article publié dans Localtis

Publié le lundi 27 mai 2013

A l'occasion de son intervention devant le 53e congrès de l'Unapei à Marseille, le 24 mai 2013, Marie-Arlette Carlotti a assuré que "le gouvernement souhaite améliorer l'accès aux soins des personnes en situation de handicap". La ministre déléguée chargée des personnes handicapées et de la lutte contre l'exclusion réagissait au livre blanc "Pour une santé accessible aux personnes handicapées mentales", présenté par l'Unapei.
L'association y développe une trentaine de propositions, regroupées en deux grands axes. Le premier plaide pour "un système de soin inclusif pour que la personne handicapée mentale puisse bénéficier de tout ce qui est mis en oeuvre pour l'ensemble des citoyens". Parmi les mesures suggérées à ce titre figurent notamment le développement de l'hospitalisation à domicile, l'accroissement du nombre de maisons de santé, la prise en charge de la douleur de patients qui ne peuvent pas toujours l'exprimer, ou encore le déploiement de campagnes et de programmes de prévention incluant les personnes handicapées. Le second axe regroupe "des actions spécifiques à mettre en oeuvre pour garantir l'accès à la santé des personnes handicapées mentales, en tenant compte de leurs particularités". Ceci inclut, entre autres, la recherche systématique du consentement aux soins, la généralisation de messages et de documents accessibles aux personnes handicapées, le développement de programmes adaptés d'éducation thérapeutique, la création d'unités handicap intra-hospitalières et des plates-formes de santé spécifiques, la multiplication des réseaux de santé handicap et des centres de référence...

Un plan d'action en préparation

Marie-Arlette Carlotti ne s'est pas prononcée sur ces différentes propositions, mais elle a reconnu que "les personnes handicapées sont trop souvent oubliées des actions de prévention et de santé publique" et qu'elles ont "plus de difficultés que les autres à bénéficier de soins courants : soins buccodentaires, gynécologie, ophtalmologie, orthodontie, etc.". Sans annoncer non plus de plan d'action en la matière, la ministre a cependant tracé quelques grands axes. Parmi ceux-ci figure notamment la nécessité de "faire en sorte que les professionnels de santé connaissent le handicap" et de s'assurer "que plus aucune personne handicapée ne ressorte des urgences sans les soins dont elle a besoin".
Marie-Arlette Carlotti a surtout annoncé que Pascal Jacob, président de l'association Handidactique I=MC2, remettra en juin son rapport sur la question. Celui-ci devrait se traduire par des décisions au cours du prochain comité interministériel du handicap (CIH). La ministre a levé le voile sur quelques mesures possibles, comme l'organisation de l'offre de premier recours, par la constitution d'équipes pluriprofessionnelles de proximité, ou la prise en charge hospitalière des personnes handicapées par la mise en place d'un appui spécifique aux équipes médicales et paramédicales. D'autres semblent toutefois encore assez floues comme "la coordination entre secteurs sanitaire et médicosocial".
La question de l'accès aux soins des personnes handicapées n'est pas vraiment nouvelle et peine à trouver une solution globale, malgré des améliorations ponctuelles. Dans tous les bilans de la mise en oeuvre de la loi Handicap du 11 février 2005, l'accès aux soins est ainsi classé parmi les points faibles. De même, la Haute autorité de santé (HAS) a formulé une recommandation détaillée sur la question, il y plus de quatre ans. Enfin, et même si le discours de la ministre n'y fait pas allusion, Pascal Jacob a déjà remis, en février 2012, un rapport intitulé "Pour la personne handicapée : Un parcours de soins sans rupture d'accompagnement : L'hospitalisation au domicile social ou médicosocial". Mais ce rapport s'était perdu en pleine période de campagne électorale, puis d'alternance...

Jean-Noël Escudié / PCA