article publié sur Aisne nouvelle

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Par Propos recueillis par Nasséra LOUNASSI

Chaque samedi après-midi, Sandrine Didier propose aux enfants autistes et à leurs parents des ateliers artistiques ainsi que des temps de parole, destinés à rompre l’isolement.

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On la connaissait comme présidente de Sandycapdanse, comme conseillère municipale de la majorité déléguée au Handicap. Depuis un an, Sandrine Didier, 44 ans, s’occupe également d’une autre association, encore méconnue dans la cité des Pastels : Hop’autisme 02. Celle-ci offre chaque week-end un moment privilégié aux familles touchées par l’autisme.

Comment est née l’idée de Hop’autisme 02 ?

De nouvelles mamans sont arrivées avec des enfants autistes au sein de Sandycapdanse (association qui promeut la danse dans le milieu du handicap, ndlr). J’ai vu leur désarroi, à quel point elles se sentaient isolées. Avec elles, j’ai décidé de lancer cette nouvelle association. Hop’autisme 02 est là pour répondre aux besoins des parents et permet d’avoir un moment pour parler, échanger. Mais n’a pas de vocation médicale où il existe des choses.

Vous évoquiez le désarroi des familles face à la pathologie… Comment se traduit-il ?

C’est une maladie qui désociabilise. Les parents d’enfants autistes coupent peu à peu les ponts avec leurs amis, leurs proches parce qu’ils se sentent gênés, jugés, incompris. Et de ce fait, ils se retrouvent isolés. Ceux que je rencontre me disent qu’ils ont honte de la maladie de leur enfant, ils ont l’impression qu’autour d’eux on ne l’accepte pas.

Les séances du samedi comprennent un temps de parole. Que dites-vous aux participants ?

Il faut tout d’abord les rassurer. J’aimerais leur prouver que lorsqu’on est dans cette situation, on peut vivre comme tout le monde. Il y a un temps de parole avec les parents, mais également avec la fratrie. Il ne faut pas oublier qu’il y a une grosse souffrance chez les frères et sœurs qui peuvent se sentir délaissés, moins aimés car toute l’attention de leurs parents est focalisée sur l’enfant malade.

D’autres activités tournées vers l’art sont également proposées au cours de l’après-midi…

Oui, on fait des activités durant une heure. Ça peut être de la danse, du chant ou de la musique. J’envisage même de lancer le théâtre par la suite. On travaille en binôme : parent/enfant. Ce qui permet de développer une autre relation entre eux, et aide les adultes à reprendre confiance en eux.

Avez-vous suivi une formation particulière pour travailler avec ce public ?

J’ai suivi une formation handidanse pour enseigner la danse aux personnes handicapées ainsi que d’autres sur l’autisme. Depuis 12 ans j’accueille des enfants autistes à mes cours à Sandycapdanse. Je connais bien ce public.

Combien d’enfants accueillez-vous chaque samedi ?

Six enfants, âgés de 4 à 10 ans. Leurs troubles sont différents. Il y en a pour lesquels ça va se ressentir au niveau du langage, d’autres qui vont se cacher sous la table et qu’on aura du mal à approcher… Il m’arrive de réussir à leur faire faire quelque chose au cours d’une séance et la fois d’après, ils ne veulent plus. Mais grâce à ces ateliers, les enfants quittent tout doucement leur bulle, l’art apporte beaucoup de choses quel que soit le handicap. Et surtout, je travaille avec eux de la même manière qu’avec des valides. Je ne veux surtout pas qu’on mette de barrières.

Hop’autisme 02 se réunit chaque samedi de

14 à 17 heures, à la salle du centre associatif à Oestres.