupait devant un écran vient me voir, s'enquiert "- c'est pour elle l'examen ?", "- oui", "- Si elle est agitée comme ça, cela ne vaut pas la peine d'essayer !". Je reste coi occupé à rassurer Lisou. Merci pour les encouragements ... Mais voici qu'elle réapparaît 10 minutes après (j'ai finalement bien fait de ne pas la jeter ...) et nous poussons le brancard vers un local attenant où je la vois préparer une injection à l'aide d'une seringue ... je laisse faire, me contente de maintenir Lisou solidement ... celle-ci semble résignée (n'a-t-elle pas passée l'épreuve de la prise de sang avec succès hier). Puis nous entrons dans la salle où trône majestueux l'appareil IRM et son fameux tunnel .... On fixe sa tête, des bouchons lui sont mis dans les oreilles (l'appareil en fonctionnement fait beaucoup de bruit) et elle pénètre lentement à l'intérieur. Cela semble aller ... on l'encourage de notre mieux et nous sortons. Très vite il apparait que sans aide l'examen ne sera pas possible. Aussi une jeune femme va dans la salle pour essayer de la maintenir dans la bonne position (ce n'est bien sûr pas la fameuse blonde ...)... Bref ou plutôt après ce long moment l'examen est paraît-il satisfaisant sauf à la fin où elle bougeait trop. Je remercie chaleureusement la jeune femme qui nous a aidé, glisse un petit mot au toubib à propos de l'accueil de tout à l'heure et nous repartons sur notre brancard dans le couloir attendre nos brancardiers ... logique non !

Direction la chambre, où Lisou se remet de ses émotions puis nouveau départ vers la Salpétrière où on nous attend pour un EEG ( brancardiers, ambulance ...). 25 minutes d'attente puis nous sommes pris en charge par deux dames d'une gentillesse exemplaire ... l'une  s'adresse à Elise sur un mode rassurant et tendre pendant que l'autre place les électrodes en s'excusant "je dois gratter un peu pour que le gel puisse faire son effet ...". Mon rôle consiste à maintenir fermement les mains de la patiente pour qu'elle n'envoie pas tout balader... Après plusieurs tatonnements, l'écran de contrôle affiche que tout est ok et l'enregistrement peut commencer... C'est un peu long !!! mais au bout du compte on débarasse Lisou des électrodes et on la félicite d'avoir brillamment passé son examen avant de retourner attendre nos brancardiers ... Retour, déjeuner, nouvelle prise de sang et récupération complète la journée ...

Jeudi, douche, prise de sang, petit déjeuner, petite sieste matinale et réparatrice pour Lisou, prémédication et déjeuner. Départ pour la Salpétrière où nous sommes attendus pour un autre IRM utilisant une autre technologie - à résonance magnétique. Là pour le trajet Lisou refuse carrément de monter sur le brancard, demande à monter dans l'ambulance à la place de l'accompagnateur. Nous faisons le voyage elle assise et moi sur la civière !!!

Attente de plus d'une heure dans les couloirs devant l'IRM ... Nous les arpentons de long en large ... Lisou toujours plein d'énergie s'asseoit de temps à autre dans le fauteuil roulant mis à notre disposition ou souvent préfère pousser le fauteuil vide ... tamponnant au passage un infirmier qui s'exclame "- il faudrait l'attacher" ... "et toi faire des cours de rattrapage en psychologie" (c'est la pensée qui me vient à l'esprit), mais je ne réplique pas me contentant de le regarder intensémment.

Enfin on vient nous chercher ... l'effet de la prémédication paraît toujours notoirement insuffisant ... mais nous nous lançons tout de même dans l'examen. IRM et son tunnel ... on me demande si je veux rester ... oui pourquoi pas ... je tiens les poignets de Lisou pendant de longues minutes pendant que l'appareil effectue son cycle ... puis après un temps qui me paraît long l'appareil s'arrête. Ouf c'est fini ! Et bien NON ! La personne qui arrive me précise que ça ne marche pas ... qu'il faudra recommencer ...

Nous sortons de la salle et retrouvons toute l'équipe, médecins et techniciens. Il est décidé d'administrer un sédatif par piqûre à Lisou ... de la laisser tranquille le temps qu'il fasse son effet ... et de refaire une tentative dans un moment. On passe à l'acte ... et toujours cette lutte permanente pour ne pas dormir ... je l'accompagne dans ses divers mouvements !!!

Au bout d'un certain temps l'équipe se décide a retenter l'expérience. Une jeune femme accompagne Lisou, moi je déclare forfait ... l'examen se déroule avec en final une certaine satisfaction : l'essentiel serait bon (dixit le médecin).

Je remercie toute l'équipe et m'assure que l'on appelle bien les brancardiers pour le retour.

Nous voici à Saint Antoine où je vais tout droit trouver l'interne. Aucun problème nous pouvons repartir à la maison, les papiers sont prêts.

Nous aurons sans doute les résultats dans quelques mois ... "on avance et on voit" disait en son temps Napoléon.