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"Au bonheur d'Elise"
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11 février 2016

Mobilisation pour l'asso SOS Autisme France >Fauve Hautot, Juliette Binoche, AnnaMouglalis... Les stars répondent à l'appel

article publié dans Pure people

je suis autiste et alors

Exclusif - Yann-Alrick Mortreuil et Fauve Hautot - Mobilisation pour l'association SOS Autisme France lors d'un shooting au studio Invisu à Paris, le 7 et 8 février 2016. ©Rachid Bellak/Bestimage
De nombreuses personnalités se sont mobilisées pour SOS Autisme France.
-> voir le diaporama

"La France a quarante ans de retard concernant la prise en charge de l'autisme", peut-on lire sur le portail web de SOS Autisme France. L'association s'est donné pour mission de faire reconnaître les discriminations dont sont victimes les 600 000 personnes autistes vivant en France. En 2014, un numéro indigo était lancé pour recenser les cas d'"autismophobie". En ce début d'année 2016, de nombreuses stars se mobilisent aux côtés de la journaliste Olivia Cattan, maman d'un garçon autiste et porte-parole de SOS Autisme France.

Le message est simple et s'affiche fièrement en blanc sur un T-shirt noir : "Je suis autiste, et alors ?" Les 7 et 8 février, au studio Invisu à Paris, des personnalités telles que Juliette Binoche (qui était à Madrid le 7 au soir pour la cérémonie des prix Goya et a enregistré sa contribution le 8), Fauve Hautot et Frédéric Michalak ont arboré fièrement ce T-shirt et le message de SOS Autisme en France, le temps du tournage de la nouvelle campagne de l'organisme. "Deux jours de bonheur avec les enfants, les familles et de merveilleux artistes", s'est réjouie Olivia Cattan au terme de cet exceptionnel rassemblement.

Elle peut se féliciter d'avoir réuni pour ce combat un casting quatre étoiles. On y retrouve des comédiens, des personnalités du petit écran, mais aussi du sport. Fauve Hautot fait par exemple équipe avec son collègue de Danse avec les stars Yann-Alrick Mortreuil. Fabienne Carat, qui a fait un beau parcours cet hiver dans la compétition de danse de TF1, les a rejoints. Juliette Binoche, on l'a dit, mais aussi Anna Mouglalis (actuellement dans Baron Noir, série politique événement de Canal+), ont pris la pose aux côtés de Fanny Cottençon, Cyrielle Clair, Catherine Marchal, Arié Elmaleh, Amélie Etasse, Pascal Elbé et Frédéric Diefenthal. À leurs côtés, deux jeunes talents du cinéma français : Ahmed Dramé et Karidja Touré, César du meilleur espoir féminin 2015 pour Bande de filles.

 

Le regard n'a pas beaucoup évolué et nous, familles, nous battons chaque jour pour que notre enfant accède à ses droits

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La bande de SOS Autisme France s'agrandit avec la mobilisation de Francis Perrin, dans l'aventure avec son épouse Gersende et leur fils Louis, qui est autiste, des comédiens Bernard Campan, Olivier Sitruk, Alain Sachs, Samuel Le Bihan et Philippe Bas, des journalistes Ariane Massenet, Céline Géraud, Sophie Brafman et Nelson Monfort, ainsi que des chefs Luana Belmondo et Frédéric Vardon, du coiffeur Franck Provost, de la ravissante Anggun et du guitariste Jean-Félix Lalanne.

"Le regard na pas beaucoup évolué et nous, familles, nous battons chaque jour pour que notre enfant accède à ses droits : celui d'aller à l'école, de faire du sport, de pratiquer l'instrument qu'il aime, écrit Olivia Cattan dans son édito sur le site de SOS Autisme France. Nous sommes confrontés au quotidien par ceux qui, par ignorance, détournent encore les yeux... Il est urgent que la France évolue, que nos regards sur l'autisme évoluent, parce qu'une société qui ne protège pas ses citoyens les plus fragiles n'est pas une société juste et égalitaire." Changer le regard sur les autistes, c'est tout l'objet de cette grande campagne, à découvrir bientôt.

Pour plus d'informations et pour vous procurer le T-shirt pour soutenir l'association, rendez-vous sur le site SOS Autisme France.

Le 10 Février 2016 - 12h57
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10 février 2016

Une école adaptée pour des enfants handicapés

article publié sur le site de ulule

 

Notre philosophie

"On ne subit pas l'avenir, on le fait" - Georges Bernanos

 

Notre ambition pour Septembre 2017 dans le secteur Marne la Vallée (77) - France

Notre association Learn Hand Progress vise la création d'une école privée destinée à des enfants en situation de handicap mental pour la rentrée de Septembre 2017.

L’objectif étant d’accueillir, dans un premier temps, 8 enfants, âgés de 6 à 14 ans, en situation de handicap mental pour lesquels l'orientation ne serait pas envisagée en CLIS (Classe d'Inclusion Scolaire) après la maternelle , ni en IME (Institut Médico Educatif) faute de place,ou inadapté.

Des convictions fondatrices

  • Une mise en évidence des compétences de l’enfant plutôt que son incapacité
  • La formation et compétences d’une équipe pédagogique
  • Des méthodes et du matériel adapté
  • "Le vivre ensemble" en faveur de l’inclusion

Nos objectifs

Donner aux enfants le goût d’apprendre, le sens de l’effort, dans le respect du rythme de l’enfant et de son environnement. Ce projet vise à favoriser l’autonomie, l’éveil, la socialisation et l’épanouissement des enfants.

Des moyens mis en oeuvre:

  • Une équipe pédagogique impliquée et formée: Educateur Montessori, Educateur spécialisé, ATSEM.
  • Des ateliers éducatifs et pédagogiques:
    • Atelier vie pratique et Autonomie, visant à développer plus d'autonomie dans la vie quotidienne
    • Atelier sensoriel et éveil musical
    • Atelier langage oral et écrit avec les outils de communication (PECS et Makaton)
    • Atelier Mathématiques, du concret à l'abstrait
  • Des méthodes: Nous utiliserons la méthode Montessori comme base de travail 
    • Le but de la méthode : Le Développement du potentiel humain
    • Les objectifs éducationnels : l’attention, la concentration, l’autodiscipline, l’indépendance
    • L’objectif social : créer une possibilité d’entraide entre les enfants
  • La mise en place d'outils de communication : PECS, Makaton:

Chez un enfant « non verbal », il va être essentiel de mettre en place des moyens de communication augmentée (favorise le développement du langage) et alternative (remplace le langage quand il ne se développe pas) afin d’augmenter ses capacités communicatives en lui offrant une possibilité d’expression mais aussi un étayage de la compréhension. Ces moyens peuvent être visuels (des objets, photos, images, pictogrammes) mais aussi gestuels (signes).

 

 

A quoi va servir le financement ?

L'objectif de cette collecte

Financer l'achat de matériel Educatif et Pédagogique dans le but d'animer des ateliers spécifiques au travers d'un programme adapté à l'enfant.

Nos besoins

   Matériel Pédagogique et Educatif + Coût de la campagne sur la plateforme Ulule + Gestion des contreparties)
= 6 500€ au total

Les ateliers

Atelier de vie pratique visant à développer plus d’autonomie dans la vie quotidienne

Favoriser le développement moteur et la maîtrise du mouvement au travers d’activité «mouvement pour la vie », la leçon du silence, se prendre en charge, prendre soin de son environnement, maîtrise plus fine du mouvement (coordination œil et main), les habiletés sociales (apprendre à saluer, dire s’il te plait…)

Atelier vie sensorielle et éveil musical

Apprentissage des tailles, des formes, des couleurs, développement des sens comme le toucher et l'ouïe, des températures ou des poids. Un atelier favorisant l’enfant à organiser sa pensée, à travailler en répétant grâce à un matériel aux multiples possibilités, et des exercices graduels. Il va rendre des concepts abstraits plus concrets : il va passer de l'objet à sa représentation, puis de sa représentation à son concept. Le contrôle de l’erreur favorise le travaille seul, sans crainte de l’échec ou d’une erreur, car les erreurs l’aident dans son processus d’apprentissage.

Atelier langage oral et écrit avec les outils de communication (PECS, MAKATON)

L'enfant apprend également que les mots sont composés de sons, et que l'on peut les traduire et les représenter par des symboles écrits. : Favorisant l’enfant à faire des mots, éduquant sa main à réaliser des tracés avec du matériel pour certains proches du domaine sensoriel comme les lettres rugueuses.

Les outils de communication (PECS et MAKATON) lorsque l’enfant ne verbalise pas, ou peu seront au cœur de cet atelier. Langage oral, et/ou au travers d’images, de pictogrammes, ainsi que le langage des signes simplifié.

Atelier Mathématiques, du concret à l’abstrait

Favorise le développement d'une pensée logique et séquentielle, emmenant l’enfant dans un domaine d’abstraction. Il apporte à l'enfant une véritable expérience sensorielle dans les concepts abstraits représentés par les mathématiques.

Tous ces ateliers seront menés de manière adaptée aux besoins spécifiques de l'enfant. 

L’enfant ordinaire nous observe et apprend par imitation.

L’enfant avec handicap a besoin d’être guidé et renforcé pour réussir son activité; il a parfois besoin de guidance physique en plus de la guidance visuelle ou verbale pour éviter les troubles de comportement. Il a besoin parfois d’être renforcé positivement (renforcement alimentaire, renforcement sensoriel, renforcement social..)

 

A propos du porteur de projet

L’association LEARN Hand PROGRESS

LEARN Hand PROGRESS est une jeune association créée par une équipe passionnée et déterminée avec pour objectif de démontrer, au travers de la création d’une « école » pour enfants en situation de handicap mental, la force et la richesse que peut susciter “la différence”.

 

Nous suivre:

Site: http://learnhandprogress.fr/

Facebook: https://www.facebook.com/Learn-hand-Progress-1682905865272113/

Notre participation à une émission de radio : http://www.vivrefm.com/podcasts/fiche/11241/learn-hand-progress-pour-une-education-adaptee

9 février 2016

L'Onu presse la France de respecter les droits des enfants handicapés

L’Onu presse la France de respecter les droits des enfants handicapés
Pour le comité, la France doit donner priorité à l'éducation en milieu ordinaire des élèves handicapés.
Publié le 9 février 2016

Le Comité des droits de l’enfant de l’Onu pointe les lacunes de la politique française du handicap. Elle demande au gouvernement de davantage lutter contre la maltraitance dans les établissements accueillant des enfants et de faire progresser l’éducation inclusive.

La France est loin d’être exemplaire pour le respect des droits de l’enfant. Des enfants handicapés, notamment. C’est ce qui ressort à la lecture des observations du Comité des droits de l’enfant de l’Onu sur la mise en œuvre de la convention du même nom, rendues publiques le 4 février. Le comité est « préoccupé par les mauvais traitements subis par des enfants en situation de handicap accueillis en établissements et par l’insuffisance des contrôles indépendants dans ces institutions ». Il s’inquiète également que « dans certains cas, le personnel dénonçant ces mauvais traitements aurait été accusé de diffamation et condamné tandis que les fautifs étaient rarement traduits en justice, en dépit de preuves vidéo. »

L’affaire Moussaron dans le viseur

Le Comité des droits de l’enfant fait sans doute référence, entre autres, à l’affaire de l’Institut médico-éducatif Moussaron dans le Gers. Lors des auditions de la délégation française, en janvier, un des membres du Comité, Jorge Cardona Llorens, avait été plus explicite (à 27.37, dans la vidéo) : « Quels sont les mécanismes prévus pour éviter l’impunité, comme celle qui a eu lieu dans le cas de l’Institut Moussaron ? », avait-il interrogé. Une inspection de l’Agence régionale de santé (ARS) Midi-Pyrénées, menée en juillet 2013, avait mis à jour « de graves dysfonctionnements » et « une situationde maltraitance institutionnelle » dans cet IME. Mais l’ARS n’avait pas saisi les autorités judiciaires.

Le défenseur des droits recommande de renforcer les contrôles

Dans le rapport qu’il avait remis au Comité, en février 2015, le Défenseur des droits se disait, lui aussi, préoccupé par les allégations de maltraitance au sein de certaines institutions. « Ces situations révèlent des carences en matière de prévention des actes de maltraitance et de contrôle des établissements », notait-il. Il recommandait de renforcer les contrôles.

Trop d’enfants en établissements ou dans des classes spéciales

Par ailleurs, le comité déplore la lenteur avec laquelle progresse l’éducation inclusive. Il s’inquiète que « la loi prévoit des classes spéciales au sein des écoles ordinaires pour les enfants, dès leur plus jeune âge ; que certains enfants en situation de handicap soient placés en établissements, que d’autres suivent les cours dans des classes qui leur sont réservées et que des élèves abandonnent, faute de bénéficier des aménagements et du soutien nécessaires. » Pour le comité, priorité doit être donnée à l’éducation en milieu ordinaire plutôt qu’au placement en institution ou dans des classes réservées. La leçon sera-t-elle retenue ?

Franck Seuret

7 février 2016

Audition de la France à Genève : le Comité des droits de l'enfant de l'ONU rend ses observations

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article publié sur la page du Ministère des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes


Le Comité des droits de l’enfant de l’ONU a examiné, mercredi 13 et jeudi 14 janvier 2016, le 5ème rapport de la France relatif à l’application de la Convention des droits de l’enfant. Il rend ses observations ce jeudi 4 février 2016.

Laurence Rossignol, Secrétaire d’État chargée de la Famille, de l’Enfance, des Personnes âgées et de l’Autonomie et cheffe de la délégation française, s’était rendue à Genève pour réaffirmer l’ambition du Gouvernement en faveur de la politique de l’enfance, avec une attention toute particulière aux enfants les plus vulnérables.

Au cours de l’audition, le comité avait souligné le haut niveau de la délégation et le sérieux des réponses de la France. C’est dans ce même esprit de dialogue constructif que les observations et recommandations sont rédigées. Le comité souligne les nombreuses évolutions positives, en particulier par l’élaboration et la mise en œuvre de stratégies depuis 2012, notamment dans le domaine de la protection de l’enfance, de l’éducation et de la lutte contre la pauvreté.

Plus particulièrement, il accueille très positivement la ratification de plusieurs grands textes, comme le 3ème protocole à la convention des droits de l’enfant, et la promulgation d’importantes dispositions législatives, telles que la loi de modernisation du système de santé, la loi sur l’égalité réelle entre les femmes et les hommes ou encore la loi de refondation de l’école de la République. Le comité note également avec satisfaction les soixante mille créations de postes dans l’Éducation Nationale contribuant ainsi à une meilleure inclusion des enfants porteurs de handicap.

Bien que soulignant les efforts fournis, le comité relève des axes d’amélioration nécessaires dans les domainesde la prise en charge de l’autisme, de la justice des mineurs, de l’accueil des enfants étrangers ou encore de l’égalité des territoires, en particulier d’outre-mer.

Consciente des progrès qu’il lui reste à accomplir à partir des recommandations du comité, la France orientera ses politiques publiques dans le respect des droits de l’enfant.

La formation enfance du Haut Conseil de la Famille, de l’Enfance et de l’Age, prévue dans la loi relative à l’adaptation de la société au vieillissement, promulguée le 28 décembre, y veillera. Elle sera en effet chargée du suivi des observations du Comité et permettra un lien constant entre les associations et institutions de l’enfance et notamment de défense et de promotion des droits de l’enfant.

Il répondra ainsi dès le premier semestre 2016 à la recommandation du Comité d’avoir une instance garante de la cohérence et de l’ambition de la stratégie globale pour l’enfance.

pdf Télécharger le communiqué de presse au format PDF Téléchargement (171.5 ko)
5 février 2016

La rapporteuse spéciale handicap de l'ONU sollicite une visite en FRANCE

article publié dans l'Express

Mme Catalinas Devandas-Aguilar, rapporteuse spéciale de l’ONU aux droits des personnes handicapées, a sollicité en octobre 2015 une visite officielle en FRANCE (suite à une demande collective d’associations).

Elle n’a toujours pas reçu de réponse du gouvernement. Manque de temps ? Pourtant, 5 mois, c’est large pour répondre non ?

MMe Devandas-Aguilar, rapporteuse spéciale aux droits des personnes handicapées

MMe Devandas-Aguilar, rapporteuse spéciale aux droits des personnes handicapées

En attendant…Le Comité des droits de l’enfant de l’ONU vient de rendre ses observations finales sur la mise en oeuvre par la France de la convention des droits de l’enfant, dans le cadre du 5ème rapport périodique de la France.

Alliance Autiste et Autisme France avaient rédigé un rapport alternatif au Comité concernant l’autisme.

Le Comité n’a pas été dupe des réponses technocratiques de la France lors son audition les 13 et 14 janvier, et il tire aujourd’hui la sonnette d’alarme : il y a une violation généralisée des droits des enfants handicapés à l’éducation, à la scolarisation sans ségrégation,  à la participation à la collectivité, à recevoir des accompagnements conséquents et adaptés à leurs spécificités dans tous leurs lieux de vie, à ne pas subir d’actes maltraitants, à ne pas être discriminés….

Voici en détail les observations / recommandations concernant le handicap

Entre autres le Comité recommande à la France :

• de mettre en place des mécanismes de contrôle permettant de procéder à des inspections indépendantes, régulières et efficaces des institutions ;

• d’interdire légalement la pratique du packing,

• de rendre juridiquement contraignantes les recommandations autisme publiées par la HAS,

• de former les enseignants et professionnels de l’éducation à l’éducation inclusive,

• de prendre des mesures immédiates

– pour assurer que les droits des enfants autistes, en particulier leur droit à l’éducation inclusive, soient respectés,

–  pour que seules les thérapies et les programmes éducatifs qui sont conformes aux recommandations de la Haute autorité de santé soient autorisés et remboursés,

•  de veiller à ce que les enfants autistes ne soient pas soumis à l’institutionnalisation forcée ou au placement administratif et à ce que les parents ne soient plus soumis à des représailles lorsqu’ils refusent l’institutionnalisation de leurs enfants. (Commentaire personnel : on sent qu’ils ont pensé très fort à Timothée en écrivant cela)

 

Maintenant, on attend que le gouvernement mette en application ces recommandations.

Un signe de leur bonne volonté serait déjà de répondre à la rapporteuse spéciale aux droits des personnes handicapées.

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5 février 2016

L'ONU dénonce la violation des Droits de l'Enfant par la France

 

LOGO autisme france

information publié sur le site d'Autisme France

 

Communiqué de presse d'Autisme France

5 février 2016

Replay de l'émission l'histoire continue Annabelle et Jean-Philippe conseillé par Hugo Horiot

Replay de l'émission "L'histoire continue" du 4 février  avec Hugo Horiot qui a conseillé Annabelle Bernard, la maman d'un petit garçon diagnostiqué TED, qui a témoigné.

L'histoire continue du 04-02-2016 à 15:10 en replay | Vidéo en streaming sur francetv pluzz

Les invités des saisons précédentes racontent le chemin parcouru depuis leur dernière venue. Leur nouvelle vie est évoquée par des ...

http://pluzz.francetv.fr

 

5 février 2016

Autisme : 40 ans de maltraitance, ça suffit !

article publié dans Le Monde par Danièle Langloys

 

hanoi

La France dénoncée par l’ONU pour sa violation des droits de l’enfant

La France a été auditionnée en janvier 2016 pour rendre des comptes sur son respect de la Convention ONU des Droits de l'Enfant, qu'elle a signée et ratifiée. L'ONU a rendu ses observations finales et sanctionne, après le Conseil de l'Europe, le Commissaire Européen aux Droits de l'Homme, les violations des droits des enfants par la France. Le constat est sévère, mais mérité, vu l'absence en France de politique nationale de l'enfance. Je relève ici ce qui concerne directement ou indirectement les enfants avec des troubles du spectre de l'autisme. Il est tout à fait exceptionnel que l'ONU consacre tout un paragraphe à une problématique précise : l'autisme, vu de l'ONU, est un scandale sans nom en France. Les deux rapports d'Alliance Autiste et d'Autisme France ont sidéré l'ONU.

L'ONU s'étonne des dysfonctionnements et maltraitances dans les établissements médico-sociaux et s'interroge sur l'absence de contrôle indépendant de ces institutions. Il souligne au passage que le packing (défini comme un mauvais traitement) est toujours utilisé en France sur des enfants autistes.
L'ONU prie donc instamment la France de lutter contre les maltraitances institutionnelles, de mettre en place des inspections régulières et indépendantes, de créer les outils nécessaires pour dénoncer les maltraitances, et d'interdire légalement le packing, pratique barbare et maltraitante qui fait honte à la France.
 
Malgré les efforts français pour faire avancer l'école inclusive, mais le Comité des droits de l'Enfant regrette la mise en œuvre inégale et lente de l'éducation inclusive pour les enfants handicapés : ils devraient être dans les écoles ordinaires plutôt que dans les hôpitaux ou les établissements médico-sociaux. Les unités d'enseignement en maternelle pour les enfants autistes inquiètent l'ONU parce que ce sont des classes spécialisées pour de très jeunes enfants, et les enfants handicapés déscolarisés n'ont pas échappé au Comité.
Le Comité des Droits de l'Enfant demande que les familles reçoivent l'aide nécessaire pour scolariser les enfants en situation de handicap, que les enseignants soient correctement formés, que les assistants soient recrutés existent en nombre suffisant et avec la formation nécessaire, que les programmes soient adaptés.
Il demande que la France adopte sans délai en matière de handicap, une approche fondée sur les droits, se donne les moyens d'avoir des statistiques dignes de ce nom, et organise les campagnes de sensibilisation indispensables. 
Les paragraphes 59 et 60 sont entièrement consacrés à l'autisme.
L'analyse est sans concessions : le Comité des Droits de l'Enfant est préoccupé qu'en dépit de trois successifs plans autisme, les enfants autistes continuent à être soumis à des violations généralisées de leurs droits. Le Comité est particulièrement préoccupé que la majorité des enfants autistes n'ait pas accès à l'éducation dans les écoles ordinaires, ou reçoive une éducation limitée sur une base à temps partiel sans un personnel spécialement formé pour soutenir leur inclusion.
L'ONU ne comprend pas que la mise en œuvre des recommandations de 2012 de la Haute autorité de santé ne soit pas obligatoire et qu'aux enfants autistes soient encore proposées des thérapies inefficaces psychanalytiques, la surconsommation de médicaments, et le placement dans les hôpitaux et institutions psychiatriques, y compris en Belgique ; il s'étonne que les professionnels formés dans les thérapies, les programmes de développement et
d'éducation de renommée internationale soient rares et ne soient pas couverts par le système d'assurance-maladie ; il s'indigne que c
ertains parents qui s'opposent à l'institutionnalisation de leurs enfants soient intimidés, menacés, et, dans certains cas, perdent la garde de leurs enfants, que des enfants soient institutionnalisés de force ou l'objet d'un placement administratif.
 
Le Comité prie donc instamment la France de veiller à ce que les
recommandations de 2012 de la Haute Autorité de Santé soient juridiquement
contraignantes pour les professionnels qui travaillent avec des enfants
l'autisme, et que seules les thérapies et les programmes éducatifs qui sont
conformes aux recommandations de la Haute autorité de santé soient autorisés et
remboursés. La France devrait également veiller à ce que les enfants
autistes ne soient pas soumis à l'institutionnalisation forcée ou au placement
administratif et que les parents ne soient plus soumis à des représailles en
refusant l'institutionnalisation de leurs enfants.
La France est donc de nouveau condamnée pour ses discriminations à l'égard des enfants autistes, ses pratiques préhistoriques en matière d'autisme, sa violence à l'égard des familles qui sont l'objet de vengeances de la part de professionnels incompétents mais tout-puissants, confortés par le système, son inertie et sa complicité avec la secte psychanalytique.
La France a encore bien du travail à accomplir pour mettre en œuvre une politique efficace et digne pour le soutien aux enfants autistes et à leurs familles.
Danièle Langloys
Autisme France
3 février 2016

Les Lilas : elle se bat pour scolariser son fils autiste

article publié dans Le Parisien

Floriane Louison | Publié le Mercredi 03 Févr. 2016, 16h04 | Mis à jour : 19h48

Les Lilas, janvier 2016. Sabrina Deguine-Leroy et son fils, Ryan, 6 ans, atteint de TSA (troubles de la sphère autistique). (LP/Floriane Louison.)

 

« Votre fils en CP, c’est inenvisageable ». Pour Sabrina Deguine-Leroy, mère d’un enfant atteint de troubles du spectre autistique (TSA), la réponse de l’école est tombée comme une condamnation. Aujourd’hui, Ryan, 6 ans, est scolarisé dans une « classe normale » au sein de la maternelle Victor-Hugo aux Lilas.

« Stimulé par les autres enfants, il a fait d’énormes progrès. Il a appris à compter jusqu'à dix  », assure sa maman. Mais l’année prochaine, pas le choix… Cet enfant qui souffre d'un retard du développement général et a tendance à « rester dans sa bulle » devra renoncer à son cartable d’écolier. Une seule option est proposée à l’enfant : une place en Institut médico-éducatif (IME). « Mais mon fils n’a rien à faire dans cette structure, poursuit Sabrina. Le suivi éducatif proposé est insuffisant et inadapté. De plus, côté médical, Ryan est déjà entouré par une équipe soignante de qualité avec laquelle il faudra rompre s’il intègre l’IME. »

Une classe spécialisée créée l’année prochaine ?

Dans l’impasse, elle se bat pour la création d’une classe Ulis (Unité localisée pour l’inclusion scolaire) spécialisée dans l’accueil des enfants autistes. « Deux écoles des Lilas sont intéressées », assure Sabrina Deguine-Leroy qui liste d’autres soutiens : la mairie des Lilas, une pétition avec 600 signatures et le parrainage de la chanteuse Lââm et du comédien François Rocquelin. Une page Facebook relaie la mobilisation*. Reste le plus difficile à obtenir : l’agrément de l’Education nationale. « J’attends leur réponse depuis un an », précise-t-elle.

«Nous sommes des centaines de parents perdus»

« En effet, un tel projet n’est pas prévu dans un avenir proche, répond la direction académique. Mais cela ne veut pas dire que c’est infaisable. » Actuellement, en Seine-Saint-Denis, deux classes, à Aulnay-sous-Bois et Noisy-le-Grand, scolarisent ces enfants. Elles peuvent accueillir 24 élèves maximum pour 3 000 à 4 000 enfants autistes dans le département, selon les chiffres du collectif Tous solidaires autisme 93 (TSA 93).

« Nous sommes des centaines de parents perdus devant des portes fermées, insiste Sabrina Deguine-Leroy. Certains ont dû à contrecœur scolariser leur enfant en Belgique ! En tant que maman, c’est impensable. » Pour s’occuper de son fils, elle a dû arrêter de travailler. « S’il ne peut pas aller à l’école l’année prochaine, je lui ferai l’école à domicile. »

* Page Facebook : « création d’une classe spéciale pour les enfants autistes aux Lilas »

2 février 2016

Ce patron normand n'emploie que des personnes autistes

Simon Becq (à droite) en est convaincu : les personnes autistes ont leur place dans l’entreprise.
Simon Becq (à droite) en est convaincu : les personnes autistes ont leur place dans l’entreprise. | Ouest-France


Cas unique en France, Griss est une société où l’on n’embauche que des personnes autistes. Elle se trouve une pépinière spécialisée dans le numérique, près de Rouen.

« Si on veut trouver de nouvelles solutions, il faut embaucher des gens qui pensent autrement. » Simon Becq en est convaincu, les personnes autistes atteintes du syndrome d’Asperger ont leur place dans l’entreprise. Tellement convaincu que lorsqu’il fonde la sienne, Griss, en octobre 2015, c’est pour leur donner un travail, et pas n’importe lequel.

Griss emploie trois ingénieurs jusque-là au chômage, trois hommes autistes qui ne trouvaient pas d’emploi malgré leurs diplômes. Et ce n’est qu’un début. >>> Lire la suite

2 février 2016

La génération perdue de l'autisme : ces adultes qu'on a sacrifiés au nom de diagnostics erronés

Publié le 11 Janvier 2016 - Mis à jour le 15 Janvier 2016

Certains autistes passent encore une grande partie de leur vie sans savoir qu'ils le sont, envoyés à défaut dans des établissements psychiatriques ou soignés pour des troubles qu'ils n'ont jamais eu. La France est en effet très en retard concernant la prise en charge de cette maladie, au point d'être sanctionnée par l'Union européenne.

La génération perdue de l’autisme : ces adultes qu’on a sacrifiés au nom de diagnostics erronés

Atlantico : Selon un article de The Atlantic, toute une génération d'autistes américains qui ont aujourd'hui autour de 50/55 ans ont été mal diagnostiqués, mal soignés et placés à tort dans des hôpitaux psychiatriques. Certains parents porteurs des troubles autistiques les plus légers découvrent même aujourd'hui en même temps que leur enfant qu'ils souffrent de ce syndrome. Est-ce le cas en France ?

Lise Malézé : Oui, ce phénomène a bien lieu en France et je dirais certainement plus qu’aux Etats-Unis, car nous sommes très en retard sur la pose du diagnostic et la prise en charge de l’autisme par rapport aux autres pays, au point que l’on paye des amendes à l’Union européenne parce qu’on ne respecte pas assez les lois en vigueur.

Il n’y a pas assez de structures spécialisées, et beaucoup d’enfants autistes se retrouvent dans des hôpitaux psychiatriques alors qu’ils auraient la capacité de suivre à l’école si des mesures étaient mises en place pour qu’ils puissent rester dans le cadre scolaire.

Des parents qui souffrent de troubles autistiques légers découvrent aussi qu’ils sont autistes seulement lorsque que l’on diagnostique leur enfant (si l’on ne connaît pas encore la cause précise de l’autisme, il est possible qu’il y ait une prévalence génétique, car cette maladie peut se transmettre de génération en génération), et je vois encore très fréquemment des adultes de 25/30 ans qui apprennent sur le tard qu’ils sont autistes.

Ce problème s’aggrave dès que l’on s’éloigne de Paris, dans des régions où les familles ont moins accès à la psychologie en général.

C’est très dommageable, car si on ne peut pas guérir totalement de l’autisme, plus un sujet est détecté jeune, plus il fera de progrès pour parvenir à s’intégrer dans la société.

La pose du diagnostic, même tardive, est-elle bénéfique pour une personne autiste ? 

Face à la pose du diagnostic pour des troubles autistiques légers, il y deux types d’attitudes.

Certaines personnes sont soulagées de mettre des mots sur leurs différences, et en arrivent même parfois à la revendiquer. Cela leur permet aussi de toucher les allocations handicap et d'avoir des aménagements de leurs conditions de travail.

D’autres personnes, en général bien entourées par leur famille et des amis porteurs, préfèrent au contraire minimiser le problème ou l’accepter comme tel sans entamer une démarche de soins, car ils ne souhaitent pas se voir coller une étiquette d’handicapé sur le front. On observe le même phénomène chez les parents d’enfant autiste, qui ont du mal à accepter que leur petit soit différent des autres.

Quels signes doivent alerter les parents sur de possibles troubles autistiques de leur enfant ? 

Quand il s'agit des tous petits de moins de trois ans, ce sont des enfants qui sont très peu en interaction avec les autres, qui ne regardent pas leur maman quand elle leur donne le biberon par exemple, qui sont trop calmes et restent dans leur coin.

A partir de deux ans, les enfants autistes ne développent pas ce qu’on appelle du jeu symbolique, c’est-à-dire jouer à la dinette ou à la poupée. Ils vont se réfugier dans des rituels obsessionnels, comme faire tout le temps le même jeu par exemple, ou lire tout le temps le même livre.

Quand ils grandissent, les enfants autistes peuvent ne pas développer le langage, ou alors ils développent au contraire un langage très riche mais qui n’a pas valeur de communication, c'est-à-dire qu'ils se racontent leurs propres histoires, ils ne parlent que pour eux-mêmes. Un enfant autiste ne communique pas avec les autres de manière générale (pour les enfants souffrants du syndrome d'Asperger par exemple, ils ne vont pas montrer du doigt quand ils veulent quelque chose).

L’enfant autiste peut aussi avoir des troubles du comportement, comme faire des crises violentes de colère quand on change ses habitudes ou qu’on fait une sortie.

Ces enfants peuvent aussi se mordre, se taper la tête contre un mur ou balancer leur main devant leur yeux (ce sont des mécanismes qui les aident à se calmer).

A-t-on tout de même progressé dans la pose du diagnostic du syndrome autistique en France au cours de ces dernières années ? 

Oui, on a progressé dans la pose du diagnostic, même si les inégalités territoriales restent très fortes. En région parisienne, on arrive maintenant à diagnostiquer des enfants dès 3 ou 4 ans.

Mais malheureusement ce sont souvent les écoles qui font des signalements, alors qu'en général les parents sentent très tôt que leur bébé à un problème. Les médecins et les professionnels de la petite enfance sont assez mal formés en ce qui concerne les tous petits ; la plupart minimisent le problème, où alors ne savent tout simplement pas vers qui orienter les parents, qui entament alors un véritable parcours du combattant pour arriver à faire diagnostiquer leur enfant et mettre en place une prise en charge adaptée. Sans compter bien sûr les blocages psychologiques qui poussent bien souvent les parents à fermer les yeux et à mettre plusieurs années avant de franchir les portes d'un hôpital ou de consulter un psychiatre.   

Vers qui les parents peuvent-ils se tourner actuellement en France pour aider leur enfant ? 

Il existe dans chaque région un centre dédié à l’autisme, où les parents peuvent aller obtenir des informations et s’orienter.

En région parisienne, il y a des bilans qui sont proposés dans certains hôpitaux - Robert-Debré, la Pitié Salpétrière, Necker ou le centre de Créteil - spécialisés dans le diagnostic de l’autisme. C’est plus souvent dans les hôpitaux avec des cellules spécialisées qu’on arrive à détecter le problème rapidement, même si le délai d’attente pour un premier rendez-vous est au moins de six mois.

Sinon, il y a aussi les psychologues en libéral qui proposent leur service, mais c’est plus difficile d’être remboursé par la Sécurité sociale.

Pourquoi la France cumule-t-elle d'un tel retard dans dans la prise en charge de ce syndrome ? Est-ce un mal encore tabou ? 

Tabou, je ne sais pas, parce qu’on parle maintenant de plus en plus de l’autisme.

Le problème vient plutôt des stéréotypes que les gens ont dans la tête : celui des autistes géniaux comme le héros du film "Rain Man", ou celui d’un patient totalement attardé qui se balance au fin fond des hôpitaux psychiatriques, alors que c’est souvent des gens presque normaux qui ont juste des difficultés sociales et un peu du mal à s’adapter. Cela s’explique tout simplement par le fait que concrètement, la majorité des gens ne savent pas ce que c’est réellement qu’un autiste, s’ils en croisent un ils vont juste le trouver un peu bizarre, un peu malpoli ou un peu fou, c’est tout.



1 février 2016

Handicap, le travail des enseignants tient du bricolage héroïque

article publié dans La Croix

À l’occasion de la conférence organisée les 28 et 29 janvier par le Conseil national d’évaluation du système scolaire (Cnesco) sur l’intégration des enfants handicapés, le sociologue Serge Ebersold fait le point sur leur situation en France.

Handicap, le travail des enseignants tient du « bricolage héroïque » ZOOM

WavebreakMediaMicro / Fotolia

La Croix : L’école française est-elle aujourd’hui plus « inclusive » qu’elle ne l’était avant l’adoption de la loi handicap en 2005 ?

Serge Ebersold : Disons qu’elle est inclusive différemment. Cette loi a permis, c’est incontestable, un basculement quantitatif. On scolarise désormais en milieu ordinaire un nombre bien plus important d’élèves reconnus handicapés (1). Pour autant, l’école française n’est pas devenue plus équitable pour l’ensemble des enfants.

On a mis l’accent sur l’accès physique à une scolarité ordinaire, en aménageant les locaux, en investissant dans du matériel, en recrutant des auxiliaires de vie scolaire. Mais on n’a pas véritablement donné aux équipes les moyens de penser ces enfants handicapés comme étant avant tout des élèves. L’évaluation les concernant porte sur leurs besoins de « services » et non sur leurs besoins pédagogiques et éducatifs.

Par ailleurs, le travail réalisé au quotidien auprès d’eux par les enseignants n’est pas reconnu ni formalisé. Il tient souvent du bricolage héroïque. Cette situation ne permet pas de transmettre les compétences acquises à d’autres collègues et futurs collègues. Elle est d’autant plus difficile à vivre que ces professeurs, souvent, se sentent peu épaulés, sinon totalement isolés au sein de leur établissement.

> Lire aussi : Accompagner les élèves handicapés, un véritable métier

La France est-elle, en termes de scolarisation des enfants handicapés, en retard sur ses voisins ?

S. E. : Les pays qui sont les plus avancés, notamment les pays scandinaves et anglo-saxons, sont ceux dont le système éducatif conçoit l’établissement à la façon d’une communauté. Les différences, notamment le handicap, y sont plus facilement perçues comme une expression de la diversité humaine et donc considérées comme une source d’enrichissement.

À l’inverse, les systèmes comme le nôtre, qui insistent davantage sur l’instruction au sens strict, sur l’enseignement des différentes disciplines, que sur l’éducation au sens large, ont plus de mal à se montrer inclusifs et équitables.

La loi de 2005 pose comme principe général la scolarisation des enfants handicapés en milieu ordinaire. Peut-on dire, avec le recul, que cette stratégie, réclamée de longue date par de nombreux parents, est pertinente ? Ne place-t-elle pas certains élèves dans une situation d’échec, sans toujours leur donner la possibilité de rejoindre des instituts spécialisés ?

S. E. : Il est difficile de valider ou d’invalider cette stratégie, notamment parce qu’on ne s’est pas donné les moyens d’évaluer l’apport des auxiliaires de vie scolaire, la façon dont leur accompagnement permet ou non à l’élève de s’inscrire dans le groupe classe, de s’engager pleinement dans les apprentissages. Une enquête que j’ai réalisée en classe de terminale a montré que cette aide avait permis à seulement 30 % des élèves handicapés de tirer profit des enseignements au même titre que leurs camarades ne présentant pas de déficience.

L’augmentation très significative du nombre d’enfants accueillis en milieu ordinaire ne s’est pas accompagnée, dans des proportions similaires, d’une réduction du nombre de places en milieu spécialisé. L’erreur commise consiste plutôt à considérer celui-ci comme une solution de dernier recours quand l’accueil dans les écoles ordinaires s’est soldé par un échec. Au contraire, il faudrait voir en lui une mine de ressources et encourager des synergies qui pour l’heure ont du mal à voir le jour. Il faut dire aussi – et c’est là une spécificité française – que les associations qui gèrent les établissements spécialisés se sont souvent bâties, historiquement, en opposition au système scolaire. Et qu’aujourd’hui encore, de leur part, une certaine méfiance demeure.

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► LA SCOLARISATION DES ENFANTS HANDICAPÉS

Le nombre d’élèves en situation de handicap accueillis en milieu ordinaire

Les effectifs des classes spécialisées (Clis et Ulis) créées au sein d’établissements ordinaires

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Recueilli Par Denis Peiron
31 janvier 2016

A Roncq, de jeunes autistes autonomes grâce à Habited

article publié dans La Voix du Nord

Publié le

ANNE COURTEL

C’est une structure unique en France. Habited, ouvert depuis quelques semaines, permet à des jeunes autistes de vivre en appartement tout en bénéficiant d’un accompagnement. C’est Fabienne De Oliveira, fondatrice de l’association ISRAA, qui a porté ce projet qu’elle espère voir dupliquer.

Vianney, un des locataires, et Fabienne De Oliveira qui a posé les fondations de cette structure d’accueil.

La petite cuisine des espaces communs d’Habited ressemble à toutes les autres. Il flotte une odeur de café et un torchon est accroché à un placard. Pourtant sur chacune des portes de placard, des pictogrammes indiquent ce qu’ils contiennent. Ici les fourchettes, là le sucre ou les casseroles. Petits repères pour des personnes que l’inconnu paralyse. « Les personnes, qui viennent ici, ont besoin de repères visuels. J’ai ainsi vu un jeune ne pas oser frapper à la porte des toilettes pour savoir s’il y avait quelqu’un ou non. Nous avons mis un pictogramme rouge pour signaler si le lieu est occupé. Vivre auprès d’un autiste, c’est sans cesse anticiper et rassurer », explique Fabienne De Oliveira.

Elle a créé l’association ISRAA (Innover Sensibiliser Réagir pour l’avenir des autistes) qui a porté ce projet, avec les Papillons blancs et AMFD, baptisé Habited : dix appartements loués à des jeunes autistes (entre 20 et 40 ans) avec un espace commun d’accompagnement. La ville de Roncq a soutenu la structure tout comme le bailleur Notre Logis. « Il existe très peu de choses en France. Si la personne a un autisme sévère, elle est souvent accueillie en foyer avec des personnes ayant d’autres troubles ; d’autres au contraire peuvent être autonomes et vivre seules. Mais entre les deux, il n’existe rien. Les jeunes doivent souvent rester chez leurs parents. »

Avoir un projet de vie

Habited a voulu permettre à ces jeunes de prendre leur autonomie. Aujourd’hui, neuf personnes se sont déjà installées, une jeune fille va bientôt les rejoindre. Dans la résidence, ils sont accompagnés par AMFD Métropole Nord Est. « Lorsqu’ils sont ici, il faut qu’ils acceptent d’être accompagnés. De plus ils doivent avoir un projet de vie. Il y a une réunion hebdomadaire où sont évoquées les difficultés auxquelles ils doivent faire face. Mais sinon, ils peuvent se retirer dans leur appartement qui est souvent leur bulle. » Une opportunité dont ne peuvent profiter tous ceux qui le désirent. Quinze personnes sont sur la liste d’attente pour obtenir un appartement. « L’idée c’est quand même qu’ici ce soit un passage, une école vers l’autonomie. Ensuite peut-être que certains d’entre eux pourront avoir un appartement indépendant », précise Fabienne De Oliveira qui a été sollicitée par des associations de toute la France pour dupliquer ce modèle. « Notre structure a créé beaucoup de curiosité. Je ne vois pas de problème à ce que notre modèle soit repris. »

Habited mis sur les rails, l’association, menée par Fabienne De Oliveira, imagine déjà d’autres projets. « Il faut réfléchir au parcours avant et après cet appartement. Imaginer des solutions pour des autistes qui ont d’autres besoins… Nous devons penser à l’après-Habited… pour les plus de 40 ans. » Une anticipation des besoins pour éviter l’angoisse de demain.

Fabienne De Oliveira, le combat d’une mère

C’est presque le combat d’une vie. Louise a 18 mois lorsque ses parents remarquent des anomalies du comportement. « Elle ne jouait pas, avait un comportement bizarre… La crèche ne voulait plus l’accueillir. » Bien que prise en charge par les centres médicaux psychologiques, un IME dès la maternelle… personne ne sait ce dont souffre la fille de Fabienne De Oliveira.

Fabienne De Oliveira a mis beaucoup d’énergie à la naissance d’Habited.

« À 13 ans, on m’a dit qu’elle avait une disharmonie évolutive à versant psychotique », explique-t-elle.

Faute de scolarité adaptée en France, Louise est accueillie dans un établissement en Belgique. Finalement c’est lors d’un accueil de jour aux Papillons blancs que Fabienne De Oliveira entend le mot d’autisme. Elle contacte le centre de ressources autisme. « Là elle a été vue par un médecin et le diagnostic d’autisme est tombé. Il y a eu un drôle de sentiment : à la fois contente parce que je savais au moins ce qu’elle avait, mais j’ai aussi pleuré parce que c’était aussi comme une période de deuil d’un enfant comme les autres. Or ces signes, qui ont permis de poser le diagnostic, je les avais vus dès l’âge de 18 mois », regrette Fabienne De Oliveira qui avait été contrainte de quitter son emploi pour être auprès de sa fille.

Une association ouverte sur la société

Commence alors un autre combat pour que Louise trace sa voie. « Les parents d’enfants autistes sont extrêmement seuls. C’est pour cela que j’ai créé l’association ISRAA. Je voulais aussi que mon expérience serve aux autres. »

Mais l’association ne regroupe pas que des parents, elle est ouverte vers la société pour mieux faire connaître les autistes. « C’est important que d’autres personnes s’intéressent à eux. Les autistes suscitent beaucoup d’intérêt et d’incompréhension. Ils n’ont pas nos codes sociaux, ce sont des personnes rigoureuses qui ne supportent pas la transgression des règles. Elles sont des atouts, certains chefs d’entreprise l‘ont bien compris. »

Aujourd’hui, ISRAA ne veut pas être gestionnaire d’Habited, mais poursuivre ses projets. « Nous sommes dans l’impulsion, dans le montage de projets, dans le fait de convaincre politiques et décideurs. C’est un travail de longue haleine. »

30 janvier 2016

Auxiliaires de Vie Scolaire : Pénurie et précarité

information publiée sur la page facebook de Toupi

- une immense majorité des AVS en contrats aidés (CUI)
- des milliers d'AVS manquantes
- pas de création de postes en 4 ans malgré une hausse de 63% du nombre élèves handicapés ayant besoin de l'accompagnement d'un AVS

avs pénurie et précarité

30 janvier 2016

La mère d'un petit autiste menacée sur internet pour avoir scolarisé son fils

Elodie a dénoncé sur Facebook les menaces dont elle était victime pour avoir scolarisé son fils autiste.

Elodie a dénoncé sur Facebook les menaces dont elle était victime pour avoir scolarisé son fils autiste.

afp.com/Joel Saget

Elodie, la mère d'un petit garçon de 3 ans qui souffre d'autisme, a été prise à partie lors de messages privés sur Facebook. Elle a décidé de créer une page pour dénoncer les menaces et a été largement soutenue par les internautes.

Elle a décidé de ne pas se laisser faire. Elodie, maman d'un petit Mathis de 3 ans, a créé une page Facebook pour dénoncer les menaces dont elle a fait l'objet sur le réseau social. Francetv info, qui raconte son histoire, explique que la maman a été prise à partie par une inconnue dans plusieurs messages privés. Son "tort", selon sa détractrice: scolariser son fils, autiste, dans une école classique. 

"Vous devriez avoir honte de l'avoir mis au monde car il n'est pas normal", écrit une certaine Sandrine. "Comment osez-vous le mettre à l'école normale", continue-t-elle. En effet, Mathis est scolarisé, mais uniquement deux heures par semaine, faute d'assistante de vie scolaire. Or, raconte RMC, le petit garçon ne parle pas et n'est pas propre, ce qui semble avoir agacé la personne qui s'en est pris à Elodie. "Mon fils m'a dit que votre fils avait des couches. Vous n'avez pas honte?", peut-on lire dans des messages partagés plus de 3500 fois sur Twitter. 

Elodie a tenu à ne pas se laisser faire, alors que les messages se sont multipliés. "Heureusement qu'il n'est pas sur la photo de l'école car il gâcherait tout", a continué sa harceleuse. Après le directeur d'école, qui l'a assuré de son soutien, elle a tenté de porter plainte. Sans succès. Elle a alors créé une page Facebook, intitulée "Pour que Mathis ait droit au même respect que les autres enfants" pour dénoncer ces messages haineux. 

Elodie explique à RMC avoir voulu "partager notre combat, sensibiliser les gens sur l'autisme, les aider à comprendre ce que c'est, et montrer ce à quoi on fait face". A Francetv info, elle dit avoir reçu plus de 200 messages de soutien en deux heures. Depuis cette vague de soutien, Elodie n'a plus reçu aucun message de menace. La page Facebook a également été supprimée. 

30 janvier 2016

Nouveauté : le plan d'accompagnement global

classeurs  Instauré par l’article 89 de la loi de modernisationde notre système de santé, le Plan d’accompagnement global (PAG) peut faire partie du plan de compensation du handicap d’une personne en situation de handicap.

 

 Rappel : le plan de compensation

Comme chacun le sait, lorsqu’une personne en situation de handicap fait un dossier auprès de la Maison départementale des personnes handicapées, ses besoins sont inscrits dans un plan personnalisé de compensation du handicap. Ce plan tient compte des « besoins et des aspirations de la personne handicapée tels qu'ils sont exprimés dans son projet de vie ».

Le plan de compensation du handicap permet à la CDAPH de la MDPH de prendre des décisions relatives aux demandes formulées par la personne (ou son représentant légal) : allocation, orientation, scolarité, carte d’invalidité, etc.

Le plan d’accompagnement global

La loi instaure un second plan, appelé le plan d’accompagnement global. Le PAG fait partie du plan personnalisé de compensation.

Lorsqu’une personne fait une demande d’orientation, celle-ci est inscrite dans le plan personnalisé de compensation. Mais dans certains cas, un plan d’accompagnement global complètera le plan personnalisé de compensation.

Ainsi le PAG est élaboré :

« 1° En cas d’indisponibilité ou d’inadaptation des réponses connues ;

  2° En cas de complexité de la réponse à apporter, ou de risque ou de constat de rupture du parcours de la personne. »

 

La loi indique que le PAG a pour but de permettre à la CDAPH de prendre les décisions mentionnées à l’article L. 241-6 du code de l’action sociale et des familles, principalement les décisions d’orientation.

Un plan d’accompagnement global peut également être proposé dans la perspective d’améliorer la qualité de l’accompagnement selon les priorités définies par les commissions exécutives des MDPH.

 Comment le demander ? Qui le rédige ?

Il est élaboré sur proposition de l’équipe pluridisciplinaire :

  • soit avec l’accord préalable de la personne concernée ou de son représentant légal
  • soit quand la personne concernée ou son représentant légal en fait la demande

L’équipe pluridisciplinaire, sur convocation du directeur de la MDPH, peut réunir en groupe opérationnel de synthèse les professionnels et les institutions ou services susceptibles d’intervenir dans la mise en œuvre du plan et les parents de l’enfant en situation de handicap.

Qu’est ce qu’il contient ?

Le PAG contient :

- le nom des établissements et services médico-sociaux vers lesquels l’enfant, l’adolescent ou l’adulte est orienté

- la nature et la fréquence de l’ensemble des interventions « requises dans un objectif d’inclusion : éducatives et de scolarisation, thérapeutiques, d’insertion professionnelle ou sociale, d’aide aux aidants… »

- l’engagement des acteurs chargés de sa mise en œuvre opérationnelle

- le nom d’un coordonnateur de parcours

La place des familles

Dans tous les cas, l’accord préalable de la personne concernée ou de son représentant légal est requis.

« Le plan d’accompagnement global, établi avec l’accord de la personne handicapée ou de ses parents lorsqu’elle est mineure ou de son représentant légal, sans préjudice des voies de recours dont elle dispose »

Les parents d’un enfant en situation de handicap font partie du groupe opérationnel de synthèse et peuvent demander une réunion du groupe. Ils peuvent être assistés par une personne de leur choix.

Un dispositif contesté…

Plusieurs associations ont pris position en 2015 par rapport au PAG et ont alerté les législateurs sur les effets négatifs de ce dispositif.

Elles contestent tout particulièrement le fait que la MDPH ne déciderait plus seulement en fonction des besoins de l’enfant (ou l’adulte) handicapé mais en fonction des possibilités concrètes d’accueil. Une orientation « idéale » et une « réalisable ».

Ce n’est pas la seule crainte ; voici des liens vers des articles donnant des informations détaillées :

http://toupi.fr/article-21bis-une-orientation-par-defaut/

https://informations.handicap.fr/art-manif-article-21bis-853-8386.php

http://www.faire-face.fr/2015/12/01/double-orientation-mdph-etouffees/

nb : l’article 89 est la nouvelle numérotation de l’article 21 bis.

Un dispositif à préciser

Un décret fixera les informations nécessaires à l’élaboration des plans d’accompagnement globaux.

 

Références législatives :

- article 89 de la loi de modernisation de notre système de santé

- L. 114-1-1 du code de l’action sociale et des familles

 

En savoir plus sur le PPS, la MDPH. le projet de vie...

29 janvier 2016

Rachel ou le combat d'une mère

article publié dans à part entière (revue numérique de la FNATH)

Mise en ligne 26/01/2016 Handicap Actualités

En août dernier, l’aide sociale à l’enfance avait arraché à leur mère trois enfants autistes. Le juge niait les diagnostics et la mère était accusée de provoquer les troubles pour "toucher les allocations handicap" et "attirer l'attention sur elle". Ainsi, cette mère est accusée d’une pathologie imaginaire qui la pousserait à inventer des troubles à ses enfants. Ils sont pourtant tous les trois diagnostiqués autistes. Les connaissances scientifiques actuelles sont de toute façon formelles : jamais une mère n’a rendu son enfant autiste encore moins les trois, situations bien connues des spécialistes car l’autisme a aussi une composante génétique.

Vendredi dernier se tenait l’audience d’appel. Une audience qui a choqué les familles, tant ce cas est devenu emblématique. Une audience qui a même choqué Ségolène Neuville, secrétaire d’Etat des personnes handicapées. Celle-ci a déclaré le 23 janvier lors du Congrès d’Autisme France : « En ce qui concerne Rachel, la décision n’est pas encore prise. Donc je ne la commente pas. Mais je suis surprise, et même choquée, qu’un magistrat puisse remettre en cause un diagnostic qui n’est pas de sa compétence. »

Le délibéré a été renvoyé au 25 février, mais pas de raison particulière d’être optimiste au vu de certaines déclarations, notamment du ministère public. Beaucoup de parents d’enfants autistes vivent cette affaire comme un scandale insupportable, qui renverrait notre pays au Moyen-Age.

28 janvier 2016

Evolution de l'offre médico-sociale concernant les personnes avec TSA

Publié sur le site de legifrance.gouv.fr

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INSTRUCTION N° DGCS/SD3B/CNSA/2015/369 du 18 décembre 2015 relative à l’évolution de l’offre médico-sociale accueillant et accompagnant des personnes avec troubles du spectre de l’autisme

Consulter (PDF, 885 ko)

  • Domaine(s) : Santé, solidarité
  • Ministère(s) déposant(s) : -
  • Autre(s) Ministère(s) concerné(s) :
  • Date de signature : 18/12/2015 | Date de mise en ligne : 26/01/2016

 

28 janvier 2016

Dans l'intimité des autistes - C à vous - 27.1.2016 avec Josef Schovannec


Dans l'intimité des autistes - C à vous - 27/01... par C-a-vous

de l'amour en autistant joseph schovannecPrésentation sur le site de PLON

De l'Amour en Autistan

Josef SCHOVANEC

Saltimbanque de la différence, amoureux des langues et des cultures, Josef Schovanec nous entraîne dans un nouveau voyage, peut-être le plus surprenant et le plus déroutant qui soit pour une personne autiste : l'amour !

Avec Sonia, Gabriel, Debbie et d'autres, ses héros de l'étrange qui pourtant vivent parmi nous, se réenchante un monde trop normal dont on pensait avoir fait le tour. Par leurs songes et leurs liens, leurs singularités, leurs passions et leurs échecs, ils nous incitent à un voyage au bout de nous-mêmes sur les routes lointaines d'Autistan.
Avec poésie, humour et pudeur, Josef Schovanec nous parle d'amour comme cet aveugle de naissance qui, mieux que nul autre, lui décrivit un soir d'hiver la couleur rouge. Et, tissant cent faits réels, porte au langage un pays qui lui est propre : celui de l'autisme.

Biographie
Josef SCHOVANEC

Josef Schovanec est né le 2 août 1981 en région parisienne. Ses parents d'origine tchèque ont émigré dans les années 70. Après une scolarité chaotique, il obtient un bac C à 17 ans avec la mention très bien. Diplômé de Sciences-Po Paris, il continue son parcours étudiant en s'inscrivant en Langues O ou il étudie l'hébreu, le sanskrit, le persan, l'amaric, l'azéri, l'éthiopien... ce qui complète sa maîtrise parfaite du tchécoslovaque, de l'allemand, du finlandais et de l'anglais appris au cours de sa scolarité.
À 19 ans, un premier psychiatre le bourre de médicaments, il évite de peu l'internement psychiatrique et commence une psychanalyse. Diagnostiqué « autiste Asperger », il jette tous ses traitements et commence une lente remontée vers le monde des « normaux ».
Docteur en philosophie, chroniqueur à Europe 1, il est l'auteur chez Plon de Je suis à l'Est ! (2013) et de Eloge du voyage à l'usage des autistes et de ceux qui ne le sont pas assez (2014).

La presse en parle

Psychologies Magazine
« L'Autistan, c'est cette curieuse planète habitée par les autistes incompréhensible aux gens dits "normaux". Alors, quand l'amour s'en mêle, on n'est pas au bout de nos surprises ! Qui mieux que Josef Schovanec, "personne avec autisme" et auteur délicieux, pouvait nous faire entrer dans cet univers aussi étrange que drôle ? Le resultat est irrésistible. »
Psychologies.com
« Qui mieux que Josef Schovanec, « personne avec autisme » et auteur délicieux, pouvait nous faire entrer dans cet univers aussi étrange que drôle ? Le résultat est irrésistible » - Psychologies.com
locamin.unblog.fr
« Un livre de rencontres, d'itinéraires de vies qui renverse certaines idées reçues sur l'autisme. » - locamin.unblog.fr
26 janvier 2016

Discours de Ségolène Neuville - Congrès Autisme France. Bordeaux 23 janvier 2016

 

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Information publiée sur le site du Ministère des Affaires sociales, de la Santé det des Droits des femmes

Seul le prononcé fait foi

Madame la Présidente, Chère Danièle Langloys
Monsieur le maire de Bordeaux, Monsieur le Premier ministre, Alain Juppé
Mesdames et Messieurs les parents,
Mesdames et messieurs les professionnels,
Mesdames, Messieurs

J’ai tenu à être présente aujourd’hui à Bordeaux car nous n’avions pu en novembre 2015 nous retrouver à l’occasion de votre congrès annuel à Paris le 14 novembre 2015, lendemain des attentats de Paris.

Depuis deux mois pas un jour ne passe sans que nous pensions à ces femmes et à ces hommes tués ou blessés, sans que nous pensions à leurs familles. Je souhaite leur rendre hommage une nouvelle fois aujourd’hui.

Je tiens également à remercier Monsieur Alain Juppé de m’accueillir dans sa ville aujourd’hui car le congrès d’Autisme France est toujours un moment important chaque année. C’est un rendez-vous incontournable car il confirme que c’est bien par un partenariat de confiance entre les familles, les personnes avec autisme et les professionnels que nous avançons.

Oui, nous avançons et les différentes interventions qui vont se succéder durant toute cette journée démontrent que, un peu partout en France, des projets et des services de qualité existent.
Je le constate au quotidien, le changement est en cours. Le retour en arrière impossible et ma détermination est sans faille.

Mais je le sais les obstacles voire les discriminations sont encore trop nombreux.

Et c’est inacceptable.

Je vous le dis très franchement : moi non plus je ne lâcherai rien ! Et vous connaissez ma détermination.

J’ai entendu vos inquiétudes, vos interpellations et vos propositions. Nous dialoguons très régulièrement sur tous ces sujets.

Il arrive, de temps en temps, que nous ne soyons pas d’accord, et la prise de position d’Autisme France, sur l’article 21 bis de la loi de modernisation de notre système de santé, le démontre.

Nos désaccords sont finalement peu nombreux et je crois que nous avons le même cap, la même exigence.

Et je vous le redis : rien ne sera fait sans vous, sans les familles.

Chaque fois que nous nous rencontrons, nous avons des discussions franches car nous savons que chacun dans son rôle, nous agissons pour le respect des droits des personnes avec autisme, le droit des familles et la qualité des réponses proposées respectant les connaissances scientifiques et les recommandations de bonne pratique de la HAS et de l’ANESM.

C’est donc avec franchise et détermination que je veux ici vous répondre sur plusieurs points.

1- Tout d’abord sur les engagements que j’ai pris ici l’année dernière et plus récemment devant le comité national autisme le 16 avril dernier.

Sur les signalements à l’aide sociale à l’enfance dont font l’objet les parents - et très souvent des mamans seules – d’enfant présentant des troubles du spectre de l’autisme.

Nous avons toutes et tous été choqués par ce que vit actuellement cette maman vivant à Grenoble et ayant trois enfants présentant des troubles du spectre autistique. Vous le savez et vous l’avez dit, je ne suis pas restée sans rien faire et nous agissons au quotidien pour aider cette maman et ces trois enfants.

J’ai demandé en lien avec le Défenseur des droits à ce qu’une réunion de concertation ait rapidement lieu en présence des représentants de l’Etat (l’ARS et le Rectorat) et du Département de l’Isère, afin qu’une position commune soit prise pour s’assurer que le diagnostic d’autisme des trois enfants soient pleinement pris en compte dans les interventions et les accompagnements. Cette réunion va très bientôt avoir lieu, sans interférer avec les décisions prises par le juge.

La République assure l’indépendance de la justice vis-à-vis du pouvoir exécutif et du pouvoir législatif. C’est la raison pour laquelle la phrase « je n’ai pas à commenter les décisions de justice » revient si souvent dans les discours politiques. En ce qui concerne Rachel, la décision n’est pas encore prise. Donc je ne la commente pas. Mais je suis surprise, et même choquée, qu’un magistrat puisse remettre en cause un diagnostic qui n’est pas de sa compétence.

La ministre de la justice, Christiane Taubira, ne peut pas s’exprimer sur une affaire en cours, mais en revanche, je sais qu’elle s’assure que les magistrats puissent s’entourer des experts nécessaires concernant le handicap.
C’est peut-être peu, trop peu… mais sachez en tout cas que je reste totalement mobilisée pour que cette maman puisse le plus rapidement possible retrouver ses trois enfants et dans cette attente qu’ils puissent bénéficier des interventions et accompagnements prescrits par le centre ressources autisme qui a établi leur diagnostic d’autisme.

Plus globalement et pour en finir avec ces situations insupportables, nous vous avons élaboré avec vous et au niveau interministériel avec Christiane Taubira, Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, et Laurence Rossignol, Secrétaire d’État chargée de la Famille, de l’Enfance, des Personnes âgées et de l’Autonomie, auprès de la Ministre des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes un plan d’action concernant « la protection de l’enfance et l’autisme ». Et nous y avons associé le Défenseur des droits.

Je veux saluer votre implication dans ce travail. Ce plan d’actions sera débattu et annexé dans les semaines à venir au Plan Autisme 2013-2017. J’ai donc tenu mon engagement pris l’année dernière devant vous de mobiliser au niveau interministériel à ce sujet. Je sais pouvoir compter sur votre mobilisation et vos propositions que ce plan d’action entre très rapidement en vigueur.
Alors, oui, les choses ne vont pas changer tout de suite. Mais nous engageons par ce plan d’action un changement profond qui portera ses fruits, j’en suis sure.

Parmi les différentes propositions en cours de discussion, je suis favorable à ce que les associations représentatives des personnes avec autisme et des experts reconnus soient habilitées pour contribuer aux évaluations faites par les services de protection de l’enfance. En clair, il s’agit que les magistrats et les départements puissent solliciter de vrais experts connaissant l’autisme et respectant les recommandations de la HAS et de l’ANESM. En clair, il s’agit de mettre un terme à cette présomption de culpabilité envers les mères, accusées d’être responsable de l’autisme de leurs enfants.

Concernant le financement des interventions effectuées en libéral, et tel que j’en avais pris l’engagement, la concertation a bien été désormais ouverte et Autisme France en fait partie.
Le cahier des charges sera finalisé d’ici fin février 2016. Le financement de ces prestations, qui aujourd’hui sont à la charge des familles, sera notamment possible par le fonds d’amorçage de 15 millions d’euros visant à stopper les départs forcés en Belgique.

Justement la Belgique. Comme vous le savez, j’ai annoncé avec Marisol Touraine, l’arrêt des départs « forcés » (contraints) vers la Belgique en dégageant les moyens financiers nécessaires mais aussi en instaurant une procédure concertée pour proposer des solutions sur mesure et de proximité. Un fond d’amorçage de 15 millions d’euros est engagé dès 2016.

Il y a eu beaucoup d’interrogations sur ces 15 millions d’euros. C’est un fond d’amorçage ce qui signifie concrètement que s’il faut plus en cours d’année, il y aura plus ! L’arrêt de ces départs forcés était attendu depuis longtemps. C’était, à juste titre, dénoncé comme un scandale. Depuis des années, plus de 10 ans, personne n’avait pris de décision. Cette décision, elle est désormais prise et les moyens sont réunis. Je sais qu’Autisme France se mobilisera fortement pour contribuer à ce que plus aucune personne avec autisme, plus aucune famille ne soient contrainte de partir loin de son domicile.

Concernant le sanitaire, je vous confirme que les hôpitaux de jour de pédopsychiatrie feront bien l’objet d’inspections par les Agences régionales de santé en 2016. Au centre de ces inspections, le respect des recommandations, de toutes les recommandations de la HAS (du diagnostic aux interventions).

La qualité des interventions c’est bien entendu aussi la question des formations initiales et continues. La procédure d’appel d’offres au titre du développement professionnel continu (le DPC) des professionnels de santé se fera bien en 2016. Et encore une fois, cela se fait en concertation avec les associations. Concernant les formations initiales des médecins et des paramédicaux, je travaille avec Thierry Mandon, secrétaire d’État à l’Enseignement supérieur, pour que nous puissions mobiliser les facultés de médecine et les universités. Je sais pouvoir compter sur plusieurs professeurs des universités largement reconnus dans le domaine de l’autisme pour modifier et adapter les contenus d’enseignements universitaires. J’étais ainsi il y a quelques jours à Etampes, dans le centre du Dr Saravane, spécialisé dans la prise en charge somatique des patients dyscommunicants et en particulier autistes. Le Dr Saravane est parvenu à introduire dans le programme du concours de l’internat pour les étudiants en médecine une question sur la douleur chez les patients autistes. Donc vous voyez que ça bouge. Je souhaite que le centre du Dr Saravane fasse des petits, pour que dans chaque région on puisse trouver une consultation spécialisée de ce type.

Il en va de même pour les psychologues pour lesquels je tiens à ce que des licences et masters conformes aux recommandations puissent se développer.

Concernant la formation initiale des travailleurs sociaux, l’audit des contenus de formation délivrés par les écoles a été lancé et plus des 2/3 des écoles ont rendu leur copie. Les écoles de formation qui n’ont pas encore répondu ont été rappelées à leurs obligations. Ces contenus feront l’objet d’une analyse par un comité composé d’associations dont Autisme France fait partie. Et les écoles auront l’année scolaire pour se mettre en conformité.
La formation c’est aussi celle des parents, prévu dans le cadre du Plan Autisme. Et ça marche ! A l’échéance du Plan, ce seront plus de 5000 parents qui auront participé à ces actions qui, je le rappelle et c’est une force, sont co-construites avec les associations.

Mais j’entends aussi le désarroi des familles au quotidien. Vous me faites la proposition de constituer une cellule d’urgence pour y répondre. Je vous propose que nous puissions en reparler ensemble car vous savez que je suis particulièrement attentive à ce que toutes les sollicitations qui me parviennent trouvent une réponse concrète.

2- Vous m’interpellez enfin sur la nécessité de « mettre un second moteur » au Plan Autisme.

Le moteur du Plan Autisme est bien allumé ! Au quotidien, dans mon ministère, nous intervenons pour des situations individuelles. Au quotidien, nous accompagnons des projets, nous les accélérons. Au quotidien il nous faut convaincre encore et encore, car il y a des résistances, des préjugés. Je partage l’idée qu’il faut garder le cap, et accentuer la dynamique.

C’est pour cela, qu’avec Marisol Touraine, nous avons sollicité la HAS pour actualiser les recommandations relatives au diagnostic d’autisme qui datent de 2005.

Ce sera l’occasion de renforcer la synergie entre les professionnels, les scientifiques et les associations représentatives des personnes et des familles concernées par l’autisme. Cela permettra d’actualiser les lignes directrices de l’organisation des soins et des accompagnements allant de la détection des troubles, aux préconisations d’interventions en passant par l’annonce de diagnostic.

L’actualisation de cette recommandation viendra également éclairer l’évolution du fonctionnement des Centres ressources autisme en fonction des décisions politiques que nous serons amenés à prendre à l’issue de la mission IGAS en cours. Le rapport IGAS sera remis fin février et sachez que les décisions nécessaires seront prises dans l’intérêt des personnes et des familles. C’est la seule chose qui compte pour moi, comme pour vous.
C’est aussi pour cela que je souhaite vous annoncer que le gouvernement va lancer une campagne nationale de communication vers le grand public sur l’autisme.

Cette campagne nationale nous allons la construire ensemble. Elle comportera notamment la création d’un site Internet d’informations et de diffusion des bonnes pratiques. Ce site Internet sera un site officiel du gouvernement afin que les bons messages soient délivrés en matière d’autisme. Cette campagne, c’est aussi la diffusion de films afin de détruire les idées fausses sur l’autisme, de casser les stéréotypes.

Vous savez, la France a été récemment auditionnée à l’ONU concernant l’application de la convention des droits de l’enfant. La question de l’autisme a occupé une part importante des débats.

La France est regardée et perçue au niveau international comme un mauvais élève historique concernant l’autisme.
Je ne nie pas les problèmes, je ne nie pas le retard mais j’y fais face avec force et conviction.

Notre pays rattrape peu à peu son retard historique et il se passe des choses formidables dans de très nombreux endroits. Je le vois tous les jours.

Je veux que la France puisse devenir un pays d’excellence en matière d’autisme et de handicap en général. L’excellence des pratiques professionnelles, l’excellence de la recherche et de l’innovation. L’excellence de la réponse aux besoins et attentes des personnes avec autisme et des familles.

Ce chemin vers l’excellence, c’est celui dans lequel nous sommes ensemble engagés.

***

Je sais le chemin qu’il reste à parcourir. Soyez assurés que c’est avec détermination et humilité que j’agis au quotidien à vos côtés.

Je ne lâcherai rien.

Mes derniers mots sont pour vous, les parents : soyez fiers de vos enfants ! Il est définitivement fini le temps où on culpabilisait les parents et en particulier les mères. Soyez fiers de vous et de votre combat, car c’est un combat juste.

Je serai toujours à vos côtés.

Je vous remercie.

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