02 octobre 2015

Lettre du beau-père de Timothée, autiste, à Mme B., Juge des enfants

 

Lettre du beau-père de Timothée, autiste, à Mme B., Juge des enfants

Voici la lettre du beau-père de Timothée, avait adressée (le 19 sept) à Mme B., Juge des enfants qui, le 25 sept, a confirmé sa décision antérieure de confier Timothée à son père ; décision dont les conséquences ont été une hospitalisation en hôpital psychiatrique avec un lourd traite

http://blogs.lexpress.fr

 

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01 octobre 2015

Les oubliés de l'autisme : témoignage d'une mère

article publié dans le Huffingtonpost

Bonnie Zampino Headshot

Les oubliés de l'autisme: témoignage d'une mère

Publication: 30/09/2015 06h40 CEST Mis à jour: 30/09/2015 06h40 CEST
AUTISM

VIE DE FAMILLE - Comme la plupart des parents d'enfants autistes, j'ai entendu parler de cette famille de Californie qui se voit intenter un procès par plusieurs voisins sous prétexte que leur enfant nuit à l'ordre public du fait de ses troubles du comportement, auxquels ses parents ont été incapables de remédier.

L'un des plaignants a déclaré: "Ce n'est pas une question d'autisme, mais de sécurité publique."

Il se trompe. C'est bien d'autisme dont il s'agit... mais pas celui dont on parle généralement.

Les médias nous montrent toutes les histoires les plus positives, comme celle de l'enfant autiste qui devient manager de l'équipe de basket du lycée, de celui qui va au bal de promo avec une fille ravissante, ou de celle qui fait partie de la cour de la reine de sa promo. Nos bâtiments se parent de bleu au début du mois d'avril, et on se félicite de notre conscience du problème.

Mais on n'en est pas conscients.

Parce que pour chaque autiste qui parvient à intégrer l'équipe de basket de son lycée, il y en a vingt qui jettent leurs excréments. Pour chaque autiste qui fait partie de la cour de la reine de sa promo, il y en a trente qui s'arrachent les cheveux et se mordent les bras jusqu'au sang. Et pour chaque autiste qui a la chance d'aller au bal, il y en a cinquante qui font du mal aux autres, à coups de pied, de poing et de dents.

Voilà l'autisme dont personne ne parle. Celui que personne n'a envie de voir.

Et nous n'en sommes pas conscients.

L'un des plaignants a déclaré: "Ce n'est pas son autisme qui nous inquiète mais la violence qu'il manifeste envers nos enfants."

Il n'est pas logique d'avoir un problème avec les comportements de cet enfant mais pas avec l'autisme.

L'autisme et les troubles du comportement sont indissociables. Pourquoi? Le comportement est un moyen de communication. Les personnes atteintes d'autisme sont souvent incapables de communiquer de manière compréhensible pour les personnes dites "normales". Alors ils se débrouillent pour qu'on réponde à leurs besoins, de manière souvent violente et effrayante.

Nous ne sommes pas conscients de tout ça.

Mon fils, qui a l'âge de l'enfant en question, était extrêmement agressif quand il était plus jeune. Tout ce que cet enfant a fait, il l'a fait aussi. Il poursuivait les autres enfants dans la cour, juste pour les faire tomber par terre. Il donnait des coups de poing, des coups de pied, il mordait, il tirait les cheveux. Et je ne savais jamais à quoi m'attendre avec lui. J'ai longtemps eu un réflexe de peur en le voyant courir vers moi, parce que je ne savais pas s'il allait me faire un câlin ou me frapper. Vous imaginez, en tant que mère, ce que cela représente? Le fait de tressaillir quand votre enfant court vers vous?

Nous ne sommes pas conscients de tout ça.

Vu que je ne savais pas ce que mon fils pourrait faire aux autres enfants, on a arrêté d'aller au parc, aux cours maman-enfant organisés par la bibliothèque. On s'est mis à faire nos courses à six heures du matin, quand il n'y avait presque personne. Il n'allait pas à la crèche mais il avait une nounou à la maison, pour éviter qu'il ne soit en contact avec d'autres enfants à la garderie. En somme, je l'ai isolé pour assurer la sécurité d'autrui. Vous imaginez ce que c'est pour une maman de ne pas pouvoir emmener son enfant au parc? Ni l'amener à une fête d'anniversaire? Ou inviter ses amis?

Nous ne sommes pas conscients de tout ça.

Du fait de la nécessité d'isoler mon fils, je me suis moi aussi isolée. J'observais de ma fenêtre les mamans du voisinage qui bavardaient, bien installées sur leurs chaises pliantes, pendant que leurs enfants jouaient. Je ne pouvais pas les rejoindre, parce que mon fils ne pouvait pas rester avec les autres. Un jour, une maman a invité mon fils à venir chez elle pour jouer avec le sien. Vous imaginez ce que c'est que de se sentir tellement enthousiaste puis d'avoir tellement honte quand, une fois prévenue des problèmes de mon fils, elle a retiré son invitation?

Nous ne sommes absolument pas conscients de tout ça.

Mais nous pourrions l'être. Nous pourrions ouvrir les yeux, et comprendre que l'autisme, ce n'est pas que l'enfant très intelligent, "un peu bizarre" mais fréquentable. Ce n'est pas que le petit virtuose de six ans, capable de jouer Piano Man mieux que Billy Joel. L'autisme peut être difficile. Une vraie galère. L'autisme peut être violent. Et vous isoler.

Quand on sera tous conscients des choses, il n'y aura plus de procès comme celui-là. Pourquoi? Parce qu'au lieu d'allumer des lumières bleues sur notre porche, on sortira avec nos enfants pour les aider à jouer tous ensemble... les "normaux" et ceux qui sont atteints d'autisme. On apprendra à connaître nos voisins, et on acceptera les enfants qui présentent des troubles du comportement, et leurs parents avec eux.

On apprendra ce qui peut déclencher une crise chez le camarade autiste de notre enfant, afin d'aider les petits à échanger en évitant ces facteurs d'agressivité. On formera une véritable communauté, incluant à la fois les personnes capables d'avoir un comportement adapté et celles qui font énormément d'efforts pour les apprendre. On s'efforcera d'apprendre à nos enfants à ne pas frapper les autres, et à éviter de se faire frapper.

Les parents concernés par ce procès -des deux côtés- ont encore du travail à faire. Au niveau de l'éducation, de la compréhension, de l'inclusion et de l'implication.

Alors dites-moi: est-ce vraiment l'autisme qui nuit à l'ordre public?

Une prise de conscience est possible... si c'est ce que l'on veut vraiment.

Ce blog, publié à l'origine sur le Huffington Post américain, a été traduit par Guillemette Allard-Bares pour Fast for Word.

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Autisme et handicap : démarches et droits - formation par vidéos en ligne - Association TouPI

article publié sur Canal Autisme

L'objectif de cette formation : permettre aux familles de mieux comprendre le fonctionnement des institutions (MDPH, système scolaire) de connaître leurs droits et les faire respecter. Cette formation s'articule en 4 parties et dure environ 3 heures :

1. La MDPH
2. Autres aides financières et mesures de protection
3. La scolarité
4. Les prises en charge

Accéder à la formation
     
Odile DE VISMES
Présidente de l’association TouPI (Tous Pour l’Inclusion) depuis juin 2013 : association de familles d’enfants ayant un handicap cognitif (autisme, handicap mental, troubles des apprentissages, TDAH, etc). Elle accompagne des familles dans leurs démarches (dossier MDPH, démarches scolaires, etc) et dans leurs recours. Ancienne administratrice de la FCPE 75, elle a été membre de la CDAPH de la MDPH 75 pendant deux ans, ainsi que de la CDOEA de l'académie de Paris.
Le site de l'Association TouPI : http://toupi.fr
   
  • Pré-requis
Aucune connaissance spécifique n'est nécessaire pour suivre cette formation. Elle s'adresse principalement aux familles.

  • Plusieurs thématiques seront abordées pendant cette formation
- La MDPH
- Pourquoi la MDPH ?
- Processus
- Dossier enfant
- Passage à l’âge adulte
- L’organisation académique
- Les types de scolarité
- Les AVS
- ESS et équipe éducative
- Maintiens
- 1er degré : périscolaire, extrascolaire
- 2nd degré : examens, orientation
- Transports
- Aides et recours
- Les prises en charge
- Prise en charge institutionnelle
- Prise en charge en libéral
- Double prise en charge
- Transport


  • Les outils & moyens pédagogiques
Une formation 100% en ligne disponible 24h/24, 7j/7, composée de modules vidéo courts avec :
- un support de formation à télécharger
- des échanges avec les membres de la communauté Canal Autisme sur la Page Facebook

  • Durée
Cette formation dure environ 3 heures


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30 septembre 2015

COQUEREL Steven, autiste Asperger veut apprendre à l'école

article publié dans Le Courrier Picard

Publié le


 
Séverine Poulain et Laurent Peuvrel se battent pour que leur fils Steven, autiste asperger, puisse reprendre sa scolarité.

Séverine Poulain et Laurent Peuvrel se battent pour que leur fils Steven, autiste asperger, puisse reprendre sa scolarité.

Steven Peuvrel, a été diagnostiqué autiste avec syndrome d’Asperger qui lui confère des difficultés relationnelles. Depuis un an, il n’est plus scolarisé. Un drame pour lui et sa famille.

I l pourra faire le métier qu’il veut si on lui permet d’aller à l’école.  » Séverine Poulain et Laurent Peuvrel se battent depuis des mois pour que leur fils, Steven, reprenne sa scolarité et assure son avenir. L’adolescent, qui fêtera ses 16 ans le 18 octobre, est autiste, atteint du syndrome d’Asperger. Il est intelligent, autonome, à l’aise avec ses proches, mais il souffre notamment de difficultés relationnelles avec les autres.

Renvoyé du collège il y a près d’un an, Steven tourne en rond dans le pavillon de ses parents, à Coquerel. Pour passer le temps, il surfe sur internet «  joue beaucoup à des jeux de stratégie  ». Son père travaille de nuit, pour pouvoir le surveiller, et sa mère prend le relais quand elle n’est pas à l’usine. Ses deux grandes sœurs s’occupent également de lui.

Diagnostiqué à 12 ans

Steven a été à l’école primaire normalement, avant d’être déclaré autiste. «  Je m’en suis rendu compte quand il avait trois ans, mais on m’a pris pour une folle, raconte Séverine Poulain. Il a passé des examens, et personne n’a rien vu. On me disait qu’il était juste timide. Mais je voyais bien qu’il n’était pas comme les autres.  » Alors que son fils, 12 ans) est en CM2, sa mère finit par lui faire passer un test mesurant le QI : «  Il l’a réussi haut la main, sauf à l’oral. Même la psychologue était stupéfaite  », se souvient Sévérine Poulain. Le centre de recherche sur l’autisme (CRA) d’Amiens établit le diagnostic : syndrome d’Asperger. La Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) accorde à la famille une petite aide financière, de 129 euros par mois, et le paiement du transport pour l’école. Au collège d’Ailly, Steven est inscrit dans l’unité locale d’inclusion scolaire (Ulis), destinée à des enfants en difficulté. «  Steven n’avait rien à y faire, commente Séverine Poulain. Il s’embêtait. En maths notamment.  » Ses parents le mettent ensuite au collège Ponthieu d’Abbeville, «  pour des raisons pratiques. Sa sœur vit à côté  ». Cette fois, Steven se retrouve «  en 4e type  », avec une auxiliaire de vie scolaire (AVS), mais ça se passe très mal. «  Il est rentré en septembre et ils l’ont arrêté en novembre. Ils ne savaient pas le gérer, ils nous ont dit qu’ils n’étaient pas adaptés à ce genre d’autisme », affirme la maman. Qui regrette : «  Personne ne nous a proposé d’autre solution.  »

Séverine Poulain a contacté diverses structures, des associations, sans succès pour l’instant. «  Partout les portes se ferment.  » Et elle a très peur que Steven se retrouve sans rien, une fois son 16e anniversaire passé. «  On le rejette de partout, il ne peut pas se projeter. On l’a pris pour un fou, il est au bout du rouleau, il se demande à quoi il sert  », relate la mère de famille. Pourtant, «  il a les compétences, il peut aller loin, si on lui en donne les moyens, confie-t-elle. Il adore tout ce qui est scientifique. J e le verrais bien dans l’informatique.  » «  On ne peut quand même pas lui interdire d’apprendre  », s’agace Laurent Peuvrel. Qui remarque : «  Les gens ont peur depuis qu’il a été diagnostiqué. Avant, il allait à l’école comme tout le monde.  »

Toutefois, Steven retrouve un peu d’espoir. Une solution pourrait être trouvée dans un autre collège.

«Il n’est pas exclu du système scolaire»

À l’inspection académique, Corinne Silvert est inspectrice à l’adaptation scolaire et à la scolarisation handicapée. Elle affirme : «  Steven n’est pas exclu du système scolaire.  » L’équipe de suivi de la scolarisation va de nouveau se réunir, selon l’inspectrice, «  pour envisager une prise en charge  » de l’adolescent. Elle évoque plusieurs solutions : revenir au collège, avec des aménagements pédagogiques adaptés, ou être orienté vers un autre établissement, comme le lycée agricole ou une maison familiale et rurale. Mais c’est la commission départementale de la maison des personnes handicapées qui tranchera. «  Tout ceci sera travaillé en concertation avec la famille  », insiste Corinne Silvert. Elle commente : «  Apparemment, il ne vivait pas bien sa scolarité. D’un côté, il avait envie d’être scolarisé comme les autres, mais il avait un peu de mal à communiquer. Ce qui posait souci. Un pédopsychiatre avait à l’époque recommandé un accompagnement médical.  » L’adolescent avait refusé, rappelle sa mère, qui lui laisse la décision. Plus généralement, Corinne Silvert rappelle qu’un certain nombre d’enfants autistes sont scolarisés en Picardie, dans des structures spécifiques, en institut médico-éducatif, dans des Ulis ou dans des classes ordinaires. Deux enfants autistes sont actuellement accueillis au collège Ponthieu.

Elle assure que des améliorations sont apportées. «  L’an dernier, nous avons ouvert une unité Autisme dans une maternelle à Amiens. Et nous avons créé cette année un poste de référent autisme, de la maternelle au lycée.  » Quant aux auxiliaires de vie scolaire (AVS), l’inspectrice affirme qu’ils ou elles bénéficient d’une formation générale puis d’une formation plus personnalisée, suivant le type de trouble. «  Il y a une formation spécifique sur l’autisme, mais chaque enfant a son propre fonctionnement, ce n’est pas évident.  »

Courrier picard

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Etre autiste au pays des droits de l'homme !

Publié le 30 septembre 2015

La France à la traine dans le traitement de l’autisme.

Par Nafy-Nathalie.

enfant rire credits b eelen (licence creative commons)

enfant rire credits b eelen (licence creative commons)




 

 

Le 17 septembre 2015, l’ONU s’insurge contre le placement de force d’un adolescent de 16 ans dans un hôpital psychiatrique pour adultes et demande à ce qu’il soit libéré au plus vite. Timothée est autiste, ce qui signifie qu’il souffre« de troubles du développement humain caractérisés par une interaction sociale et une communication anormales, avec des comportements restreints et répétitifs ». Autisme Regards Croisés est un site qui pourra compléter très utilement, si besoin, votre information. Le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) émet le 8 novembre 2007 dans son avis no 102 le constat suivant :

« Il n’y a pas aujourd’hui de traitement curatif, mais une série de données indique depuis plus de quarante ans qu’un accompagnement et une prise en charge individualisés, précoces et adaptés, à la fois sur les plans éducatif, comportemental, et psychologique augmentent significativement les possibilités relationnelles et les capacités d’interaction sociale, le degré d’autonomie, et les possibilités d’acquisition de langage et de moyens de communication non verbale par les enfants atteints de ce handicap. »

Donc la prise en charge y compris éducative est une donnée essentielle de l’insertion des autistes dans notre société. La France s’est engagée à garantir le droit à l’éducation des enfants autistes en ratifiant la Charte sociale européenne.

Timothée vivait avec sa mère, et était inscrit dans le système scolaire classique. Des assistants de vie scolaire lui permettaient de suivre les cours. De son côté, la Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH) préconisait son placement en institut spécialisé compte tenu de ses difficultés scolaires en 2013/2014. Elle a donc supprimé les AVS. L’école a indiqué ne plus être en capacité, sans AVS, d’assumer la prise en charge de Timothée et a refusé de le garder pour la rentrée 2014/2015. Devant l’insistance de sa mère à le scolariser, y compris par la force, en attendant le résultat de l’action qu’elle avait lancée, l’adolescent a été évacué de l’établissement scolaire avec l’aide de la police. En mai 2015, la juge des enfants a confié Timothée à son père, qui lui était favorable à sa prise en charge spécialisée, afin qu’il puisse le confier à un Institut Médico Educatif (IME). Ce dernier, au terme de 4 jours décide de le renvoyer vers un hôpital psychiatrique pour adultes où il est resté 9 jours, avec l’accord de son père, au cours desquels il sera mis sous psychotropes et coupé de ses proches.

Catalina Devandas Aguilar, rapporteuse de l’ONU, spécialisée en droit des personnes handicapées, déclare que « l’institutionnalisation de Timothée D. en milieu psychiatrique constitue une grave atteinte au droit à la liberté et sécurité de sa personne et au respect de son intégrité physique et mentale ». Elle précise qu’« elle viole également les droits de cet adolescent à l’autonomie et à l’inclusion dans la société, à vivre au sein de sa famille et à exprimer librement son opinion sur toute question l’intéressant ». Elle conclut par le fait qu’« Il est particulièrement grave que l’intérêt supérieur de cet adolescent, qui n’a jusque-là guère été pris en compte dans les décisions le concernant, ait été invoqué pour le priver de voir des membres de sa famille ».

Pointer ainsi l’attitude de la France n’est pas nouveau. En février 2015 le commissaire des droits de l’homme du conseil de l’Europe pointait également «[… ] un certain nombre de situations à la fois inquiétantes et paradoxales : ainsi, des personnes qui auraient pu bénéficier d’un maintien en milieu ordinaire à condition de recevoir l’accompagnement personnalisé nécessaire se trouvent placées en institutions, faute d’une évaluation pertinente de leurs besoins ou de disponibilité des services médico-sociaux adaptés». L’incapacité de l’État à fournir des données précises sur le nombre de handicapés et la nature de leur handicap pose problème. Comment mettre en œuvre les moyens adaptés pour gérer une situation dont on ignore tout ? 80.000 personnes voient leurs libertés individuelles retirées par une hospitalisation d’office, 6.000 français doivent s’exiler en Belgique pour pouvoir être correctement pris en charge, 20.000 enfants sont privés de leurs droits à l’éducation, dont une grosse majorité d’autistes. Un article de Libération du 18 février 2015 titre d’ailleurs « environ 20.000 enfants handicapés sans solution »

L’État français a déjà été condamné par le Conseil de l’Europe 5 fois depuis 2004 pour ces manquements. Il lui a été accordé 10 ans à partir de 2004 pour y remédier, ce qui est loin d’avoir été fait. En effet, permettre de passer de 10 à 20% la prise en charge des autistes en milieu scolaire classique est certes une avancée mais pas suffisante en regard des engagements pris, puisque 80% des autistes demeurent exclus. La cour européenne des droits de l’homme considère dans sa dernière décision qu’ « il y a violation de la Charte sociale européenne révisée en ce qui concerne le droit des enfants et adolescents autistes à la scolarisation en priorité dans les établissements de droit commun, et l’absence de prédominance d’un caractère éducatif au sein des institutions spécialisées », absence de prédominance rappelée dans un article de L’Express de 2012. L’État français devient particulièrement surveillé et doit depuis 2014 faire un rapport annuel des efforts qu’il fournit pour remédier aux problèmes relevés qui sont principalement :

  • Manque d’écoles
  • Manque de moyens alloués aux écoles
  • Précarité du statut du personnel accompagnant (Auxiliaires de vie scolaire dites AVS),
  • Manque de financement d’institutions spécialisées sur le territoire au profit du financement de la prise en charge des autistes français en Belgique. Vous avez bien lu. Nous en sommes arrivés à la situation aberrante de préférer externaliser la prise en charge de nos autistes nationaux dans les pays frontaliers plutôt que de créer les conditions favorables à leur accueil sur le territoire français. L’adoption le 13 mars 2015 de l’amendement AS1488 de la loi sur la santé favorisant cette incongruité avait d’ailleurs créé une vive polémique.

Secouée par le Conseil de l’Europe, un nouveau plan nommé « Plan autisme 3 » a tout de même été adopté en 2013, après 3 années de carence, qui devrait contribuer à améliorer significativement la situation des enfants et adolescents autistes ; mais ses premiers résultats ne seront pas effectifs avant 2017. Ce plan a été validé le 10 mars 2014 par le conseil des ministres de l’Europe. Un article du Monde de septembre 2014 dresse un bilan mitigé de ce plan après une année. Il rapporte les propos du Président de l’association Autistes sans frontières qui indique que «  C’est la première fois qu’un président de la République se déplace dans un lieu où l’on fait exactement ce qu’il faut faire, c’est un signal positif » toutefois, il souligne aussi le fait que créer sept places dans chaque département, soit prendre 700 enfants à terme sur toute la France, n’est sans doute pas suffisant en regard des 7 000 à 8 000 enfants qui naissent chaque année atteints d’une forme d’autisme. Cela tombe sous le sens.

Le traitement des autistes n’est pas aussi lamentable dans le monde. 650.000 personnes sont touchées par l’autisme, c’est énorme. Au lieu de pénaliser le « hors norme » comme on a coutume de le faire chez nous, ailleurs, on décide d’en faire des atouts. Un article de Novethic l’explique parfaitement. Il suffit d’observer ce qui se passe dans les pays du Nord de l’Europe comme la Belgique ou le Danemark pour se rassurer sur l’existence de solutions et d’une intégration possible dans la société. En Grande-Bretagne, 100% des autistes sont scolarisés, idem en Italie et en Suède, où n’existent pas de statistiques sur le sujet ; l’absence d’insertion sociale y étant considéré comme une maltraitance, on peut tabler sur un chiffre proche des 100%. Les études montrent selon le collectif autisme que : « Les personnes handicapées ont acquis plus d’autonomie et la discrimination a régressé. En matière de coût économique, des études réalisées en Suède et en Grande Bretagne ont indiqué que ces modalités de prise ne charge permettant une insertion sociale étaient moins coûteuse que l’institutionnalisation. » On peut aussi se pencher sur la manière dont les États-Unis transforment le handicap en atout,  ainsi Microsoft qui annonçait en mars 2015 vouloir recruter des autistes au sein de son groupe. Est-il utile de rappeler que Bill Gates est lui-même probablement autiste ? Sont soupçonnés de l’être également Mark Zuckerberg (créateur de Facebook), Marie Curie (chercheuse) et bien d’autres. Tous les autistes ne sont pas des Bill Gates, évidemment, mais rien n’interdit de penser qu’avec une prise en charge appropriée, beaucoup pourraient trouver une place dans la société.

Nous sommes le 30 septembre 2015. Un juge du tribunal de Lyon a confirmé le 25 septembre 2015 la décision initiale de confier Timothée à son père afin qu’il soit à nouveau placé en IME sans tenir compte des préconisations de l’ONU. Dont acte. Je suis curieuse de savoir ce que le gouvernement répondra aux questions que lui posera l’ONU sur cette affaire. Il doit le faire avant le 15 octobre prochain. Les condamnations de l’État français s’entassent ; ainsi vient-il d’être condamné à verser 240.000 euros pour indemniser 7 familles en 2015. La réaction des responsables politiques est ahurissante. Ils se gargarisent d’une condamnation de leur propre carence justement. Les associations dépitées par le manque de réaction des pouvoirs publics, s’organisent pour lancer des actions collectives en tablant sur le fait que le poids financier des condamnations obligera l’État à enfin prendre le problème à bras-le-corps. Ainsi par exemple Vaincre l’autisme fait un appel aux victimes afin de lancer une action collective avec un minimum de 500 dossiers. 500 dossiers avec une moyenne de 34.000 euros d’indemnisation par dossier (si l’on se réfère à la condamnation précitée), cela fait une estimation basse de 17 millions d’euros à verser. 8.000 enfants autistes naissent chaque année, soit potentiellement autant de dossiers que les associations pourraient amener devant les tribunaux. Je vous laisse comparer avec les ridicules 205 millions que va coûter un plan autisme 3, qui s’étale sur 4 ans, et qui est, nous le savons déjà, nettement insuffisant. La question de l’autisme concerne tout le monde. Il n’est pas acceptable ni humainement ni matériellement qu’aujourd’hui il y ait encore des milliers d’enfants comme Timothée.

Accueil périscolaire : la Caf soutient les enfants handicapés

04 Mai 2015
article publié sur le site de la Caisse des Allocations Familiales (CAF)

Les activités périscolaires sont ouvertes à tous, mais des adaptations sont parfois nécessaires pour faciliter l’accueil des enfants en situation de handicap. Désormais, les Caf pourront apporter une aide financière aux communes.

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La mesure a été annoncée par le président de la République le 11 décembre 2014, lors de la Conférence nationale du handicap. Les Caf jouent un rôle croissant dans le soutien aux activités périscolaires organisées par les communes, notamment dans le cadre de la récente réforme des rythmes scolaires.
Pour répondre à l'orientation fixée par le chef de l'Etat, les Caf vont dorénavant accompagner financièrement les communes qui souhaitent investir pour faciliter l’accès des enfants en situation de handicap à ces activités périscolaires. 
 
Adapter les activités proposées et renforcer l'encadrement
Ceci pourra se traduire, selon les cas, par une adaptation des locaux ou des activités proposées, ou encore par un renforcement de l'encadrement par des adultes. Au vu des projets, les Caf pourront participer au financement de ces adaptations, grâce à un « fonds publics et territoires » doté, pour l'ensemble de ses missions, de 380 millions d'euros pour la période 2013-2017.
Pour sa part, la ministre de l'Education nationale a demandé aux recteurs d’académies que chaque projet d'école - obligatoire pour tous les établissements scolaires - comporte un volet sur l'accueil et l'accompagnement des élèves handicapés.

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Eglantine Eméyé : Avoir un enfant handicapé, c'est de la faute de personne

Un peu comme Voltaire « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai pour que vous ayez le droit de le dire. » Quand on parle de handicap ... il faut sans doute rester modeste et humble dans le jugement des solutions trouvées par les uns et les autres (jjdupuis)

Depuis deux ans, Samy vit dans une structure spécialisée dans le sud de la France. Eglantine Eméyé va le voir toutes les deux semaines. "Aujourd'hui, on est séparés, quand on se voit c'est que l'un pour l'autre. Ça fait quelques années que j'ai compris qu'il sait qui je suis et qu'il le manifeste". "J'aurai toujours mal à mon Samy", ajoute la journaliste, "avoir un enfant handicapé c'est de la faute de personne mais ce que je regrette, c'est que l'on soit si mal aidé".

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26 septembre 2015

En France, le potentiel professionnel des autistes reste sous-exploité

article publié sur novethic

Les autistes Asperger et de haut niveau ont beaucoup à donner au monde de l'entreprise. Leurs capacités de travail, leur intelligence et leur souci du détail font de ces personnes handicapées des salariés très productifs. Un potentiel qui reste largement ignoré en France. Faute d'information ou victimes de leurs préjugés, les employeurs hexagonaux rechignent encore à intégrer ces profils particuliers. Pourtant, des solutions existent.

Un autiste Asperger salarié dans une entreprise.
Daniel Reinhart / AFP

" Un gâchis énorme ". Philippe Bouchard résume ainsi la situation des autistes Asperger et de haut niveau. Le responsable de la mission handicap du groupe Randstat France se désole : "alors que les entreprises françaises ne cessent de clamer qu'elles recherchent des compétences pointues, on passe à côté de formidables compétences".

A la décharge de ces employeurs potentiels, il n'est pas aisé de repérer ces talents hors normes. " Les autistes mettent tous les savoir-faire au même niveau. Une personne qui sort de polytechnique ou de l'école des mines peut afficher sur son CV qu'elle sait faire une recherche sur Google ou des photocopies ", détaille Philippe Pouchard.

Ces difficultés à hiérarchiser les compétences et à se " vendre " lors d'un processus de recrutement peuvent transformer un entretien d'embauche en entretien d'embûches. Pour David Forien, la difficulté réside surtout dans le fait de trouver LA bonne entreprise, c'est à dire une structure assez souple pour intégrer ces profils atypiques.

Pour celui qui fut l'un des créateurs de l'association "Talents d'as", qui s'est donnée pour mission de trouver du travail aux personnes atteintes de troubles autistiques, " les règles et les repères d'une entreprise peuvent créer un cadre potentiellement accueillant pour des autistes Asperger et de haut niveau ".

De précieuses compétences

Selon Clémence Petit, une psychologue spécialisée dans l'accompagnement des autistes en milieu professionnel, les personnes présentant ce handicap – 80 % des cas diagnostiqués sont des hommes – ont de sacrées qualités professionnelles à faire valoir. "Ils sont pour la plupart extrêmement loyaux. Et honnêtes. Leurs capacités de mémorisation sont hors normes, au point d'en faire de véritables encyclopédies. Ils sont rationnels, méticuleux, ont la plupart du temps le souci du détail. Ils n'aiment pas non plus les pauses-cafés ou cigarettes du fait de leur capacité à s’absorber dans une tâche et de leur difficulté à sociabiliser avec leurs collègues ".

Mais si les autistes Asperger et de haut niveau présentent des capacités à même de séduire leur hiérarchie, la vie quotidienne avec leurs collègues de travail ne va pas sans difficultés.

Informer les salariés sur l'autisme

En cause notamment, leur manière très directe de s'adresser aux autres." Ils peuvent rapidement devenir blessants car ils sont maladroits. Ils n'hésitent pas à faire des réflexions sur votre prise de poids ou sur le fait que vous avez une sale tête après une nuit trop courte. Ils ne cherchent pas à vexer. Ils constatent simplement des faits ", souligne Clémence Petit. D'où l'importance d'informer les salariés sur l'autisme avant l'embauche effective d'une personne atteinte par ce handicap, que les spécialistes attribuent à la combinaison de certains facteurs génétiques et à une exposition précoce à des polluants.

Pour la psychologue, les collègues de travail d'un autiste doivent être capables de faire face à quelqu'un " supportant mal l'incompétence, pouvant présenter des troubles obsessionnels du comportement, ayant un mécanisme de pensée très centrée sur elle-même, qui présente des difficultés à détecter les comportements non-verbaux de communication, qui ne vient pas demander de l'aide et qui ne perçoit ni l'humour ni le sarcasme ".

Adapter le cadre de travail

Pour être efficace, un autiste doit évoluer dans un milieu professionnel adapté. C'est particulièrement vrai d'un point de vue sensoriel. " Ils ont du mal à filtrer les bruits et en particulier les voix. De ce fait, ils peuvent donc passer à côté d'une information importante " détaille David Forien. " Ils sont également hypersensibles au bruit, notamment aux sons métalliques. Ils entendent également les crépitements des néons. Il leur faut donc éviter la lumière directe et leur proposer, si possible, des casques antibruit ".

L'adaptation au cadre de travail doit également passer par la mise en place de procédures précises. Pour Frédéric Dorien, " il faut adapter le profil de poste avec des éléments tangibles de compréhension pour les Aspergers. C'est également vrai pour les processus. Par exemple faire travailler un non-autiste en binôme avec un autiste que celui-ci ne supporte pas. Ils ont également la sensation que leur travail, une fois terminé, n'a pas à être modifié. Or la réalité professionnelle n'est pas celle-là. Ils ont également besoin d'aide dans leur gestion du temps et de leurs priorités car ils sont capables de s'immerger totalement pendant des heures dans l'accomplissement d'une tâche qui n'est pas prioritaire ".

Hélène Chambefort est directrice des archives de l'INSERM, l'Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale. L'une des membres de son service est atteinte d'Autisme. " Il faut être capable de s'adapter, précise-telle. Par exemple, ne pas donner de nouvelles tâches à accomplir dans les périodes compliquées "

Des dizaines de milliers de Français concernés

Selon l'OMS, 1 % de la population mondiale est atteinte de trouble du spectre autistique. 1/7e de cette population est atteinte du syndrome Asperger. Ramené à la population française, cela signifie qu'au moins 100 000 personnes sont concernées.

Or selon plusieurs associations spécialisées dans l'accompagnement professionnel de ces handicapés, seulement ... 1 % des autistes de haut niveau ont à ce jour un emploi, alors que 50 à 70 % d'entre eux seraient à même de travailler.

La reconnaissance de leurs capacités professionnelles restent aujourd'hui à construire.

 

* Propos recueillis lors d'une conférence sur les relations entre l'autisme et l'entreprise le 2/4/2015 dans les locaux du groupe IGS.

Antonin Amado

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