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"Au bonheur d'Elise"
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26 février 2016

50 unités d'accueil d'enfants autistes créées en maternelle

Le 3e plan autisme, lancé en 2013, prévoit la création de 3 400 places d'accueil supplémentaires pour enfants et adultes.
Le 3e plan autisme, lancé en 2013, prévoit la création de 3 400 places d'accueil supplémentaires pour enfants et adultes. | Ouest France

50 unités spécialisées supplémentaires ont été créées pour scolariser les enfants autistes dès la maternelle.

Le ministère de l'Education a annoncé la création de 50 unités d'enseignement, dispositif visant à faciliter la scolarisation d'enfants autistes dès la première année de maternelle, à la rentrée 2016, alors que les associations soulignent régulièrement le retard de la France dans ce domaine.

Dans le cadre du troisième plan autisme (2013-2017), 30 unités d'enseignement avaient été créées à la rentrée 2014 et 30 supplémentaires un an plus tard. Avec ces 50 unités installées pour septembre 2016, l'objectif d'une centaine de créations d'ici 2017 est ainsi atteint.

« Certains départements disposeront ainsi de deux dispositifs », note la ministre de l'Education Najat Vallaud-Belkacem dans un communiqué publié jeudi soir.

Sept enfants par unitéCes unités d'enseignement sont implantées au sein d'une école maternelle. Elles accueillent sept enfants maximum, si possible dès trois ans. Dotées d'un personnel et d'apprentissages adaptés, elles visent à amener ces enfants à suivre un cursus classique au terme de ces trois ans, ou parfois même avant.

L'emploi du temps adapté permet de moduler les temps d'apprentissage individuels et collectifs au sein de l'unité, et au sein de l'école maternelle où se trouve le dispositif.

Ces unités accueillent des enfants présentant des troubles du spectre autistique ou des troubles envahissants du développement (TED).

A la dernière rentrée, l'association Autistes sans frontières (ASF) avait une nouvelle fois protesté contre la pénurie de dispositifs d'accueil des enfants autistes dans le système scolaire français.

20% seulement d'enfants scolarisésLa scolarisation de ces enfants reste l'exception, selon ASF, qui évaluait entre 80 000 et 100 000 le nombre de jeunes autistes en âge d'être scolarisés, dont « au mieux 20 % vont à l'école ».

Le 3e plan autisme, lancé en 2013, prévoit la création de 3 400 places d'accueil supplémentaires pour enfants et adultes (soit près de 6 300 places entre 2015 et 2018 en comptant le reliquat du 2e plan), le dépistage précoce de l'autisme, dès 18 mois, une prise en charge précoce et intensive, et une évolution des pratiques professionnelles en fonction des recommandations de la Haute autorité de santé (HAS).

Cette dernière avait estimé en 2012 que l'approche psychanalytique, « non consensuelle », n'avait pas fait la preuve de sa pertinence, et recommandait, dès le plus jeune âge, des méthodes éducatives et comportementales. 

En juillet 2015, sept familles ont pour la première fois obtenu en justice des dédommagements de l'État pour « carences » de prise en charge de leurs enfants autistes. Le gouvernement n'avait pas fait appel.

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26 février 2016

Tout sur la Maltraitance > Site du Ministère des Affaires sociales et de la Santé

 

Maltraitance des personnes vulnérables

La maltraitance des personnes vulnérables du fait de leur âge ou de leur handicap a longtemps été un phénomène sous-estimé et un tabou, d'autant qu'il s'agit d'une réalité complexe et multiforme. Qu'elle soit familiale ou institutionnelle, elle reste encore très insuffisamment révélée et souvent difficile à appréhender, tant par son ampleur que par la nature des violences qui la caractérisent.

http://social-sante.gouv.fr

 

26 février 2016

Accueillir un élève autiste en CP, Xavier témoigne ...

photo xav1

Xavier est professeur des écoles depuis 2005. Il a toujours été dans des zones prioritaires et a pu travailler sur tous les niveaux de l’école élémentaire. Actuellement, il a une classe de CP sur Drancy en REP.

Il accueille un enfant dans sa classe dont le diagnostic serait un trouble autistique.  Il a fait ses trois années de maternelle puis est arrivé en classe de CP. La MDPH lui a accordé 18h avec une AESH sur le temps scolaire, les 6h restantes il est en prise en charge extérieure.

1. Comment s’est passée l’arrivée de ton élève en situation de handicap ?

Les élèves le connaissent de la maternelle. Ils étaient dans la même classe pour certains et dans la même école pour d’autres. Il y a une bonne intégration au sein de sa classe. Les autres élèves l’aident, ils sont gentils et bienveillants. Il n’est pas stigmatisé. Il est, cependant, assez solitaire, il ne va pas vers les autres. Dans la cour, il ne participe pas aux jeux collectifs. Cela vient de son trouble, il a des difficultés à entrer en communication avec les autres, à être en relation duelle.

Malgré les inclusions, il n’y a pas de réels échanges entre les élèves. Souvent, on constate dans les cours d’école que les élèves de CLIS ne jouent pas avec les autres.

Il a 2 AESH réparties sur 18h avec lui. Elles l’aident à le canaliser dans les apprentissages. Il n’est ni violent, ni perturbateur. Elles sont deux parce que leur contrat est établi pour un nombre d’heures pour plusieurs élèves. L’une d’elles travaillaient déjà avec lui l’année dernière.

Il sait des choses mais a des difficultés à les utiliser à bon escient. C’est difficile pour lui de réinvestir les apprentissages. Il n’a pas un énorme retard par rapport aux autres élèves pour le moment. Pour moi, le temps sans l’AESH est difficile, c’est un élève qui a besoin de la présence permanente de l’adulte sinon il se disperse, il se lève, se lave les mains plusieurs fois dans le point d’eau de la classe. Quand on lui rappelle les règles de la classe, cela le recentre.

L’année dernière, quand j’ai su que j’étais affecté sur cette école sur une classe de CP, j’ai demandé à assister à la réunion parents/professeurs. Nous ne savions pas encore quelle serait sa classe. Je n’ai eu aucune information sur la situation.

2. As-tu bénéficié d’une aide, d’une formation ou d’information pour l’accueillir ?

Je n’ai bénéficié d’aucune aide et encore moins d’information.

Nous sommes obligés de chercher par nous-même. Quand je dis nous je parle des AESH et moi.

3. Comment cela se passe-t-il en classe ? y-a-t-il un aménagement spécifique ? une prise en charge autre que celle de la classe ? Rôle de l’AVS ?

Les AESH ont eu une formation, cependant, aucune sur l’autisme spécifiquement. Elles sont très compétentes mais par rapport à ce qu’elles devraient apporter à cet élève, elles sont limités faute de formation. Nous n’avons aucune information sur la ou les prises en charge extérieures. Je ne sais pas qui s’occupe de lui en dehors de l’école. De plus, j’ai rarement vu les parents.

Cet élève a une bonne mémoire, il s’en sort sur tout ce qui concerne les apprentissages automatiques, il est rentré dans une lecture globale. MAIS entrer dans la syllabique, la combinatoire ce n’est pas possible pour l’instant. Je n’ai pas les moyens ni les connaissances pour l’aider et je ne dispose d’aucune formation pour m’aider à l’aider. Je suis obligé de faire avec mes propres moyens.

Ni moi, ni les AESH ne sommes formés pour l’accueillir dans de véritables conditions d’inclusion.

4. Quelles seraient tes attentes pour améliorer cette inclusion ?

J’aimerais un minimum de formation. Mes limites sont réelles, je n’ai pas été formé à enseigner aux élèves en situation de handicap « je ne sais pas faire ».

En discutant avec la psychologue scolaire, on s’est rendu compte des limites de l’inclusion. Elle-même a des connaissances limitées dans le domaine de l’autisme.

L’inclusion sociale est relativement bien faite. L’inclusion du handicap « y a rien ». Personne ne m’a jamais contacté pour m’expliquer quoi faire. La psychologue scolaire m’a donné des pistes mais encore une fois rien de vraiment spécifique à l’autisme.

La loi de 2005 est une bonne loi, mais ce qui est mis en œuvre ne suffit pas. Ce qui devrait être mené pour que cette loi soit efficace n’est pas fait. Il n’y a ni les moyens humains ni les moyens financiers. Il est impossible de mettre en place une bonne inclusion sans les moyens. Nous avoir imposé une loi sans nous expliquer comment nous donne l’impression qu’il s’agissait d’une loi pour faire plaisir aux parents, à un électorat.

Je suis incapable de le faire progresser comme il faudrait. L’année prochaine « qu’est qu’on va faire » ? Il va sûrement aller en ULIS. « Comment l’aider si nous ne sommes même pas formés ? ».

Nous sommes dans un secteur géographique où les REP et les REP+ sont en grand nombre. Nous devons faire face à des problèmes économiques, sociaux. Nous avons beaucoup d’élèves en difficulté sans être dans le champ du handicap. J’ai été formé pour ces élèves en difficulté mais pas pour ceux en situation d’handicap.

Je suis dans une classe avec un effectif idéal, je n’imagine même pas les collègues avec des classes à 30 et plus ! « On nous demande de réaliser des miracles ».

Je me demande si les adultes en situation d’handicap sont eux-mêmes bien inclus dans notre société. Est-ce que les moyens mis en place sont à la hauteur de la loi ou est-ce juste pour faire plaisir à un électorat ?

Quand j’étais en formation à l’IUFM c’était en 2004, la loi était en pleine conception. Je n’ai rien eu en relation avec l’ASH ou même l’idée d’accueillir des enfants en situation de handicap. Aujourd’hui, j’ai dix ans d’ancienneté et je n’ai toujours rien. La formation continue ne m’a pas non plus permis de pallier mes carences. Si on veut vraiment que les élèves soient dans une réelle inclusion, il faut former les PE pour qu’ils puissent répondre aux besoins.

 

25 février 2016

Grenoble: Rachel a-t-elle été victime d'un placement abusif de ses enfants autistes?

article publié sur le site de FR3 Région - Alpes - Isère - Grenoble

Le cas de Rachel D., privée depuis 6 mois de ses trois enfants autistes sur décision de justice, mobilise le milieu associatif qui y voit un cas emblématique "de placement abusif" dû à une méconnaissance de ce handicap. La cour d'appel de Grenoble se penche sur ce dossier ce vendredi 26 février.  

  • AFP
  • Publié le 25/02/2016 | 17:42, mis à jour le 25/02/2016 | 17:42
Placement abusif enfants autistes

 

La cour doit décider de prolonger ou non le placement, séparément, des trois enfants de 4, 6 et 9 ans, en famille d'accueil et en pouponnière depuis le mois d'août. Rachel "est morte de trouille", affirme Danièle Langloys, présidente de l'association Autisme France. Depuis l'été, cette mère célibataire de Saint-Marcellin (Isère) ne voit plus ses enfants qu'une demi-heure tous les 15 jours.

Une pédo-psychiatre, mandatée dans le cadre d'une expertise judiciaire, "a nié l'autisme de ses enfants en disant que c'était la mère qui provoquait leurs symptômes", explique Me Sophie Janois, avocate parisienne spécialisée dans ce genre d'affaires. "Comme si on pouvait simuler un trouble du développement! Il faut être d'une incompétence crasse pour raisonner comme ça", s'énerve Danièle Langloys.

Le juge des enfants a suivi l'avis de l'experte, estimant que Rachel créait "une représentation invalidante et alarmiste de ses enfants sans aucun fondement médical, ce qui leur est préjudiciable", selon un extrait du jugement de première instance cité par Me Janois, qui dénonce une "erreur judiciaire".

"Scandale"
Depuis leur placement, les trois enfants ont été diagnostiqués autistes par l'équipe du Dr Sonié, médecin coordinateur du Centre de Ressources Autisme Rhône-Alpes, selon les associations.

Le 22 janvier, lors de l'audience d'appel à Grenoble, le ministère public a pourtant demandé le maintien du placement et de la séparation de la fratrie.

Le cas de Rachel, qui est Asperger (une forme d'autisme), est en outre compliqué par le fait que son ex-conjoint réclame lui aussi le placement des enfants. "Pour emmerder son ex...", dénonce Danièle Langloys. "L'affaire est plus compliquée que ça", nuance une source proche du dossier.

"Rachel est tout à fait apte à s'occuper de ses enfants. Au pire, elle avait besoin d'une aide mais pas qu'on les lui retire", estime Me Janois.
"C'est un scandale très représentatif de ce que peuvent vivre les parents d'enfants autistes", poursuit l'avocate, qui dit défendre un cas de ce genre par semaine.

"Ce sont souvent des mamans seules, vivant avec le RSA, qui trinquent", précise Mme Langloys. "Mais en vingt ans, je n'avais jamais vu une telle cruauté mentale à l'égard d'une femme. On s'acharne sur une maman exemplaire."

Près de 200 associations soutiennent le combat "emblématique" de Rachel. Et le 25 janvier, devant le congrès d'Autisme France, la secrétaire d'État aux personnes handicapées Ségolène Neuville s'est elle aussi dite "totalement mobilisée pour que cette maman puisse le plus rapidement possible retrouver ses trois enfants".

"Vision préhistorique"
Au coeur du problème, les associations dénoncent les "dysfonctionnements" de l'Aide sociale à l'enfance (ASE) et une "vision préhistorique de l'autisme" basée sur une approche psychanalytique. "Dans une logique psychanalytique, l'autisme n'existe pas. C'est un dysfonctionnement du lien mère-enfant. Seule la mère peut être coupable", décrit Danièle Langloys.

En 2012, la Haute Autorité de Santé (HAS) a pourtant estimé que cette approche "non consensuelle" n'avait pas fait la preuve de sa pertinence.

Dans un rapport de novembre 2015, le Défenseur des droits a aussi préconisé une meilleure formation des professionnels (travailleurs sociaux, juges, enseignants, etc.) sur les troubles autistiques. Le défenseur des droits a en effet été saisi du cas d'un nourrisson placé en famille d'accueil pendant six ans, avant qu'un autisme sévère soit reconnu.

Une autre famille avait cherché de l'aide auprès d'un hôpital de jour car leur enfant autiste refusait de se laver depuis plusieurs jours. Les médecins ont diagnostiqué une "dépression liée à une relation fusionnelle à la mère" et ont fait un signalement aux services de protection de l'enfance.

Contacté, le département de l'Isère, dont dépend l'ASE, a indiqué ne pas souhaiter commenter un dossier "complexe et sensible".
24 février 2016

Lamballe. Il se bat pour les droits de son fils handicapé

Henri Renaut, Lamballais, ne comprend pas la décision. « Tout ce que l’on fait, c’est pour notre fils ».
Henri Renaut, Lamballais, ne comprend pas la décision. « Tout ce que l’on fait, c’est pour notre fils ». | Ouest-France

Henri Renaut et sa femme s’occupent de leur fils autiste à Lamballe. Victimes d’une erreur dans le montant d’une aide financière, ils ne seront pas dédommagés.

« Je ne comprends pas. » Henri Renaut et sa femme, Françoise, restent dubitatifs. Ils sont les parents de Christophe, 26 ans, autiste. Le couple vit à Lamballe et a choisi voilà une dizaine d’années de garder leur fils à domicile. Elle, a arrêté de travailler pour s’occuper de lui.

Le couple reçoit donc une prestation de compensation du handicap (PCH). En 2009, le taux fixé était de 3,36 €. « En 2014, lors du renouvellement de la demande de prestation, le taux de base n’était pas le même. Il y avait une erreur. J’ai vu qu’il y avait une différence sur le nombre d’heures de prise en charge qui a diminué », raconte le père de famille. Mais le taux horaire avait augmenté à 5,03 €

Le couple vérifie donc les documents et cherche à obtenir des explications. « La Commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapée (CDAPH) a validé l’accord de la prestation de compensation, au taux horaire de 5,03 € » explique-t-il.

Erreur de tauxLa Maison départementale des personnes handicapées examine le dossier et constate l’erreur. En novembre 2014, la situation est rétablie. La CDAPH accepte la régularisation avec rétroactivité. Le couple devrait donc toucher la somme de 16 800 €.

Le couple patiente donc en attendant le règlement de cette somme. « Pour nous, il n’y avait aucun problème particulier. Nous avions fourni tous les papiers nécessaires. » La Direction de l’accompagnement des citoyens vers l’autonomie (Daca) leur annonce qu’ils recevront la prestation de compensation.

Le 11 janvier dernier, on lui signifie que le paiement ne se fera pas. « Déception et incompréhension. » Henri Renaut contacte Marie-Christine Cléret, conseillère départementale. « La Daca estime qu’Henri Renaut aurait dû s’en rendre compte, lui-même, dès le début. Mais comment ? Les personnes ne connaissent pas les taux ! lance-t-elle. On lui signifie qu’il est hors délai. Mais dans un tel cas, le président du conseil départemental peut déroger. Il faut aussi savoir reconnaître ses erreurs. »

Henri Renaut est en colère. « Comment peut-on revenir sur une telle décision ? La commission est quand même composée d’une quarantaine de personnes de tout le département. Des gens qui donnent de leur temps ! » Le père de famille a également écrit au président du conseil départemental, Alain Cadec.

Marie-Madeleine Michel, vice-présidente en charge de l’Accompagnement du handicap du conseil départemental, justifie ce refus. « Lors de la nouvelle demande et du changement du taux horaire, en 2014, le délai de deux mois n’a pas été respecté. C’est la loi, elle est comme ça. »

Henri Renaut et sa femme, quant à eux, restent avec leur déception. « Jamais on ne m’a parlé de délai dépassé. Cette régularisation était actée. Nous avons été menés en bateau. »

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22 février 2016

Prévention et arrêt des départs non souhaités des personnes handicapées vers la Belgique

article publié sur le site d'Autisme France

LOGO autisme france

 

Courrier collectif aux ministères du handicap, de l’éducation d’Autisme France, CFHE, EgaliTED au sujet de l’instruction n°DGCS/3B/DSS/1A/CNSA/2016/22 du 22 janvier 2016 relative à la mise en œuvre du plan de prévention et d’arrêt des départs non souhaités de personnes handicapées vers la Belgique. 

 
22 février 2016

Santé, handicap : démission bruyante chez Marisol Touraine

article publié sur Vivre FM

Dimanche 21 Février 2016 - 22h53

Ministère santé

Il dénonce la "mascarade" de la consultation des usagers, Thomas Dietrich était jusqu'à vendredi 19, secrétaire général de la Conférence Nationale de Santé, (à ne pas confondre avec la Grande Conférence de Santé). Il a démissionné et écrit 28 pages particulièrement sévères contre la Ministre Marisol Touraine. Vivre FM s'est procuré ce document.

Démission au ministère de la santé
Démission au ministère de la santé

"Censurer", "cadenasser", les mots de l'ancien secrétaire général de la Conférence Nationale de Santé sont particulièrement durs pour la politique de la ministre en matière de consultation des acteurs de la santé. En même temps qu'il annonce sa démission à la Direction générale de la santé (DGS), Thomas Dietrich adresse le vendredi 19 février un rapport de 28 pages à l'Inspection Générale des Affaires Sociales (IGAS). Le jeune haut-fonctionnaire dénonce les obstacles mis par la ministre et la DGS pour le bon déroulement des travaux de la Conférence Nationale de Santé, structure officielle de consultation des acteurs des services de santé.

 

Dans un français parfois imagé et citant de grands auteurs, ce diplomé de sciences politiques et écrivain, cite quelques exemples concrets de défauts de consultations de la Conférence. Ainsi, sur la question de la fin de vie, Thomas Dietrich raconte comment sa hiérarchie a fait pression sur lui pour ne pas publier les avis de la CNS sans qu'ils ne soient revus par le cabinet de la ministre. A propos des débats sur la vaccination, le désormais ancien secrétaire général raconte comment la CNS a été dépossédée de ce débat confié à une agence de l'état "qui mène dans le même temps des campagnes de communication pro-vaccination". Il dénonce pelle-mêle : un comité d’organisation de ce débat aux ordres de la Ministre, un comité d’orientation dirigé par un proche de Marisol Touraine et qui n’aura de fait aucune indépendance…" et conclut : "N’importe quel citoyen peut ici se rendre compte que tout est mis en oeuvre pour que la concertation accouche de conclusions qui aillent dans le sens de la politique que veut mener ce gouvernement"

 

Manque de moyens pour la consultation des usagers

Le démissionaire pointe également le manque de moyens alloués à la consultation des usagers. "Je ne peux m’empêcher de songer aux membres de l’instance, ces bénévoles qui prennent sur le temps souvent précieux, qui viennent de province et d’outre mer, font des heures de train et d’avion mal-indemnisées pour participer à des réunions, croyant qu’ils contribueront à l’évolution de notre système de santé ; et que l'on puisse vouloir les déposséder de leur parole paraît presque incroyable. C'est pourtant la triste vérité." et il cite un ancien membre de la CNS, qui avait lui aussi démissioné en 2012: "dans l’immense majorité des cas, les frais sont remboursés six mois plus tard à des personnes notamment malades ou handicapées à faible revenus qui font l’avance à la République d’argent alors qu’ils ont été nommés par le Ministre et totalement bénévoles". Thomas Dietrich enfonce le clou et condamne la création d'un nouvel Institut pour la Démocratie en Santé (IPDS) doté de 400 000 Euros de budget et dont il explique qu'il ne représenterait pas les usagers. Il qualifie l'IPDS de "farce centralisatrice"

 

Le Conseil consultatif du handicap (CNCPH) désormais "à la main de la ministre"

Dans son tableau calamiteux de la démocratie en santé, Thomas Dietrich dénonce la volonté du Gouvernement de nommer 15 personnalités qualifiées au Conseil National Consultatif des Personnes Handicapées (CNCPH) "dont la nomination sera bien entendue à la botte de la ministre".

 

"Quand on a un cas de conscience comme le votre, on démissionne"

Enfin, Thomas Dietrich raconte un échange avec un Directeur du Ministère à qui il expose courant 2015 les manquements au respect des organismes consultatifs et relate l'échange suivant :

- « Thomas, vous n'êtes pas un homme ici, vous n’êtes pas un citoyen, vous êtes un subordonné embauché pour obéir ! Rappelez-vous qui vous paye ! »; ce à quoi je rétorquais du tac-au-tac :

- « Les citoyens. ». Ma réponse, étrangement, ne lui plût pas.

- «Quand on a un cas de conscience comme le vôtre, on démissionne. Je vous encourage d'ailleurs à le faire si votre cas de conscience persiste. »

C'est aujourd'hui chose faite.

Vincent Lochmann

22 février 2016

Handicap et protection de l'enfance : la France persiste et signe, les enfants saignent écrit Charles Millon

Le 20 novembre 2015, le défenseur des droits avait rendu public un rapport inédit dont le titre était déjà pour le moins éloquent : « Handicap et protection de l’enfance : des droits pour des enfants invisibles ».

Le 4 février dernier, c’est le comité des droits de l’enfant de l’ONU qui a toisé la France à la suite de l'audition de celle-ci les 13 et 14 janvier 2016.

L’UNICEF avait pourtant été déjà particulièrement critique vis-à-vis de la France dans son rapport de juin 2015.
Le Conseil de l’Europe était même allé, fait rarissime, jusqu’à relever l’hypocrisie de l’état français qui, plutôt que de mettre en place les moyens nécessaires à la scolarisation en milieu ordinaire des enfants présentant un handicap en France, préférait payer des établissements scolaires en Belgique pour le faire.

Ainsi, le comité des droits de l’enfant de l’ONU « réitère sa précédente recommandation pour que le système de collecte de données couvrant tous les domaines de la convention des droits de l’enfant » permette le suivi et l’évaluation des politiques et projets en faveur des droits de l’enfant.

Or il est bien triste de constater que jusqu’à présent c’est l’absence de statistiques qui prévaut concernant les enfants en âge d’être scolarisés et relevant d’un handicap au sens de l’éducation nationale et du ministère de la santé.
Ce défaut de données précises a pour conséquence de maintenir une grande ambiguïté sur les besoins de ces enfants et l’absence criante de moyens mis en place par l’état.

Le Comité des droits de l’enfant de l’ONU prie instamment la France de renforcer ses efforts pour promouvoir une culture de l'égalité, de la tolérance et du respect mutuel, pour prévenir et combattre tous les cas de discriminations contre les enfants dans tous les secteurs de la société. »

Le Comité des droits de l’enfant de l’ONU rappelle une nouvelle fois sa préoccupation concernant « les cas de mauvais traitements des enfants handicapés dans les institutions et la surveillance indépendante insuffisante de ces institutions. »
Il s’alarme plus particulièrement de la technique du "packing" concernant des enfants atteints du trouble du spectre autistique (TSA) (enveloppement et contention de l'enfant dans des draps humides et froids), ce qui s’apparente à « des mauvais traitements » et qui n’est toujours pas interdit par la loi française et se pratique toujours dans certains établissements.

Le comité des droits de l’enfant de l’ONU encore une fois « prie instamment la France d’accroître les initiatives pour prévenir et lutter contre les causes profondes des mauvais traitements des enfants dans les institutions, et notamment mettre en place des mécanismes capables de procéder à des inspections régulières et efficaces indépendamment des institutions de contrôle ».
Comme je l’écrivais le 7 décembre dernier, il faut cesser d’exclure ou de parquer dans des structures inadaptées (IME et ITEP) des enfants qui n’ont rien à y faire et qui forcement y régressent en espérant que les parents affligés, ne se plaindront pas trop fort.
C’est évidement la première initiative à prendre pour prévenir les causes de mauvais traitements dans les institutions et notamment pour tous les enfants dont les troubles sont d’origines neurologiques (TSA (troubles du spectre autistique), TDAH (Trouble Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité), DYS (dyslexie, dysorthographie, dysphasie, dyspraxie, dyscalculie) et TED (troubles envahissants du développement)

Malheureusement, tout un pan de la médecine psychiatrique française (école psychanalytique) s’acharne à traiter des troubles neurologiques chez les enfants, comme des troubles liés à des carences éducatives, affectives ou familiales, alors que les neurosciences ont démontré qu’il n’en est rien.

Le comité s’inquiète également d’une trop grande pratique des représailles contre les enfants et les familles alors que c’est le système qui est défaillant.

Pour ma part je crois fermement qu’il faut que les recours manifestement abusifs aux procédures de « l’information préoccupante » ou du « signalement » pour faire taire les parents et les associations de défense des enfants à besoins particuliers soient sanctionnées.
Aujourd’hui ce n’est pas possible.

Enfin, il est plus que temps que notre pays mette un terme à un système d’exclusion généralisé qui s’auto génère et s’autofinance avec l’argent de la sécurité sociale. (Ecole, médico-social, Aide Social à l’Enfance)
Car la suite logique est que, le comité des droits de l’enfant de l’ONU s’alarme une nouvelle fois de la surreprésentation des enfants handicapés dans les établissements de l'ASE (Aide Social à l’enfance)

Ces pratiques d’un autre temps de la gestion du handicap et du handicap à l’école bloquent le système de la protection de l’enfance.
L’Aide Sociale à l’Enfance ne peut plus protéger les enfants qui devraient l’être, elle gère l’affluence :
« Et les dysfonctionnements sont de plus en plus fréquents ».

Nous devons briser cette spirale infernale de l’exclusion, pour y arriver, il faut que les services de l’état et les prises en charge thérapeutiques des enfants changent :
« L’accueil des enfants présentant un handicap à l’école ne doit plus être abordé par l’état français comme un service que l’on rendrait aux parents en accueillant leurs enfants mais réellement comme un droit de l’enfant à être scolarisé »
Et les enfants qui ont des troubles d’origines neurologiques doivent pouvoir être pris en charge par des soignants et des personnels accompagnants formés à leurs troubles.

Des milliards d’euros de soins inadaptés sont dépensés chaque année par la sécurité sociale.
Les moyens financiers sont donc là.
S’ils étaient employés à bon escient cela permettrait à des dizaines de milliers d’enfants d’être scolarisés en milieu ordinaire, dans de bonnes conditions et de recevoir des soins adaptés.

Charles Millon Président de l’Avant Garde
21 février 2016

Ecole inclusive : Déception et perplexité pour les parents

article publié sur Le café pédagogique

"On est loin du compte de l'école inclusive". Au lendemain de la publication des préconisations de la conférence du Cnesco sur l'école inclusive, Sophie Cluzel, qui dirige la Fnaseph, une fédération d'associations de parents d'enfants handicapés, partage ses déceptions. Certains handicaps restent à la porte de l'école alors que certaines difficultés pédagogiques alimentent le flot des handicaps. Les préconisations du  Cnesco semblent trop floues. La Fnaseph s'interroge aussi sur la volonté réelle de l'Education nationale d'accompagner la montée scolaire des jeunes handicapés.

 

Le Cnesco a publié des statistiques surprenantes sur la scolarisation des enfants handicapés qui montrent qu'il y a une forte croissance de leur nombre et en même temps un maintien de celui des enfants dans des institutions spécialisées. Tous ceux qui sont scolarisés de puis 2005 sont des néo handicapés ? Comment voyez vous les choses ?

 Il y a en effet toute une nouvelle population d'enfants qui n'étaient pas diagnostiqués avant, notamment beaucoup de troubles dys, de troubles d'apprentissage qui n'étaient pas inscrits dans le handicap auparavant.

L'intégration scolaire est un peu fictive ?

Non mais elle privilégie les handicaps les plus "faciles". On est loin d'une école inclusive qui s'occuperait de handicaps plus complexes, comme les troubles cognitifs et la déficience intellectuel qui sont très peu scolarisés au delà de la maternelle. Pour les parents c'est une vraie bagarre pour le scolariser même au primaire. Pour les handicaps moteurs il y a aussi une tendance d'aller vers des EREA qui sont accessibles car il y a un retard dans l'accessibilité des établissements scolaires. On est loin du compte de l'école inclusive. Et il y a toujours enfants sans solution, peut-être 20 000.

Une autre révélation du Cnesco ce sont les inégalités sociales face au handicap. Les enfants issu de milieu modeste ont beaucoup plus de chances d'être déclarés handicapés. Qu'en pensez-vous ?

Il y a une dérive vers le handicap social. On va attribuer un Sessad à une famille qui n'aura pas la possibilité de bien accompagner son enfant. On intègre le handicap social dans les besoins éducatifs de l'enfant. On donne une sorte de compensation pour des raisons sociales. On voit dans des établissements des enfants qui ne relèveraient peut-être pas d'un taux aussi élevé mais qui l'ont pour des raisons sociales.

A t on déclaré "handicap" des difficultés pédagogiques ?

C'est pour cela que le PAP va être intéressant. Il peut faciliter des adaptations pédagogiques sans aller vers le handicap. De ce fait il fera peut etre baisser les statistiques du handicap. Que les adaptations suivent l'enfant sans qu'il soit déclaré handicapé. On espère que les enseignants feront leur part et s'en empareront. Ils ont maintenant des outils pour cela. Le parent peut l'imposer d'une classe à l'autre. Des préconisations ont été données en ce sens. Le cadre existe , les outils aussi. Il faut la volonté d'aller les chercher.

Le Cnesco a rendu les préconisations de la conférence internationale sur l'école inclusive à laquelle vous avez participé. Qu'en pensez-vous ?

Le Cnesco a rendu des préconisations à l'eau tiède. J'attendais beaucoup plus. Par exemple sur la table ronde sur la formation professionnelle il n'y a pas de remontée précise. Un point n'apparait pas et pourtant cela a été dit  en plénière, c'est la place de l'expertise parentale. Le mot même n'apparait pas. Alors que de l'avis de tous c'était un levier pour gagner du temps et avancer dans les compensations et adaptations. Dans beaucoup de pays, on en a discuté. , c'est important. La richesse des ateliers ne se retrouve pas dans les préconisations.

Je trouve que les préconisations au final sont assez insipides. On parle de "veiller à" , "encourager", "prendre en compte" , des mots bien peu incisifs , sans pistes de travail alors que les échanges étaient si riches.

Sur la table ronde insertion professionnelle, un sujet très prenant dans les débats, le besoin d'accompagnant ne ressort pas alors qu'on a souligné le besoin et la question budgétaire. Ce sujet n'est pas posé alors qu'on avait demandé que ce soit l'éducation nationale qui soit responsable.  L'opacité ambiante avec l'école  n'apparait pas c'est dommage.

Le Journal Officiel a publié récemment le décret sur la formation des AESH. Vous en pensez quoi ?

On pense que c'est un diplôme de niveau 5 ce qui est une qualification très insuffisante alors que notre question c'est maintenant la progression scolaire des enfants handicapés. Comment voulez vous faire monter des jeunes handicapés en qualification avec des accompagnateurs de niveau infra bac ?  

Il y a aussi une incohérence entre ce diplôme, qui repose sur un socle de 3 composantes dont une sur l'éducation inclusive alors que le décret n'est même pas signé par l'Education nationale. Or ces accompagnants vont être dans les écoles et vont travailler avec les enseignants.

Ce décret n'est même pas passé au Conseil National Consultatif des Personnes Handicapées (CNCPH) pour avis alors que trois associations ont travaillé sur ce projet. Je trouve cela un peu léger.

Enfin, maintenant que le diplôme est créé, il va falloir créer des postes. Or on n'a aucune perspective sur ce point. Pour le moment les accompagnants sont sous contrats précaires. Ils sont recrutés sous le régime de contrats aidés c'est à dire que le principal critère c'est l'éloignement de l'emploi. On n'a pas besoin d'affichage mais d'accompagnants formés.  

Normalement le premier diplomé devrait être opérationnel en septembre 2017. Il faudra donc voir si ces postes seront inscrits au budget 2017. Pour le moment on est perplexe sur l'implication de l'éducation nationale.

Propos recueillis par François Jarraud

 

Les préconisations du Cnesco

Ecole inclusive : le regard des parents

Le diplôme d'accompagnant

Sur le PAP

 

19 février 2016

Témoignage. Guillaume, 29 ans, autiste aujourd'hui en fac d'histoire

19 février 2016 à 08h32

Brest. Autistes Asperger : après la galère... par Letelegramme

Depuis deux ans, la vie de Guillaume a été bouleversée. Diagnostiqué autiste Asperger, il brille aujourd’hui en faculté d’histoire après plusieurs années de galère et il aide d’autres autistes à sortir de leur isolement.
Dans la salle du magasin Croc’jeux, un petit groupe que rien ne distingue des autres joueurs vient de s’installer ce mardi après-midi. Alexandre, Vincent et Guillaume ont rejoint un second Guillaume, qui a créé un groupe de rencontre au sein de l’association Asperansa avec l’aide de Sandrine, bénévole.

Handicap social

L’association Asperansa a été créée à Brest en 2005 par des parents d’enfants autistes Asperger, un syndrome qui s’exprime par des déficiences importantes dans les rapports sociaux, dans la communication verbale ou non verbale et surtout par des centres d’intérêts restreints, mais où souvent l’autiste excelle. Les autistes peuvent passer pour mal élevés, anticonformistes ou caractériels parce qu’ils ne connaissent pas les codes sociaux implicites. Intelligents, ces jeunes sont handicapés par leurs difficultés dans les interactions sociales. « Il y a un an, j’ai intégré le conseil d’administration d’Asperansa et j’ai créé ce groupe pour aider les Asperger à sortir de chez eux », raconte Guillaume Alemany. Âgé de 29 ans, il est étudiant en deuxième année d’histoire. Un étudiant brillant, mais qui a connu des années de galère. S’il est aujourd’hui reconnu adulte handicapé, c’est pour s’être abîmé le dos en travaillant dans l’agroalimentaire.

Domaines d’excellence

« Dans la cour d’école j’étais tout seul. Je restais dans ma bulle. Puis au collège et au lycée je suis devenu la tête de Turc. Mes parents, eux, ne me voyaient pas différent. J’ai un jeune frère qui a été diagnostiqué autiste très tôt avec un handicap important, il ne parle pas ». Malgré deux redoublements, Guillaume a obtenu son Bac STT gestion. « Les Asperger ont une ou deux matières où ils excellent, pour moi c’est l’histoire et la géopolitique ». Après un échec en première année de droit, les troubles de la concentration font partie du syndrome, Guillaume a commencé à travailler pour gagner sa vie. « Comme tous les Asperger je suis pragmatique, ouvrier dans l’agroalimentaire, je ne pouvais pas m’empêcher de réfléchir à la logique de la chaîne dans sa totalité et j’avais du mal à acquérir des automatismes et à analyser vitesse et distance en temps réel ». Les contrats d’intérim se sont succédé, mais un mal de dos l’a rendu inapte et contraint au RSA.

Village autisme le 28 avril

« Je me sentais différent depuis trop longtemps, j’ai décidé d’aller au centre de ressources autisme où j’ai passé de nombreux tests. C’est là, à 27 ans, que j’ai été diagnostiqué Asperger, cela a été un soulagement, j’avais peur d’avoir une maladie mentale ». Hier, avait lieu la journée nationale du syndrome Asperger, mais c’est jeudi 28 avril que plusieurs événements sont programmés : en soirée, le Rotary Club de Landerneau, organise un concert de Didier Squiban au Quartz, au profit d’Asperansa. Un village de l’autisme se tiendra à l’hôtel de ville de Brest, salle Colbert, de 10 h 30 à 19 h et rassemblera, en un même lieu, les principaux acteurs de l’autisme en Finistère en présence de Josef Schovanec, autiste, philosophe et écrivain militant.

18 février 2016

Valérie Pecresse : l'emploi des personnes handicapées -> Grande cause régionale pour 2016

article publié sur Vivre FM

Mercredi 17 Février 2016 - 09h58

Emploi IDF

La nouvelle présidente de la région Ile-de-France veut faire de l’emploi des personnes handicapées la grande cause régionale de l’année 2016. Renforcer la formation, soutenir les employeurs,… Elle compte agir à tous les niveaux et auprès de tous les acteurs du secteur de l’emploi des personnes handicapées.

Pierre Deniziot (conseiller handicap de V. Pécresse), Jérôme Chartier (Vice Président), Valérie Pecresse et Patrick Karam(Vice Président). (source : Service de presse du Conseil régional d'Ile-de-France)
Pierre Deniziot (conseiller handicap de V. Pécresse), Jérôme Chartier (Vice Président), Valérie Pecresse et Patrick Karam(Vice Président). (source : Service de presse du Conseil régional d'Ile-de-France)

Valérie Pecresse a présenté sa stratégie pour favoriser l'emploi des persones handicapées dans la région capitale.

Lors d'une conférence de presse le mardi 16 février, la nous velle présidente a fait connaître son étonnement : malgré un taux de chômage alarmant chez les personnes handicapées, l’emploi de cette population n’avait jamais fait l’objet d’une priorité de la part de l’ancien Conseil Régional. En Ile-de-France aujourd’hui, un peu plus de 50 000 personnes handicapées sont sans emploi. Pour y remédier, la nouvelle présidente du Conseil régional compte agir à différents niveaux : de la formation à la relation entre employeurs et demandeurs d’emploi handicapés, en passant par CAP emploi (le Pôle emploi des personnes en situation de handicap) et le secteur protégé. Pour faire preuve d’exemplarité en la matière, le Conseil régional s’est engagé, en 2014, à remplir l’obligation de 6% de travailleurs handicapés au sein de l’institution. Mais veut aussi favoriser l'accès à la formation professionnelle initiale et continue des personnes handciapées.

 

Ci-dessous, les propositions de Valérie Pécresse pour favoriser l’emploi des personnes handicapées :
  Préambule

Le marché du travail francilien reste encore trop largement fermé aux personnes handicapées. L’Ile-de-France compte un peu plus de 50 000 personnes handicapées sans emploi. Chez les plus de 55 ans, le taux de chômage est deux fois plus élevé pour les personnes handicapées que pour le reste de la population (48% contre 23%). Même écart chez les demandeurs d’emplois peu qualifiés (34% chez les personnes handicapées contre 18% pour le reste de la population).

Et seuls 20% des établissements franciliens respectent l’obligation d’au moins 6% de travailleurs handicapés contre 31% en moyenne en France. Avec pour conséquence, un grand nombre de personnes handicapées qui renoncent à chercher du travail.

En érigeant l’emploi des personnes en situation de handicap en grande cause régionale 2016, le Conseil régional s’engage à réduire ces inégalités. Tous les leviers régionaux disponibles seront mobilisés, notamment les structures participant au service public régional de l’emploi et à celui de l’orientation, en particulier les Cap Emploi.

La Région montrera aussi l’exemple en atteignant d’ici la fin de la mandature la part réglementaire de 6 % de collaborateurs handicapés dans ses effectifs. Par ailleurs, elle favorisera l'innovation technologique au service de l'accessibilité et de l'autonomie, elle soutiendra le développement de la robotique et de la maison connectée dans les incubateurs aidés par le conseil régional. Enfin, elle veillera à l’accessibilité des lycées dont les locaux lui appartiennent, incitera les autres organismes de formation à aller dans le même sens et fera, notamment via le STIF, de l’accessibilité des transports publics une priorité.

L’intégration professionnelle des personnes en situation de handicap constitue donc un enjeu majeur pour la région Ile-de-France, comme vecteur d’insertion sociale et d’égalité entre tous les franciliens. Elle sera d’ailleurs au cœur de la prochaine Conférence régionale pour l’emploi, la croissance et l’innovation sociale.

1. L’accès à l’emploi des personnes en situation de handicap : grande cause régionale pour l’année 2016

Comme annoncé dans le discours d’investiture de la Présidente de la Région lors du Conseil régional du 18 décembre 2015, l’accès à l’emploi des personnes en situation de handicap constitue une priorité pour la Région en 2016 et est érigée en « grande cause régionale ». Avec l’objectif notamment que cette thématique puisse être traitée dans l’ensemble des interventions régionales pour mobiliser en faveur de l’emploi de ce public les actions et dispositifs mis en œuvre cette année, dans la logique poursuivie par la démarche régionale « Agenda 22 - Plan régional pour l'égalité entre personnes en situation de handicap(s) et personnes valides » (délibérations n° CR 11-14 du 13 février 2014 et n° CP 15-494 du 09 juillet 2015).

En effet, au-delà des premières mesures proposées dans le présent rapport directement en lien avec les interventions régionales en matière d’orientation, d’accès à la qualification par la formation et l’apprentissage, de soutien aux employeurs dans leur recrutement et de développement économique et d’innovation, l’enjeu de l’accès et du retour à l’emploi des personnes en situation de handicap nécessite une approche globale des personnes et de leurs besoins. En ce sens, les travaux à mener pourront utilement s’inscrire dans les principes fixés par la démarche globale régionale Agenda 22, puisque l’insertion professionnelle peut être freinée par des problématiques connexes de mobilité et de transports, d’accès au logement, d’accueil aux services de garde d’enfants…

De plus, l’objectif de la Région sera également d’avoir une approche volontariste sur cette thématique avec ses partenaires pour partager cette priorité régionale avec l’ensemble des acteurs du territoire, notamment dans le cadre des instances partenariales régionales (Conseil stratégique pour l’attractivité et l’emploi, Comité Régional de l’Emploi, la Formation et l’Orientation Professionnelle -CREFOP, etc.) mais aussi lors des prochaines conférences régionales qui seront programmées. Il s’agit de mobiliser tous les acteurs, du milieu spécialisé mais aussi et surtout les acteurs du milieu dit « ordinaire », avec l’idée que l’intégration des personnes en situation de handicap doit tous nous mobiliser.

2. Premières mesures proposées dans le cadre de la grande cause régionale 2016 7 2.1. En faveur de l’élévation du niveau de qualification des personnes en situation de handicap à la recherche d’un emploi

2.1.1.Elaborer le programme régional d’accès à la formation et la qualification des personnes handicapées La Région prévoit l’élaboration durant l’année 2016 d’un programme régional d’accès à la formation et à la qualification des personnes handicapées, tel que prévu par la loi du 5 mars 2014 relative à la formation, l’emploi et la démocratie sociale. Ce programme doit s’inscrire dans le cadre du futur Contrat de Plan Régional de Développement de la Formation et de l’Orientation Professionnelles (CPRDFOP), en lien avec les grandes orientations de la future stratégie régionale en matière de compétitivité et d’emploi. Les travaux de concertation, en particulier avec l’Agefiph1 , le FIPHFP2 et les partenaires sociaux, seront menés au sein de la Commission Handicap du CREFOP sur la base du diagnostic initié en 2015.

2.1.2.Renforcer le partenariat régional avec l’Agefiph

La Région souhaite développer et approfondir le partenariat mené avec l’Agefiph depuis plus de 5 ans. Ce partenariat a déjà permis à l’Agefiph de s’appuyer sur l’offre de formation qualifiante de la Région, pour favoriser l’accès des bénéficiaires de l’obligation d’emploi, à la formation continue. Dans ce cadre, en 2014, l’Agefiph a financé près de 630 places de formation en complément des 21 505 places du Programme régional compétences, financées par la Région. L’Agefiph a également travaillé avec la Région afin de permettre à davantage de jeunes en situation de handicap d’accéder à l’apprentissage.

Au titre de la grande cause régionale, il est proposé de conclure avec l’Agefiph un accord de partenariat, qui rassemblera l’ensemble des engagements réciproques de l’Agefiph et de la Région en faveur des personnes en situation de handicap (formation, apprentissage, accès/retour à l’emploi) ainsi que des employeurs franciliens (information sur les aides mobilisables, appui au recrutement, ….). Elle formalisera l’intervention de l’Agefiph et de la Région dans le cadre des grands projets territoriaux en matière d’emplois, comme par exemple l’expérience développée pour le futur « Village Nature ». La Région et l’Agefiph étudieront la faisabilité d’une Bourse de l’emploi pour faciliter la mise en relation entre les employeurs et les demandeurs d’emploi travailleurs handicapés, en complémentarité avec les outils déjà existants.

Cet accord permettra de renforcer la lisibilité de l’action de la Région et de l’Agefiph et matérialisera leur ambition partagée en matière de formation et d’emploi des personnes en situation de handicap.

2.1.3.Accompagner les acteurs de la formation et de l’apprentissage dans l’accueil et le suivi des stagiaires et des apprentis en situation de handicap.

 L’objectif de la Région est que la proportion de chômeurs en situation de handicap accueillis dans les organismes de formation financés par le conseil régional soit équivalente à celle constatée dans l’ensemble de la demande d’emploi. Aujourd’hui, cet objectif est atteint dans le programme Cap Compétences, dédié à la lutte contre l’illettrisme, ainsi que dans les Espaces de Dynamique d’Insertion, dédiés à l’accompagnement de jeunes très éloignés du marché du travail et qui connaissent des difficultés d’ordre social et cognitif, mais il reste à atteindre pour les formations du programme régional qualifiant Compétences.

Dans le cadre de leur accord régional, la Région et l’Agefiph s’engageront à rendre plus visibles les possibilités de compensation du handicap afin de donner aux structures de formation les moyens d’accueillir les personnes en situation de handicap et d’assurer les conditions optimales de leur formation.

Une concertation sera également menée avec les représentants des réseaux d’organismes de formation (AFPA, GRETA, Union régionale des organismes de formation, Fédération de la Formation Professionnelle) afin de les inciter à s’engager dans une démarche de progrès, via la signature d’une charte régionale d’accueil des personnes en situation de handicap. Cette charte garantira aux personnes en situation de handicap un bon accompagnement au sein de l’organisme et la prise en compte de leurs besoins spécifiques. Elle permettra à l’organisme de formation d’obtenir une reconnaissance des efforts effectués en faveur des personnes en situation de handicap. Des échanges de pratique seront également organisés entre les organismes de formation retenus dans le cadre du programme qualifiant « Compétences » et les Centres de Rééducation Professionnelle (CRP) dont la compétence en matière d’accueil de personnes handicapées est reconnue.

Enfin, avec l’appui de l’Association Régionale des Missions Locales (ARML), le réseau des référents Santé/Handicap des missions locales sera structuré et mobilisé pour favoriser l’entrée des jeunes en situation de handicap dans les programmes régionaux de remobilisation et de construction de projet (Pôles de projet professionnel et Espaces de Dynamique d’Insertion) et à l’apprentissage.

2.2. Pour soutenir l’accompagnement vers et dans l’emploi des personnes en situation de handicap

2.2.1.Elaborer une convention de partenariat avec le réseau des Cap emploi franciliens

Les Cap emploi sont des organismes de placement spécialisés dédiés au recrutement et à l'intégration des personnes en situation de handicap dans les entreprises du secteur privé et les établissements du secteur public, en proposant des services de diagnostic, orientation et accompagnement de ces personnes dans leur recherche d’emploi et des employeurs souhaitant les recruter. Ainsi, ils font partie du Service public de l’emploi (SPE), et sont dorénavant opérateurs du Conseil en Evolution Professionnelle (CEP) et membres du Service Public Régional de l’Orientation Professionnelle (SPRO). En Ile-de-France, il existe 8 Cap emploi répartis sur les 8 départements et fédérés depuis 2014 au sein de leur représentation régionale CHEOPS3 . En 2015, le réseau francilien des Cap emploi a accompagné 24 000 personnes en situation de handicap dans leur recherche d’emploi et a rencontré plus de 2 000 employeurs franciliens dont 1 650 employeurs privés.

De par leur mission spécialisée et leur expertise de la relation emploi et handicap, il est proposé de définir avec CHEOPS et les Cap emploi un programme d’actions commun pour améliorer l’insertion professionnelle des personnes en situation de handicap visant aussi bien :

-        le renforcement des partenariats entre les services régionaux et les équipes des Cap emploi (dans leur rôle de prescripteurs des dispositifs régionaux, dans leur contribution au SPRO, etc.) ;

-        la mise en œuvre d’actions spécifiques à destination de leurs publics et des employeurs (mise en place d’actions d’initiative territoriale, information des employeurs sur les aides et dispositifs régionaux, etc.)

L’Agefiph étant un des financeurs du réseau Cap emploi, aux côtés du FIPHFP et de Pôle emploi, les articulations et complémentarités seront recherchées pour une stratégie commune partagée en faveur de l’emploi des franciliens en situation de handicap.

2.2.2.Soutenir les initiatives et actions locales en faveur de l’accompagnement vers et dans l’emploi des personnes en situation de handicap L’appel à projets régional, qui sera lancé cette année en faveur de l’ « intégration dans l’emploi », comportera un volet consacré à l’accès à l’emploi des personnes en situation de handicap. Ce public étant visé dans les priorités du Programme Opérationnel Régional (POR), le fonds social européen (FSE) pourrait être mobilisé pour cofinancer cet appel à projets afin de soutenir les actions retenues à l’issue du processus de sélection.

En outre, la communication pourra être renforcée, auprès des acteurs, intervenant en faveur de l’accompagnement vers et dans l’emploi des personnes en situation de handicap, en particulier les CAP emploi, sur les opportunités offertes par les actions d’initiative territoriale (chantiers école et passerelles entreprises). Ces dispositifs de formation souples permettent en effet de construire des actions sur mesure répondant à des besoins ou problématiques spécifiques, à l’échelle des territoires.

2.3. Soutien aux employeurs

2.3.1. Actions à destination des entreprises et employeurs franciliens En partenariat avec les acteurs du handicap, une grande campagne d’information sera lancée en direction des employeurs franciliens. Cette campagne ciblera prioritairement les petites et moyennes entreprises afin de leur apporter des solutions concrètes : contacts, bonnes pratiques, boite à outils. Cette campagne sera relayée par la Région et ses partenaires dans le cadre de leurs actions de soutien aux entreprises. De plus, Paris Région Entreprises, agence francilienne au service du développement économique des entreprises, organisme associé de la Région, a notamment pour mission d’accompagner les PME et ETI dans leurs phases de développement. Les conseillers en charge de cet accompagnement, pour plus de 1000 entreprises annuellement, feront l’objet d’une sensibilisation à la thématique du handicap dans l’entreprise et aux solutions mobilisables par celles-ci. De façon complémentaire, Paris Région Entreprises, dont l’un des trois domaines d’expertise est l’innovation, pourra appuyer les entreprises dans l’évaluation du caractère innovant d’un service, d’un produit ou d’un process lié à cette thématique. Enfin, les Plateformes RH qui proposent une offre de services en matière de ressources humaines aux dirigeants d’entreprises et d’associations de moins de 50 salariés participent à la sensibilisation des employeurs sur la question du handicap, les informent et les accompagnent dans leur projet de recrutement et/ou de maintien de personnel en situation de handicap. Les plateformes proposant par ailleurs une offre spécifique aux salariés développent des actions favorisant la reconnaissance « Travailleur handicapé » (TH) et le reclassement professionnel. Il est proposé de renforcer en 2016 la sensibilisation et l’accompagnement proposés par les Plateformes Ressources Humaines (Plateformes RH) sur cette thématique aux dirigeants et salariés des petites entreprises.

2.3.2. Actions dans le cadre du soutien de l’économie sociale et solidaire L’Economie Sociale et Solidaire (ESS) est au cœur des actions de soutien pour l’emploi des personnes handicapées, que ce soit par l’objectif de soutien aux publics fragiles poursuivi par de nombreuses entreprises de l’ESS ou par les statuts des structures. Relèvent ainsi de l’ESS :

-        Le secteur du travail protégé et adapté : l’Ile-de-France compte 291 Etablissements et Services d'Aide par le Travail (ESAT) et Entreprises Adaptées (EA) ;

-        Les intervenants du secteur social et médico-social sous forme associative, coopérative et commerciale avec l’agrément Entreprise Solidaire d’Utilité Sociale (ESUS) ;

-        Les associations de soutien aux personnes handicapées et à leurs familles et proches aidants.

L’ESS participe ainsi doublement à l’employabilité des personnes handicapées : directement en étant employeur dans les ESAT et EA (150 000 salariés au niveau national en 2013), indirectement en favorisant une insertion sociale et professionnelle de qualité. Il est proposé de renforcer l’action de l’ESS en faveur de l’emploi des personnes handicapées en mobilisant la politique régionale de l’ESS en :

-        promouvant la création d’entreprise par les personnes handicapées : favoriser l’accueil de travailleurs handicapés dans les couveuses et Coopératives d’Activités et d’Emplois (CAE), ainsi qu’auprès des opérateurs de la gamme de financement ;

-        intégrant l’accompagnement RH sur l’emploi des travailleurs handicapés dans les travaux du Dispositif Local d’Accompagnement (DLA) régional ;

-        développant les achats responsables tant en interne à la Région via le schéma des achats responsables qu’en externe par des actions de sensibilisation dédiées ;

-        renforçant la connaissance du secteur par une publication thématique réalisée dans le cadre de l’observatoire de l’ESS.

2.4. Le soutien de l’innovation

 Les actions régionales de soutien à l’innovation, bien que ne concourant pas directement à la création d’emplois en faveur des personnes handicapées, peuvent néanmoins contribuer significativement à la résolution des empêchements multiples auxquels ces dernières sont confrontées. Le fait d’améliorer, notamment grâce à des technologies innovantes, l’accessibilité (dans tous les sens du terme), l’autonomie et la mobilité des personnes handicapées, doit faciliter ensuite leur intégration dans l’entreprise. L’innovation sociale, telle que définie dans la loi ESS de 2014, est également un levier important pour l’amélioration des conditions de vie et de l’employabilité des personnes handicapées, en faisant notamment de l’usager un acteur clé de la construction des solutions.

Il est proposé de mobiliser en ce sens trois dispositifs régionaux d’aide à l’innovation adressés aux PME franciliennes : l’aide à l’innovation responsable (AIR, financée par la Région), l’aide à la maturation de projets innovants (AIMA) et l’Aide à l’expérimentation (AIXPé), ces deux dernières actions étant cofinancées avec Bpifrance. Des appels à projets seront notamment lancés pour faire émerger des projets répondant à ces préoccupations. Ces actions s’appuieront sur différents acteurs franciliens de l’innovation, parmi lesquels Bpifrance, des pôles de compétitivité, des clusters, etc., afin de bénéficier de l’audience la plus large possible et de faire émerger le plus grand nombre de projets.

La thématique du handicap, grande cause régionale 2016, sera également mise en avant dans le cadre de PM’up, en vue de soutenir le développement d’entreprises porteuses d’innovations technologiques et sociales.

Enfin, un concours distinguera chaque année les meilleurs projets et les startups les plus prometteuses dans ce domaine.

2.5. Une priorité en faveur des jeunes en situation de handicap

2.5.1. Signer la convention régionale en faveur de l’insertion des jeunes franciliens en situation de handicap

En Ile-de-France, l’enjeu de sécuriser les parcours des jeunes en situation de handicap en fin de scolarité jusqu’à leur entrée sur le marché du travail, entre leur fin d’études et leur premier emploi, est une des priorités définis dans le PRITH4 mis en œuvre au sein de la Commission Handicap du CREFOP. Cela s’est concrétisé en novembre dernier par la signature d’une « Convention régionale de partenariat pour l’insertion des jeunes handicapés » entre la Préfecture de région, les académies de Paris, Créteil et Versailles, l’Agence régionale de santé, les établissements publics d’enseignement supérieur et de recherche partenaires, l’ONISEP francilien, l’Agefiph IDF, et des entreprises, branches et filières partenaires, présentée en annexe n° 1 à la présente délibération.

Cette convention vise à mieux coordonner les dispositifs d’accompagnement dans les études et dans les parcours de qualification et d’accès à l’emploi des jeunes franciliens en situation de handicap, quel que soit leur statut (lycéens, y compris ceux relevant des établissements et services médico-sociaux, étudiants, apprentis, stagiaires de la formation professionnelle ou continue ou en reprise d’étude, jeunes à la recherche d’un premier emploi). L’objectif est de prévenir les ruptures dans les cursus et de faciliter l’insertion professionnelle de ces jeunes.

En Ile-de-France, ce sont près de 15 000 jeunes qui sont potentiellement concernés par ce dispositif. Pour sécuriser leur parcours vers un premier emploi, les jeunes handicapés pourront bénéficier d’un accompagnement personnalisé complémentaire, ainsi que d’une prise en charge matérielle, lorsque des besoins spécifiques seront exprimés. Le financement comprend 4 PRITH : Plan régional d’insertion des travailleurs handicapés principalement la participation des entreprises au titre de leur obligation d’emploi des personnes handicapées (OETH) et du Fond social européen (FSE). En cas de décrochage, des réponses seront apportées afin qu’aucun d’entre eux ne soit laissé sans solution de formation ou de qualification.

Il est proposé que la Région, partenaire du PRITH, autorise sa Présidente à signer cette convention de partenariat. De par sa compétence, la Région intervient déjà fortement en faveur des jeunes en recherche d’emploi à travers ses dispositifs en matière d’apprentissage et d’accès à l’apprentissage, le dispositif Avenir Jeunes, le soutien des missions locales… mais aussi auprès des jeunes en situation de décrochage. Aussi, elle est tout à fait légitime à être partenaire de ce nouveau dispositif, innovant dans le sens où il met le bénéficiaire au cœur de son action, et suit en continu le jeune en situation de handicap durant son parcours d’insertion professionnelle, quel que soit son statut. La Région pourra ainsi utilement contribuer à la réussite de ce projet de sécurisation des transitions des jeunes entre le monde éducatif et celui du travail, par la mobilisation de ses dispositifs de droit commun.

2.5.2. Faciliter la mise en situation professionnelle des jeunes en situation de handicap dans le cadre de la mesure régionale « 100 000 stages pour les jeunes »

 Les stages facilitent l’entrée dans le monde professionnel ou le repositionnement dans une nouvelle activité. Ils permettent aussi d’enrichir les parcours et les CV et offrent des expériences professionnelles et des opportunités nouvelles, aux jeunes comme aux adultes, complétant ainsi leur formation.

Or le handicap représente un frein majeur dans l’accès aux stages, que ce soit pour les jeunes ou les adultes. Le rapport 100 000 stages, présenté en Conseil régional des 18 et 19 février préconise d’accorder une attention particulière à ce public.

Afin de faciliter la mise en œuvre de cette mesure, il conviendra de mobiliser les partenaires compétents auprès de ce public et d’informer les entreprises sur les mesures incitatives qui peuvent être mobilisées dans ce cadre.

2.5.3. Favoriser l’accès à l’apprentissage des personnes en situation de handicap

 Le nombre d’apprentis en situation de handicap progresse en Île-de-France, mais reste faible (550 apprentis identifiés en 2014/2015). D’un côté, les stéréotypes autour du handicap persistent dans les entreprises et les CFA, et de l’autre côté les jeunes handicapés, et les réseaux qui les accompagnent, méconnaissent la diversité des formations en apprentissage.

La Région demande aux CFA d’inscrire le handicap comme axe de leur projet d’établissement et les appuie dans la prise en compte du handicap dans leur action (outillage, intégration de la dimension handicap dans les dispositifs régionaux de soutien aux CFA…). Pour autant, les CFA rencontrent des difficultés à identifier les jeunes en situation de handicap dans leur établissement, du fait de l’absence de transition entre le monde de l’école et le monde de l’emploi.

Les apprentis changent de statut et il est important de fluidifier les suites de parcours et de mobiliser les aides existantes. Le Dispositif d’Accès à l’Apprentissage a déjà pour objectif d’accompagner des jeunes vers la signature d’un contrat d’apprentissage, par et au sein des CFA : il permet de préparer les conditions d’une bonne intégration en CFA et en entreprise. La convention régionale pour l’insertion des jeunes handicapés évoquée ci-dessus doit contribuer à répondre à cette difficulté.

Les CFA expriment également des besoins sur la recherche de candidats. Localement, la mobilisation des développeurs de l’apprentissage permet de renforcer les réseaux et de fluidifier les suites de parcours vers les formations en CFA (dont Education nationale, MDPH, Cap emploi, Missions locales, Avenir Jeunes, …).

Il existe toutefois un décalage entre la structure des formations en Ile-de-France, plutôt axée sur le supérieur, et le niveau de qualification de personnes handicapées, souvent plus faible (67% des demandeurs d’emploi reconnus handicapés ont un niveau V ou infra V). De plus, les jeunes sont peu identifiés et représentés parmi les travailleurs reconnus handicapés (2% des demandeurs d’emploi reconnus handicapés inscrits à Pôle emploi ont moins de 25 ans). Il est utile de rappeler que depuis 2009, il n’y a plus de limite d’âge pour les personnes handicapées à conclure un contrat d’apprentissage.

Afin d’appuyer les CFA et acteurs de l’apprentissage dans l’objectif d’améliorer l’accès des personnes en situation de handicap à l’apprentissage, en milieu ordinaire de travail, la Région pilote un groupe de travail technique spécifique réunissant les services de l’Etat, de la Région et de l’Agefiph, et d’autres partenaires intervenant sur ce champ (partenaires sociaux, chambres consulaires, maisons départementales des personnes handicapées, représentants de missions locales, Pôle emploi …).

Il est proposé de :

-        développer les actions d’information ou de formation dans le cadre de la campagne de mobilisation pour l’apprentissage en direction des employeurs ;

-        renforcer les liens avec l’Education nationale et l’Agefiph pour travailler les suites de parcours ;

-        mobiliser huit développeurs de l’apprentissage, un par département francilien, pour favoriser l’accès à l’apprentissage des personnes en situation de handicap ;

-        outiller les CFA pour mieux prendre en compte la dimension handicap et accompagner les jeunes vers et dans l’entreprise, notamment en faisant connaitre les aides mobilisables, en particulier les aides de l’Agefiph qui sont peu demandées (jusqu’à 3.000 € pour l’apprenti et de 1.500 € à 9.000 € pour l’entreprise) ;

-        généraliser le déploiement de l’alternance par anticipation (anticiper les besoins des entreprises par la formation) dans tous les CFA en priorisant les secteurs et les publics pour lesquels elle est la plus bénéfique ;

-        valoriser les CFA handi-accueillants.

2.6. La Région exemplaire en matière d’accueil et de recrutement des personnes en situation de handicap

 La Région, en tant qu’employeur public, a également un rôle à jouer dans l’accueil et le recrutement de personnes en situation de handicap.

Elle s’est engagée dans le cadre d’une convention conclue en 2014 avec le FIPHFP dans une politique inclusive ayant pour finalité d’atteindre les 6% de taux d’emploi et de favoriser le maintien dans l’emploi de ses personnels en situation de handicap ou de restriction d’aptitudes.

Cette volonté d’accueillir plus largement des personnes en situation de handicap en son sein se traduit par l’accueil de stagiaires, le recrutement d’apprentis ou d’agents en situation de handicap. Pour ce faire, la région renforcera ses relations avec des partenaires externes tels que les Cap emploi, les Missions handicap des universités, des CRP et des CFA formant aux métiers présents dans les services opérationnels de la Région.

Cette dynamique s’incarne également dans l’attention portée à l’accompagnement dans le temps des agents en situation de handicap et des managers, l’adaptation des postes de travail et de l’organisation du travail aux restrictions d’aptitudes, attention qui garantit une démarche pérenne de maintien dans l’emploi.

 

La Rédaction

18 février 2016

Mon fils est autiste Asperger : dépressif et au chômage à cause d'une société inadaptée

article publié dans Le Nouvel Observateur
Publié le 18-02-2016 à 07h13 - Modifié à 08h57

Temps de lecture Temps de lecture : 4 minutes
LE PLUS. Ce 18 février a lieu comme tous les ans la Journée nationale du syndrome d'Asperger, une forme d'autisme. Pour les enfants atteints de ce trouble, la scolarité reste très difficile en France, et l'insertion professionnelle parfois encore davantage. Dominique L. est la mère de Robin, un jeune Asperger âgé de 22 ans et aujourd'hui sans emploi. Elle témoigne.

Édité et parrainé par Rozenn Le Carboulec

 

Le 18 février, c'est la Journée nationale du syndrome d'Asperger (Flickr/Thomas Hawk/CC)

 

Robin, âgé aujourd’hui de 22 ans, a eu un premier diagnostic de "comportements de type autistique" alors qu’il n’avait pas deux ans. Diagnostic qui a ensuite été "dysharmonie évolutive" pour définitivement devenir "syndrome d’Asperger", qualifié par le Centre ressource autisme (CRA) de Reims en 2006.        

Un parcours scolaire chaotique

Après un parcours scolaire qu’on peut qualifier de chaotique – maternelle à temps partiel, de 8h30 à 10h au début, puis orientation par la force des choses en Institut médico-éducatif (IME) puisque l’école ne l’acceptait en CP qu’à mi-temps –, puis trois ans en IME, retour à l’école primaire en Classe d’intégration scolaire (CLIS) avant une orientation au collège, en 6e, en Unité pédagogique d’intégration (UPI).

Cette partie de sa scolarité a été la plus heureuse pour lui. Bien accompagné, il suivait quasiment une scolarité normale en 3e, et il a obtenu son brevet des collèges avec mention "assez bien". L’auxiliaire de vie scolaire collective (AVS-Co) de l’UPI a toujours été présente auprès de lui et c’est le meilleur accompagnement qu’il ait eu au cours de sa scolarité.

Le lycée professionnel : l’Enfer pour lui

Puis est venu ce qu’il appelle encore aujourd’hui "l’Enfer". Son orientation en lycée professionnel en "technicien du bâtiment option assistant architecte", cette orientation qu’on avait choisie pour lui en croyant bien faire, puisque décidée en fonction de ses centres d’intérêt.

Un changement trop brutal, un public difficile, une équipe pédagogique qui ne comprenait pas le handicap, sauf quelques rares professeurs. Un auxiliaire de vie scolaire (AVS) qui changeait chaque année.

L’année du bac, un supplice

Et puis, il a fallu trouver des terrains de stages : tout comme les enseignants, les professionnels ne connaissent ni l’autisme, ni le syndrome d’Asperger et ils n’étaient pas prêts à accepter les "bizarreries" de Robin. Pourtant, son maître de stage de dernière année m’a confié que Robin était très performant dans son travail, bien plus que d’autres stagiaires qu’il avait déjà reçus.

Mais Robin, traumatisé par sa scolarité en lycée professionnel, a complètement décroché. Démotivé, il ne fournissait plus aucun travail et n’a pas obtenu son bac pro.

Je précise qu’à cette époque, son AVS était absent quasiment tout le temps, et au moment du bac, pour lequel il bénéficiait du droit à la présence d’un secrétaire et de temps supplémentaire, il a dû passer ses épreuves seul.

Cette dernière année a été un supplice : il ne voulait plus se lever, s’enfermait dans la salle de bains alors que le taxi qui l’accompagnait au lycée attendait devant la maison.

Robin n’a aucune envie, aucun but

Depuis, Robin est inscrit à Pôle emploi, suivi aussi par la Mission locale et par un Service d’accompagnement à la vie sociale (SAVS), mais il est sans envie, sans but.

Le manque de motivation est un trait particulier de certains Asperger, mais chez Robin, ce manque de motivation est tel qu’il représente un réel obstacle. Il ne voit aucun intérêt à intégrer un système qu’il ne comprend que vaguement. Il se sent comme un extra-terrestre.

Il a fait une tentative de suicide

L’année dernière, son éducatrice du SAVS lui a proposé de repasser un équivalent du bac diplôme (un DAEU, diplôme d'accès aux études universitaires), avec possibilité de le faire sur deux ans. Il a accepté, plus pour nous faire plaisir que par motivation. Il a dû prendre le train pour se rendre aux cours (même un parcours de 10 km représente pour lui un stress énorme), les cours le fatiguaient énormément.

Puis est venu le moment des partiels, par manque de motivation et de travail, il n’a pas eu de bonnes notes, et là, ça a été la goutte d’eau. Quelques jours plus tard, il a fait une tentative de suicide. Il est depuis sous antidépresseurs et je reste très attentive à son attitude qui peut être très fluctuante.

J'espère qu'il pourra avoir une vraie vie

Nous en sommes donc là, sans solution qui se profile ? Il est à la maison, sans but hormis ses jeux vidéo et ses amis Asperger rencontrés lors des groupes de socialisation organisés par l’Apipa Asperger TSA, mais qu’il voit trop peu à son goût puisque ne résidant pas dans le département.

Je garde espoir qu’une structure verra le jour pour pouvoir l’accompagner et qu’il pourra avoir un jour son propre appartement, une vraie vie.

J’espère aussi que la recherche finira par trouver une solution, pour sinon le guérir, du moins atténuer ses symptômes.

Je pense que, tant que les acteurs qui sont amenés à accompagner nos jeunes ne sont pas sensibilisés et formés à ce qu'est l'autisme et ce qu'il implique, il n'y aura pas de solution adaptée.

Il faut former les employeurs à l'autisme

Pour qu'une personne atteinte d'autisme puisse occuper un emploi de façon sereine, un employeur devra faire preuve d'ouverture d'esprit et accepter que cette personne ait des besoins particuliers : tenir compte de sa fatigabilité, adapter ses horaires, comprendre ses phobies ou ses angoisses, etc.

L'idéal reste un milieu ordinaire, mais préparé à accueillir une personne atteinte d'autisme. Un énorme travail reste donc à faire dans ce domaine !

Les personnes Asperger ont de nombreuses qualités ; il ne faut pas se laisser rebuter par le handicap et leur laisser une chance de trouver leur place.

On se sent encore bien seul, à devoir sans arrêt expliquer ce syndrome et ses conséquence

17 février 2016

Noisiel : cette maman cherche à financer une école privée pour handicapés

Gilles Cordillot | 16 Févr. 2016, 11h20 | MAJ : 16 Févr. 2016, 11h20
Noisiel, le 10 février. Stabrak, maman de Syrine, six ans et demi, handicapée mentale veut ouvrir une école pour tous les enfants qui, comme sa fille, ont besoin d’un enseignement adapté. Noisiel, le 10 février. Stabrak, maman de Syrine, six ans et demi, handicapée mentale veut ouvrir une école pour tous les enfants qui, comme sa fille, ont besoin d’un enseignement adapté. (LP/Gilles Cordillot.)

Syrine est une petite fille de six ans et demi, atteinte d’une maladie génétique non diagnostiquée pendant la grossesse de sa maman, Stabrak. Pour qu’elle aille à l’école comme tous les autres enfants, la jeune mère veut ouvrir une école privée hors contrat, pour enfants handicapés.

Elle a créé une association, Learn Hand Progress, et lance une campagne de financement participatif sur le site Ullule. L’objectif : récolter 6 500 € pour acheter du matériel éducatif et pédagogique dans le but d’animer des ateliers. « C’est parce que Syrine n’a pas de place en unité d’inclusion scolaire (Ulis), ni en Institut médico éducatif (IME), que Stabrak veut créer cette école : ce ne sera pas l’école de mon enfant, précise-t-elle, même si Syrine a été le déclencheur, je veux aider d’autres enfants atteints de la même pathologie. »

L’école pourrait ouvrir à Marne-la-Vallée à la rentrée de septembre 2017, et accueillir dans un premier temps 8 enfants de 6 à 14 ans. Les enseignants, un éducateur appliquant la méthode pédagogique Montessori, un agent territorial spécialisé des écoles maternelles (Atsem) et un psychologue spécialisé dans les troubles du développement utiliseront la méthode Montessori.

Ils mettront en place des outils de communication comme le makaton (un programme d’aide à la communication à base de la parole, de signes et de pictogrammes). « Je souhaite aussi que des intervenants extérieurs apportent des choses comme la musicothérapie et le sport, souligne Stabrak. Et puis j’envisage un partenariat avec une école ordinaire. »

Les parents participeront au fonctionnement de cette école, mais le financement ne devra pas reposer uniquement sur leurs épaules. Car comme la rappelle Stabrak : « Le handicap conduit bien souvent les familles à la précarité, car comme c’est mon cas, de nombreux parents sont obligés d’arrêter de travailler pour s’occuper de leur enfant. »

Mais la maman est déterminée : « On ne subit pas l’avenir, on le fait. »

17 février 2016

Des Belges expulsés de Nouvelle-Zélande car leur fils est autiste !

article publié sur Sudinfo.be

Dimitri Leemans, ancien professeur de mathématiques à l’Université de Bruxelles, s’apprête à rentrer en Belgique avec son épouse Françoise et leurs deux enfants, Margaux et Peter. Expatriés en Nouvelle-Zélande, ils viennent de se voir refuser leur demande de séjour. En cause : l’autisme de Peter et le coût que les soins à long terme exigés par sa maladie représenterait pour la sécurité sociale du pays.

D.R.

La petite famille était partie en 2011 vers la Nouvelle-Zélande. Dimitri, professeur reconnu internationalement, y est décrit comme « un académicien prestigieux » par la presse locale. Il avait été engagé par l’Université d’Auckland. Mais cela n’a pas poussé le pays à souhaiter qu’il reste y vivre ! En effet, la demande de séjour de la famille a été rejetée par l’agence d’immigration néozélandaise. « Tous les migrants sont tenus d’avoir un niveau de santé acceptable afin de ne pas imposer des coûts et/ou des obligations sur la sécurité sociale de la Nouvelle-Zélande et/ou sur la collectivité », a déclaré l’agence.

La suite de notre article dans nos journaux de ce mercredi et sur support numérique

16 février 2016

Formation certifiante accompagnant sexuel,1ère en France !

article publié sur handicap.fr

Résumé : Première en France : une formation certifiante pour former à l'accompagnement sexuel des personnes handicapées. Elle compte 100 heures d'enseignements réparties sur une dizaine de mois, à partir de juin 2016.

Par Handicap.fr, le 16-02-2016

Réagissez à cet article !

En mars 2015, une formation agitait les medias (article en lien ci-dessous), celle de l'Appas en faveur de l'accompagnement sensuel et l'assistance sexuelle des personnes en situation de handicap. Elle s'adressait à toute personne qui souhaitait pratiquer cette activité ou tout simplement s'informer sur cette thématique et avait attisé la colère des antis qui dénonçaient une incitation à la prostitution. Une nouvelle marche est franchie en février 2016 avec l'appel  à candidatures pour le lancement d'une « formation certifiante » dans ce domaine. Une première en France !

Compétences sexuelles… et juridiques !

A l'issue de cette formation, les participant-e-s seront formés à l'assistance sexuelle qui vise à prodiguer une attention sensuelle, érotique ou sexuelle à une personne en situation de handicap n'ayant pas accès à son corps, ou à permettre, à leur demande, l'acte sexuel à deux personnes qui ne peuvent l'accomplir sans aide. Elle leur propose d'acquérir des connaissances sur les situations de handicap, des éléments de sexologie spécialisée, des informations juridiques, de mener une réflexion éthique et de développer des compétences en approches sensuelles et habiletés sexo-corporelles.

 Au programme

Dispensée de juin 2016 au printemps 2017, cette formation débutera par un week-end préalable les 18 et 19 juin à Paris ; deux séminaires de trois jours en Ile-de-France ou en région Centre et un de quatre jours menant à la certification. Le programme compte 100 heures d'enseignements répartis sur 10 à 12 mois et est assuré par des assistant-e-s sexuel-le-s certifié-e-s de l'association suisse Corps Solidaires, des professionnels de sexologie, de psychologie et d'éthique.

Critères d'admission

Pour éviter toute dérive, le candidat doit cependant répondre à certaines conditions. D'abord être âgé de 25 ans minimum et avoir une santé compatible avec l'activité. Mais également être autonome sur le plan financier. Enfin, avoir un équilibre satisfaisant dans sa vie personnelle et sexuelle et avoir parlé de ce projet à son conjoint pour ceux et celles qui vivent en couple.

Deux associations militantes

On doit cette initiative à deux associations. Tout d'abord  CH(s)OSE (Collectif handicap et sexualité OSE), cofondée en 2011 par des militants individuels et des personnes morales dont l'APF, l'AFM, la CHA et le GIHP. Basée à Paris, CH(s)OSE milite et  interpelle régulièrement les politiques français avec l'objectif de créer des services d'accompagnement sexuel faisant appel à des assistants sexuels dûment formés. Quant à Corps solidaires (Association suisse romande assistance sexuelle et handicaps), elle a pour but de promouvoir cette pratique dans l'espace francophone (Suisse romande, France, Belgique…). Ses membres cofondateurs ont été certifiés en assistance sexuelle en 2009. Dans ce cadre, ils ont reçu la transmission de la pratique par Lorenzo Fumagali, assistant sexuel exerçant en Suisse alémanique.

Les personnes souhaitant se porter candidats à cette formation peuvent écrire à :

chsose@gmail.com

formation@corps-solidaires.ch

 © seanlockephotography/Fotolia

14 février 2016

L'autisme et le nouveau Secrétariat à l'Egalité réelle

article publié dans Le Monde par Danièle Langloys

Autisme : 40 ans de maltraitance, ça suffit !

Autisme : 40 ans de maltraitance, ça suffit ! 

Comme tous mes concitoyens, j'ai été intriguée par l'intitulé de ce nouveau Secrétariat d'Etat et me suis demandé à quel concept il répondait. Il nous semblait acquis que l'égalité qui parade aux frontons de nos mairies et autres lieux républicains était une réalité, d'autant que l'égalité de droits est inscrite dans la constitution : apparemment nous nous sommes trompés. Il est vrai que chacun de nous peut mesurer l'ampleur du fossé entre l'égalité de droits et les inégalités de fait.

Il y a plusieurs manières de comprendre l'adjectif réel, par exemple en passant par les antonymes usuels : abstrait, allégorique, apparent, artificiel, chimérique, éventuel,  douteux, emprunté, erroné, fabuleux, factice, fantasmagorique, fantastique, fautif, faux, feint, idéal, illusoire, imaginaire, inexistant, inventé, irréel, mensonger, mythique, négatif, nominal, nul, personnel, possible, théorique, vain....etc...On peut les classer en plusieurs catégories dont deux peuvent éclairer les combats des parents dans le champ de l'autisme : le réel, c'est qui n'est ni idéal, ni illusoire, ni fabuleux, ni fantastique, etc...Bref inutile de rêver. Le réel c'est ce qui devrait s'opposer à l'apparent, au théorique, à l'éventuel, etc...Bref, passons aux actes.

Une première lecture peut donc consister à se dire que le mot réel nous suggère d'abandonner toute illusion pour nous colleter aux difficultés de la vie quotidienne, soulevées depuis des dizaines d'années, et pour une large part, jamais résolues, voire carrément méprisées. Retourner au réel, ce serait se résigner à l'inacceptable, au scandaleux, à la discrimination, au motif que l'idéal n'est pas de ce monde, que les choses sont ce qu'elles sont, et le poids du réel impossible à lever. Nous avons beaucoup d'exemples hélas pour illustrer une lecture négative du réel dans l'autisme : les discriminations à l'égard des personnes autistes sont dénoncées depuis 2004 par le Conseil de l'Europe, puis par le Conseiller Européen aux Droits de l'Homme, et enfin par l'ONU, au Comité des Droits de l'Enfant en 2016, sans guère de changements. Le réel c'est très souvent pour les familles avec un ou plusieurs enfants ou adultes autistes, la négation du droit au diagnostic, pourtant inscrit dans la loi de 2002, la négation de l'information correcte et actualisée sur ce trouble neuro-développemental, pourtant obligatoire dans le Code de Santé Publique, la négation du droit à l'éducation et à la scolarisation, la négation du droit à l'accès aux soins, tous inscrits dans la loi, et ce n'est qu'un début de liste : les familles doivent accepter les discriminations à l'école, les orientations abusives, la discrimination à l'emploi, la dégradation de leurs enfants dans des lieux maltraitants où se pratiquent couramment isolement, contention, surmédicamentation, absence de soutien éducatif adapté, l'absence d'aide, les brimades en tous genres incessantes, sauf exceptions : qui sanctionne ces manquements inadmissibles aux lois et aux droits ? Un nouveau scandale s'est ajouté à tous ceux qui existaient déjà : l'Aide Sociale à l'Enfance, largement noyautée par une idéologie psychanalytique obscurantiste, peut reprocher à des mères d'enfants autistes de vouloir qu'ils soient autistes, et elle pourra éventuellement avoir le soutien de la Justice, dans cette analyse délirante qui conduit directement à arracher les enfants aux mères "toxiques" pour les confier à la Sainte Pseudo-Aide Sociale à l'Enfance, pour mieux détruire les uns et les autres : qui protège les droits des enfants arrachés à leur famille, privés d'expression, privés de leurs droits à être soutenus dans leurs différences ? Qui protège les mères salies, traînées dans la boue, menacées de ne plus voir leurs enfants pour satisfaire les fantasmes de professionnels incompétents et dévoyés ? Le silence assourdissant du Défenseur des Droits et de la Secrétaire aux Droits des Femmes, dans le calvaire de la maman de l'Isère (et de bien d'autres) en dit long sur l'impunité accordée de fait à ceux qui violent des droits élémentaires, sur la violence faite aux familles, dans une large indifférence, faut-il l'ajouter.

Nous avons dit à notre congrès de Bordeaux que nous ne lâchions rien : c'est souvent ce qui est décrit au-dessus, le réel des familles avec des enfants autistes, mais c'est révoltant d'incompétence, de lâcheté devant des lobbies furieux de perdre leur pouvoir et leur argent, indigne, et nous ne l'accepterons jamais. Je suis aussi allée voir ce que disait le Premier Ministre sur le sens à donner à réel.

"Concept proche de la notion d'équité, et qui vient à la suite d'une « égalité des chances » devenue galvaudée dans la bouche des politiques, l'égalité réelle s'oppose à l'égalité dite « formelle », c'est-à-dire une égalité de principe des citoyens qui ne se retrouve pas dans la réalité. En vogue dans les cercles socialistes ces dernières années, portée notamment par Benoît Hamon en 2010, elle consiste, dans sa définition la plus communément admise, à donner, non seulement les mêmes chances d'accès aux biens et aux positions, mais aussi un accès effectif à ceux-ci. « L'égalité formelle ne suffit plus », acte-t-on à Matignon. « Rattaché au Premier ministre, le secrétariat d'État d'Ericka Bareigts s'appuiera sur chaque ministère pour permettre de décloisonner et d'ouvrir une société parfois trop fermée, pour qu'elle donne sa chance à chacun ».

Donc c'est la deuxième lecture qu'il faut privilégier : les droits ne sont pas effectifs pour les personnes, il convient donc qu'ils le soient, pour donner "sa chance à chacun". Dont acte.

Qu'il nous soit permis alors de proposer l'ouverture de quelques chantiers interministériels à cette nouvelle ministre que nous sollicitons dès maintenant, pour assurer l'effectivité des droits pour les personnes autistes.

-Assurer sans discrimination le droit au diagnostic rapide, fiable, avec le médecin de son choix, conformément aux classifications internationales. Admettrait-on qu'il faille attendre deux ans un diagnostic de diabète, de leucémie ou d'une pathologie cardiaque, au motif qu'il faut se soumettre à une classification française des pathologies ? Admettrait-on que des familles avec un enfant diabétique, leucémique ou cardiaque se fassent dire qu'elles veulent que leur enfant ait un diabète, une leucémie, etc..et donc sont toxiques ?

-Assurer sans discrimination le droit à une intervention précoce et plus tard à un soutien éducatif adapté, conforme aux souhaits des parents. Admettrait-on qu'on laisse croupir un enfant cardiaque sans soins et sans suivi, ou qu'on l'oblige à subir de la psychanalyse au motif que sa pathologie relève de la sexualité infantile, de l'inconscient et du choix du sujet ?

-Assurer sans discrimination la scolarisation de tous les enfants autistes, conformément à la loi de 2005, avec le soutien éducatif nécessaire dans l'école et la création d'intervenants en autisme ? Les enfants autistes doivent subir les conséquences d'une circulaire ULIS discriminatoire par rapport aux enfants avec une pathologie somatique, un GEVASCO discriminatoire car inadapté à leurs troubles, et souvent rempli dans le dos des parents pour leur imposer une orientation qu'ils n'ont pas voulue. Les parents concernés paient comme contribuables une école que souvent on leur refuse totalement ou partiellement, et qui trop souvent s'interrompt à la fin de l'école primaire.

-Assurer sans discrimination les services nécessaires au développement des enfants et à l'autonomie et la participation sociale des adultes, conformément aux conventions internationales, avec le souci effectif d'une désinstitutionnalisation demandée par une directive européenne, comme par l'ONU. Accepterait-on que des personnes non autistes aient l'obligation de vivre dans des communautés non choisies, isolées du monde extérieur, privées d'outils de communication, et d'activités citoyennes ?

-Veiller à soutenir les familles concernées, comme le recommande l'ONU, au lieu de stigmatiser et de punir. Admettrait-on que pour une famille ordinaire, un travailleur social sans formation adaptée, vienne inspecter la maison, interroger la vie sexuelle des parents, critiquer l'éducation donnée aux enfants, sans grille ni outils ni repères ni contrôle pour le faire, et ordonner de retirer les enfants aux parents, souvent des femmes seules ? Admettrait-on qu'existent pour les citoyens ordinaires des zones de non-droit où l'on se retrouve convoqué au tribunal du jour au lendemain, privé d'accès aux documents qui vous accusent, comme dans une dictature fasciste, privé d'accès à un débat contradictoire, privé de ses enfants du jour au lendemain pendant des mois ou des années ?

-Faire respecter les droits des personnes autistes partout : droit de ne pas être harcelé, de ne pas être soumis à des traitements inhumains et dégradants, droit d'avoir une vie affective et sexuelle, droit d'accéder aux soins somatiques, etc...comme tout citoyen ? Accepterait-on qu'une personne non autiste soit enfermée dans des draps glacés pour la calmer, comme au XIXème siècle, qu'elle n'ait plus de dents à 40 ans car c'est plus simple de les arracher que de les soigner, qu'on soumette un enfant de 6 ans à 10 lavements alors qu'il a un abcès à une gencive, parce que des médecins n'ont même pas l'idée d'avoir les mêmes gestes cliniques que pour toute personne dite ordinaire, que des adultes non autistes meurent d'obésité ou de troubles métaboliques car bourrés de neuroleptiques souvent depuis l'enfance ?

Nous comptons sur vous, Madame la Ministre, pour assurer l'effectivité des droits de nos enfants autistes, quel que soit leur âge.

Danièle Langloys

Autisme France

13 février 2016

Autiste et père de deux autistes, il livre un plaidoyer pour le droit fondamental à la différence.

article publié dans la presse.ca - Le soleil

Publié le 11 février 2016 à 23h59 | Mis à jour le 12 février 2016 à 14h07

Stéphane Blackburn a souligné que plusieurs autistes ne... (Le Soleil, Patrice Laroche)

 

Stéphane Blackburn a souligné que plusieurs autistes ne sont pas encore diagnostiqués, ce qui complique considérablement leur vie.

Le Soleil, Patrice Laroche

(Québec) Père de deux enfants autistes et lui-même autiste, l'enseignant de philosophie au Cégep de Thetford Mines Stéphane Blackburn a livré un vibrant plaidoyer en faveur du «droit fondamental à la différence», mercredi, à l'ouverture du premier forum québécois sur le trouble du spectre de l'autisme (TSA).

Autiste, Stéphane Blackburn l'est depuis toujours, mais il ne l'a pas su avant l'âge de 40 ans. C'est après avoir observé ses deux fils, dont un en particulier qui accumulait des retards psychomoteurs et faisait des crises quotidiennes, qu'il s'est mis à s'intéresser à son propre état, a-t-il expliqué.

«Sans lui, je n'aurais jamais su qui j'étais parce que je n'avais pas l'air autiste. Pourtant, j'ai commencé très jeune à faire des crises, j'étais un enfant isolé, j'avais des notes exceptionnelles à l'école, j'avais l'oreille absolue, autant de signes qui aujourd'hui ne trompent plus», a témoigné M. Blackburn, selon qui «si les autistes sont plus nombreux que jamais aujourd'hui, c'est possiblement parce qu'ils sont découverts plus que jamais». 

Malheureusement, un très grand nombre ne sont pas encore diagnostiqués, a-t-il souligné. «Ces gens-là mènent sans doute une vie difficile. C'était mon cas, la vie m'était compliquée [...], j'étais anxieux, impulsif et compulsif», a raconté M. Blackburn, ajoutant que la connaissance de son état lui avait permis de se comprendre, de se reconstruire, «de faire une profonde introspection qui m'a permis de devenir qui je suis aujourd'hui». 

L'enseignant de philosophie a également mis en garde l'entourage des enfants autistes contre un «ennemi commun» : l'effet Golem, cette prophétie qui s'autoréalise sous l'effet d'un potentiel jugé limité (par un parent ou un enseignant, par exemple). 

Attendre pour faire son coming-out

Quand on leur a parlé des retards moteurs de leur fils cadet et des maladresses de leur fils aîné, Stéphane Black-burn et sa conjointe n'ont pas baissé les bras. «Nous avons bien fait. Aujourd'hui, mes fils sont tous deux ceinture brune de karaté», a-t-il illustré, rappelant que les entraves à la motricité fine étaient souvent évoquées dans les diagnostics de TSA. 

«Si mes parents, dans les années 60, avaient su que j'étais autiste, sans doute auraient-ils renoncé à m'inscrire à des cours de violon, et je n'aurais jamais fait d'orchestre, et je n'aurais pas enseigné cet instrument durant 25 ans», a témoigné M. Blackburn, qui se bat pour la «reconnaissance sociale des autistes».

«Je me sens un peu comme un homosexuel dans les années 60, j'évite toujours de parler de mon état lors d'entretiens d'embauche. [...] Je dois faire mes preuves d'abord, et j'attends le plus longtemps possible avant de faire mon coming-out. C'est une situation que j'aimerais voir éradiquée avant que mes enfants affrontent la vraie vie. C'est pour eux que je suis ici, que je me bats [...], pour le droit fondamental à la différence», a conclu le père de famille.

Le forum, qui se poursuit vendredi à l'Institut universitaire de santé mentale de Québec, a pour but de faire le point sur l'évolution des connaissances sur le TSA, mais aussi et surtout d'établir les priorités dans les besoins des personnes autistes et de leur entourage. 

La ministre déléguée à la Réadaptation, à la Protection de la jeunesse, à la Santé publique et aux Saines habitudes de vie, Lucie Charlebois, fera une annonce à la suite des travaux du forum, vendredi après-midi.

L'autisme en chiffres

Les études les plus récentes estiment que le taux de prévalence des personnes autistes varierait entre 90 et 120 individus sur 10 000, soit environ 1 % de la population. L'estimation de la prévalence du TSA au Canada, y compris les enfants et les adultes, est de 1 sur 94. En 2010-2011, on comptait 8318 enfants ayant un TSA scolarisés dans le secteur public. En cinq ans, soit entre 2005 et 2011, le nombre d'élèves autistes scolarisés dans le secteur public au Québec a doublé. C'est aujourd'hui la catégorie d'élèves handicapés ou en difficulté d'adaptation ou d'apprentissage la plus représentée au Québec. L'étiologie de l'autisme est encore mal connue, mais il semble y avoir consensus dans la communauté médicale pour admettre que le trouble pourrait être d'origine génétique, neurobiologique ou environnementale.

Source : Fédération québécoise de l'autisme

13 février 2016

Belfort : un garçonnet autiste exclu définitivement de l'accueil périscolaire après avoir mordu une fillette

article publié dans l'Est Républicain

inclusion du handicap en milieu périscolaire

Un enfant de 4 ans souffrant de troubles autistiques a été exclu de l’accueil périscolaire de son école le 1er février après y avoir mordu une camarade le 18 janvier. L’incident pose le problème de l’inclusion hors temps scolaire.

12/02/2016 à 05:08, actualisé à 08:43

Sa maman a encore du mal à réaliser et les larmes lui montent plusieurs fois aux yeux tandis qu’elle se remémore « l’incident du 18 janvier ». Alors que les enfants de moyenne section de la maternelle Bartholdi à Belfort venaient de quitter la classe pour intégrer l’accueil périscolaire, son fils de 4 ans « a mordu à la tempe une fillette de sa classe. Quand je suis arrivée, le papa de la petite était là, très énervé, sa fille était assise sur un banc. Je me suis excusée mais le papa n’a rien voulu entendre et m’a dit qu’il ferait un signalement ».

Une main courante est effectivement déposée au commissariat et l’incident est remonté au service Éducation de la Ville. Qui envoie, le 1er février, une lettre d’exclusion définitive de Marwan de l’accueil périscolaire. Y compris le mardi, le seul jour où il mange à la restauration.

Du 11 au 22 janvier, ses parents, qui suivent tous deux une formation professionnelle, l’avaient exceptionnellement inscrit à l’accueil du soir auquel il n’était pas habitué.

Cinq autres situations dans le périscolaire

Consciente du problème, la maman de Marwan a déposé aussitôt après l’incident une demande d’aide humaine au périscolaire à la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH). Et a informé la mairie de ses démarches. Diagnostiqué depuis l’automne « autiste léger », Marwan dispose d’une accompagnante d’élève en situation de handicap (AESH) les neuf heures hebdomadaires où il va en classe. Le reste du temps, il est accueilli en hôpital de jour « où ça se passe bien », relate sa maman qui ajoute que c’est la psychiatre qui le suit qui a insisté pour que l’enfant reste scolarisé en milieu ordinaire, et non pas en structure spécialisée.

Évoqué au conseil d’école la semaine dernière, « l’incident » a ému des parents d’élèves qui y ont vu une « discrimination au handicap ». Ian Boucard, conseiller municipal délégué à l’Enfance, s’inscrit en faux : « Nous avons pris cette décision d’exclure en responsabilité, en se donnant quinze jours de réflexion ».

Fatima Lalouani, responsable du périscolaire, assure, ce qui est répété dans le courrier aux parents, qu’il y a eu plusieurs incidents avec le petit. Mais cette histoire résulterait surtout d’un déficit de communication : « Ni l’enseignante, ni les parents ne m’ont parlé de ses troubles du comportement », insiste Fatima Lalouani. La maman de Marwan, elle, estime que comme « l’école était au courant », l’information avait suivi.

« Nous avons sollicité la MDPH pour rétablir la situation », précise Ian Boucard. Dans quatre écoles de Belfort, cinq situations du même type sont identifiées en périscolaire. Un accompagnement global de ces cas permettrait à la Ville d’être en cohérence avec la loi du 11 février 2005 qui exige que tout enfant en situation de handicap trouve une solution scolaire.

Mais autour de l’école ?

Karine FRELIN

13 février 2016

Autisme : une école emblématique menacée de fermeture

article publié dans Le Figaro

Par
Publié le 12/02/2016 à 16:57

La fermeture annoncée de la Futuroschool, école emblématique des nouvelles méthodes éducatives pour les autistes, plonge des familles dans le désarroi. L'association Vaincre l'autisme, qui l'a créée et fait condamner l'État en 2015 pour « défaut de prise en charge» d'enfants autistes, dénonce une mauvaise volonté politique.

Alors que la France a été condamnée à plusieurs reprises par le Conseil de l'Europe pour sa mauvaise prise en charge des enfants autistes, la Futuroschool, une école emblématique des nouvelles méthodes recommandées, risque de disparaître à Paris. Cette structure innovante a été pionnière dans la mise en place d'un accueil adapté aux autistes, un type d'établissement dont la France manque cruellement.

«Mauvaise volonté politique»

Son président, M'Hammed Sajidi, dénonce une «mauvaise volonté politique» car son association, Vaincre l'autisme, a réussi à faire condamner l'État français en 2015 par le tribunal administratif de Paris à verser plus de 240 000 euros de dommages à sept familles d'enfants autistes pour «défaut de prise en charge adaptée» en 2015.

Vaincre l'autisme espère trouver rapidement un arrangement avec les autorités de santé pour donner un signal sur la volonté d'améliorer la prise en charge de l'autisme en France. La structure souffre cependant d'une situation financière très délicate. En 2009, l'Igas avait notamment pointé la «gestion approximative et peu cadrée» des écoles de l'association, créées dans le cadre du Plan autisme 2008-2010.

«Pour les familles, c'est une catastrophe»

Située dans le XIème arrondissement, la Futuroschool s'appuie sur une méthode comportementale, alternative à la psychiatrie, et accueille actuellement dix enfants. «Nous avons une autorisation de l'ARS (Agence Régionale de Santé) qui s'arrête en juillet 2016 et qui ne nous a pas été renouvelée. Notre situation économique est devenue intenable car nous avons du mal à avoir un accord avec le ministère de la Santé sur la gestion de l'établissement», déplore son fondateur et président de l'association Vaincre l'autisme, M'Hammed Sajidi.

«Pour les familles, c'est une catastrophe. Sans la Futuroschool, nous n'avons plus aucune solution. L'Agence régionale de santé (ARS) ne nous propose rien en remplacement. Nous allons nous retrouver sur des listes pour d'autres structures qui ont déjà des centaines de demandes en attente, alerte Thomas, père d'un garçon de 13 ans, Raphaël, polyhandicapé et autiste. Nous avions déjà eu beaucoup de mal à trouver un endroit adapté qui puisse prendre notre fils en charge...». Chloé, la mère de l'adolescent, déplore également que les programmes soigneusement mis en place pour son fils depuis trois ans puissent être arrêtés du jour au lendemain. «C'est du gâchis alors que l'équipe d'éducateurs avait réussi à construire une prise en charge efficace et adaptée à chaque enfant, dénonce-t-elle. Nous allons nous retrouver sur le carreau, avec un enfant à la maison 24 heures sur 24».

13 février 2016

Un diplôme pour accompagner les élèves handicapés

article publié dans Faire-face
Un diplôme pour accompagner les élèves handicapés
La professionnalisation des auxiliaires de vie scolaire va dans le bon sens mais le niveau de ce diplôme n'est pas suffisamment élevé, selon les associations. © Franck Seuret
Publié le 12 février 2016

L’une des trois spécialités du tout nouveau Diplôme d’État d’accompagnant éducatif et social (DEAES) porte sur l’accompagnement des élèves handicapés. Jusqu’à présent, aucune formation diplômante n’existait pour les auxiliaires de vie scolaire.

Attention, message codé  : pas d’AESH sans DEAES. Traduction : les candidats à un poste d’Accompagnant d’élèves en situation de handicap (AESH) devront désormais être titulaire d’un Diplôme d’État d’accompagnant éducatif et social (DEAES). Ils ne pourront toutefois postuler à un emploi d’AESH que s’ils ont choisi, parmi les trois spécialités proposées dans le cadre de ce cursus (voir encadré), l’accompagnement à l’éducation inclusive et à la vie ordinaire. Ce tout nouveau diplôme, créé par un décret et un arrêté du ministère des Affaires sociales en date du 29 janvier 2016, comble un vide : jusqu’à présent, aucune formation diplômante n’existait pour les auxiliaires de vie scolaire.

Un diplôme ne répondant pas aux besoins de tous les élèves handicapés

« Il est effectivement important de professionnaliser les personnes accompagnant les élèves handicapés, note Bénédicte Kail, conseillère nationale de l’APF. Mais ce diplôme est seulement de niveau V, comme un CAP ou un BEP. Ses titulaires risquent donc de se heurter à certaines limites dans l’accompagnement au savoir des collégiens et des lycéens, voire même dès l’élémentaire pour certaines tâches. »

« L’un des grands enjeux pour l’Éducation nationale est de parvenir à ce que les jeunes en situation de handicap poursuivent leurs études aussi loin que possible, ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui, complète Sophie Cluzel, la présidente de la Fnaseph. Comment y parvenir avec des accompagnants ayant un diplôme d’un niveau inférieur au bac ? »

Source : rapport de la députée Barbara Pompili, projet de loi de finances 2016

Source : rapport de la députée Barbara Pompili, projet de loi de finances 2016

Peu de recrutements pour ces diplômés

Plus fondamentalement encore, le nombre de diplômés en fonction risque d’être très réduit. Aujourd’hui, sur les 76 000 auxiliaires de vie scolaire en exercice, seuls 28 000 (un tiers) ont le statut d’AESH, les 48 000 autres étant en contrats aidés. « Et seuls quelques dizaines d’AESH ont été embauchés cette année, souligne Sophie Cluzel. La plupart des autres recrutements se font sous contrats aidés, pour lesquels les seuls critères sont l’éligibilité à ce type de contrat. Rien n’indique que la tendance va s’inverser. » Autrement dit, l’État vient de créer un diplôme permettant d’accéder à des postes qu’il ne crée qu’en nombre insuffisant… Franck Seuret

Un diplôme, trois spécialités

Le Diplôme d’État d’accompagnant éducatif et social fusionne les Diplômes d’État d’auxiliaire de vie sociale (DEAVS) et d’Aide médico-psychologique (DEAMP). Le tronc commun centré sur l’intervention auprès des personnes (378 heures) sera complété par l’une de ces trois spécialisations (147 heures) : accompagnement à la vie à domicile (ex-DEAVS), à la vie en structure collective (ex-DEAMP) ou à l’éducation inclusive et à la vie ordinaire. La formation, comprenant également 840 heures de stages, s’étalera sur un à deux an(s), selon le profil des candidats.

La création d’un diplôme unique d’accompagnement vise à faciliter les passerelles entre ces trois secteurs d’activité. Les professionnels pourraient donc évoluer plus facilement au cours de leur carrière, en passant les spécialisations correspondantes.

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