Anna G. a fait une analyse didactique chez Freud en 1921. Elle a pris des notes, non destinées à la publication. Ces notes ont été retrouvées 6 ans après sa mort. La petite-fille d’Anna, psychanalyste freudienne, les a éditées avec dix textes de commentaires. On présente ici ce document qualifié, sans doute un peu vite, de “véritable petit événement scientifique”.

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Une demande de Pfister pour une didactique

Oscar Pfister a demandé à Freud s’il pouvait accepter en analyse didactique une psychiatre de 27 ans, formée à la clinique psychiatrique du Burghölzli, haut lieu de la psychiatrie européenne et de la psychanalyse. Freud lui a répondu le 20 mars 1921 : «J’accepterai volontiers une jeune femme-médecin en analyse personnelle [Autoanalyse], à la condition qu’elle me verse les quarante francs l’heure qui sont maintenant habituels et reste assez longtemps pour que l’analyse ait une chance d’aboutir à quelque chose, c’est-à-dire quatre à six mois ; moins cela ne vaudrait pas la peine»[1].

À cette époque, comme Freud le disait à son ami Schnitzler, il ne faisait plus que des analyses didactiques [2]. Quand Pfister demandera à Freud un peu plus tard d’accepter une patiente, celui-ci lui répondra : «Tout mon temps est accaparé par des médecins anglais et américains. En sorte que je travaille maintenant pour le dollar et n’arrive à rien faire d’autre» [3].

L’agenda inflexible de Freud

Anna G. est arrivée sans tarder. L’analyse commencée le 1er avril devait se terminer impérativement le 14 juillet « car Freud devait partir en vacances le 15, à Bad Gastein, en compagnie de sa belle sœur Minna » (p. 25) [4].

Nous avons ici un exemple d’une particularité mise en évidence par l’historien de la psychanalyse Mikkel Borch-Jacobson : « Freud nous donne toutes sortes de raisons pour justifier la fin d’une analyse et on a souvent l’impression, à le lire, que la décision était prise après un long travail et d’un commun accord avec le patient. En réalité, pas du tout. Il se débarrassait du patient quand il en avait assez, quand il ne pouvait plus se faire rémunérer, ou encore, quand il partait en vacances. Par exemple, les analyses de Loe Kann et de Sergius Pankejeff se sont toutes deux terminées le 10 juillet 1914, tout simplement parce que Freud partait le 15 » [5].

Une analyse « taboue »

L’analyse s’est faite à raison d’une heure par jour, samedis inclus, durant quatre mois et demi. Le paiement a été effectué par le père d’Anna. Cette analyse n’a été connue que grâce à la découverte, par la fille d’Anna, de deux cahiers d’écolier dans lesquels Anna a consigné des notes sur son analyse. La petite-fille d’Anna, Anna Koellreuter, a édité ces notes, qui font 40 pages d’un livre au format de poche. Pour que ce document puisse se vendre sous forme de livre, il y a été adjoint dix contributions, dont celle d’Anna Koellreuter, praticienne à parts égales de la psychanalyse et l’« homéopathie classique » [6].

A. Koellreuter savait que sa grand-mère psychiatre avait fait une analyse chez Freud, mais Anna G. ne lui en avait jamais parlé. Elle écrit : « Lorsque je lui demandais par exemple comment Freud se comportait pendant les séances, elle répondait de façon évasive que c'était un homme “affable”. Sa seule remarque fut en réponse à une question de ma mère : la présence de Freud dans la même pièce était plus importante que ce qu'il pouvait lui dire. Je n'ai jamais pu en savoir davantage, ni d'ailleurs les autres membres de ma famille qui lui posaient aussi des questions » (p. 8). « Pourquoi cette analyse était-elle à ce point taboue pour ma grand-mère qu'elle ne parvenait pas à en parler ? Pensait-elle que la cure avait atteint son objectif ou au contraire qu'elle avait été un échec ? Pourquoi n'était-elle pas devenue analyste, alors qu'elle avait travaillé pendant quelques années en tant que psychiatre au Burghölzli ? » (p. 10).

En définitive, ni les notes ni un autre document d’Anna Guggenbühl (c’est son nom) ne permettent de dire que cette analyse, clôturée en fonction de l’agenda de Freud, a été satisfaisante. Force est de constater que la psychiatre n’a pas exercé la psychanalyse et n’a absolument pas fait la publicité du célèbre Viennois. Il semble assez évident que si l’analyse est restée « taboue » c’est parce que Anna s’est trouvée désillusionnée. Il est en tout cas bien évident qu’à cette époque Freud lui-même était désillusionné quant à l’efficacité de sa méthode. On le sait par sa correspondance et par des témoignages de ses proches disciples. Pour des exemples :

http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article2367

http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article2412

Ceci ne gêne nullement Mme Roudinesco pour produire, comme à son habitude, une légende. Elle écrit: «Cette cure fut plutôt réussie, selon le témoignage de la patiente» [7], sans citer la moindre phrase qui puisse attester de son affirmation. Juliet Michell est sans doute plus près de la réalité quand elle écrit : «On peut estimer que l'analyse ne s'est pas bien terminée» (p. 223). Pour découvrir de nombreuses autres légendes de Mme Roudinesco: http://www.pseudo-sciences.org/IMG/pdf/TCC-Faits-Legendes.pdf

Revenons sur cette «seule remarque» rapportée par la petite-fille: «La présence de Freud dans la même pièce était plus importante que ce qu'il pouvait lui dire». Ceci rejoint ce qu’a constaté Paul Roazen, qui a interrogé des patients de Freud. Citons à titre d’exemple Albert Hirst, un des rares satisfaits de sa cure. Roazen écrit: «Hirst déclarait clairement que le simple fait de parler à Freud avait eu plus d'effet thérapeutique que tout ce qu'il avait pu lui dire. Autrement dit, c'est la relation elle-même, et non le contenu des interprétations de Freud, qui avait été l'élément thérapeutique essentiel» [8]. Ce qui s’est réellement passé dans le cabinet de Freud a sans doute très peu à voir avec les films hollywoodiens où le ressouvenir d’un événement soi-disant refoulé apparaît comme une illumination qui change la vie.

Une parfaite illustration du conditionnement freudien

Freud commence sa présentation de l’Homme aux rats en écrivant: «Interrogé par moi sur ce qui l’amène à mettre au premier plan les renseignements sur sa vie sexuelle, il répond que c’est là ce qu’il sait de mes doctrines» [9]. Ainsi, avant même de franchir la porte de Freud, ses patients sont conditionnés à parler de sexe. On lit dans la première séance rapportée par Anna: «C'est par hasard que je découvris la masturbation, en me pressant contre une balustrade» (p. 45). Réaction de Freud: «Voilà un souvenir excellent». Réaction que Skinner appelle un renforçateur positif, un événement consécutif à un comportement qui favorise la probabilité de la répétition du même type de comportement.

Abraham Kardiner, auteur d’un journal d’analyse chez Freud écrit:«En comparant mes notes avec celles d'autres étudiants, je me suis aperçu que l'homosexualité inconsciente, tout comme le complexe d’Œdipe, faisait partie de la routine d'une analyse. […] Une fois que Freud avait repéré le complexe d'Œdipe et conduit le patient jusqu'à son homosexualité inconsciente, il ne restait pas grand-chose à faire. On débrouillait le cas du patient et on le laissait recoller les choses ensemble du mieux qu'il pouvait. Quand il n'y réussissait pas, Freud lui lançait une pointe par-ci par-là afin de l'encourager et de hâter les choses» [10]. La «découverte» essentielle que fera Anna G. chez Freud est bien sûr qu’elle n’a pas dépassé son complexe d’Œdipe. Sa petite-fille signale: «Elle possédait les Trois Essais sur la théorie sexuelle (1905) en double exemplaire — dans un état si défraîchi qu'ils tombent presque en lambeaux. Cela signifie qu'elle avait étudié de façon intensive des pans entiers de la théorie freudienne» (p. 32). Elle ajoute: «Ce qui transparaît dans les notes, c'est la conviction de Freud que le complexe d’Œdipe est partout à l'œuvre». Un des contributeurs à l’ouvrage, le psychanalyste André Haynal, résume comme suit le contenu des notes: «Si nous considérons tous les thèmes que Freud a abordés et interprétés durant la cure d'Anna G., nous retrouvons ceux qui l'ont préoccupé sa vie durant, qui sont
devenus des points nodaux de sa théorie et qui tournent autour du complexe d'Œdipe: père, jalousie œdipienne, désir de remplacer le parent du même sexe, peur de la castration, bisexualité » (p. 255).

Dès le départ de l’analyse, Freud, tout assuré de son savoir, se montre on ne peut plus suggestif. Anna évoque la naissance d’un frère. Freud lui assène: «Vous frôlez de si près le secret de l’étage inférieur de sa vie que je puis vous le révéler: vous aimiez votre père et ne lui avez jamais pardonné sa trahison avec votre mère. Vous vouliez être la mère de l’enfant, et donc, vous souhaitiez la mort de votre mère qui vous avait pris votre amant. Peu à peu, vous allez en apporter des preuves»(p. 46). Magister dixit et les preuves seront apportées…

Quand Anna rêve qu’il y a des taches répugnantes sur un drap, qu’elle appelle son père et que celui-ci, quand il arrive, se contente de rire un peu, le Professeur affirme doctoralement: «Dans votre rêve, vous appelez votre père à l'aide contre les agressions des jeunes hommes. Vous vous réfugiez auprès de votre père. Votre inconscient donne ainsi la première confirmation de mon affirmation selon laquelle votre père a été votre premier amant. Avez-vous lu “Fragment d'une analyse d'une hystérie: Dora”? (Anna répond: “Oui, mais je n’en ai aucun souvenir”). Votre rêve est une copie intégrale de celui de Dora. Vous vous mettez donc à la place de Dora, dont on sait bien qu'elle est amoureuse de son père » (p. 52). Quand Anna rêve de sa grand-mère, apparaissant en cire, le Maître dit: « La “transformation en cire”, c’est-à-dire la mort de votre arrière-grand-mère, est un substitut de la mort de votre mère, que vous appelez de vos vœux » (p. 55).

L’automaticité de l’interprétation transférentielle

Après trois semaines d’analyse, Anna semble conquise par le vieil homme (Freud a alors 65 ans). Sans doute est-elle charmée d’être écoutée une heure par jour par le personnage dont on raconte qu’il est le Darwin de la psychologie. Freud, lui, n’entend que résurgences des pulsions œdipiennes. Anna déclare: «À présent je comprends fort bien qu'on puisse épouser quelqu'un de plus âgé. Cela signifie donc que je voudrais éventuellement vous épouser, je vous aime déjà beaucoup». Freud répond: «Il s'agit là du transfert sur moi de l'ancien amour et du sentiment amoureux que vous éprouviez autrefois à l'égard de votre père. La déception, la jalousie douloureuse, etc. viendront alors elles aussi » (p. 61). Le jour suivant, le sentiment s’intensifie: «Je vous aime d'une façon si indescriptible, comme jamais auparavant je n'ai aimé quelqu'un, me semble-t-il». Freud: «Cet amour pour votre père était si démesuré que tout ce qui a suivi n'en était qu'un pâle reflet. On n'a pas idée de l'intensité de l'amour des enfants, il n'existe que de façon potentielle, il ne se réalise pas» (p. 62).

Ces moments d’exaltation se sont dégonflés. À en croire une conversation d’Anna avec sa petite-fille, avec le recul Freud n’est plus qu’un «homme affable». Ce jugement est toutefois plus élogieux que celui d’une patiente traitée un ou deux ans plus tôt, jugement rapporté par un des contributeurs à l’ouvrage: «Je n'estimais pas particulièrement le docteur Freud. Il faut dire que ça n'a rien donné, je le considérais comme un vieil homme sans intérêt. D'ailleurs, il m'a dit un jour: “Quand je vous montre les motions les plus profondes de votre psychisme, pour vous, c'est comme si je vous lisais un article de journal”» (p. 296). Parmi les patients dont on a retrouvé la trace, il y a des jugements encore bien plus négatifs. Marie von Ferstel, après avoir adoré Freud, le qualifiait de «charlatan», Victor von Dirsztay disait qu’il avait été «détruit par l’analyse» [11].

L’accès direct au sens « profond » grâce aux symboles

En 1911, Freud écrit: «Grâce à la connaissance de la symbolique du rêve, il est possible de comprendre le sens de tel ou tel élément du contenu de rêve, ou de tel ou tel fragment du rêve, ou quelquefois même de rêves entiers, sans être forcé d'interroger le rêveur sur ses idées incidentes. Nous nous rapprochons ainsi de l'idéal populaire d'une traduction du rêve et remontons par ailleurs à la technique d'interprétation des peuples anciens, pour lesquels interprétation du rêve et interprétation par la symbolique étaient identiques» [12]. Au fil du temps, Freud ne demandera plus de produire beaucoup d’associations d’idées avant d’interpréter un rêve, un acte manqué ou un trouble mental. Il se permettra de psychanalyser des personnes qu’il n’a jamais rencontrées, par exemple Léonard de Vinci et le Président Schreiber, ou d’interpréter d’emblée le rêve d’un patient ou d’un collègue.

Lorsqu’Anna rêve d’un lac, où nagent des amis et des garçons, et que le soleil brille, Freud interprète illico: «Les amis, les “petits” qui nagent, là, sont des symboles du membre viril. […] Le soleil représente toujours le père» (p. 57). Notons que le soleil est féminin en allemand. Pour Freud ce n’est pas une objection, comme il l’écrit dans le cas Schreber à propos du même symbole: «La symbolique passe outre ici au sexe grammatical ; en allemand du moins, car dans la plupart des autres langues le soleil est un terme masculin» [13].

À la dernière séance annotée, se trouve un joli exemple d’interprétation symbolique qui montre qu’Anna a bien lu attentivement les Trois Essais sur la théorie sexuelle. Elle écrit: «Alors que j’avais 4 ans, j’ai appelé Papa, une nuit, je sentais quelque chose de dur au-dessous de moi. Il est venu, c’était une crotte. J’étais fière et n’avais pas honte du tout, malgré mon âge, ce qui m’a étonnée plus tard. Ce cadeau état manifestement un enfant» (p. 83). Ce sens «manifeste» se lit dans le 2e des Trois Essais: chez les enfants, « le contenu intestinal est manifestement traité comme une partie importante du corps, il constitue le premier “cadeau”. […] Il gagne alors plus tard la signification de l’“enfant” qui, selon une des théories sexuelles infantiles, s’acquiert par le manger et se met au monde par l’intestin» [14].

Pour d’autres interprétations symboliques et, plus généralement, pour la question de la valeur et de l’utilité de l’interprétation des rêves: http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article2617

Les commentaires de 10 analystes

Les contributions écrites à la demande de la petite-fille d’Anna G. ont manifestement une fonction de remplissage du livre. On y apprend très peu de choses intéressantes. Une contribution qui sort du lot est celle de Juliet Mitchell, psychanalyste lacano-féministe.

Rappelons d’abord que Freud reconnaissait le caractère inachevé de ses interprétations. Il écrivait à propos des rêves: «Dans les rêves les mieux interprétés, on doit souvent laisser un point dans l’obscurité, parce que l’on remarque, lors de l’interprétation, que commence là une pelote de pensées de rêve qui ne se laisse pas démêler» [15]. J. Mitchell illustre, de façon exemplaire, que les interprétations freudiennes laissent toujours la possibilité de ce que Freud appelait des «surinterprétations» [16]. Pour elle, la théorie du complexe d’Œdipe de Freud est le produit du refoulement de sa propre hystérie, ce serait un écran destiné à cacher la rivalité avec son frère Julius, mort à6 mois. Aussi Mitchell a-t-elle réinterprété les cas de Freud en fonction des relations latérales plutôt que des relations aux parents [17]. Elle intitule sa contribution «Anna G.: Fragment d’un autre cas de petite hystérie» (p. 223-250). L’autre cas est la célèbre Dora, que Freud a étiquetée «hystérique» parce qu’à l’âge de 13 ans elle a refusé de se laisser embrasser sur la bouche par un ami de son père [18]. Freud a le culot d’écrire: «Je tiendrais sans hésiter pour une hystérique toute personne chez qui une occasion d'excitation sexuelle provoque principalement ou exclusivement des sentiments de déplaisir» [19]. Notons bien le « toute »… Donc Dora et Anna: des «hystériques» (Mitchell étiquette Anna «l’hystérique» ou «la jeune hystérique»).

Les premières lignes de sa contribution résument sa longue «démonstration» de la possibilité de surinterpréter. Bien évidemment elle ne va pas jusqu’à dire que Freud s’est trompé. Elle dit seulement qu’on peut interpréter plus «profondément»: «J'affirme qu'il y a dans ce témoignage une haine meurtrière à l'égard du frère dont le niveau le plus profond est dénié et qui est donc effectivement inconscient. Il ne s'agit pas de remettre en question les interprétations œdipiennes de Freud, mais de pointer une dimension manquante. Il me semble qu'une des raisons pour lesquelles on peut estimer que l'analyse ne s'est pas bien terminée, c'est que — comme pour Dora — les relations latérales, c’est-à-dire la fratrie, n’ont été prises en compte que dans leurs dimensions conscientes ou préconscientes» (p. 223). Il est peu probable que Freud eut apprécié cette surinterprétation. En effet, il écrivait à Pfister quelques jours après la fin de l’analyse: «La petite G est devenue totalement transparente et en fait, elle en a terminé : mais je ne peux pas savoir ce que la vie va faire d’elle désormais» [20].

Un événement scientifique ?

Ernst Falzeder écrit que le journal d’Anna G. est un «véritable petit événement scientifique» (p. 12). En fait, ce qu’il illustre remarquablement c’est le caractère stéréotypé des interprétations freudiennes. Toute l’existence de Freud a été marquée par ses propres désirs œdipiens. À la fin de sa vie, il écrivit: “J'ose dire que si la psychanalyse ne pouvait tirer gloire d'aucune autre réalisation que de celle de la mise à découvert du complexe d'Œdipe refoulé, cela seul lui permettrait de prétendre à être rangée parmi les acquisitions nouvelles et précieuses de l'humanité» [21].

D’autre part, les contributions montrent une fois de plus que les analystes freudiens glosent interminablement sur les écrits freudiens, comme les théologiens glosent indéfiniment sur la Bible ou le Coran sans jamais remettre sérieusement en question la doctrine.

Notons enfin la facilité de la pratique psychanalytique. Freud lui-même l’a avoué à plusieurs reprises. Par exemple: «Le travail analytique est un art de l’interprétation dont certes le maniement requiert pour le succès doigté et pratique, et qui n’est pourtant pas difficile à apprendre (unschwer zu erlernen)» [22]. L’analyste écoute en état d’attention flottante, il met des liens entre ce qu’énonce l’analysé et des événements de son passé, il décode des symboles, il joue avec des «signifiants» et, tout à son avantage, il convainc l’analysé que « es traitements analytiques réclament des mois et même des années» [23].

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[1] Freud, S. & Pfister, O., Correspondance. Trad., Gallimard, 1966, p. 127.

[2] Freud avait invité chez lui A. Schnitzer et lui avait dit qu’il «ne donnait plus de consultations et se contentait de former des élèves qui, à cet effet, se font analyser par lui». Cité dans l’ouvrage p. 131.

[3] Freud, S. & Pfister, O., Op. cit.

[4] Les pages indiquées sans autre référence sont celles de l’ouvrage.

[5] “Que sont devenus les patients de Freud ?”, Interview de J.-F. Marmion (2017) Le Cercle Psy : http://le-cercle-psy.scienceshumaines.com/mikkel-borch-jacobsen-que-sont-devenus-les-patientsde-freud_sh_28036

[6] http://www.annakoellreuter.ch/Vita/

[7] Sigmund Freud en son temps et dans le nôtre. Seuil, 2014, p. 311. Pour une analyse de cet ouvrage:

http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article2368

[8] Dernières séances freudiennes. Des patients de Freud racontent. Trad., Seuil, 2005, p. 59s.

[9] L’Homme aux rats (1909) Trad., Cinq psychanalyses, PUF, 2011, p. 302.

[10] Mon analyse avec Freud. Trad., Belfond, 1978, pp. 92 ; 125.

[11] Borch-Jacobsen, M. (2011) Les patients de Freud. Destins. Éd. Sciences Humaines, p. 82 ;132.

[12] Du rêve (1901) Ajout de 1911, Œuvres complètes, PUF, V 68.

[13] Remarques psychanalytiques sur un cas de paranoïa (1911) Œuvres complètes, X 277.

[14] Trad., Œuvres complètes, VI p. 122.

[15] L’interprétation du rêve (1900) Trad. Œuvres complètes, PUF, II p. 578.

[16] «Ueberdeutung» (Vorlesungen zur Einführung in die Psychoanalyse (1917). Gesammelte Werke, XI 176.

[17] Pour un exposé critique de sa théorie, voir M. Borch-Jacobsen (2013) La fabrique des folies. Éd. Sciences Humaines, 2013, p. 231-246.

[18] Dans sa publication, Freud écrit «14 ans». Patrick Mahony (Dora s’en va. Les Empêcheurs de penser en rond, 2001) a établi que la patiente avait un an de moins.

[19] Fragment d’une analyse d’hystérie (1905) Œuvres complètes, PUF, VI, p. 208.

[20] Le 29-7-1921. Cité p. 40.

[21] Abrégé de psychanalyse (1940) Œuvres complètes, PUF, XX p. 287.

[22] Autoprésentation (1925) Œuvres complètes, PUF, XVII p. 88.

[23] Freud, S. (1926) La question de l'analyse profane. Trad., Œuvres complètes. PUF, XVIII, p. 10.

Deux sites pour d’autres publications de J. Van Rillaer sur la psychologie, la psychopathologie, l'épistémologie, les psychothérapies, les psychanalyses, etc.

1) Site de l'Association Française pour l'Information Scientifique: www.pseudo-sciences.org

2) Site de l'université de Louvain-la-Neuve

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2° Cliquer sur : EDPH – Apprentissage et modification du comportement

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