Article publié sur Locamin

11 07 2013

Nao, le petit robot qui combat l'autisme dans Association Lo Camin 20-minutes HIGH TECH – Ce n’était pas sa fonction première. Nao, le robot humanoïde de la start-up française Aldebaran, a été créé pour devenir le nouveau petit compagnon numérique de la famille. Pas encore prêt pour cet usage, il est toutefois déjà utilisé par des chercheurs et des enseignants dans divers travaux. Et une université aux Etats-Unis a découvert que le robot de 58cm de haut avait la faculté de communiquer avec les enfants autistes.

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Et si la clef pour faire communiquer deux humains entre eux… était un robot ? Depuis des années, les médecins et chercheurs tentent de trouver un moyen d’apprendre à discuter, interagir avec les enfants autistes et leur faire comprendre les émotions et expressions humaines «classiques». «Mais c’est justement à cause des expressions humaines trop nombreuses, comme une main qui bouge ou un œil qui cligne pendant que l’on parle, que ces enfants n’arrivent parfois pas à les assimiler», estime Marine Fabre, responsable de la communication de la société Aldebaran. Un laboratoire aux Etats-Unis qui travaillait avec Nao dans ses recherches, a décidé de le mettre face à un enfant autiste. L’avantage du robot étant qu’il peut se consacrer à une seule tâche à la fois sans tous ces gestes «parasites». Les chercheurs américains se sont rendus compte que les enfants autistes étaient dès lors capables de comprendre cette tâche effectuée par le robot et de la répéter.

«C’est en apprenant ceci que nous avons décidé de lancer le programme Ask Nao pour Autism Solutions for Kids», poursuit Marine Fabre. «Il s’agit d’un logiciel qui permet à l’éducateur de piloter le robot et des jeux spécifiques conçus avec des thérapeutes, des  enfants et des parents. Avec Nao, l’enfant se concentre sur la seule parole du robot ou son seul geste.»

Une créature affective d’une nouvelle espèce

Les ambitions sont donc grandes avec ce logiciel. Pourtant, ce n’était pas du tout la fonction imaginée à l’origine pour Nao dont le nom provient de l’anglais «now» qui signifie «maintenant» et de «Néo», personnage du film de science-fiction Matrix. Il avait été créé pour devenir le nouveau petit compagnon à la maison. «Un petit compagnon numérique, une créature affective», détaille Marine Fabre, «même si c’est impossible de le classifier car il s’agit d’une nouvelle espèce». Et cette nouvelle espèce c’est Bruno Maisonnier qui l’a pensée. Le fondateur d’Aldebaran a fait le pari à 45 ans de stopper sa carrière dans la finance. La suite c’est Marine Fabre qui la raconte. «Il a attendu que les technologies soient prêtes, d’avoir assez d’expérience et d’argent. Tout le monde lui a dit qu’il était fou… Aujourd’hui, 8 ans plus tard, 320 personnes travaillent pour lui et sa société est devenue le leader mondial de la robotique.»

Roméo, frère de Nao

La fonction première de Nao, elle, a pris un peu de retard. Ses concepteurs ne sont pas encore complètement satisfaits de ses capacités. «Nous ne sommes pas au maximum du contenu qui pourrait être délivré avec le robot. Nous pouvons encore pousser ses capacités de reconnaissance vocale, visuelle, pour qu’il trouve sa place dans le foyer et ne reste pas sur l’étagère», ajoute Marine Fabre.

En revanche beaucoup d’enseignants et de chercheurs l’ont déjà adopté. Plus de 800 universités, laboratoires et écoles l’utilisent. «C’est devenu un standard de l’éducation.» Et en attendant qu’il soit prêt à s’inviter dans les foyers français, la société Aldebaran travaille déjà sur son frère Roméo. Un appel d’offre avait été passé par l’Union Européenne pour créer un robot d’assistance dans la vie de tous les jours. Son premier prototype devrait être prêt à la fin de l’année.