22 janvier 2019

Taverny : ils veulent ouvrir un restaurant employant autistes et trisomiques

article publié dans Le Parisien

Christophe Lefèvre| 21 janvier 2019, 19h23 |2
Valérie Gaillard et David Fortier veulent ouvrir Le 47e, selon la même formule que le café Joyeux, à Paris et le restaurant le Reflet, à Nantes. LP/C.L.

Deux agents de Pôle emploi veulent ouvrir leur établissement d’ici à juin prochain aux Ecouardes. Il devrait s’appeler Le 47e, comme le 47e chromosome des personnes atteintes de trisomie.

C’est un restaurant particulier qui devrait ouvrir ses portes à Taverny, en juin prochain. Valérie Gaillard et David Fortier, deux employés de Pôle emploi, veulent en effet créer, dans la zone d’activités économiques des Ecouardes, un établissement employant en majorité des personnes autistes ou atteintes de handicap comme la trisomie 21.

Une formule qui a montré qu’elle pouvait fonctionner au café Joyeux, à Paris (IIe), et surtout au restaurant le Reflet, à Nantes (Loire-Atlantique). Un établissement dont le duo a rencontré la responsable.

 

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Car les deux associés planchent sur leur projet depuis de nombreuses années. David Fortier, est notamment sensibilisé par le biais de son frère Benjamin, trisomique. « On travaille à Pôle emploi et on s’aperçoit que c’est d’autant plus difficile de trouver du travail quand on a un handicap, explique Valérie Gaillard. Nous, on veut prouver qu’il n’y a pas de différence. »

Un restaurant nommé Le 47e

Ouvert uniquement le matin et le midi, Le 47e, qui doit son nom au 47e chromosome des personnes trisomiques (contre 46 pour les autres), emploiera huit salariés. Parmi eux, deux personnes « ordinaires » : un chef cuistot ayant déjà travaillé en Esat (Etablissement et service d’aide par le travail), et donc avec des personnes handicapées, et un responsable de salle lui-même papa d’un adulte trisomique.

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Le restaurant pourrait ne constituer qu’une étape pour ses salariés. « On aimerait être une entreprise tampon, souligne David Fortier. On veut embaucher les gens et leur servir de tremplin. Le but, c’est qu’ils partent ensuite vers d’autres restaurants. » Des aménagements sont prévus, notamment pour la prise de commande. « Le client ne sera pas roi, souffle l’entrepreneur. Ce sera le personnel. L’idée est d’avoir une petite famille, un cocon dans lequel ils vont pouvoir s’épanouir. »

Un projet de 600 000 € à financer

David et Valérie, qui visent entre 30 et 45 repas quotidiens, doivent maintenant trouver les 600 000 € nécessaires pour l’ouverture, et notamment l’aménagement du local, acheté neuf et entièrement brut (il y a 460 000 € de travaux). « Nous avons eu beaucoup de difficultés pour trouver un local, soufflent les deux amis. Il doit répondre à certaines normes. Et être suffisamment excentré pour ne pas gêner le voisinage lorsqu’on organisera des événements. »

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Même s’ils ont fait appel à leur réseau et trouvé un architecte et un expert-comptable travaillant gratuitement pour le projet, les entrepreneurs s’activent pour réunir la somme nécessaire. Une campagne de financement participatif lancée sur le site Internet Le Pot commun, et qui court jusqu’au dimanche 31 mars, a pour l’instant permis de recueillir 3 770 €. Loin du total espéré. « Quand on voit les cagnottes lancées pour certains sujets et qui dépassent rapidement les 100 000 €, on se pose des questions, soupirent les associés, qui vont donc contracter un emprunt bancaire. C’est dommage car c’est un beau projet. »

BIENTÔT UN ECOQUARTIER DE 13 HA AUX ECOUARDES

La clientèle potentielle du restaurant Le 47e pourrait augmenter rapidement. En effet, la ville de Taverny vient de lancer les fondations d’un écoquartier de 13 ha implanté dans le secteur des Ecouardes, à proximité de la zone d’activités du même nom. Un projet annoncé par la maire (LR) Florence Portelli lors de ses vœux, évoquant « de la circulation douce, des logements intergénérationnels et des maisons de ville reposant sur des énergies renouvelables, la création de nouveaux espaces verts et la volonté de privilégier un environnement plus sain pour les familles ». Les études, qui viennent d’être lancées, devraient durer entre treize et quatorze mois. Un diagnostic du territoire sera ainsi réalisé. « Nous sommes sur une feuille blanche », explique-t-on en mairie. La ville, qui souhaite conserver une activité agricole sur le site, prévoit des logements, des équipements publics et des commerces.

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21 janvier 2019

Niveaux d'autisme : Symptômes et perspectives des niveaux de gravité 1, 2 et 3

21 janv. 2019
Par Blog : Le blog de Jean Vinçot

Les classifications concernant l'autisme évoluent depuis le DSM 5ème édition , manuel américain. Une nouvelle classification internationale - CIM 11ème édition - verra le jour cette année. Description des 3 niveaux de sévérité de l'autisme, suivant le DSM 5.

 

Traduction avec Deeple de  Levels of Autism: Symptoms and Outlook of Severity Levels 1, 2, and 3

Qu'est-ce que c'est l'autisme ?

L'autisme est un trouble du développement. Il affecte les comportements et les capacités de communication d'une personne. Les symptômes vont de légers à graves. Ils rendent souvent difficile l'engagement avec les autres.

Afin de refléter l'éventail des symptômes potentiels et leur gravité, l'autisme est maintenant appelé trouble du spectre autistique (TSA).

Ce changement de terminologie s'est produit en 2013 lorsque l'American Psychiatric Association a mis à jour son manuel de diagnostic. Ce manuel s'appelle le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-5). Les professionnels de la santé l'utilisent pour aider à diagnostiquer les personnes atteintes de diverses affections.

Le DSM-5 comprend également de nouvelles lignes directrices pour classer l'autisme par niveau. Ces niveaux ont remplacé d'autres troubles neurodéveloppementaux qui partageaient les mêmes symptômes que l'autisme, comme le syndrome d'Asperger. Il y a trois niveaux, chacun reflétant un niveau différent de soutien dont quelqu'un peut avoir besoin.

Pour déterminer les niveaux d'autisme, les médecins tiennent compte de deux choses :

  • capacités de communication sociale
  • comportements restreints et répétitifs

Plus le niveau est bas, moins quelqu'un a besoin de soutien. Par exemple, les personnes atteintes d'autisme de niveau 1 présentent des symptômes légers et peuvent ne pas avoir besoin de beaucoup de soutien. Les personnes atteintes d'autisme de niveau 2 ou 3 présentent des symptômes modérés à graves et ont besoin d'un soutien plus important.

Gardez à l'esprit qu'il n'y a pas de lignes directrices concernant le type de soutien spécifique dont quelqu'un pourrait avoir besoin.

Bien que ces niveaux permettent une description diagnostique plus précise, ils ne sont pas parfaits. Certaines personnes n'entrent pas clairement dans l'un des trois niveaux. Les symptômes de l'autisme peuvent aussi changer avec le temps, devenant plus ou moins graves.

Poursuivez votre lecture pour en savoir plus sur les symptômes et les perspectives de chaque niveau d'autisme.

The different one © Luna TMG
The different one © Luna TMG

Autisme de niveau 1

Les personnes atteintes d'autisme de niveau 1 ont des problèmes perceptibles de communication et de socialisation avec les autres. Ils peuvent habituellement avoir une conversation, mais il peut être difficile de maintenir un va-et-vient de conversation.

D'autres personnes à ce niveau pourraient avoir de la difficulté à se faire de nouveaux amis. Selon le DSM-5, les personnes qui reçoivent un diagnostic d'autisme de niveau 1 ont besoin de soutien.

Symptômes

  • une diminution de l'intérêt pour les interactions ou les activités sociales
  • difficulté à initier des interactions sociales, comme parler à une personne
  • capacité de s'engager avec une personne, mais peut avoir de la difficulté à maintenir une conversation typique qui donne et reçoit
  • signes évidents de difficultés de communication
  • difficulté à s'adapter aux changements de routine ou de comportement
  • difficulté à planifier et à organiser

Perspectives

Les personnes atteintes d'autisme de niveau 1 maintiennent souvent une qualité de vie élevée avec peu de soutien. Ce soutien prend généralement la forme d'une thérapie comportementale ou d'autres types de thérapie. Ces deux approches peuvent aider à améliorer les aptitudes sociales et de communication. La thérapie comportementale peut aussi aider à développer des comportements positifs qui pourraient ne pas venir naturellement.

Autisme de niveau 2

Le DSM-5 note que les personnes atteintes d'autisme de niveau 2 ont besoin d'un soutien important. Les symptômes associés à ce niveau comprennent un manque plus grave d'aptitudes à la communication verbale et non verbale. Cela rend souvent les activités quotidiennes difficiles.

Symptômes

  • difficulté à faire face aux changements de routine ou d'environnement
  • manque important d'aptitudes à la communication verbale et non verbale
  • problèmes de comportement suffisamment graves pour être évidents pour l'observateur occasionnel
  • réaction inhabituelle ou réduite aux indices sociaux, à la communication ou aux interactions
  • difficulté à s'adapter au changement
  • communication à l'aide de phrases trop simples
  • des intérêts spécifiques et étroits

Perspectives

Les personnes atteintes d'autisme de niveau 2 ont généralement besoin de plus de soutien que celles atteintes d'autisme de niveau 1. Même avec du soutien, elles peuvent avoir de la difficulté à s'adapter aux changements de leur environnement.

Diverses thérapies peuvent aider. Par exemple, la thérapie d'intégration sensorielle peut être utilisée à ce niveau. Elle aide les gens à apprendre comment gérer les données sensorielles, telles que :

  • odeurs nauséabondes
  • bruits forts ou agaçants
  • changements visuels distrayants
  • gyrophares

Les personnes atteintes d'autisme de niveau 2 ont également tendance à tirer bénéfice de l'ergothérapie. Ce type de thérapie aide les gens à acquérir les compétences dont ellles ont besoin pour accomplir des tâches quotidiennes, comme la prise de décision ou les compétences liées au travail.

Autisme de niveau 3

C'est le niveau le plus grave de l'autisme. Selon le DSM-5, ceux qui se trouvent à ce niveau ont besoin d'un soutien très important. En plus d'un manque de communication plus grave, les personnes atteintes d'autisme de niveau 3 présentent également des comportements répétitifs ou restreints.

Les comportements répétitifs font référence au fait de faire la même chose encore et encore, qu'il s'agisse d'une action physique ou de prononcer la même phrase. Les comportements restreints sont ceux qui ont tendance à éloigner quelqu'un du monde qui l'entoure. Il peut s'agir d'une incapacité à s'adapter au changement ou d'intérêts étroits sur des sujets très spécifiques.

Symptômes

  • un manque très visible d'aptitudes à la communication verbale et non verbale
  • désir très limité de s'engager socialement ou de participer à des interactions sociales
  • difficulté à modifier les comportements
  • difficulté extrême à faire face à des changements inattendus dans la routine ou l'environnement
  • grande détresse ou difficulté à changer d'orientation ou d'attention

Perspectives

Les personnes atteintes d'autisme de niveau 3 ont souvent besoin d'une thérapie fréquente et intensive qui se concentre sur une variété de problèmes, y compris la communication et le comportement.

Ils peuvent également bénéficier de médicaments. Bien qu'aucun médicament ne traite spécifiquement l'autisme, certains médicaments peuvent aider à gérer des symptômes spécifiques ou des troubles concomitants, comme la dépression ou la difficulté à se concentrer.

Une personne autiste de ce niveau peut aussi avoir besoin d'un soignant qui l'aide à acquérir les compétences de base qui lui permettront de réussir à l'école, à la maison ou au travail.

Comment les niveaux d'autisme sont-ils diagnostiqués?

Il n'y a pas de test sanguin, d'examen d'imagerie ou de scintigraphie pour diagnostiquer l'autisme. Au lieu de cela, un médecin prendra en compte de nombreux facteurs. Il s'agit notamment des symptômes comportementaux, des problèmes de communication et des antécédents familiaux afin d'écarter toute condition génétique potentielle.

Ensuite, ils poseront diverses questions sur les habitudes quotidiennes et les aspects de la vie sociale d'une personne. Ils peuvent orienter le client vers des tests psychologiques. Le diagnostic est basé sur le niveau avec lequel les symptômes sont les plus cohérents.

Gardez à l'esprit que les niveaux d'autisme ne sont pas en noir et blanc. Toutes les personnes atteintes d'autisme n'entrent pas clairement dans un seul niveau. Mais ils peuvent fournir une base de référence utile pour aider les médecins à élaborer un plan de gestion efficace et à fixer des objectifs réalisables.

Si vous pensez que vous ou votre enfant êtes peut-être autiste, discutez de vos préoccupations avec votre médecin de famille. Songez à prendre rendez-vous avec un spécialiste de l'autisme. (...)

L'idée de diviser l'autisme en trois niveaux distincts est relativement nouvelle. Bien que les niveaux classent les personnes autistes selon le niveau de soutien dont elles ont besoin, il n'y a pas de lignes directrices sur la nature de ce soutien.

A l'avenir, les experts pourraient ajuster les niveaux ou faire des recommandations précises sur le traitement. D'ici là, ces niveaux fournissent un point de départ pour déterminer le type de traitement dont une personne peut avoir besoin.

Sources

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Des cellules souches pour comprendre le développement de l’autisme

article publié sur le site de Radio Canada

Publié le vendredi 18 janvier 2019 à 20 h 55
Mis à jour le 20 janvier 2019 à 3 h 12

Le système neuronal des personnes atteintes du spectre de l'autisme se développerait à un rythme plus rapide, selon une étude. Photo: iStock
Renaud Manuguerra-Gagné

En utilisant un type bien spécial de cellules souches, des chercheurs ont réussi à observer que, dans certains cas, des neurones provenant de personnes atteintes d'autisme se développent et croissent à un rythme accéléré. Cette avancée pourrait fournir de nouveaux outils diagnostiques et de nouvelles cibles thérapeutiques.

L’autisme est un trouble neuro-développemental particulièrement difficile à étudier. Il en existe plusieurs formes et les personnes atteintes ne seront pas toutes affectées de la même manière.

De plus, même si certains travaux ont suggéré qu’un surplus de connexions entre les neurones ou certains gènes pourrait avoir un rôle à jouer, on ne sait pas à quel moment du développement se déroulent certaines des étapes cruciales menant à l’autisme.

Certains symptômes peuvent commencer à se manifester dès l’âge d’un ou deux ans, donc toute étude humaine pour déterminer les causes doit se faire de façon rétrospective, ce qui complique beaucoup la tâche des chercheurs.

Des scientifiques en recherche biomédicale ont réussi à voir que certaines différences apparaissaient dans les premiers stades du développement du cerveau, lors de la formation des neurones.

En recréant certaines étapes clés de la formation des neurones en laboratoire, ces chercheurs ont pu suivre en temps réel le développement neuronal et ainsi remarquer des détails qui étaient restés inaccessibles jusqu’à maintenant.

Grandir sous microscope

La technique utilisée par les chercheurs pour faire leurs observations nécessite ce qu’on appelle des cellules souches pluripotentes induites (CSPi).

Cette technique, mise au point pour la première fois en 2006, permet de transformer n’importe quelle cellule du corps en cellule souche, le matériau de base pour fabriquer tous les tissus et organes.

En réactivant certains gènes liés au développement embryonnaire dans une cellule de peau, cette dernière va alors redevenir immature et retrouver la possibilité de se différencier de n’importe quel type de tissu du corps.

Il ne reste ensuite aux chercheurs qu’à guider ces CSPi pour qu’elles deviennent des neurones qui s’interconnecteront les uns aux autres dans une structure tridimensionnelle miniature. Il est ainsi possible d’assister à toutes les étapes de leur développement en direct.

Suivre les différences à la trace

Les chercheurs ont récupéré des cellules de peau provenant de huit personnes autistes et de cinq personnes non atteintes. Ils les ont ensuite ramenées à l’état de cellules souches avant de stimuler le développement neuronal.

Ces derniers ont aussi récupéré les informations génétiques de ces cellules à cinq moments clés de leur développement, pour voir s’il y avait des différences entre les deux groupes.

L’équipe a alors remarqué que certains gènes nécessaires pour la formation des premiers neurones, des gènes qui avaient déjà été liés à l’autisme dans d’autres études, s’activaient plus tôt chez les personnes atteintes que chez les personnes du groupe de contrôle.

Cette activation précoce a poussé les neurones à se développer plus rapidement, à devenir plus gros et à former plus de connexions les uns avec les autres.

Étonnamment, lorsque les chercheurs contournaient ces premières étapes du développement et produisaient des neurones directement à partir de cellules de peau sans avoir recours au passage par la cellule souche, ces différences génétiques et physiques entre les deux groupes cessaient d’être détectables.

Cette découverte signifie que, dans certains cas du moins, les bases de l’autisme pourraient se mettre en place dès les premiers mois du développement embryonnaire.

Bien que la découverte ne puisse pas être appliquée à toutes les variantes du spectre de l’autisme, elle pourrait toutefois mener à une meilleure compréhension de certaines causes et permettre de développer de nouvelles approches diagnostiques ou d’éventuelles cibles de traitement pour les cas plus graves.

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Autisme. Des avancées en termes de scolarisation

article publié sur Le Télégramme

Publié le 20 janvier 2019 à 18h45 Modifié le 21 janvier 2019 à 09h34

Éric Bothorel, le député de Lannion, ici aux côtés de la sous-préfète Christine Royer, a prévu de rencontrer à nouveau, au mois de juin 2019, les représentants des familles d’enfants autistes, représentées par Gwenaëlle Lair et Elisabeth Schumacher (Autisme Trégor Goëlo), et Jean-Yves Herviou (Adapei), pour mesurer les avancées.
Éric Bothorel, le député de Lannion, ici aux côtés de la sous-préfète Christine Royer, a prévu de rencontrer à nouveau, au mois de juin 2019, les représentants des familles d’enfants autistes, représentées par Gwenaëlle Lair et Elisabeth Schumacher (Autisme Trégor Goëlo), et Jean-Yves Herviou (Adapei), pour mesurer les avancées.

Une deuxième rencontre entre Autisme Trégor Goëlo et le député Éric Bothorel avait lieu, vendredi, à propos des carences en matière de prise en charge des enfants et jeunes adultes autistes. L’une des avancées : l’ouverture d’une Unité extérieure d’enseignement (UEE) est promise pour la rentrée 2019, dans le Trégor-Goëlo.

Ils s’étaient vus une première fois au mois de juin pour mettre sur la table les carences en matière de prise en charge des enfants et des jeunes adultes autistes, observées dans le Trégor-Goëlo. Un territoire « à la ramasse » si on le compare au secteur briochin, selon le constat sans concession de Gwenaëlle Lair et Elisabeth Schumacher, l’ancienne et l’actuelle présidentes de l’association Autisme Trégor Goëlo. Les représentants des familles ont à nouveau rencontré, vendredi après-midi, le député Éric Bothorel, la sous-préfète Christine Royer et des représentants de l’Agence régionale de santé (ARS) et de la direction académique de l’Éducation nationale.

Des unités spécialisées d’enseignement promises

D’une réunion à l’autre, une première avancée : l’ouverture d’une Unité extérieure d’enseignement (UEE) est promise pour la rentrée 2019, dans le Trégor-Goëlo. Ce type de structure, qui n’existe pas sur le territoire, permettrait d’offrir une scolarisation adaptée à des adolescents (« six minimum, une dizaine au maximum ») accueillis en IME (Institut médico-éducatif). Autre annonce faite à l’issue de la réunion : la création d’une Ulis (Unité localisée pour l’inclusion scolaire) supplémentaire pour compléter celles déjà implantées à Lannion et Paimpol.

Ces deux tables rondes n’auront donc pas été inutiles. « On va dans le bon sens », a admis Jean-Yves Herviou, le président de l’Adapei 22, tout en rappelant combien les besoins restent immenses. « Les listes d’attente sont énormes. Entre 40 et 60 enfants attendent une place à l’IME de Tréguier ». « Créer de nouveaux espaces permet de soulager les familles et de faire progresser les enfants. C’est une chance supplémentaire », a souligné Éric Bothorel.

En attendant les effetsdu plan autisme

Pour aller plus loin, le député LREM de Lannion mise sur les futurs effets de la « stratégie nationale pour l’autisme », un plan gouvernemental de plus de 400 millions d’euros pour la période 2018-2022 (contre 205 millions d’euros pour 2012-2017) que le Trégor n’entend pas laisser passer. « La question n’est pas exclusivement celle des moyens financiers mais aussi celle des compétences médicales et paramédicales (médecins, orthophonistes, psychologues, ergothérapeutes…) », a ajouté la sous-préfète. Compétences qu’il lui semble indispensable d’attirer dans le territoire pour améliorer la prise en charge de l’autisme.

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Vendée : l'autorégulation, le nouveau dispositif scolaire pour mieux intégrer les enfants autistes

article publié sur France info

C'est l'heure de la récré pour les élèves de Grande section de l'école primaire Remondet de Chantonnay. / © Manon Monnier / France 3 Pays de la LoireC'est l'heure de la récré pour les élèves de Grande section de l'école primaire Remondet de Chantonnay. / © Manon Monnier / France 3 Pays de la Loire

En Vendée, les écoles Remondet de Chantonnay et Pierre Menanteau à Dompierre-sur-Yon ont mis en place un nouveau dispositif scolaire pour mieux intégrer les enfants atteints de troubles autistiques en classe ordinaire. Il s'appelle l'autorégulation. Une première dans notre région !

Par Manon MonnierPublié le 18/01/2019 à 17:26

L'autorégulation, pour calmer et éveiller l'enfant.

En Vendée, cinq enfants atteints de troubles au spectre autistique ont pu être scolarisés en milieu ordinaire grâce à ce dispositif mis en place dans les écoles Remondet et Pierre Menanteau. C'est une grande première dans la région !

Dans les deux écoles, une salle de classe a été spécialement mise en place depuis la rentrée scolaire 2018 pour ces enfants, mais également pour tous les autres enfants qui auraient besoin de travailler sur leurs comportements en classe ou en récré..

Cette salle d'autorégulation permet à ces cinq enfants d'avoir des apprentissages individuels, au calme pour apprendre à gérer leurs émotions et leurs états d'humeur pour mieux se comporter en classe.

A terme, l'objectif de cette salle est de permettre un suivi individuel pour les enfants dont les facultés cognitives sont inférieures aux élèves ordinaires. Au fil des mois, les enseignants et spécialistes espèrent que les enfants autistes pourront rejoindre, à 90% de leurs temps d'école,  leurs camarades dans une classe ordinaire.

Qu'est ce que l'autorégulation ?

Selon l'Adapei, c'est la capacité d'un enfant de se mettre par lui-même dans un état de calme et d'éveil lui permettant de répondre à son environnement de façon adaptée. L'enfant peut alors traduire ses perceptions et ses sensations en informations qu'il utilise pour réguler ses pensées, ses émotions, sa motivation, ses comportements".

En Vendée, ce dispositif de l'autorégulation a été copiloté entre l'Education nationale et l'Agence Régionale de Santé. Ils ont également été épaulé par l'ADAPEI et la Maison départementale pour les personnes handicapées (MDPH) de Vendée.

Un concept canadien

Et ce sont bien nos francophones adorés qui ont eu cette idée. Son principal concepteur dans le milieu scolaire, c'est Stéphane Beaulne, docteur en psychologie en Ontario au Canada.

Aujourd'hui, le psychologue intervient dans ces deux écoles vendéennes pour s'assurer du bon suivi du corps enseignants, spécialement formé à l'autorégulation. 

Une équipe de travail consolidée grâce à l'arrivée d'une enseignante supplémentaire à temps plein ainsi que de deux psychomotriciennes et une éducatrice spécialisée.

Stéphane Beaulne poursuit même leurs formations, ainsi que celle de Anne-Sophie Morena, la superviseure des dispositifs d'autorégulation à l'échelle nationale.

Cette ancienne directrice de pôle autisme de l'Adapei de Corrèze a d'ailleurs appris le concept d'autorégulation directement dans les écoles canadiennes pendant près de deux ans.


► Reportage de Manon Monnier, Damien Raveleau, Paul Evrard et Sophie Goubil

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17 janvier 2019

Vendée. Dorian, autiste, raconte son quotidien

article publié dans Ouest France

Dorian Lhommedé.
Dorian Lhommedé. | OUEST-FRANCE

 

Dorian Lhommedé a 16 ans et vit à La Ferrière. Autiste, il a organisé une sensibilisation à son handicap dans sa classe pour « expliquer son handicap, et motiver ceux qui sont différents à s’exprimer ».

« Dorian a été diagnostiqué très tard », expliquent Paul et Marie-Claude, ses parents. « Dès le CP, je sentais que j’avais des problèmes à communiquer », dira-t-il plus tard au médecin scolaire. Comme il avait de bons résultats, on le pensait timide, simplement. « On croit qu’il est dans la lune, mais, interrogé, il a réponse à tout », s’étonnait déjà le directeur.

Il fréquente le centre médico-psychologique mais abandonne dès le CM1. « Ça ne m’apportait plus d’aide », explique Dorian. Il préfère s’inscrire au club de basket. « J’y ai été intégré rapidement, j’y suis resté six ans. »

« Je m’entends bien avec les autres »

Au collège, en 4e, les notes ont chuté. « Ça allait trop vite pour moi », affirme-t-il. On l’oriente vers une 3e professionnelle au lycée pour devenir pâtissier.

Il consulte des spécialistes, les « troubles du spectre autistique » sont détectés. Ses parents se rapprochent d’Autisme sans frontière. « On nous a écoutés, bien conseillés ». En 3e, ça repart : il obtient le brevet avec mention bien. Mais on lui déconseille la pâtisserie. « Il ne peut pas faire plusieurs choses en même temps », explique Marie-Claude.

Pas de problèmes en classe

Au vu de ses connaissances, on l’envoie en bac pro gestion administrative. « J’y suis allé à reculons, je voulais être pâtissier ! » Mais sa professeure principale, Mme Frécourt, est à l’écoute : « Elle a expliqué qu’après le bac, on pouvait faire plein de choses. »

Aujourd’hui en première, il a une assistante de vie scolaire qui prend les notes pour lui. « J’écris trop lentement », avoue-t-il. Scolarité et stages se passent bien : « On a de très bons retours », disent fièrement ses parents.

Dorian n’a pas souvenir de problèmes en classe. « En 4e, on pensait que j’étais harcelé, mais ça n’est jamais arrivé. Je me suis toujours bien entendu avec les autres. » Il s’est fait des amis dès la maternelle. « Si je n’avais pas accepté d’être ami avec Valentin, puis Tiffen, qui m’ont fait entrer dans leur groupe de camarades, j’aurais certainement eu des problèmes tôt ou tard. »

Il répond aux questions avec humour

En décembre, il a souhaité organiser, au sein de son établissement, « une sensibilisation par rapport à mon handicap ». Avec l’aide de l’ASF85 et de sa professeure principale, toujours impliquée, une demi-journée d’information lui a permis de répondre aux questions de ses camarades sur son handicap, « sur le mode de l’humour, car j’ai de bons rapports avec les autres ».

Quand on évoque les crises nerveuses propres à l’autisme, son visage s’assombrit : « J’arrive à garder le contrôle. » Il n’en dira pas plus.

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Val-d’Oise. Nouveau : une plateforme pour un diagnostic précoce de l’autisme à Pontoise

Préambule : l'article parle d'un lancement plutôt discret ... quelques raisons à cela sans doute ...

La volonté politique actuelle semblerait plutôt s'affranchir des vérités révélées de la psychanalyse pour le diagnostic de l'autisme et l'accompagnement des familles.

Or, le Dr Erwan VION est aussi un psychanalyste patenté ... quelques liens nous le montre :

- http://www.psynem.org/Pedopsychiatrie_psychanalyse/Clinique_techniques_conditions/Packing/Erwan_Vion._Petite_histoire_du_pack?fbclid=IwAR2F721myoCg9MIyFrJcTjiLPDMOAX3OINO6kpcV1vFebpugby79asGbruU

- http://www.copes.fr/Enfance_adolescence/Perinatalite/SM17-36/SM17-36%20(fiche%20avec%20pr%C3%A9sentation%20du%20copes).pdf

Concernant le diagnostic => http://www.egalited.org/ObtenirDiagnostic.html

Jean-Jacques Dupuis

article publié sur actu.fr

Le 2 centre du Val-d'Oise spécialisé dans l'identification des troubles du spectre autistique chez les enfants a été plutôt discrètement lancé à Pontoise, début janvier.

La nouvelle Plateforme diagnostic autisme de proximité (Pdap) doit permettre, entre autres, d’identifier rapidement des troubles du spectre autistique (Tsa) en vue d’orienter les familles vers des dispositifs d’accompagnement adaptés à la singularité de chaque enfant. © Cc Tom Reynolds

Repérer plus tôt et plus facilement les troubles du spectre autistique chez les enfants, afin de pouvoir orienter rapidement les familles vers des soins et des dispositifs d’accompagnement adaptés.

Tels sont les objectifs de la Plateforme diagnostic autisme de proximité (Pdap) mise en place début janvier 2019 à Pontoise, dans le Val-d’Oise. Une réponse à un besoin de plus en plus urgent, sachant qu’un enfant sur 100 est actuellement diagnostiqué autiste, et qu’il ne s’agit que du 2e centre du genre dans le Val-d’Oise, le premier étant situé au centre hospitalier de Gonesse, à l’autre bout du département.

Au « Camsp » et aussi à l’hôpital René-Dubos

Pour porter ce projet, c’est le Centre d’action médicosociale précoce (Camsp) Apf France Handicap de Pontoise, que l’Ars Île-de-France et le Conseil départemental du Val-d’Oise ont souhaité retenir, dans le cadre d’un partenariat avec le centre hospitalier René-Dubos.

« Cette collaboration permettra de conjuguer l’expérience acquise par l’hôpital au travers de la consultation spécialisée Ted/Tsa (troubles envahissants du développement/troubles du spectre autistique) proposée par le service de psychiatrie infanto-juvénile ainsi que l’expérience du Camsp dans l’identification des troubles des enfants âgés de 0 à 6 ans et sa capacité d’orientation vers les acteurs ressources des secteurs sanitaire, médicosocial et social », explique Laure Rossi, la directrice du Pôle enfance 95 du Camsp de Pontoise.

Ce projet a d’ores et déjà démarré sur la base des moyens actuels des deux entités. « L’équipe commune s’étoffera progressivement avec, à terme, des locaux dédiés », précise Laure Rossi.

Plus d’enfants vont être pris en charge

« Cette plateforme va non seulement améliorer l’identification précoce des troubles du spectre autistique (Tsa), à partir de 2 ans, en vue d’orienter les familles vers des dispositifs d’accompagnement adaptés à la singularité de chaque enfant, mais elle va aussi permettre de prendre en charge beaucoup plus d’enfants », confie le docteur Erwan Vion, chef du service de pédopsychiatrie de l’hôpital de Pontoise.

Le praticien de 41 ans, qui officie depuis sept années à Pontoise, indique, en effet, avoir assisté à « une explosion du nombre de cas de troubles du comportement chez les moins de 5 ans, tout particulièrement ces quatre ou cinq derniers mois ». À l’hôpital de Pontoise, 350 enfants, majoritairement « envoyés » par des médecins libéraux ou par des Pmi, sont ainsi inscrits sur une liste d’attente...

« Une explosion du nombre de cas ces derniers mois »

Comment justifier cette véritable recrudescence ?

« Les progrès en termes de diagnostics, liés en partie à la sensibilisation et à la formation des acteurs locaux, n’expliquent pas tout », répond le docteur Vion.

« Plusieurs théories évoquent des éléments génétiques, neurologiques, endocriniens, ou encore environnementaux, comme des facteurs favorisant les troubles d’ordre psychiatrique », poursuit le praticien.

« Il faut aussi considérer le nouveau rapport qu’entretiennent les enfants avec les écrans, même si les nouvelles technologies, telle l’intelligence artificielle, peuvent aussi nous aider, à l’image de nos liens étroits avec le département des sciences cognitives de l’université de Cergy-Pontoise », note le docteur Vion.

Une équipe et un suivi pluridisciplinaires

Une fois complétée, l’équipe de la Plateforme diagnostic autisme de proximité devrait réunir, dans un même endroit : un neuropédiatre, un pédopsychiatre, un éducateur pour jeunes enfants, un psychomotricien, un psychologue, un orthophoniste, ainsi qu’un secrétariat. Elle devrait disposer prochainement d’un local spécifique. Pour l’instant, l’accueil se fait encore au Camsp Les Beaux Soleils ainsi qu’à l’hôpital de Pontoise, avenue de l’Île-de-France.

Vidéo. Les principaux signes d’alerte d’un Tsa

Sachant que « près de 50 % des enfants arrivent trop tard » dans son service, le docteur Erwan Vion, chef de la pédopsychiatrie de l’hôpital de Pontoise, présente, dans une courte vidéo, les « quelques anomalies constituant des signes d’alerte d’un éventuel trouble dans le spectre de l’autisme (Tsa) chez les très jeunes, dès 18 mois ».

Détournement du regard, difficulté à pointer du doigt des objets, ou à simuler des situations imaginaires, etc.

Joseph CANU

Plus d’infos auprès d’Apf France Handicap au 01 30 17 31 50 ou de l’hôpital de Pontoise, au 01 30 75 40 40.

Posté par jjdupuis à 09:59 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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