article publié sur Ouest France

Édouard Philippe a reconnu vendredi 14 juin la « lenteur » dans le déploiement des unités d'enseignement qui favorise l'inclusion scolaire.
Édouard Philippe a reconnu vendredi 14 juin la « lenteur » dans le déploiement des unités d'enseignement qui favorise l'inclusion scolaire. | THOMAS BRÉGARDIS / OUEST-FRANCE

 

Édouard Philippe a reconnu vendredi 14 juin la « lenteur » dans le déploiement des unités d’enseignement externalisées (UEE) qui permettent à des enfants accueillis en établissement médico-social, notamment des autistes, de bénéficier de l’inclusion scolaire, tout en mettant en avant le progrès réalisé en quelques années.

Des unités d’enseignement externalisées (UEE), « il y a trois ans il n’y en avait pas, aujourd’hui il y en a quelques-unes, et dans trois ans il y en aura 45 » dans les écoles élémentaires, a affirmé le Premier ministre, en compagnie de la secrétaire d’État aux personnes handicapées Sophie Cluzel, lors de l’inauguration d’une UEE à Albi dans le Tarn, ce vendredi 14 juin. Trente nouvelles unités ouvriront à la rentrée. Ces unités d’enseignement externalisées (UEE) permettent à des enfants accueillis en établissement médico-social, notamment des autistes, de bénéficier de l’inclusion scolaire.

Cette classe accueille actuellement neuf élèves autistes à l’école élémentaire de Rochegude. « Il reste énormément à faire. […] Bien sûr que ça se passe lentement, et que si vous êtes le père ou la mère vous espérez que ça aille plus vite », a-t-il indiqué, assurant toutefois que « le dispositif s’étoffe ».

Une centaine de classes de ce type en maternelle

Dans les écoles maternelles, plus d’une centaine de ces classes existent, tandis qu’il y a 10 ans « il n’y en avait pas du tout », a ajouté Édouard Philippe, en déplacement pour le congrès de Villes de France.

La secrétaire d’État a pour sa part mis en avant sa volonté, et celle du ministre de l’Éducation Jean-Michel Blanquer, de « mettre en place une école inclusive, de qualité », grâce à « une palette de dispositifs ».

« Ça ne se décrète pas, ça se construit, et c’est pour ça que ça peut sembler lent aux yeux des parents », a-t-elle dit, après une rencontre avec des enfants autistes et leurs parents.

Des parents « démunis, fatigués et seuls »

Pour Agnès, la mère de Julia, 7 ans, « les parents sont démunis, fatigués et seuls ». « Ce n’est pas normal qu’il y ait encore des enfants, en âge d’être scolarisés, et qui, par manque de moyens ou de je-ne-sais-quoi, restent chez eux, sans prise en charge », lance-t-elle en colère.

La stratégie gouvernementale sur l’autisme, annoncée en avril 2018, a donné lieu à un « important travail souterrain ces derniers mois, qui ne montre pas de résultats très concrets mais qui était nécessaire », a indiqué, lundi 10 juin, Claire Compagnon, déléguée interministérielle pour l’autisme.

30 nouvelles unités à la rentrée

Sophie Cluzel et Claire Compagnon ont dressé un premier suivi de ce plan doté de 344 millions d’euros sur cinq ans, à la veille de la journée mondiale de sensibilisation à l’autisme. Il prévoit notamment de renforcer les unités d’enseignement pour autistes à la maternelle (180 unités en plus des 112 existantes, dont 30 à la rentrée prochaine).

À l’école élémentaire, six unités ont ouvert à Albi, Amiens, Dieppe, Sainte-Geneviève-des-Bois, Toulouse et Vaulx-en-Velin. Dix autres ouvriront à la rentrée.

On estime à 600 000 le nombre d’autistes adultes en France, et à 100 000 le nombre d’enfants.