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"Au bonheur d'Elise"
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7 mai 2014

Patho-logique de l'égalité

Édito de Charles Melman 06/05/2014 publié sur le site de l'A.L.I. Association Lacanienne Internationale (reconnue d'utilité publique)

 

Patho-logique de l’égalité

On pourrait penser que pour être égaux il n’y a que deux moyens : partager le même trait, ou ne plus se distinguer par aucun.

La parité, par exemple, suppose la distribution générale du trait réservé jusqu’ici au mâle. À toutes comme à tous, le même machin, bravo. Mais la promotion du genre, elle, refuse de faire de ce machin un trait distinctif : on se retrouve égaux de ne plus se distinguer par quelque trait, l’apparence étant variable ne compte pas. Il est fatal que le trait généralisé ne renvoie, lui, à un crédible fondateur – opération logique incontournable – et n’expose ses porteurs à être envahis par un sentiment de toute puissance maniaque.

De façon symétrique, le défaut de tout trait identificatoire expose à la dépression.

Imaginons un instant que la promotion actuelle de la bipolarité, au moins dans le diagnostic, soit un effet de ce dispositif : révélation que le 1 n’est que le représentant du 0, dès lors que Dieu c’est terminé. Voilà au moins qui serait amusant.

Mais il y a encore une possibilité, non plus le trait, représentant du 1, mais l’usage de la lettre comme support de l’égalité : a = a. La difficulté dans ce cas est que le 2è a est différent du 1er par l’ordinal aussi bien que par sa genèse qui est celle du processus de répétition : il faut un tour différent pour cerner le même.

Charles Melman

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7 mai 2014

Le mot de la présidente d'Autisme France : Danièle Langloys

sur le site d'Autisme France

Chers adhérents et partenaires d’Autisme France,

Danièle Langloys

L’actualité de l’autisme reste largement concentrée sur le plan autisme. L’équipe qui le met en œuvre au niveau ministériel et interministériel mesure le chantier titanesque qui reste à mettre en œuvre.

En effet, il n’existe dans l’immédiat aucun des outils qui permettraient d’avancer efficacement : il faudrait d’urgence un référentiel national opposable pour définir les critères de qualité qu’on est en droit d’attendre d’un établissement ou service accueillant des personnes autistes, la formation des ARS aux connaissances actuelles en autisme est un préalable absolu, tant, pour le moment, les dérives de certaines sont inquiétantes ; il faut outiller par ailleurs les ARS avec un cahier des charges spécifiques pour les appels à projets, afin d’éviter les dévoiements qui se sont déjà produits : l’argent public doit aller à la mise en œuvre des politiques de santé publique et donc, en l’occurrence, au respect des lignes directrices du plan autisme 3 à savoir prioritairement la conformité aux recommandations de la Haute Autorité de Santé et de l’ANESM.

Il est inacceptable que l’argent public aille à des associations gestionnaires qui mettent en avant leur projet associatif, surtout psychanalytique, à l’opposé du respect des politiques publiques définies par un projet interministériel. Ces mœurs typiquement françaises, où chacun s’autorise de son identité propre, dans le champ associatif, pour faire ce dont il a envie, sans aucune évaluation des pratiques, ni respect des besoins des personnes autistes, sont devenues franchement scandaleuses. Nous apporterons bien sûr toute notre expertise à la naissance de ces nouveaux outils indispensables.

A vrai dire, c’est une mobilisation générale qui s’impose : le plan n’est pas celui de la seule Mme Carlotti.

Nous attendons donc que l’Education Nationale améliore sensiblement son analyse de la scolarisation des enfants et adolescents autistes. Elle a commencé mais il reste beaucoup à faire : les dispositifs adaptés manquent, les aménagements pédagogiques en sont aux balbutiements, la formation des enseignants reste anecdotique, et nous attendons toujours que l’argent du sanitaire et du médico-social soit réorienté vers l’enseignement, pour y inscrire définitivement le soutien éducatif nécessaire, dans l’école, et avec les moyens donnés à l’école.

Les Unités d’Enseignement sont un pari, mais constituent encore une bien timide ébauche de l’école inclusive que nous n’avons cessé de demander depuis 25 ans.

Nous attendons que le Ministère de la Santé mobilise les personnels de santé massivement : leur refus de diagnostiquer, leur maintien par la force contre les familles de définitions de l’autisme et des pratiques délirantes qui vont avec, sont une honte nationale. Quand on est payé avec de l’argent public, on respecte les recommandations de la Haute Autorité de Santé.

Nous attendons enfin que la CNSA donne des consignes claires aux MDPH pour soutenir les familles : fin de l’acharnement contre les parents, reconnaissance des besoins éducatifs non pourvus, financement des interventions éducatives non mises à disposition des familles par absence de structures adaptées, dans le cadre de la PCH, puisqu’elles sont recommandées par la HAS et l’ANESM.

Ces interventions s’imposent aux parents, aux professionnels, aux MDPH, aux ARS, et conformément à l’article L 246-1 du Code de l’Action Sociale et des familles, elles doivent être financées sur fonds publics.


Danièle Langloys, Présidente
et le conseil d’administration d’Autisme France

7 mai 2014

Les parents d'une jeune fille autiste se désespèrent de ne pas trouver un structure adaptée pour leur fille Mélodie ...

7 05 2014

article publié dans LOCAMIN

http://www.sudouest.fr/2014/05/07/une-famille-sans-solution-1545867-3228.php

Les parents d’une jeune fille autiste se désespèrent de ne pas trouver une structure adaptée pour leur fille Mélodie qui va devoir quitter sa structure actuelle.

famille sans solution mélodie sud ouest

Alain et Catherine Goubelet vivent selon leurs propres dires un véritable enfer depuis sept ans pour ne pas dire depuis vingt et un ans, à la naissance de leur fille Mélodie. Jusqu’à l’âge de 14 ans, aucun médecin n’a été en mesure de poser un diagnostic sur la pathologie de Mélodie. Pourtant, dès son plus jeune âge, ses troubles comportementaux ne passent pas inaperçus. « Elle se murait dans le mutisme et n’en sortait que pour pousser des cris horribles, pleurer des heures entières », raconte sa maman. « Elle avait des peurs phobiques de l’eau, de marcher dans l’herbe et de tous les animaux. »

Après ses trois années de maternelle où elle est suivie en hôpital de jour, ses parents n’ont d’autre choix que de la retirer du milieu scolaire traditionnel pour lui faire intégrer une section spécialisée (CLIS). Les choses se passent mal, Mélodie étant en incapacité de suivre cette scolarité adaptée. « Nous nous sommes alors tournés vers une association floiracaise, l’école des Plateaux, dirigée par Christine Paturel, une femme extraordinaire », évoque Catherine Goubelet.

Des parents en colère

Mais l’état de Mélodie se dégrade inexorablement. Aucun traitement ne marche et ses troubles deviennent ingérables pour ses parents qui la récupèrent tous les week-ends, jours fériés et vacances scolaires. Les médecins augmentent les doses, tentent de nouvelles thérapies. En vain. « Ses crises étaient de plus en plus fréquentes », raconte sa mère. « Des cris épouvantables, des pleurs horribles, des colères terribles. Chez nous, on devait tout lui passer car le pire était à craindre si elle se rebellait. »

À sa pathologie mentale s’est très vite ajouté un délabrement physique avec une scoliose prononcée. En 2007, un diagnostic est enfin posé. Mélodie est déclarée autiste avec l’atteinte associée d’une maladie génétique extrêmement rare. Une dizaine de cas répertoriés dans le monde selon les médecins. Mélodie intègre alors un institut médico-éducatif à Lamothe-Landerron, à la limite de la Gironde et du Lot-et-Garonne.

Le souci du couple Goubelet, aujourd’hui, c’est que Mélodie aurait déjà dû quitter cette structure depuis presque deux ans, les IME n’accueillant les jeunes adultes que jusqu’à l’âge de 20 ans. « Mélodie doit quitter cet IME mais aucune autre structure ne veut d’elle, se désole Catherine Goubelet. Nous remuons ciel et terre pour trouver une solution mais toutes les portes se ferment devant nous. Même les psychiatres disent ne rien pouvoir faire pour nous. C’est insupportable ! » Alain, le papa, ne décolère pas devant cette situation. « Si les médecins ne font pas le maximum, ne serait-ce que pour nous faire ouvrir des portes, alors que va-t-on faire ? Nous avons vraiment le sentiment qu’ils nous laissent tomber ! »

« Personne ne semble se rendre compte de notre détresse, se lamente Catherine Goubelet. Nous n’avons plus de vie depuis plusieurs années, nous sommes esclaves de cette situation. Jusqu’à quand pourra-t-on supporter l’insupportable ? » Le couple se plaint par ailleurs de ne recevoir aucune aide pour s’occuper de Mélodie quand elle est à leur domicile. « Nous n’avons même pas droit à une assistante sociale », surenchérit la maman. « À part la prise en compte de l’IME, nous sommes seuls au monde. Seuls face à une situation que nous n’avons plus la force de gérer. Nous sommes épuisés, à bout de force. Notre vie est un cauchemar. »

Une place à trouver

À l’IME de Lamothe-Landerron où se trouve Mélodie, le directeur adjoint, François Cots, a bien conscience de la douleur que cette situation génère pour les parents. Il constitue actuellement un dossier pour une maison d’accueil spécialisée (MAS) de Villenave-d’Ornon sans aucune certitude d’admission.

« C’est notre travail », explique l’autre directrice adjointe. « Mais si l’on garde de jeunes adultes de plus de 20 ans le temps de trouver une autre structure, on ne peut pas non plus les garder éternellement. Nous avons des enfants sur liste d’attente. S’il n’y a pas de sortie, il ne peut pas y avoir d’admission ! »

CHRISTIAN BOISSON

7 mai 2014

Handicap : "La prestation proposée en Belgique doit correspondre à nos exigences de qualité"

Marie PIQUEMAL 7 mai 2014 à 07:12 (Mis à jour : 7 mai 2014 à 10:26)

Les Boutons d'or, à Celles-en-Hainaut, en Belgique, où les conditions de prise en charge des handicapés sont calamiteuses. Les Boutons d'or, à Celles-en-Hainaut, en Belgique, où les conditions de prise en charge des handicapés sont calamiteuses. (Photo Nicolas Maeterlinck. AFP)

INTERVIEW Ségolène Neuville, secrétaire d'Etat en charge des personnes handicapées, se rend ce mercredi en Wallonie, où sont pris en charge des milliers de Français handicapés.

Junior Minister in charge of Disabled People and Fight against Exclusion Segolene Neuville poses on April 9, 2014 in Paris. AFP PHOTO / KENZO TRIBOUILLARDDepuis des années, la France sous-traite à la Belgique la prise en charge d’une partie de ses ressortissants handicapés, surtout mentaux. De l’autre côté de la frontière, s’est développé un marché juteux. Aujourd’hui près de 140 établissements accueillent exclusivement des Français. Certains d’entre eux sont des structures privées à but lucratif, n’offrant pas toujours des bonnes conditions de prises en charge. Si des établissements utilisent l’argent versé par la sécurité sociale française pour le bien être des résidents, d’autres non, comme le démontrait Libération le 25 avril dernier.

Au lendemain de la parution de l’enquête, la ministre belge Eliane Tillieux (PS) a expliqué déplorer la «marchandisation du secteur» tout en assurant être coincée juridiquement, renvoyant la France à ses responsabilités. Fraîchement nommée secrétaire d’Etat chargée des Personnes handicapées dans le gouvernement Valls, Ségolène Neuville (photo AFP) a envoyé deux inspecteurs dans le centre les Boutons d’or, où les conditions de prises en charge constatées sont calamiteuses. Elle se rend par ailleurs en Wallonie ce mercredi, pour discuter de vive voix avec son homologue belge. Elle n’a pas accepté que nous la suivions dans ce déplacement, au nom du «devoir de réserve en veille d’élections européennes». Mais a répondu à nos questions lundi, dans son bureau au siège du ministère de la Santé.

Allez-vous visiter des centres en Belgique?

Non, ce n’est pas mon rôle. C’est celui des inspecteurs belges et depuis peu, des inspecteurs français. Je ne dis pas que je n’irai jamais dans des établissements, mais dans un premier temps, ce qui est essentiel, c’est qu’il y ait des contrôles conjoints, enfin rendus possibles depuis l’entrée en vigueur de l’accord franco-wallon (le 10 mars, ndlr).

Considérez-vous normal que des citoyens français handicapés soient forcés d’aller en Belgique, faute de solutions de prise en charge en France ?

Il n’est pas question d’éradiquer la possibilité d’aller en Belgique, cette option convient à beaucoup de Français de la région parisienne qui préfèrent que leur proche soit en Belgique que dans un établissement du sud de la France.

Le fait que ce secteur soit ouvert à des investisseurs privés à but lucratif ne vous interpelle pas ?

Je vais répéter ce que j’ai déjà dit dans le communiqué de presse et à l’Assemblée. Je suis très contente que dans le secteur du handicap en France, le privé lucratif soit ultraminoritaire. Ce sont 5 établissements sur 10 000. Dans l’Hexagone, le secteur est tellement réglementé, tellement exigeant, qu’en l’état actuel, cela n’intéresse pas le privé lucratif. Il est à l’abri de fait, et c’est une bonne chose.

Mais le problème reste le même puisque plusieurs milliers de citoyens français vivent dans des structures privées de l’autre côté de la frontière.

Vous savez, le privé est déjà présent dans le médical et le sanitaire, que ce soit les cliniques ou les maisons de retraite. Cela dit, je pense que le lucratif n’a rien à faire dans ce secteur, il n’est pas normal de faire du bénéfice avec l’argent public au détriment des personnes handicapées. C’est de la responsabilité de la Belgique aujourd’hui: c’est elle qui autorise ces centres et les contrôle. Jusqu’à présent, la France n’avait pas les moyens de contrôler. Depuis peu, nous pouvons. Cela va changer.

Avez-vous prévu d’embaucher des inspecteurs ?

Je vais d’abord évaluer les besoins. C’est l’objet de ma visite en Belgique mercredi. Je veux me faire une idée par moi-même. Je vais aussi en discuter avec l’agence régionale de santé du Nord Pas-de-Calais et voir comment on peut organiser les choses. Je suis persuadée que si on augmente les contrôles, la prise en charge sera satisfaisante partout.

La législation belge n’est pas très stricte, il est assez facile d’ouvrir un centre accueillant des personnes handicapées françaises...

La prestation proposée doit correspondre à l’exigence de qualité que nous avons en France. Il faut que cela soit du même niveau. Dans l’état actuel des choses, on a besoin de ces places en Belgique. La meilleure façon, je le répète, c’est d’instaurer des contrôles draconiens. C’est comme ça qu’il faut prendre le problème: non pas en fermant ces centres mais en leur imposant les normes françaises. C’est mon objectif.

Pourquoi ne pas ouvrir plus de structures en France ?

Depuis cinq ans, nous ouvrons 4 000 nouvelles places chaque année en France… Malgré cela, les listes d’attente sont toujours interminables dans certains départements. Même si on créait 10 000 places en une année, je suis prête à parier qu’il y aurait toujours des personnes sans solution en France. Cela veut bien dire qu’il y a un autre souci : beaucoup de personnes vont en Belgique car elles ont été refusées par les établissements français qui considèrent le handicap trop lourd.

Ce ne serait donc pas qu’un problème de manque de places. Est-ce que les structures en France ont tous leurs lits occupés ?

Je ne suis pas en capacité de le savoir. C’est l’un de mes défis : moderniser le système de données pour que nous sachions exactement combien il y a de personnes handicapées en France et la lourdeur de leur handicap. Curieusement, il n’y a pas de statistiques publiques en la matière. Cela n’a jamais été organisé, les logiciels informatiques des maisons départementales des personnes handicapées ne sont pas compatibles les uns avec les autres. Nous savons très peu de chose : 10 000 établissements en France qui hébergent 460 000 personnes tous âges confondus. En dehors de cela, nous ne savons rien des besoins de ces personnes, et de ce qu’il faudrait faire pour améliorer les choses.

Par ailleurs, nous sommes dans une période de mutation. Il y a énormément de personnes en hôpitaux psychiatriques en France et pour lesquelles il est maintenant recommandé une prise en charge éducative, dans le secteur médico-social donc. De la même façon, il y a des personnes jusqu’ici en établissement et pour lesquelles on se rend compte qu’il vaudrait mieux qu’elles soient à domicile, dans l'objectif qui est le nôtre d'aller vers une société «inclusive». Tout ceci évidemment a des répercussions sur le nombre de places.

Que répondez-vous aux familles désespérées de trouver une solution en France ?

C’est ma principale préoccupation. J’espère que d’ici l’été, je vais pouvoir annoncer des mesures pour prendre en charge ces situations critiques. Denis Piveteau, conseiller d’Etat, a été chargé d’une mission fin 2013, je devrais avoir rapidement ses conclusions. Nous avons déjà des pistes. Par exemple, améliorer les liens entre les établissements médico-sociaux et les hôpitaux psychiatriques. Cela devrait inciter les établissements, gérés par le secteur associatif en grande majorité, à accepter un peu plus les cas compliqués, en se disant qu’au besoin, ils peuvent transférer la personne à l’hôpital le temps nécessaire.

Marie PIQUEMAL
7 mai 2014

Nouvelle structure ABA à Saint Maur ?

Information de Liora Crespin
Parents du Val de Marne !
Le maire de Saint-Maur des Fossés (94100), Sylvain BERRIOS, œuvre activement avec son équipe et en partenariat avec l’association AIME77, pour pousser le dossier d’une création dans sa ville d’un IME ABA sur le modèle de l’IME ECLAIR. Le dossier est déposé aux ARS 94 et au ministère depuis deux ans. Si vous êtes du Val-de-Marne et intéressez de nous joindre à cette aventure, vous pouvez m’écrire à aime77@orange.fr

 

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6 mai 2014

La démarche qualité d'Autisme France

Information publié sur le site d'Autisme France

une approche et un outil au service des personnes accueillies


Autisme France a toujours placé la qualité de l’accompagnement des personnes autistes au cœur de son projet associatif. Cette exigence de qualité est décrite dans toutes ses dimensions dans la Charte « Ce que nous voulons », et en adhérant à la Charte, les associations partenaires prennent l’engagement de la placer au cœur de leurs propres actions.

La démarche qualité d’Autisme France repose fondamentalement sur le principe que la qualité dans l’autisme ne s’improvise pas et se construit à tout instant. Il faut :

  • s’appuyer sur une connaissance de l’autisme régulièrement mise à jour pour définir les objectifs et les stratégies les plus appropriées pour chaque personne accompagnée
  • mobiliser des intervenants spécifiquement formés à l’autisme, démontrant leur maîtrise des outils nécessaires pour la compréhension, l’éducation, le développement et la gestion des comportements des personnes accompagnées. 


La démarche qualité d’Autisme France est concrétisée :

  • par la création d’une Commission Qualité réunissant des parents et des professionnels,
  • par la publication dès 2005 par la Commission Qualité de grilles d’évaluation à l’usage des services et établissements médico-sociaux
  • par la définition d’un label d’accréditation qualité faisant suite à une procédure d’évaluation soumise pour validation à la Commission Qualité.


Les grilles d’évaluation mettent particulièrement l’accent sur la nécessité d’associer tous les acteurs concernés (familles, responsables légaux et usagers, Administrateurs, cadres de direction, techniciens, employés et ouvriers, partenaires) à la définition et à la mise en œuvre du projet personnalisé de chaque personne accompagnée.

Les grilles d’évaluation d’Autisme France restent à ce jour l’outil le plus complet et le plus précis pour évaluer la qualité de l’accompagnement proposé aux personnes avec autisme. Elles sont compatibles avec les dernières recommandations de l’ANESM et de la HAS. De nombreux établissements (relevant parfois d’associations qui ne sont pas partenaires AF) indiquent s’en inspirer pour leurs évaluations internes, sans s’y référer explicitement.


 

Pour faire reconnaître, pérenniser, et améliorer la qualité du service, obtenez le

Label Autisme France

Seule démarche Qualité francophone spécifique à l’autisme, pour tous les âges et toutes les situations, tous les types d’établissement.

Basée sur des référentiels complets incluant toutes les recommandations 2013 de la HAS.

Réalisée par des professionnels dont certains sont parents, qui tous ont acquis une grande connaissance de l'autisme et une large expérience de terrain

Mieux qu’une certification car centré sur la personne avec TSA

Lien vers le site internet 

Pour toute information complémentaire :
www.autismequalite.fr

Grilles d'évaluation


Services enfants externat
Services enfants internat
Services adultes externat
Services adultes internat
Intervention précoce et Sessad


Plaquette du programme qualité

Plaquette à télécharger

6 mai 2014

Autisme : La formation des pros, grande priorité

05/05/14 - 08h30
La Haute autorité de santé préconise un projet personnalisé d’interventions pour chaque enfant autiste. - SALESSE Florian

La Haute autorité de santé préconise un projet personnalisé d’interventions pour chaque enfant autiste. - SALESSE Florian

Si la prise en charge des troubles autistiques suscite toujours de vives critiques, plusieurs professionnels assurent que les lignes bougent.

Parents, associations... Ils sont nombreux à dénoncer les lacunes du système de prise en charge de l’autisme et des troubles envahissants du développement (TED) associés : difficultés pour établir un diagnostic dans l’Yonne, des professionnels peu ou pas formés, un manque de places dédiées au sein des établissements médico-sociaux, avec des personnels qui ne sont pas initiés aux méthodes pour ce type de handicaps.

« Pour les familles, c’est toujours trop tard  »

L’Yonne ne compte que dix places, à l’Institut médico-éducatif (IME) des Isles, à Auxerre, réservées aux enfants autistes. Et aucun Service d’éducation spéciale et de soins à domicile (Sessad) propre à ce handicap. « Il y a de grosses carences, un déficit abyssal de moyens dans ce département », déplore Roselyne Cart-Tanneur, fondatrice de l’association Autisme et TED 89, reconnue d’intérêt général à l’automne dernier.

« Pour les familles, c’est toujours trop tard et insuffisant, admet Fabien Joly, coordinateur du Centre ressources autisme (CRA) de Bourgogne. Mais il y a un réel effort sur l’autisme, quelque chose qui bouge indéniablement. » Un effort imposé par le 3e plan autisme, initié en juillet 2012.

Le texte, qui prévoit un budget de 205,5 M€, met l’accent sur le diagnostic précoce, l’accompagnement des familles et la formation des acteurs des milieux médical, paramédical, médico-social et scolaire. « On voit dans le département une réelle dynamique. Les professionnels se forment et forment leur personnel aux méthodes », remarque Anne-Laure Moser, directrice de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) de l’Yonne, qui assure que « les crédits débloqués le seront surtout pour la formation ».

Fabien Joly – qui constate aussi que les demandes de formation auprès du CRA explosent – insiste, lui, sur la diversification des moyens et la mutualisation des compétences, rappelant que les TED regroupent un vaste panel de pathologies, à des degrés divers. [...]

L’Agence régionale de santé, qui pilote la mise en place du plan, va organiser des Comités techniques départementaux de l’autisme (CTDA) pour coordonner tous les acteurs. Un travail en réseau qui commencera, dans l’Yonne, le 13 mai. 

Laurenne Jannot
5 mai 2014

C'est une bombe qui est en train d'exploser

Marie PIQUEMAL 24 avril 2014 à 19:56

INTERVIEW Pour Isabelle Resplendino, d’Autisme France, l’Etat doit miser sur l’éducation.

Isabelle Resplendino est déléguée de l’association Autisme France, en charge des Français en situation de handicap en Belgique., Elle habite près de la frontière, dans la province du Hainaut.


Comment se fait-il que la France n’ait pas suffisamment d’établissements spécialisés ?

On prend le problème à l’envers. Si on scolarisait plus les enfants handicapés, beaucoup deviendraient des adultes autonomes et nous ne serions pas dans cette situation de pénurie. C’est parce que la France ne se donne pas les moyens d’éduquer ces enfants que nous en sommes là aujourd’hui. La situation s’aggrave de jour en jour. C’est une bombe qui est en train d’exploser.

Pourquoi ?

L’espérance de vie des personnes handicapées progresse énormément. Les places ne se libèrent que quand les gens meurent. La pénurie est telle que les associations gestionnaires des établissements en France font leur marché. Elles se gardent les cas les moins lourds, et les autres sont envoyés en Belgique.

Pourquoi la Belgique ?

La raison est historique. Ça remonte à la Révolution française, quand les religieux ont fui la France. A l’origine, eux seuls s’occupaient des enfants handicapés. Ils ont donc continué, mais en Belgique. Pendant des années, c’était complètement anarchique, ces enfants étaient pris en charge dans des instituts sans aucune réglementation. Ce n’est qu’en 1995 qu’est apparu le premier décret belge pour un peu réguler le secteur. Depuis, les Français continuent d’être envoyés en Belgique, parce que ça coûte moins cher.

La raison est donc financière ?

Pour moi, c’est surtout un manque de courage politique. Car enfermer des personnes dans des hôpitaux ou des établissements spécialisés coûte cher de toute façon, même en Belgique. Le problème en France, c’est qu’on considère encore que les personnes déficientes mentales relèvent du domaine du soin, et non de l’éducation. C’est un postulat complètement faux. Dans les années 1970, des pays comme l’Italie, le Québec, l’Angleterre ou les Etats-Unis ont mis d’importants moyens pour scolariser en milieu ordinaire les enfants handicapés. En Italie, même les polyhandicapés qui ne battent qu’une paupière vont à l’école. C’est un peu extrême, mais en France, depuis quarante ans, les gouvernements successifs ne prennent que des mesurettes.

Que faudrait-il faire ?

Ouvrir en nombre des classes avec des pédagogies adaptées. Avoir une vraie école inclusive. C’est écrit dans plusieurs textes de loi. Mais il faut se donner les moyens de l’appliquer. Combien de temps devrons-nous encore attendre ? La situation empire. Peut-être est-il déjà trop tard.

Recueilli par M.Pi.
4 mai 2014

La secrétaire d'Etat Ségolène Neuville : "Il y aura des comptes à rendre" sur l'accessibilité aux handicapés

article publié dans l'indépendant

Le 04 mai à 09h52 par Recueilli par Zoé Cadiot | Mis à jour il y a 3 heures

w Ségolène Neuville dans son fauteuil de secrétaire d’Etat.

Ségolène Neuville dans son fauteuil de secrétaire d’Etat. PHOTO/Philippe Dobrowolska

La député des P.-O., Ségolène Neuville, vient de rejoindre l’équipe de Manuel Valls. Médecin, elle est en charge des personnes handicapées et de l’exclusion.

 

Votre nomination au secrétariat d’État en charge des Personnes handicapées et de l’Exclusion a été une surprise. Pour vous aussi ?

Bien sûr que je l’ai été. D’autant que je ne fais pas de la politique pour faire carrière, mais pour être au service des gens. Après, je pense que ma nomination est liée au travail que j’ai accompli à l’Assemblée pendant deux ans. Et pour tout vous dire, ce ministère me va très bien, car j’ai toujours lutté contre les injustices.

Justement, avez-vous été satisfaite du geste obtenu par les parlementaires sur le RSA ?

On ne peut être que satisfaite de la décision du Premier ministre qui a accepté, malgré les contraintes budgétaires, de ne pas geler le RSA. Il n’y aura aucun gel des minima sociaux qui seront revalorisés avec l’inflation. Comme l’ont déjà été au 1er avril, l’allocation de soutien familial (+ 5 %) et le complément familial (+ 10 %). Une réflexion est aussi en cours pour la refonte du RSA activité. Elle pourrait déboucher à l’automne. C’est vraiment l’un de mes dossiers prioritaires.

  • « Notre objectif est que l’accessibilité universelle devienne concrète»
     

A vous écouter, l’accessibilité universelle pour 2015 est une utopie. N’est-ce pas un constat d’échec de la loi Handicap de 2005 ?

Ce n’est pas une nouveauté. Plusieurs rapports administratifs et parlementaires, dont celui de la sénatrice, Claire-Lise Campion en 2012, l’ont déploré.

Est-ce la raison pour laquelle vous avez décidé de légiférer par ordonnance sur de nouveaux délais ?

Oui, car notre objectif est bel et bien que l’accessibilité universelle devienne concrète. D’où la simplification des normes et la création d’agendas d’accessibilité programmée. Avec ces agendas, les établissements disposent d’un délai de trois à neuf ans pour la mise en accessibilité. La majorité d’entre eux devraient déjà être en conformité d’ici trois ans. Le délai de neuf ans devrait être exceptionnel. Il est réservé aux entreprises ou aux collectivités territoriales qui doivent mettre l’ensemble de leur parc immobilier ou leur flotte aux normes. L’Association des paralysés de France regrette néanmoins le manque de sanction… En réalité, il y a des sanctions prévues pour les établissements qui n’auraient pas déposé leur agenda en temps et en heure. Ce sont celles inscrites dans la loi de 2005.

Le retard pris pour la mise en conformité qui représente un investissement important, n’est-il pas lié à la crise ?

Je dirai surtout qu’il n’y a eu ni d’évaluation, ni de suivi, ni d’accompagnement des acteurs qui pouvaient être en difficulté. Maintenant, nous voulons nous donner les moyens d’appliquer la loi.

Comment ?

Avec un vrai suivi et des comptes à rendre. Car un an après avoir déposé leur agenda d’accessibilité, dans lequel les professionnels s’engagent sur un calendrier précis et chiffré des travaux, des contrôles auront lieu, avec des sanctions à la clé en cas de manquement. D’autant qu’avec la signature prochaine d’une convention, ils pourront bénéficier de prêts bonifiés de la Caisse des Dépôts pour les collectivités locales ou de la Banque publique d’investissement (BPI) pour les acteurs privés. À ce dispositif s’ajouteront 1 000 jeunes en service civique qui seront formés en tant qu’ambassadeurs de l’accessibilité et une campagne de communication pour que tout le monde comprenne l’enjeu de l’accessibilité universelle. 

 

Un agenda chargé

La Commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale examinera le 21 mai prochain, le projet de loi habilitant le gouvernement à légiférer par ordonnance sur de nouveaux délais pour l’accessibilité universelle.

Porté par la secrétaire d’État, Ségolène Neuville, le texte a été adopté en première lecture le 28 avril par le Sénat. Il devrait être voté par les députés début juin et la publication des ordonnances pourrait avoir lieu en juillet. « Il y a urgence », jugeait l’élue des Pyrénées-Orientales, lors des débats au Palais du Luxembourg. Il faut dire qu’aujourd’hui, sur les deux millions d’établissements ouverts au public, seuls 330 000 ont effectué des travaux d’ensemble ou partiels pour être en conformité en 2015, comme le stipule la loi Handicap de 2005.

Dans le secteur du logement, le bilan semble plus satisfaisant avec 80 % des habitations qui sont dotées soit d’un ascenseur, soit situées au rez-de-chaussée. Un chiffre toutefois contesté par les associations. En charge également de l’exclusion, Ségolène Neuville s’est dite satisfaite de la décision du Premier ministre qui a accepté, comme le réclamaient plusieurs députés socialistes, de ne pas geler le RSA dans son programme de stabilité.

Un coup de pouce qui, pour elle, permet d’épargner les plus modestes en ces temps de restrictions budgétaires. N’oublions pas que le gouvernement a annoncé un plan d’économies de 50 milliards pour ramener d’ici trois ans le déficit public à 3%.

3 mai 2014

Quelles prévalences de l'autisme avant et... après le DSM-5 ? - JIM.fr

article publié sur LOCAMIN

3 05 2014

Jim.fr

http://www.jim.fr/medecin/actualites/medicale/e-docs/quelles_prevalences_de_lautisme_avant_et_apres_le_dsm_5__145084/document_actu_med.phtml

Avec la publication récente du DSM-5, une révision notable vient d’être opérée dans les critères diagnostiques de l’autisme et des troubles apparentés (dits du « spectre autistique », TSA). Une étude réalisée aux États-Unis évalue l’incidence prévisible de ce changement de critères sur la prévalence des TSA dont presque tous les observateurs s’accordent à dire qu’elle a beaucoup augmenté ces dernières années. Pour cerner cet impact du changement de l’outil diagnostique sur la fréquence attendue des TSA d’une mouture à l’autre du DSM (à savoir du DSM-IV-TR au DSM-5), les auteurs ont appliqué rétrospectivement les nouveaux critères à des sujets ayant déjà reçu un diagnostic d’autisme, en application des critères anciens (ceux du DSM-IV-TR).

Cette étude porte sur près de 650 000 enfants âgés de 8 ans, suivis en 2006 ou en 2008, et vivant dans l’une des « 14 régions géographiquement définies du réseau ADDM (Autism and Developmental Disabilities Monitoring Network – Réseau de  surveillance de l’autisme et des troubles du [neuro] développement). Cette population comporte 6 577 sujets étiquetés « avec autisme », selon les critères de l’édition révisée du DSM-IV. En appliquant rétrospectivement aux intéressés les nouveaux critères préconisés par le DSM-5, les auteurs ont confirmé le diagnostic de TSA pour 5 339 sujets, soit dans 81,2 % des cas, par rapport aux anciens critères. Les proportions de cette concordance entre l’application des nouveaux et des anciens critères se révèlent similaires chez les garçons et chez les filles, mais plus élevées pour les enfants avec déficience intellectuelle (86,6 % des cas) que pour ceux sans déficience cognitive (72,5 % des cas) [p < 0,001]. Inversement, 304 enfants relèvent du diagnostic de TSA selon les critères du DSM-5, mais non selon ceux du DSM-IV-TR.

Sur la base de ces résultats, une simulation de la prévalence des TSA a été faite pour l’année 2008 et s’élève à 1 % de la population [intervalle de confiance à 95 % [IC95] de 0,96 à 1,03], valeur à comparer avec celle retenue effectivement cette année-là avec les critères diagnostiques alors en vigueur : 1,13 % [IC95 de 1,10 à 1,17].

Comme l’estimaient des détracteurs de ces changements de critères, ces résultats augurent d’une prévalence des TSA « probablement inférieure » sous le règne amorcé du DSM-5 qu’à l’époque du DSM-IV-TR. Mais au vu de l’estimation citée, cette réduction des proportions de sujets avec autisme ou troubles apparentés sera sans doute moins importante que ne le craignaient des opposants au DSM-5 voyant surtout dans cette modification des critères une manipulation statistique propre à contenir la prévalence « alarmante » de l’autisme, et à justifier ensuite la limitation des budgets pour financer les soins, la recherche, les allocations, les structures d’accueil…

De plus, les auteurs estiment que cette baisse prévisible de la prévalence sera peut-être « atténuée par l’adaptation future des pratiques » (diagnostiques) pour se conformer aux nouveaux critères. Mais la controverse sur la prévalence « réelle » des troubles apparentés à l’autisme demeure largement ouverte [1].

[1] http://www.asperansa.org/actu/cra_201402/pdf/08-le_debat_sur_le_taux_de_prevalence_des_ted-tsa_maj_05022014.pdf

Dr Alain Cohen

2 mai 2014

Autisme, mythes et illusions par Bernard Dov Botturi

Par Dov Botturi, jeudi 1 mai 2014, 17:38

Que de bruits, de fureurs, de confusions, d'illusions, de passions au sujet de l'autisme, cristallisation sur les personnes porteuse d'autisme à hautes performances comme si elles étaient représentatives de l'ensemble des personnes porteuses de TSA ! c'est comme si pour les personnes atteintes de trisomie 21 on parlait que de la trisomie 21 en mosaïque, qui représente que... 3% des personnes atteintes de trisomie 21. Soyons réalistes, combien de personnes autistes parviendront à être polytechniciens, ingénieurs, etc ? 3% d'entre eux ! 

Revenons à des données scientifiques.... 60% des TSA ont divers troubles associés, troubles non pas étrangers à l'autisme, mais des formes d'autisme à l'expression génétique liée à des chaines génétiques. Selon les gènes concernés l'autisme est associé à divers syndromes tels que ceux de l'X fragile, de Williams & Beuren, Prader & Willi, d'Angelman, etc. Cette polypathologie invalide plus ou moins gravement le développement intellectuel de la personne. 

A cela, il faut ajouter des troubles anxieux généralisés, des troubles de l'attention, le syndrome de Gilles de la Tourette, divers dys, des formes d'épilepsie, des troubles obsessionnels compulsifs.... Tout cela sont des FAITS établis. 

Alors certes il y a des autistes à haute performance et que l'on sache valoriser leurs compétences, bravo, mais il n'y a pas qu'eux il y a les autres, qui sont des personnes humaines, qui ont droit au respect, à la dignité et aussi à la valorisation. Il y en a assez de ne parler que d'une catégorie de personnes porteuses de TSA, celles minoritaires qui ont pu faire science po, devenir professeurs d'université, qui sont devenus musiciens etc.... Sans compter les légendes urbaines qui font d'Einstein et de Bill Gates des autistes à haute performances, pourquoi pas Platon, Jésus, Bouddha, Shakespeare, Dante, Mozart, etc.... Je ne parlerai pas des francs délires qui font des autistes à hautes performances des annonciateurs de l'humanité nouvelle et des néo-nazis (je pèse mes termes) qui ont forgé cet immondice de "neurotypique". 

Je suis fatigué de la ségrégation que je peux découvrir ça et là ségrégation qui fait fi des personnes autistes qui malgré les prises en charge les plus volontaristes et les mieux adaptées n'iront pas plus loin dans les acquisitions scolaires que la 5° dans le meilleur des cas et le CE1 dans le pire. 

Je n'oublie pas non plus ces enfants autistes que j'ai pu rencontrer, polyhandicapés en coque qui n'accéderont jamais au langage car leur appareil phonatoire est à jamais déficient. C'est à ceux là que le pense plus particulièrement comment les inclure, comment leur donner une place digne et là je fais appel à l'imagination et à l'engagement, pas à de vains blabla pour salonnards.


Je ne peux que souscrire comme la majorité des parents ... (jjdupuis)

Sachant cela chacun appréciera différemment et surtout avec plus de lucidité la vidéo suivante publiée ici précédémment :

1 mai 2014

Le Collectif des 39 ou la police de la pensée

article publié sur FRblog - le blog de Franck Ramus

Le "Collectif des 39 contre la nuit sécuritaire" est un collectif qui défend une certaine idée de la psychiatrie française.

Dans sa charte, ce collectif mêle des considérations humanistes à l'égard des patients en psychiatrie qui peuvent recueillir une large approbation (en gros, les sept premiers points, si l'on fait abstraction du terme de "folie" qui est anachronique et donc étonnant de la part de psychiatres), à d'autres beaucoup plus corporatistes visant de toute évidence à défendre les intérêts de certains professionnels, en particulier les deux derniers points, qui refusent:
  • "L’imposture des protocoles standardisés pseudo scientifiques déniant la singularité de chaque acte, de chaque projet soignant, de chaque patient."
    S'il s'agissait vraiment de rejeter les pseudo-sciences, tout le monde serait d'accord. Mais il s'agit là visiblement de protocoles de soins psychiatriques qui sont justement issus de la médecine fondée sur des preuves, et dont il est tout à fait fallacieux d'affirmer qu'ils sont standardisés et qu'ils nient la singularité de chaque patient. Il faut donc comprendre que ce collectif rejette l'idée même d'une psychiatrie fondée sur des preuves. (à l'exact opposé du
    KOllectif du 7 janvier, ainsi que de l'AP4D et du Collectif pour une psychiatrie de progrès).

  • "La mainmise de l’appareil technico gestionnaire tentant d’annihiler, de nier et d’écraser la dimension créative et inventive de tout processus de soin."
    Il faut ici comprendre que les membres de ce collectif exigent de conserver le privilège exorbitant de dépenser l'argent public sans jamais devoir rendre de comptes sur la nature et l'efficacité de leurs pratiques.

 

Plus bas, il est indiqué "Nous défendrons un enseignement reposant en particulier sur la psychopathologie". Cette affirmation pourrait sembler anodine (voire tautologique) à toute personne qui croirait naïvement que psychopathologie signifie simplement "pathologie psychologique". Mais encore faut-il savoir qu'en France, la psychopathologie est aussi un nom de code pour la psychanalyse lorsqu'elle ne veut pas dire son nom. En témoignent par exemple les dizaines de spécialités de masters en psychologie dont les intitulés mentionnent sobrement "psychopathologie" alors que leurs contenus sont quasi-exclusivement psychanalytiques.

Derrière un paravent de bonnes intentions humanistes, ce collectif est donc aussi un syndicat corporatiste défendant la prétention d'une partie des psychiatres et psychologues français à faire strictement ce que bon leur semble avec leurs patients (en particulier pratiquer la psychanalyse), sans avoir à prendre en compte ni les connaissances scientifiques, ni les résultats des essais cliniques évaluant l'efficacité des pratiques psychiatriques, ni le droit des patients à bénéficier d'une psychiatrie fondée sur des preuves, ni celui des cotisants et contribuables à savoir si leur argent est dépensé de manière optimale. 

Pour parvenir à ses fins, ce collectif produit régulièrement des textes marqués par une rhétorique outrancière fleurant bon la théorie du complot, la paranoïa et le délire de persécution, revenant constamment aux "heures sombres de notre histoire" et n'hésitant pas à dénoncer la barbarie et le totalitarisme à tout bout de champ. Le ton est donné dès le texte fondateur Un mouvement pour la psychiatrie:
"Pourtant, peu après le tournant du siècle, l’Etat, mettant en pièce le fondement démocratique de son assise, fit tomber sur le pays une lourde nuit sécuritaire laissant l’épaisseur de l’histoire ensevelir le travail de ceux, Bonnafé, Le Guillant, Daumézon, Tosquelles, Lacan, Paumelle, Lainé et d’autres, dont nos générations ont hérité du travail magnifique."

Afin de mieux documenter cette fixation (à coup sûr "sadico-anale") sur la terreur totalitaire, j'ai procédé à des recherches par mots-clés sur le site du collectif. Voici le nombre d'articles contenant chaque mot-clé (j'ai utilisé autant que possible des mots-clés tronqués permettant de regrouper les différents mots d'une même racine):


Armé de quelques mesures objectives sur le registre lexical dans lequel puisent ces textes, on décèle plus clairement de quoi est fait "l'inconscient collectif" des 39. A lire ces textes, on est d'emblée convaincu que nous sommes à l'aube de la 3ème guerre mondiale, que les barbares sont à notre porte, armés jusqu'aux dents, prêts à venir jusque dans nos bras égorger nos filles et nos compagnes. Aucune décence ni aucun sens du ridicule ne semble pouvoir réfréner la logorrhée produite par ce collectif.

Même si d'ordinaire la meilleure réponse à ce genre de prose me semble être la moquerie ou la parodie (comme Jean-Marie de Lacan s'en est fait une spécialité, et comme je l'ai fait ici par exemple), c'est un curieux incident qui m'a récemment donné envie de décrypter un peu plus systématiquement l'action de ce collectif et donc d'écrire le présent article.

Les textes du collectif des 39 sont publiés sur son site propre, puis relayés sur la page Facebook éponyme, sur laquelle quelques discussions s'ensuivent, pour la plupart des commentaires positifs de la part de supporters du collectif, occasionnellement perturbées par le passage d'un parent d'enfant autiste (la fonction Commentaires a été désactivée depuis longtemps sur le site du collectif, une partie d'entre eux ayant sans doute été jugés insuffisamment approbateurs). C'est ainsi qu'un communiqué de presse intitulé sobrement "Police de la pensée?" a été affiché sur le site le 20 avril, et immédiatement relayé sur la page Facebook. Ce communiqué venait en soutien de la lettre ouverte du Dr Drapier protestant contre le refus de l'Agence Régionale de Santé (ARS) d'Ile-de-France de rembourser les frais d'une formation psychanalytique (lettre à laquelle le collectif Egalited a apporté une excellente réponse sur le fond). 

 

Le 27 avril, je me suis permis de poster le commentaire suivant sur la page Facebook:
"La police de la pensée! Rien que ça! Après reductio ad Hitlerum, reductio ad Orwellium. Décidément ce collectif ne recule devant aucune énormité. Pourtant, si on lit bien la lettre de l'ARS, elle ne comporte aucune interdiction de penser, ni de choisir librement son référentiel théorique, ni de se former à tout ce qu'on veut, à la psychanalyse, au packing, à la pataugeoire, aux ateliers-contes, à la scientologie, à l'aura indigo. Chacun est libre de faire ce qu'il veut. Mais pas avec l'argent de l'assurance-maladie ou des contribuables. C'est tout ce que dit l'ARS. Et c'est bien la moindre des choses. Tout le reste n'est que rhétorique paranoïaque et geignarde."

Puis j'ajoutai un lien vers l'excellente parodie qu'en a fait Jean-Marie de Lacan. Aucune réponse n'a suivi, les commentaires ultérieurs se concentrant sur d'autres sujets autrement plus importants. Puis, moins de 48 heures plus tard, le billet a tout simplement disparu (et les commentaires avec, bien sûr). Plus aucune trace!

Ainsi, il semble que le collectif des 39 a préféré supprimer son propre texte de sa page Facebook que de laisser un simple commentaire potache (mais argumenté) apparent aux yeux de ses lecteurs, et de prendre le risque d'engager un débat sur le fond. Vous avez dit "Police de la pensée?"
1 mai 2014

La trousse de ressources pour les parents - Canada

tiret vert vivrefm top

Ministère des services à l'enfance et à la jeunesse de l'Ontario (Canada).

Trousse de ressources sur l'autisme pour les parents.

(Extrait page 14)
En savoir plus sur les TSA et sur les
caractéristiques propres à votre enfant

Comment sera mon enfant?
Le comportement de chaque individu atteint d’un TSA est particulier.
Les personnes ayant un TSA ont cependant tendance à partager trois
caractéristiques fondamentales.

Difficulté dans les interactions sociales réciproques
Les personnes ayant un TSA ont souvent des difficultés à interagir
ou à entrer en relation avec autrui. Elles sont souvent incapables
de saisir les signaux sociaux émis par autrui, par exemple les
gestes et les expressions du visage, si bien que le monde social est
pour eux source de confusion. Certains enfants atteints de TSA
ne comprennent pas que les autres puissent avoir des pensées, des
sentiments et des désirs différents et indépendants des leurs.

Troubles de la communication
Il arrive que les personnes qui présentent un TSA acquièrent le
langage tardivement, voire pas du tout. Elles tendent à utiliser
les mots sans leur donner leur sens habituel, et elles ont parfois
recours à des gestes plutôt qu’au langage parlé.

Comportements répétitifs et intérêts restreints
Bien souvent, les personnes atteintes de TSA ont des comportements
répétitifs et expriment des besoins et des intérêts spécifiques. Par
exemple, un enfant peut aligner des jouets ou des objets d’une
certaine manière au lieu de jouer à partir de simulacres. D’autres
individus expriment le besoin d’une régularité stricte et de routines
structurées autour d’eux, ainsi que des intérêts marqués.
30 avril 2014

Vidéo : les autistes et les mythes

Publiée le 29 avr. 2014

Cette vidéo est le fruit du travail d'équipe de personnes autistes. Malgré le court délai, on a réussi cette première composition collective.  

Un grand merci à tous les participants! Votre voix sera porter haute, forte et loin!  

Montréal, Avril 2014

29 avril 2014

La ministre belge de la Santé regrette "la marchandisation du secteur du handicap"

Marie PIQUEMAL 29 avril 2014 à 14:54


Eliane Tillieux, ministre wallonne de la Santé, de l'Action sociale et de l'Egalité des chances.

Eliane Tillieux, ministre wallonne de la Santé, de l'Action sociale et de l'Egalité des chances. (DR)

INTERVIEW
Après l'enquête de «Libération», Eliane Tillieux déplore de ne pouvoir mieux encadrer les pratiques des établissements privés belges accueillant des personnes handicapées françaises.

La publication vendredi de l’enquête de Libération sur la prise en charge des personnes handicapées françaises en Belgique a eu un fort retentissement de l’autre côté de la frontière.


Le sujet est hautement politique en Wallonie, l’hébergement de ces milliers de Français fait vivre toute la région. Les images que nous avons publiées, et les dérives que nous dénonçons, constatées dans une partie des établissements privés à but lucratif, ont été relayées dans la presse. Avec cette question, ancienne: comment réguler ce secteur et éviter les dérives ? Eliane Tillieux (PS), la ministre wallonne de la Santé, de l’Action sociale et de l’Egalité des chances, assure vouloir mettre de l’ordre, mais se retrouve face à un os: la fameuse directive européenne Bolkestein, sur la libre concurrence. Entretien.
Aviez-vous connaissance des mauvaises conditions de prise en charge dans certains établissements privés belges accueillant des personnes handicapées ?

J’ai l’habitude d’être très prudente et de ne pas tirer de conclusions trop hâtives: le poids des images peut avoir un impact même au-delà de ce qui est montré. Vendredi, j’ai aussitôt envoyé un inspecteur de l’Agence wallonne pour l’intégration des personnes handicapées (Awiph), dont je suis la ministre de tutelle, pour que soit fait un rapport sur le centre visé par l’article.

De son côté, l’établissement a ouvert ses portes à la presse, et demande lui-même à la France de mener un audit indépendant complet dont il veut bien assurer le financement. J’ai évidemment appelé la nouvelle secrétaire d’Etat française, Ségolène Neuville. C’était notre premier échange depuis sa nomination au gouvernement. Elle m’a semblé être sur la même ligne que moi, j’en suis ravie. Une nouvelle secrétaire d’Etat, c’est peut-être un nouvel élan!

Que voulez-vous dire ?

Libération a soulevé un problème latent depuis longtemps. Quand je suis arrivée à mon poste en 2009, cela m’a tout de suite interpellée: 6000 personnes handicapées françaises en Wallonie, c’est énorme. J’ai creusé un peu la question, j’ai vite compris qu’il fallait agir. A l’origine, les Français handicapés sont venus en Belgique en même temps que les congrégations religieuses qui ont fui la France. Mais ensuite, hélas, le secteur commercial s’est invité. Je le déplore. Les moyens publics ne doivent pas être utilisés pour faire fructifier les bénéfices d’investisseurs privés.

Pourquoi ne pas réglementer le secteur ?

Je l’ai fait. Dès 2009, nous avons pris un arrêté pour durcir les règles qui étaient en effet trop souples dans ces établissements accueillant exclusivement des Français: nous avons rehaussé les normes d’encadrement, imposé un projet de vie pour chaque résident, obligé à des règles de gestion comme la publication des comptes annuels. Sur ces points, ces établissements sont désormais soumis aux mêmes règles que les structures belges agréées.

Car vous savez, en Belgique, il y a deux types d’établissements: ceux qui sont agréés et que nous subventionnons: ces structures ne sont ouvertes qu’au secteur public et associatif, elles accueillent nos ressortissants belges mais aussi parfois des Français. A côté, il y a ces autres établissements qui s’ouvrent avec ce qu’on appelle «une autorisation de prise en charge» (APC), et qui peuvent être dirigés par des sociétés privées. J’ai souhaité arrêter cela, en imposant que ces établissements soient associatifs ou publics mais je n’y suis pas arrivée.

Pourquoi ?

Notre Conseil d’Etat belge a retoqué une partie de l’arrêté de 2009 au nom du principe européen de la libre concurrence. Voici ses mots: «Il n’apparaît pas que l’activité visée par le projet d’arrêté puisse être exclue du champ d’application de la directive service» (directive Bolkestein, ndlr). Pour le Conseil d’Etat, l’hébergement des personnes handicapées est considéré comme un service hôtelier, qui doit donc être ouvert à la concurrence… Pour moi, la marchandisation du secteur est totalement incompatible avec sa dimension sociale et humaine. Mais que faire ? Nous ne versons pas de subsides à ces établissements, c’est d’ailleurs pour cela qu’il n’y a pas de Belges à l’intérieur. La France, elle, finance, et certains investisseurs s’engouffrent dans cette poule aux œufs d’or.

Quelles sont vos relations avec les autorités françaises ?

J’ai vu passer plusieurs ministres depuis 2009: Roselyne Bachelot, avec qui j’ai lancé un projet d’accord de coopération. Puis Marie-Anne Montchamp, Marie-Arlette Carlotti et désormais Ségolène Neuville. L’accord franco-wallon est enfin entré en application au mois de mars, nous allons pouvoir travailler ensemble. C’est indispensable. Seules, les autorités belges sont bloquées. Comme nous ne finançons pas ces structures, il y a plein de choses que nous ne pouvons pas contrôler.

Comment ça ?

Je prends un exemple: si la Sécurité sociale française décide d’allouer une somme plus importante pour l’un de ses ressortissants pour telle ou telle raison, comment pouvons-nous vérifier que cette décision est appliquée si nous ne sommes même pas au courant? Il faut des équipes de contrôle mixtes, c’est la seule solution. Nous avons insisté au moment de la rédaction de l’accord pour qu’un interlocuteur en France soit clairement identifié pour permettre un dialogue concret, direct. C’est parfois compliqué avec l’administration française, on ne sait pas toujours à qui s’adresser. Il y a aussi un combat politique à mener ensemble avec mes homologues français pour exclure la marchandisation du secteur du handicap et des personnes âgées aussi.

Est-il possible de contourner la directive service ?

Il faut qu’on y arrive. Nous avons des échéances électorales fin mai en Belgique. Quoiqu’il advienne, je continuerai à me battre pour trouver une solution. J’en fais un combat personnel.

Marie PIQUEMAL

 

Handicap, l'exil belge

28 avril 2014

Exil des français en Belgique -> le 20 heures du 28 avril 2014 sur TF1

28 avril 2014

L'autisme : trouble mental ou handicap ?

mercredi 29 août 2012

article publié sur FRblog - le blog de Franck Ramus

L'affirmation selon laquelle "l'autisme n'est pas un trouble mental, mais un handicap" émane le plus souvent des familles, pour des raisons qui peuvent inclure:
  • Mauvaise image, connotation péjorative des termes de trouble mental ou maladie mentale, assimilés à la "folie"; connotation relativement plus neutre du terme handicap;
  • Rejet de la psychiatrie secondaire aux mauvais traitements infligés par des psychiatres et d'autres personnels de santé incompétents;
  • L'idée selon laquelle l'autisme n'est pas une pathologie mais une simple différence;
  • Le fait que les prises en charge ayant une certaine efficacité pour l'autisme sont perçues comme étant purement éducatives, et donc étrangères au champ médical.
Toutes ces raisons sont compréhensibles mais discutables. Ici je veux surtout soulever le fait qu'il s'agit d'une fausse alternative: on ne peut pas substituer le terme de handicap à celui de trouble mental, à moins de méconnaître la notion même de handicap.
 
En France, le handicap est désormais officiellement défini par la loi du 11 février 2005, comme suit (Article L 114): 
"Constitue un handicap, au sens de la présente loi, toute limitation d'activité ou restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison d'une altération substantielle, durable ou définitive d'une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, d'un polyhandicap ou d'un trouble de santé invalidant."
 
Il ressort de cette définition deux points essentiels:
  • Le handicap n'est pas une caractéristique intrinsèque à la personne, c'est une situation résultant conjointement de caractéristiques de la personne (les altérations de certaines de ses fonctions) et de caractéristiques de son environnement. Pour donner l'exemple le plus courant, une personne ayant une déficience motrice la conduisant à se déplacer en fauteuil roulant peut voir ses activités restreintes (c'est-à-dire être en situation de handicap) si ces activités se déroulent dans un environnement inadapté à la circulation en fauteuil roulant. L'adaptation de l'environnement peut considérablement réduire le niveau de handicap, à déficience égale. Il en est de même lorsqu'un déficit cognitif entrave certains apprentissages scolaires, engendrant un handicap, qui peut être réduit par une adaptation des modalités d'enseignement. Il en résulte qu'on ne peut pas dire que l'autisme est un handicap. L'autisme engendre de nombreuses situations de handicap, dans la plupart des environnements usuels (particulièrement dans les environnements sociaux), à des degrés variables en fonction de la sévérité de l'autisme, du profil de l'individu, et de l'environnement considéré.
  • La notion de handicap ne peut pas être utilisée comme une alternative à la notion de pathologie (trouble, déficit, déficience, maladie), puisque la pathologie (appelée altération de fonction dans la loi) est l'un des deux éléments nécessaires à la génération du handicap.
Il est parfaitement légitime de revendiquer la notion de handicap à propos de l'autisme. C'est d'ailleurs légal depuis la loi Chossy de février 1996, et la loi de 2005 constitue une avancée considérable en offrant aux personnes autistes, au-delà de la reconnaissance de leurs situations de handicap, la possibilité de compensations leur permettant d'accéder à des activités essentielles (notamment l'éducation).
En revanche on ne peut revendiquer la reconnaissance des handicaps engendrés par l'autisme en niant que l'autisme soit un trouble (une altération de fonction).
 
Cette incohérence étant soulignée, faut-il ranger ce trouble dans la catégorie des troubles mentaux? C'est un point sémantique mais surtout symbolique. Il est important de se détacher de la perception éventuellement négative que l'on peut avoir du terme trouble mental, et de comprendre qu'il est utilisé dans l'acception la plus large possible: il recouvre tout trouble affectant l'esprit et le cerveau humain. Ce qui recouvre non seulement la schizophrénie, les troubles de la personnalité ou la déficience intellectuelle, mais aussi bien sûr l'autisme, ainsi que bien d'autres affections, certaines bien moins sévères, comme la dyslexie ou la dyspraxie, pour lesquelles l'appellation trouble mental peut sembler tout aussi incongrue, mais compréhensible dans cette acception maximaliste.
 
En dehors de la perception négative du terme de trouble mental, on comprend bien que revendiquer la sortie de l'autisme du champ de la maladie mentale est avant tout une stratégie de la part des associations pour parvenir à arracher les enfants autistes des griffes des pédopsychiatres incompétents. Mais cette stratégie, aussi respectable qu'elle soit, ne peut être qu'une réponse temporaire à une situation conjoncturelle. A terme, si quelque chose doit évoluer, ce ne sont pas les classifications internationales des troubles mentaux, ce sont les pédopsychiatres et les psychologues français qui doivent se former à diagnostiquer et prendre en charge l'autisme conformément à l'état de l'art des connaissances scientifiques et médicales. Moyennant quoi ce débat sur l'appartenance de l'autisme au champ des troubles mentaux et de la psychiatrie n'aura plus lieu d'être.
28 avril 2014

Belgique : les chiens aboient et la caravane passe ...

article publié sur le site du GRATH

Libération s'est fait l'écho de certaines pratiques scandaleuses au détriment des personnes handicapées accueillies en Belgique la semaine dernière. Et la nouvelle Ministre a tapé du poing sur la table. Comme ses prédécesseurs à chaque article du même genre, et il y en a de plus en plus.

Voici la réaction de la Ministre, et à la suite, les réactions du Grath et d'Autisme France à la réaction de la Ministre :

Réaction de Ségolène Neuville, secrétaire d’état aux personnes handicapées et à la lutte contre l’exclusion, à l’article du journal Libération sur l’accueil des personnes handicapées françaises en Belgique

Suite à l’article du journal Libération paru aujourd’hui sur l’accueil des personnes handicapées françaises en Belgique, Ségolène Neuville, secrétaire d’Etat aux Personnes handicapées et à la Lutte contre l’exclusion s’est entretenue avec Eliane Tillieux, ministre wallone des affaires sociales.
Dès ce matin les services wallons ont réalisé une inspection dans les centres mis en cause par le journal Libération.
L’article de Libération met en avant une situation intolérable qui touche de manière isolée des établissements wallons : cette dénonciation est salutaire mais le Gouvernement n’a pas attendu cette alerte pour travailler sur ce sujet.
Un accord franco-wallon est ainsi entré en vigueur en mars 2014. Cet accord permet aux inspecteurs français de se rendre en Belgique afin de contrôler, de manière commune avec des inspecteurs wallons, les centres hébergeant des ressortissants français.
Un inspecteur a d’ores et déjà été désigné  par l’ARS Nord Pas de Calais pour se rendre en Belgique très rapidement pour une inspection conjointe.
L’accueil des personnes handicapées françaises en Wallonie n’est pas une « filière » comme le met en avant le journal Libération mais bien une réponse limitée à des situations précises. Il existe en Belgique des établissements de qualité dont certains sont à la pointe dans l’accompagnement des personnes handicapées. L’article du journal Libération et les cas particuliers qu’il pointe ne doivent pas masquer la qualité de la coopération entre la France et la Wallonie en la matière.
Surtout, l’accompagnement des personnes handicapées en France ne se résume pas à ces situations précises : les Français accueillis en Belgique ne représentent que 1% du total des Français accueillis en établissement. On compte 10 000 établissements en France qui accueillent 460 000 personnes handicapées. L’Etat ouvre 4 000 places supplémentaires chaque année pour faire face aux nombreuses demandes.
Ces 460 000 personnes handicapées sont accueillies et accompagnées grâce à un secteur associatif fort, constitué d’associations de parents, qui ne laisse heureusement aucune place au secteur commercial. Il faut saluer le professionnalisme de ces structures et des 280 000 personnes qui y travaillent.
En France, l’exigence en matière d’accueil des personnes handicapées est telle qu’elle ne permet pas le développement d’un secteur lucratif qui pourrait faire des bénéfices avec de l’argent public au détriment des personnes handicapées. C’est pour éviter ces abus en Belgique que Ségolène Neuville et Eliane Tillieux se sont entretenues ce matin et qu’elles se rencontreront sur place au début du mois de mai.

Réaction du GRATH

Madame la Ministre,
Avec d’autres, le GRATH dénonce de très longue date ce scandale qui touche un nombre très significatif de personnes handicapées exilées en Belgique. Outre ces maltraitances dont se fait l’écho Libération après tant d’autres, il ne faut pas oublier que ce sont des milliers d'emplois pour la France qui sont offerts à la Belgique, car les tarifs consentis à ces établissements accueillant des Français sont aujourd’hui très proches de ce qui se pratique chez nous. Sachant la quête de votre gouvernement pour la création d’emploi, nous pensons que cet argument peut aussi vous interpeller.
Nous voulons bien que tout le monde soit en train de réagir, mais il faut quand même savoir que cela fait des années et des années que l’on nous sert cette réponse avec la même conviction et que le nombre de handicapés français accueillis en Belgique ne cesse de progresser inexorablement.
Passons sous silence le déplorable rapport parlementaire de Cécile Gallez qui a contribué à cette progression, et rappelons-nous celui de Jean-François Chossy dont je vous adresse un extrait.
Nous souhaitons que cette fois des actions vraiment exemplaires - et efficaces - soient menées et nous vous accordons pour cela notre confiance à priori.

Réaction d'Autisme France

Les familles ont été très décontenancées par ce communiqué.
Bien sûr il ne s’agit pas de jeter l’opprobre sur les structures belges dans leur ensemble : il reste que leurs critères de qualité sont peu exigeants par rapport aux nôtres, à l’exception notable de quelques services d’excellence.
Nous aurions aimé qu’on se penche sur la “déportation” de 6500 de nos concitoyens en Belgique (dont une bonne partie sont autistes) : leurs familles n’ont pas choisi cette solution, et c’est contraire à la Convention ONU des Droits des Personnes Handicapées. Que dirait-on si ce phénomène touchait des personnes pour un critère de race ou de religion ? Ce serait un tollé, mais quand il s’agit de personnes handicapées, la tolérance semble très grande.
Certes la convention-cadre a été signée mais le comité de suivi ne s’est toujours pas réuni et il n’y aura guère de moyens pour en vérifier le fonctionnement et faire les contrôles nécessaires. Nous risquons donc d’avancer de scandale en scandale...en oubliant au passage les causes de cet exil de masse : services en nombre insuffisant et/ou inadaptés, en particulier pour les personnes autistes. Il faut à cet égard distinguer l’accueil des enfants français en Belgique, très souvent autistes, dicté par le scandale français du refus de leur scolarisation, et l’autre scandale de l’imposition de pratiques d’un autre siècle, refusées par les familles, et l’accueil des adultes dont l’origine est d’abord l’absence de services et parfois l’exclusion subie par certaines personnes autistes de leur structure en France. Accessoirement si les adultes, dans leur enfance, avaient bénéficié comme dans d’autres pays, du soutien éducatif nécessaire, ils ne seraient pas majoritairement dans l’état de dépendance qui est trop souvent le leur.
Enfin nous ne comprenons pas qu’on puisse écrire que les associations gestionnaires sont des associations de parents. La majorité ne le sont pas.
Il y aurait déjà beaucoup à dire sur l’obligation de fait pour certaines associations de parents de devenir gestionnaires, parce que les besoins de leurs enfants ne sont pas pris en compte avec des critères éducatifs conformes à la qualité qu’ils sont en droit d’attendre : le cas de l’autisme est emblématique. Il reste que la parole des usagers et de leurs associations est très peu prise en compte en France que ce soit dans les COMEX des MDPH, les CDAPH, les CRSA (et donc dans les commissions médico-sociales et appels à projets).
Les commissions droits des usagers des CRSA n’ont ainsi nullement l’obligation de prendre en compte la situation dans le médico-social, ce qui en dit long.
Pour notre part, nous avons ouvert une délégation aux Français handicapés de Belgique, devant le nombre croissant de situations de détresse, et notre déléguée a rédigé un guide à leur intention que je vous mets en pièce jointe.
Nous savons pouvoir compter sur votre aide, madame la Ministre, pour faire avancer ces dossiers.

 

26 avril 2014

Handicap : un inspecteur de l'ARS du Nord Pas-de-Calais dépêché pour évaluer l'état de la filière belge

article publié dans la Voix du Nord

Publié le

AFP

Un inspecteur va être dépêché « très rapidement » en Belgique pour se pencher sur les conditions d'accueil de patients français handicapés dans des établissement wallons, dénoncées par une enquête de Libération, a indiqué vendredi Ségolène Neuville, secrétaire d'Etat aux Personnes handicapées.


Un inspecteur de l’ARS du Nord - Pas-de-Calais va être dépêché en Belgique pour se pencher sur les conditions d'accueil a indiqué Ségolène Neuville, secrétaire d'Etat aux Personnes handicapées. PHOTO AFP

Dès vendredi matin, « les services wallons ont réalisé une inspection dans les centres mis en cause par le journal Libération », informe dans un communiqué la secrétaire d'Etat qui s'est par ailleurs entretenue avec Eliane Tillieux, ministre wallone des affaires sociales sur le sujet.

Quelle est la situation ?

L'enquête de Libération révèle « la prise en charge déficiente » de personnes handicapées françaises envoyées en Belgique en raison du déficit de places en France. L'article met en lumière « la filière belge » qui exploite le fait que « la France sous-traite depuis des années la prise en charge d'une partie de ses ressortissants handicapés, surtout mentaux ».

« L'article de Libération met en avant une situation intolérable qui touche de manière isolée des établissements wallons », a réagi Mme Neuville, soulignant qu' « une dénonciation est salutaire » mais que le gouvernement ne l'a pas « attendue pour travailler sur ce sujet ».

L'Agence régionale de la Santé du Nord -Pas-de-Calais s’empare du dossier

Un inspecteur a « d'ores et déjà » été désigné par l'Agence régionale de la Santé Nord -Pas-de-Calais pour se rendre en Belgique « très rapidement pour une inspection conjointe », indique Mme Neuville rappelant qu'un accord franco-wallon, entré en vigueur en mars 2014, permet aux inspecteurs français de se rendre en Belgique afin de contrôler, de manière commune avec des inspecteurs wallons, les centres hébergeant des ressortissants français.

139 établissements pour les français en Belgique

En 2013, 139 établissements belges accueillant exclusivement des Français étaient recensés, écrit Libération. Les Français accueillis en Belgique ne représentent que 1% du total des Français accueillis en établissement, assure Mme Neuville. Selon elle, l'Etat ouvre 4.000 places supplémentaires chaque année pour faire face aux nombreuses demandes en France qui compte 10.000 établissements accueillant 460.000 personnes handicapées.

26 avril 2014

article L 246-1 -> changement des mentalités

article L 246-1 changement mentalité

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