Autiste, Guillaume réussit à intégrer une école dentaire
article publié dans Ouest France
À l’entendre, tout sourit au jeune Guillaume Brisard. Et c’est vrai qu’en quelques mois, l’élève prothésiste est parvenu à décrocher son bac professionnel (de prothésiste) et son permis, le tout du premier coup, ainsi qu’un stage et une promesse d’embauche. « C’est une réussite », affirme-t-il fièrement.
Depuis un peu plus de trois ans déjà, le jeune homme apprend le métier de prothésiste dentaire. Son rôle consiste à réaliser des appareils sur mesure pour répondre au besoin d’un dentiste. « Patience, précision, création » sont les trois qualités essentielles de ce « travail d’artisan », explique Frédéric Guiot, le directeur de son école, l’Edgo (École dentaire du Grand Ouest), aux Herbiers, en Vendée. Guillaume s’est intégré à partir de la seconde dans cet établissement d’une soixantaine d’élèves, « presque une famille » tant tout le monde s’y connaît.
Pas de traitement particulier
Pour autant, pas question de traitement particulier pour Guillaume, que ce soit du côté des enseignants mais aussi du côté des élèves. Ses capacités d’attention ont progressé au fil du temps, et sa formation porte ses fruits. « Il maîtrise son truc, il est loin d’être bête », témoigne son directeur. Et même s’il bénéficie du dispositif du tiers-temps (un allongement de la durée des épreuves prévu pour tous les élèves ayant un trouble de santé), son directeur l’incite à l’utiliser le moins possible. « Je lui ai dit de l’utiliser si besoin », explique Frédéric Guiot, par exemple « s’il lui arrivait d’avoir une courte crise de panique pendant un examen, mais de ne pas compter dessus ».
Mais l’élève n’en serait pas arrivé là sans le maître. C’est en feuilletant le journal Ouest-France que Guillaume a découvert l’existence d’une école dentaire aux Herbiers. Il a alors visité l’établissement en compagnie de sa mère, et a été rapidement séduit. « C’est un peu là que j’ai accroché », témoigne-t-il. Sa rencontre avec le directeur lui a permis de s’intégrer de la meilleure des manières. Il a eu « de la chance », selon ses propres mots, de découvrir cette opportunité. Mais plus globalement, c’est tout le personnel qui s’est mis sur la longueur d’onde.
« C’est un peu une revanche »
Le plus saisissant, c’est le contraste avec la situation du jeune homme il y a quelques années à peine. « C’est un soulagement par rapport à la primaire, au collège », explique sa mère. Guillaume opine du chef, en précisant : « La pire année à supporter c’était la troisième », du fait des railleries et autres brimades de nombreux élèves. Un véritable harcèlement, qui l’incitait par exemple à passer le moins de temps possible dans la cour de son établissement.
Aujourd’hui, au contraire, Guillaume se sent bien intégré au sein de l’Edgo, à l’heure où il entame sa quatrième année, qui sera celle de sa spécialisation en orthodontie. Et s’il se fait connaître aujourd’hui c’est moins par l’irritabilité qu’entraîne par intermittence son autisme que par la spécialisation en CFAO (conception fabrication assistée par ordinateur) qui lui permet de se placer à la pointe de la technologie dans son domaine de compétences. D’autant plus que ce domaine satisfait pleinement cet amateur d’informatique qui, lorsqu’il ne se laisse pas séduire par les plaisirs vidéo ludiques, se dit « très intéressé par la conception 3D et le dessin par ordinateur ».
Une équipe pédagogique concernée
Frédéric Guiot, directeur de l’Edgo, Guillaume Brisard et sa mère. (Photo : Ouest-France)
Frédéric Guiot, le directeur de l’École dentaire du Grand Ouest (Edgo), avoue avoir parfois fait de l’excès de zèle, pour veiller au mieux à l’intégration de Guillaume. Comme cette fois où il est arrivé dans une classe en voulant remettre en place les élèves qu’il soupçonnait d’avoir déclenché une crise de panique. Mais, « il s’est avéré que la mise au point était inutile, car les élèves n’étaient pas en cause », indique Frédéric Guiot.
En dehors de cela, les enseignants ont été avertis à son arrivée qu’il ne fallait pas s’inquiéter si Guillaume Brisard avait du mal à rester en place. Frédéric Guiot explique qu’au départ « il avait tendance à se lever pour marcher un peu dans l’école ». Une habitude difficile à gérer dans un établissement scolaire classique, mais que la petite taille de l’école a permis de gérer au mieux. Depuis, cette habitude s’est peu à peu estompée.
Pour l’école, une adaptation plutôt facile. L’autisme regroupe des formes extrêmement variées. Et si le terme est souvent acculé à certains clichés, dans le cas de Guillaume, l’école n’a rien eu à changer pour accueillir ce nouvel arrivant. « L’essentiel, c’est que les enseignants et les autres élèves soient au courant et compréhensifs », explique Frédéric Guiot. Les symptômes de l’apprenti prothésiste sont assez légers et se limitent principalement à quelques crises d’angoisse de temps en temps, mais qui le plus souvent prennent fin d’elle-même rapidement.
La maltraitance médicale selon Martin Winckler
article publié dans le magazine DECLIC
Absence totale de soutien, propos très durs, voire insultants, refus de soins…De nombreux parents d’enfants handicapés ont vécu ce que Martin Winckler dénonce dans son ouvrage Les brutes en blanc: la maltraitance médicale. L’écrivain médecin nous explique comment réagir.
La maltraitance médicale, c’est quoi exactement ?
« Un des premiers principes moraux de tout professionnel de santé doit être la bienveillance médicale et donc, la non-malfaisance. Porter un jugement négatif sur un enfant ou sur son parent lors d’une consultation, lui dire qu’il ne fait pas d’effort, que ce qui arrive est en partie de sa faute, est maltraitant. Un professionnel qui ne connaît rien au handicap ou à la problématique d’un patient handicapé et qui se permet en plus des commentaires désobligeants est maltraitant. L’une de mes amies, maman solo d’une fille handicapée de 12 ans, m’a souvent parlé d’un discours culpabilisant tenu par des professionnels allant jusqu’à dénigrer sa manière d’élever son enfant. C’est hors de propos, insupportable et inacceptable!
Médecin maltraitant ou « de mauvais poil », comment savoir ?
Un médecin qui critique son patient, qui lui coupe la parole, qui se montre froid ou autoritaire n’est de toute façon pas un bon médecin. Lorsque j’étais jeune généraliste, j’ai été confronté à des situations où je ne me sentais pas compétent. Cela n’empêche pas de demander un deuxième avis à des confrères ni d’être à l’écoute du patient ou de sa famille. Un médecin ne peut pas refuser un enfant ou une personne handicapée en consultation médicale sous prétexte de ne pas savoir faire. On peut toujours faire quelque chose et s’adapter à un patient. Dans le cas contraire, et pour ne pas rompre la chaîne des soins, un médecin qui rencontre vraiment des difficultés ou se sent impuissant doit pouvoir orienter ses patients vers d’autres confrères qui pourront prendre le relais. Être empathique, c’est s’intéresser à ce que vit l’autre, même si on n’a pas toutes les clés pour lui venir en aide.
Comment se protéger contre la maltraitance médicale ?
Il ne faut pas hésiter à sortir de cette déférence typiquement française à l’égard des professionnels de santé et oser dire: « De quel droit me parlez-vous de cette façon? ». Vous estimez qu’un professionnel de santé va trop loin dans ses propos, qu’il vous parle mal? Dites-le lui simplement et calmement. Un médecin bienveillant doit écouter votre critique et être capable de s’excuser. On n’ose pas toujours le faire sur le moment, il ne faut donc pas hésiter à le faire par écrit et à lui transmettre par la suite. On peut aussi se plaindre à la commission des droits de l’établissement de santé, au Défenseur des droits et quand ça va trop loin, porter plainte au pénal. Les meilleurs pros n’ont pas toujours pignon sur rue. Internet, et notamment les réseaux sociaux, sont un moyen de se passer de bons contacts, y compris de médecins qui ne sont pas forcément chefs de service ou bardés de diplômes, mais qui sont à l’écoute des familles. »
-Les brutes en blanc, Martin Winckler, éd. Flammarion, 16,90 €.
–Le psychanalyste parfait est un connard ! Maud Lacroix, illustrations Peter Patfawl, éd. Devarly, 17 €.
Maltraitance médicale : Il faut fuir certains psys
Maud Lacroix, maman d’Alexyan, un petit garçon autiste de 8 ans, et auteure de l’ouvrage Le psychanalyste parfait est un connard !
« j’ai eu envie de dénoncer par l’humour et sous forme de caricatures avec l’aide d’un ami dessinateur des propos comme : “votre mari vous a-t-il pénétrée correctement ?” ou encore “avez-vous été victime d’incontinence fécale pendant l’accouchement ?” des phrases prononcées par des soi-disant médecins à la recherche de causes à l’autisme de mon fils. Il existe de nombreux progrès en matière de diagnostic et de prise en charge et tous les psys ne sont pas horribles, mais certains continuent de tenir les parents pour responsables et de leur faire savoir de cette façon. Des propos extrêmement violents dont je préfère rire aujourd’hui, mais qui m’ont fait beaucoup de mal et qui ne seront jamais oubliés. J’invite les parents à ne pas se laisser faire, à dénoncer quand c’est possible, mais surtout, à fuir ce genre de professionnels ! »
Crédit photo : Rachel Baker
Isabelle Malo
Les infiltrés -> Reportage choc dans un hôpital psychiatrique
Important à mon sens :
Dans ce reportage on voit des personnes autistes internées en hôpital psychiatrique où elles n'ont pas leur place. Nous le savons, le terme "psychose infantile" n'est utilisé qu'en France pour désigner un diagnostic d'autisme.
C'est le diagnostic qui était posée pour ma fille Elise jusqu'à ce que je demande qu'il soit révisé pour tenir compte des recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS).
Certains professionnels de bon niveau préconisaient encore récemment un passage de ma fille Elise dans l'hôpital psychiatrique du secteur comme unique solution !!!
Le scandale français dans sa banalité c'est aussi simple que cela.
Nous sommes entrés en résistance et avons trouvé malgré eux une autre solution qui fait le bonheur de ma fille (et de sa famille) ...
Un Grand Merci à tous ceux qui ont permis qu'une telle solution soit trouvée et à toute l'équipe de professionnels formés qui l'accompagne actuellement.
Jean-Jacques Dupuis
NB Elise sera quand même passée par l'hôpital psychiatrique en 2006 mais nous arrivions dans l'établissement voir ici et difficile de faire autrement ... d'autant qu'à l'époque je n'avais pas la "culture".
Au Havre : une école maternelle accueille de jeunes autistes
article publié sur France 3 Normandie
C'est une itiniative rare : une école maternelle du Havre accueille depuis la mi-novembre une dizaine d'enfants atteints de troubles autistiques légers.
Publié le 17/01/2017 à 11:18
C'est dans le cadre du 3ème plan national qu'une seconde classe a été ouverte dans le département de Seine-Maritime. Après l'unité d'enseignement maternelle (UEM) mise en place à Rouen, c'est donc le Havre qui accueille désormais une classe pour jeunes autistes.
VIDEO / Un reportage de BRON Gwenaelle et GUIRAUDOU Hervé
Une classe pour jeunes autistes
Scolariser pour intégrer
L'école maternelle Ancelot, située dans le centre-ville havrais, ouvre ses portes à 7 jeunes enfants atteints de troubles autistiques légers. Au fur et à mesure de leurs progrès, ces petits élèves peuvent ensuite intégrer une classe classique. En France, 100 unités comme celle-ci sont désormais accessibles.
Violences sur des patients à l'hôpital psychiatrique d'Uzès : jusqu'à trois ans de prison pour les prévenus
article publié sur France 3 Languedoc-Roussillon
Dans l’affaire du Mas Careiron à Uzès, le tribunal correctionnel de Nîmes a condamné trois des quatre infirmiers et aide soignants poursuivis pour des maltraitances sur des patients à des peines allant de trois ans dont un ferme (pour l’un) à un an avec sursis pour les deux autres.
Le tribunal correctionnel de Nîmes a rendu son jugement cet après-midi dans l’affaire du Mas Careiron d’Uzès. Pour trois des quatre infirmiers et aide soignants poursuivis pour des maltraitances sur des patients, les peines vont de trois ans dont un ferme (pour l’un) à un an avec sursis pour les deux autres. La quatrième est relaxée au bénéfice du doute.
Violences disproportionnées
L’un d’entre eux écope en plus d’une interdiction d’exercer son métier pendant cinq ans. Les prévenus étaient accusés d’avoir fait preuve de violences disproportionnées sur des malades du centre psychiatrique. Deux d’entre eux devront verser 3.000 euros de dommages et intérêts à la famille d’une victime qui s’était constituée partie civile. Mais d’autres ont depuis apporté des témoignages confirmant les faits. La défense se réserve la possibilité de faire appel.
Coups de pied, patient pris à la nuque ou lavé à l'eau froide ...
Lors du procès, le 15 novembre 2016, la lecture du procès-verbal de gendarmerie indiquait des "coups de pied, patient pris à la nuque ou lavé à l'eau froide ..." à l'encontre de victimes qui ne pouvaient s'exprimer normalement et étaient totalement dépendantes.
Camille, 21ans, employée en crèche, est trisomique
article publié dans handicap.fr
Résumé : C'est une avancée inédite en France. Camille Besson est la première personne trisomique à suivre un CAP petite enfance. En contrat de professionnalisation, elle travaille pour le moment au sein de la micro-crèche de Bourgoin-Jallieu, en Isère.
Par Handicap.fr / Aimée Le Goff, le 12-01-2017
Camille Besson, 21 ans, est porteuse de trisomie 21. Elle est aussi la première personne trisomique à passer un CAP (Certificat d'aptitude professionnelle) petite enfance en France, en contrat de professionnalisation. À la micro-crèche Garderieland de Bourgoin-Jallieu, en Isère, elle s'occupe d'une dizaine d'enfants de 0 à 3 ans, environ 9 heures par semaine. Neuf autres heures sont consacrées aux cours dispensés au sein du Greta (Groupe d'établissements publics de formation professionnelle continue) dans le cadre de son apprentissage.
Première intégration
Apprendre à changer un enfant, donner le repas, participer aux activités et au chant, préparer les biberons… Comme ses trois collègues, Camille à la responsabilité de multiples tâches. Éric Giordano, directeur de l'établissement et investi auprès de différentes associations agissant en faveur du handicap, s'enthousiasme de cette intégration. « Je la connais depuis qu'elle a 6 ans, confie-t-il. Lorsqu'elle est revenue en France, après 5 ans passés à l'île Maurice, rien ne s'offrait à elle. Son père, que je connais de longue date, m'a demandé s'il était possible de la recruter. »
Suivi professionnel et psychologique
M. Giordano, qui souhaite intégrer davantage de personnes en situation de handicap au sein de son équipe, sollicite plusieurs organismes, avec le soutien de l'Agefiph (Fonds pour l'insertion professionnelle des personnes handicapées). En novembre 2015, Camille commence à travailler. « Nous avons démarré par un stage de deux mois, en collaboration avec Pôle emploi, qui nous a présenté l'association Pairformhand », poursuit le directeur. Cette dernière a mis au point une méthode de formation des professionnels qui se destinent à accompagner les personnes handicapées peu autonomes, et assure également le suivi psychologique du travailleur. Elle associe son réseau à un organisme de formation baptisé Expairtises. S'ensuit pour la jeune femme un stage de professionnalisation de février à juillet 2016, avant une rencontre avec le Greta qui met en place un cursus en CAP à l'automne suivant.
Un contact « extraordinaire »
Camille, employée très investie, est « extraordinaire » avec les enfants, selon l'équipe qui l'encadre. « Les petits l'adorent et lui font confiance. Ils ne voient pas son handicap mais plutôt une personne aimante et câline. Des deux côtés, il n'y a aucun jugement », rapporte M. Giordano. Mais certaines situations sont aussi génératrices de stress pour la nouvelle recrue. « Elle n'apprend que par la répétition, ce qui prend beaucoup de temps, précise-t-il. C'est parfois très fatigant pour elle. Entre autres difficultés, elle a pour le moment du mal à réprimander un enfant lorsqu'il le faut. » Pour l'instant en phase de test, Camille pourra bénéficier d'un bilan à l'issue de sa formation. « À long terme, nous aimerions qu'elle reste. Nous devrons estimer ce que cela nous coûtera lorsque nous ne serons plus soutenus financièrement », explique son employeur. Camille, elle, devrait obtenir son CAP petite enfance en 2018 ou 2019.
À l'étranger, d'autres personnes trisomiques intégrées en milieu professionnel ordinaire au contact des enfants donnent l'exemple. En Argentine, c'est le cas de Noelia Garella, 29 ans, enseignante en maternelle (lire article en lien ci-dessous).
© Les Garderieland
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Sur Handicap.fr
Sur le web
A propos d'une prise de position d'ENSEMBLE
Par Jean Vinçot
Blog : Le blog de Jean Vinçot
"Ensemble"(membre de l'ex-Front de Gauche et appuyant actuellement la candidature de Jean-Luc Mélenchon) a publié un communiqué au sujet du projet de résolution Fasquelle sur l'autisme. Une prise de position suivie d'une tribune de 4 militants.
Cela se fait dans le contexte de la discussion entre Jean-Luc Mélenchon et Olivia Cattan, présidente de SOS Autisme. Jean-Luc Mélenchon a depuis soutenu Olivia Cattan comme candidate à la députation.
Des militants d'Ensemble, après une discussion sur le fond, ont suggéré que le débat continue. Le texte ci-dessous a été immédiatement publié sur le site d'Ensemble après transmission. Une réponse y a été apportée : nous rédigerons bien entendu une réponse. Nous expliquerons pourquoi nous étions contre la résolution Fasquelle. Nous discuterons du management néo-libéral de la médecine et du développement d'un marché inégalitaire.
Ensemble s'est saisi du projet de résolution Fasquelle sur l'autisme pour prétendre lutter contre la science d'Etat et le retour de l'ordre moral.
La gauche radicale avait pris de la même façon position en mars 2012 contre les recommandations de bonnes pratiques professionnelles publiées par la HAS (Haute Autorité de Santé) et l'ANESM.
La première version du communiqué ciblait « plusieurs associations recevant des fonds publics [faisant] un lobbying intense ». Une association était citée : mauvaise pioche, car elle ne reçoit aucun fonds public, et elle était contre la résolution Fasquelle.
Cela témoigne d'une méconnaissance du mouvement social de l'autisme. Ses positions sont caricaturées.
Sur la résolution Fasquelle
Le pedigree de Fasquelle n'est pas alléchant, mais il est trop facile d'en tirer une équivalence sur le « retour à l'ordre moral ». Son projet de résolution (non impérative) était destiné à échouer, comme la résolution précédente en 2012 sous une majorité de droite, qui était pourtant soutenue par Gwendal Rouillard (PS).
Le risque d’une science d'Etat ou d'une médecine d'Etat n'est pas aussi réel que décrit.
Très peu d'associations de personnes concernées ont soutenu la résolution Fasquelle.
Mais nous avons pu assister à la campagne menée contre cette résolution, qui a permis aux professionnels qui s'étaient opposés en 2012 aux recommandations de la HAS de rallier facilement autour d'eux les médecins autour de leur liberté de prescription (comme leSyndicat des Médecins Libéraux, qui regroupe spécialistes de tout poil et généralistes) ; ainsi que tous les groupes de l'Assemblée, sauf la majorité des Républicains.
Nous l'avons vu avec consternation, mais sans étonnement, car cette mobilisation vise en fait à remettre en cause les recommandations de 2012 concernant les enfants et adolescents (présentées comme « caduques »), et à faire pression sur la rédaction des recommandations en cours concernant les adultes autistes et la préparation du 4ème plan autisme.
Qu'Ensemble soit contre la résolution Fasquelle n'est pas franchement étonnant. Que cela vaille le coup d'un communiqué de presse l'est plus. Mais un projet de résolution (vœu adressé au gouvernement) visant à supprimer le remboursement de l'homéopathie aurait-il déclenché l'ire d'Ensemble ?
En attendant, la droite drague les familles, en faisant miroiter des choses qui ne se feront pas. Comment permettre l'inclusion scolaire en réduisant les effectifs dans l’Éducation Nationale ? Les familles concernées par le handicap sont les plus vulnérables, et seront les premières victimes d'une politique anti-sociale.
Il y a donc un autre problématique, à savoir la question de la psychanalyse.
Psychanalyse, idéologie estampillée « gauche radicale » ?
A lire les différentes prises de position dans ce secteur d'opinion sur le sujet, on a l'impression que la psychanalyse est considérée comme porteuse de progrès social indiscutable.
Cela est à discuter. Pas seulement pour les autistes. Le bilan n’est pas glorieux non plus pour les toxicomanes. Les gays ont dû combattre les psychanalystes pour obtenir le retrait de l’homosexualité des maladies mentales (c.f. Philippe Pignarre : « Des questions que les psychanalystes ne peuvent plus éluder » ).
Que des psychanalystes aient joué un rôle progressiste dans les HP au sortir de la guerre est une chose. En tirer une conclusion valant élévation de la psychanalyse (ou de la psychothérapie institutionnelle) comme idéologie progressiste à défendre contre le libéralisme est autre chose, le libéralisme n'étant absolument pas réfractaire à la psychanalyse.
Au lieu d'une psychiatrie d'Etat, est-ce qu'il faut avoir une psychiatrie de parti politique ? Quelle légitimité a un parti politique pour trancher les modalités de la prise en charge des personnes autistes ?
Sur le rôle de la HAS
Ce n'est pas à proprement parler l'Etat qui a défini des recommandations de bonnes pratiques.
Quelle est la position d'Ensemble sur le rôle de la HAS ? Que proposer à la place ?
En ce qui concerne l'autisme, il n'est pas possible de critiquer la HAS sur sa perméabilité ou proximité avec les multinationales du médicament. D’autant qu’il n’existe pour l’instant aucun médicament spécifique pour l’autisme, et que les recommandations critiquent ceux qui sont utilisés en demandant leur remise en cause régulière. Conséquence de l’influence des multinationales ?! Bien du plaisir à la dialectique !
Les conflits d'intérêts ? Il y en a bienun accepté par la HAS, mais il s'agit d'un expert partisan de la psychanalyse.
Le lobbying ? Il est vrai que la HAS y a cédé en partie en 2012, en faisant passer la psychanalyse et la psychothérapie institutionnelle de « non recommandées » - en l'absence de données sur leur efficacité - en « non consensuelles ». Si on parle de lobbying, cela a été celui des psychanalystes, pas celui des associations de familles.
Il y a des débats sur le fond des recommandations de la HAS de 2012. Un mouvement politique n'a pas vocation à les trancher. A noter que depuis 5 ans, aucune publication scientifique n'est de nature à remettre en cause les recommandations de l'époque. Il serait possible d'y revenir plus en détail.
Que représentent les associations ?
Extraits : « plusieurs associations recevant des fonds publics [faisant] un lobbying intense (…) Les associations de patients et de familles sont divisées sur cette question de la nature du trouble psychique, souvent en fonction du type de soignants qu'elles rencontrent, donc avec des revendications légitimes qui donnent forme à des associations aux finalités différentes. »
Combattre un danger peu réel est une chose. Mais se méprendre sur le mouvement social des personnes concernées, des « associations de patients et de familles », est plus grave.
L'autisme est un champ de la médecine qui a été profondément impacté par l'action des associations de parents. Voir ce qu'en a ditLéo Kanner ouEric Schopler.
C'est à rapprocher des actions d'Act UP et d'Aides en ce qui concerne le SIDA, de l'AFM Téléthon sur l'orientation de la recherche.
Il est vain d'imaginer les associations de familles subventionnées par l'Etat (sic.). La subvention de seulement 150 000 € (!!) pour “l'autisme grande cause nationale”, en 2012, est isolée. Si certaines associations reçoivent des fonds publics, c'est pour les établissements qu'elles gèrent.
Il y a énormément d'associations de familles. Parce qu'elles ont besoin de mobiliser la société pour pouvoir obtenir l'inclusion scolaire, sociale et professionnelle des personnes autistes. Et parce que « l'offre » sanitaire, médico-sociale, scolaire, d’insertion professionnelle est déficiente. C'est trop facile de dire qu'il s'agit d'une question de moyens. C'est d'abord celle de l'utilisation des moyens.
Les familles et les professionnels ne pourront lutter ensemble pour l'augmentation des moyens que si ceux-ci sont correctement utilisés
Dans le passé, les associations de familles ont été divisées sur la base des rapports avec les professionnels partisans de la psychanalyse (par exemple, scission il y a 20 ans d'Autisme France avec Sesame Autisme). Mais elles ont toutes abandonné la psychanalyse depuis, et les différences s'expliquent plutôt par la gestion historique d'établissements différents, que par des désaccords de principe.
La principale organisation est Autisme France, qui ne gère pas directement d’établissements. Sur les réseaux sociaux, c'est le collectif EgaliTED qui est le plus actif.
Il n'y a pas de division « sur cette question de la nature du trouble psychique ». Cette notion est surprenante d'ailleurs : qu'est ce qui permet à ces signataires de parler de trouble psychique pour un trouble neurodéveloppemental, avec une base génétique ? Le problème n'est pas ce débat qui pourrait être scientifique : c'est l'ahurissante considération donnée à l’association« La Main à l'Oreille » /RAA « HP ».
Que quelques parents sur plusieurs centaines de milliers soient partisans de la psychanalyse dans l'autisme, c'est vrai et cela n'a aucune importance. Mais en tant qu'associations, maigrelettes etcomposées en majorité de professionnels de la psychanalyse, elles ne peuvent prétendre représenter les familles de personnes autistes.
Les remarques péjoratives concernant le mouvement des familles d'autistes font peut-être plaisir aux professionnels. Mais elles sont contraires à la réalité.
En ce qui concerne les personnes autistes elles-mêmes, elles tentent de constituer des associations. C'est important qu'elles le fassent, mais elles sont faibles, ont du mal à dépasser la fonction de témoignage et à élaborer des revendications – mais il y aquelques tentatives. Elles sont bien entendu très loin de la psychanalyse, ayant eu à supporter et souffrir des professionnels se disant psychanalystes.
Une alliance entre professionnels et usagers est-elle possible ?
Qu'un syndicat ou une association corporatiste défende le point de vue de ses adhérents est normal et dans la logique des choses. Comme la CGT de l'EDF défendait le nucléaire.
Un mouvement politique progressiste ne peut, lui, prétendre se construire contre l'avis des personnes concernées. Un service public n'est pas au service de ses salariés, mais d'abord à celui du public.
Les autistes ne veulent pas être enfermés dans les HP. Leurs parents ne veulent pas de la pataugeoire, ateliers conte, etc., des hôpitaux de jour.
Le mouvement social des familles a mis la pression sur l'Etat pour des plans autisme, pour un changement de pratiques, pour l'inclusion à l'école ordinaire. C’est bien une demande sociale qui s’exprime.
La carence du secteur médico-social et sanitaire oblige les familles à bricoler des solutions. Celles qui ont des moyens financiers peuvent le faire plus facilement. Un mouvement politique de gauche ne peut se satisfaire de cette situation.
Les méthodes recommandées par la HAS restent encore très peu utilisées. Dans l'étude menée en Bretagne dans plus de 500 établissements médico-sociaux,
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l'ABA n'est connue que dans 20 structures pour enfants sur 176 (4/136 chez les adultes)
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le PECS (apprentissage de la communication à l'aide de pictogrammes) dans 40 sur 176 (14/136 chez les adultes);
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la méthode TEACCH (structuration de l'environnement) par 26 structures sur 176 (16/136 chez les adultes).
Les méthodes recommandées par la HAS et l'ANESM sont donc présentes seulement dans 8% à 17% des établissements médico-sociaux. Il ne faut pas chercher plus loin les raisons du mécontentement des parents (et de la lassitude des professionnels devant l'inefficacité de leurs pratiques). Ce sont les pratiques dites psychanalytiques qui disposent d’un monopole quasi-absolu, ne permettant pas le libre choix des familles pour la large palette des méthodes recommandées.
Or, dans les prises de position sur l'autisme, la gauche radicale se contente d'être à la remorque des réactions corporatistes et idéologiques, sans rien proposer pour surmonter cette contradiction entre la majorité des professionnels et la presque totalité des parents et personnes autistes.
Dans un autre champ, celui de la schizophrénie, si la formation de l'entourage et une autre prise en charge réduit de moitié les hospitalisations en HP (article du Monde du 5/12/2016), faut-il s'en réjouir ou s'inquiéter de la suppression possible du nombre de lits ? Un redéploiement vers d'autres modalités d'exercice n'est-il pas permis, entre autres vers des SESSAD, des écoles, dans la cité … ?
Un parti politique n'a pas à rentrer dans les logiques corporatistes, où par exemple les pédopsychiatres défendent leur pré-carré par rapport à d'autres médecins (neurologues, pédiatres …). De même, le collectif des 39, en prenant position sur l'autisme en 2012, idéologise son combat contre « la nuit sécuritaire » et se coupe d'une partie de la population. Il cautionne sans gêne le fait de traiter le mouvement des parents comme étant d'extrême-droite, etc.
Nous demandons une mise à jour des formations de base des professions médicales, para-médicales et sociales sur l'autisme. Nous demandons une formation professionnelle qui tiennent compte des avancées scientifiques, entre autres, rassemblées par la HAS. C'est insupportable qu'il y ait une opposition idéologique rétrograde qui se cache derrière le « pluralisme », la « liberté de recherche », la « polyvalence des travailleurs sociaux ». Dans certains enseignements, cela se traduit encore par : « Tout enfant autiste a cherché à tuer sa mère ! ».
Au nom de quoi les pédopsychiatres hospitaliers s'opposent-ils aux inspections de l'ARS ? A moins d'être partisans de la pratique du « renard libre dans le poulailler libre », il faut admettre de confier à l'Etat une mission de protection de la population. En Belgique, cela s'est traduit, à juste titre, par la fermeture de plusieurs établissements qui profitaient des carences en France, sans donner un accueil décent, et sans contrôle, de la part des financeurs français.
Les méthodes comportementales et éducatives vont se développer. La principale question, c'est comment, au-delà des solutions individuelles, nous arriverons à les généraliser de telle façon que tous ceux qui le veulent puissent en bénéficier sans avoir besoin de casquer : ils contribuent déjà à la sécu, ils n'ont pas à payer pour les prises en charge adaptées. C'est cela qui devrait préoccuper un mouvement comme Ensemble.
La réduction d'impôt pour les emplois familiaux facilitait le financement des prises en charge à domicile. Quand un élève autiste est orienté vers un ITEP, où il n'a pas sa place, c'est à la fois par défaut et parce que ses parents appartiennent souvent à une classe sociale défavorisée, et ne peuvent pas se défendre. Cette sélection par l'argent est-elle acceptable ?
L'immobilité dans le sanitaire et le médico-social contraint les parents à trouver des solutions dans l'emploi d'accompagnants et d'éducateurs. Les associations se chargent souvent d'assurer les formations. Des psychologues sont recherchés. Il y a donc un marché qui se développe, dans la mesure des moyens des parents et en luttant pour obtenir des MDPH un financement au moins partiel. Ce marché n'est pas régulé, et la qualité des interventions n'est pas garantie. De ce point de vue, la création des Pôles de Compétence et de Prestations Externalisées (PCPE) est un pas positif vers la coordination des interventions de libéraux et la gratuité de leurs interventions.
L'exemple du centre expert autisme du Limousin montre aussi qu'il est tout à fait possible de s'appuyer sur l'hôpital public.
25 chercheurs, médecins et professeurs d'université ont publié cemanifeste (Le Monde 28/11/2016) qui se conclut par ces propositions :
- définir et financer une politique ambitieuse de recherche fondamentale, clinique et translationnelle ;
- soutenir et développer des équipes spécialisées dans le diagnostic, la prise en charge et la recherche, aujourd’hui saturées de demandes ;
- faire respecter, partout sur le territoire, le droit à l’éducation des enfants (objet de plusieurs condamnations de la France, notamment par le Conseil de l’Europe) ;
- répondre aux besoins d’insertion professionnelle des adultes autistes par de la formation adaptée et un accompagnement personnalisé vers l’emploi ;
- refondre les programmes universitaires et les formations initiales des différentes professions de santé et de l’éducation impliquées dans l’accueil et l’accompagnement des personnes avec autisme ;
veiller au respect des recommandations de la Haute Autorité de santé par l’ensemble des professionnels du secteur sanitaire et du secteur médico-social.
Comment par exemple permettre l'inclusion scolaire ? En professionnalisant les AVS, en diminuant le nombre d'élèves par classe, en développant le nombre de professeurs spécialisés. C'est sur ce type de combat que mouvement des parents d'enfants autistes, organisations syndicales, associations de parents d’élèves, partis politiques peuvent se rejoindre.
Il y a beaucoup de moyens dans l'autisme, mais mal utilisés.
Nous sommes un pays riche. C'est un choix de société, un choix à long terme, de faire fonctionner mieux les services existants et d'accroître les moyens pour atteindre nos buts.
Jean Vinçot, militant associatif – Hadrien, blogueur – Dr. Pierre Sans, psychiatre
Josef Schovanec : L'autisme n'est pas une charge
Philosophe, écrivain et autiste, Josef Schovanec sera en conférence ce vendredi, à Saint-Divy (complet). Avant sa venue, il nous a accordé une longue interview sans langue de bois. Il y est tour à tour question de l’autisme, de la psy ou du breton. Attention : parfois, ça pique un peu !
Josef Schovanec, pouvez-vous me dire, de tête, combien font 1.897 x 645 ? À défaut, êtes-vous capable de lécher votre coude ou de vous gratter l’oreille avec le pied ?
Pour le premier, j’en suis capable, mais avec difficulté et après un long moment - désolé, je suis devenu mauvais en maths. Pour le deuxième, en forçant un peu. Pour le troisième, oui, sans difficulté aucune - je viens de me rendre compte que j’étais encore plus difforme que je ne le pensais.
Plus sérieusement, je crois savoir que ce genre de questions vous agace. Pourtant, le talent particulier de certaines personnes avec autisme est une réalité…
En effet. Toutefois, les talents des personnes autistes sont bien différents des clichés et autres émissions de farces et gags. Fait remarquable, les personnes autistes le plus souvent développent leurs talents sans attendre de réaction particulière de la part des autres : il ne s’agit en général pas de compétences déployées en vue d’une récompense.
Le syndrome d’Asperger ne devrait plus être diagnostiqué
À titre personnel, vous êtes docteur en philosophie et parlez beaucoup de langues. Mais ces aptitudes ont-elles quelque chose à voir avec votre autisme ?
Les liens entre les diverses facettes d’une vie humaine ne sont pas nécessairement évidents. Pourtant, ils existent d’une certaine manière. Ainsi, il est bien connu que quand on est inapte à presque tout, on devient philosophe. En l’espèce, si, comme pour ainsi dire tous mes anciens petits camarades de Sciences Po Paris, on m’avait proposé un travail à la sortie du margouillis en question, sans doute n’aurais-je pas fait philo - ou alors l’aurais-je fait à la manière de la maxime de Socrate, où ce dernier associait l’état de philosophe au fait d’avoir un mauvais conjoint.
Quant aux langues, une partie de ma passion est vraisemblablement liée à mes propensions à passer du temps avec des mots et fragments de phrases obscurs, de préférence anciens, tandis que l’autre émane peut-être de ma petite histoire familiale, laquelle n’a rien à voir avec l’autisme en tant que telle.
On vous a longtemps qualifié d’autiste Asperger. Une classification que vous réfutez aujourd’hui. Pourquoi ?
Le syndrome d’Asperger ne devrait plus être diagnostiqué, du fait de l’évolution des taxonomies médicales. À mon humble avis, avoir supprimé le syndrome d’Asperger était une décision courageuse : elle montre que toutes les personnes autistes peuvent apprendre et progresser, non point seulement un petit groupe.
Pourtant, les personnes avec autisme que je connais fréquentent le plus souvent des foyers de vie ou des IME. Elles n’écrivent pas de livres ni ne donnent de conférences à travers la France…
L’avenir des personnes autistes (ou avec autisme) ne peut, à mon sens, se concevoir qu’en liberté, dans la vie en société, non pas dans un enclos à autistes, même de luxe et avec le meilleur docteur du coin. Combien de talents et de très belles personnes avons-nous brisés ? Je connais nombre d’établissements où n’importe quel enfant ou adulte deviendrait gravement déficient en quelques semaines. Avec quelques molécules pour les plus résistants.
Alors, qu’est-ce qui vous «fait» pareillement autiste : des difficultés pour la communication verbale et les interactions sociales, certains comportements répétitifs ou obsessionnels (mais qui n'en a pas ? ) ?
Vous trouverez sans doute difficilement un ancien conseiller ministériel (Josef Schovanec lui-même, ndlr) qui habite chez ses parents, ne sache pas conduire une voiture ni nouer un nœud de cravate et ne soit jamais allé chez le coiffeur. Au fait, je n’ai pas de carte Vitale non plus et ne sais pas si j’ai droit à l’assurance-maladie de base. À vrai dire, par rapport à la plupart de mes innombrables amis autistes, je suis franchement en retard.
On l’a dit, vous parlez de nombreuses langues étrangères. N’est-ce pas contradictoire avec la difficulté supposée des personnes avec autisme pour la communication verbale ?
Vous pouvez, comme plusieurs de mes amis autistes véritables petits génies en langues, être spécialisé dans l’aoriste sigmatique en sanskrit archaïque et ne pas savoir dire bonjour à votre voisin. Sans ironie aucune, pour reprendre les mots de l’un de mes anciens professeurs qui savait de quoi il parlait, le simple fait de se passionner pour l’ougaritique ou le hittite situe le personnage : il faut être bizarre pour s’y consacrer.
Cet apprentissage des langues est-il pour vous une façon de rattraper une enfance sans parole ?
Je n’en suis pas très sûr. Encore une fois, il y a un monde entre le gazouillis de salon socialement adapté et l’intérêt pour certaines étymologies obscures ou de vieux dictionnaires. Et s’exprimer, à l’instar de certains de mes amis autistes, dans le français de Molière ou Racine est la manière la plus sûre d’être exclu de l’école.
Une grande partie de la Bretagne n’a jamais parlé breton
Ce vendredi, vous serez à Saint-Divy dans la journée puis à Paris le soir. Le délai sera-t-il suffisant pour maîtriser quelques rudiments de breton ?
Hélas, mon ignorance du breton a des causes plus profondes. La politisation extrême de la question du breton a de quoi me dissuader, d’autant plus que je ne sais que trop bien ce qui est arrivé à l’un de mes meilleurs amis, autiste de son état et par ailleurs l’un des plus érudits experts en dialectologie celtique dont je tairai le nom par pudeur, en termes d’exclusion et de marginalité. Pour un vrai débutant comme moi, il faudrait également savoir quelle langue précisément apprendre : le léonard, le vannetais, le diwannais, etc., les plus intéressantes étant les moins bien documentées. Sans même évoquer le fait qu’une grande partie de la Bretagne n’a historiquement jamais parlé breton. Et que, en forçant à peine le trait, je ne suis sans doute guère plus mauvais en breton qu’un grand nombre de militants politiques bretons.
Pouvez-vous nous redire ce que l’on sait aujourd’hui des causes de l’autisme ?
Il s’est dit beaucoup de bêtises sur le sujet… Les causes de l’autisme sont génétiques. En tout cas, rien à voir avec la mère trop ceci ou pas assez cela. Le corpus documentaire est dorénavant important sur le sujet. Pour mon humble part, étant un simple dilettante, je préfère regarder le résultat, à savoir les personnes elles-mêmes.
Longtemps considérée comme sérieuse, la piste psychologique est aujourd’hui mise de côté. Complètement ? Le débat est-il vraiment clos et les discordes avec le monde de la psy apaisées ?
La question n’est pas d’être pour ou contre les psys. Il y en a d’excellents, au Canada par exemple. D’autres préfèrent tenter de sauver leurs carrières bâties sur des mensonges et autres théories moyenâgeuses. À ce titre, ma petite idée, qui n’engage que moi, serait qu’au fond, nombre de hérauts du packing par exemple ne croient plus eux-mêmes à ce qu’ils disent en public, tout comme dans l’histoire de l’Église, il y a eu plusieurs papes dont on peut raisonnablement penser qu’ils étaient à peu près athées.
Toutefois, à mon sens, il faudrait non pas tant se demander d’où provient l’autisme, mais ce que l’on peut en faire. Il est, par exemple, frappant de comparer, d’un côté, la quantité incroyable de textes pro ou anti-psychanalytiques sur l’autisme avec, de l’autre côté, le fait que jamais personne, sauf erreur de ma part, en tant d’années de réunions officielles et semi-officielles sur l’autisme, n’ait évoqué le sujet du permis de conduire pour les personnes autistes - du moins jusqu’à l’année dernière. Ce type de constat peut éclairer plus que mille discours les causes de l’arriération française en matière d’autisme.
Un monde meilleur est possible
Quelles formes de prise en charge, quels changements et aménagements préconiseriez-vous afin de proposer un monde meilleur pour les personnes avec autisme ?
Aucune prise en charge. L’autisme n’est pas ou plutôt ne devrait pas être une charge. Les personnes autistes peuvent vivre en liberté dans le même monde que les personnes non-autistes, moyennant quelques mesures, dont, au demeurant, les premiers bénéficiaires sont toujours les non-autistes. On peut, à titre d’exercice, passer en revue chacune de nos activités quotidiennes en se demandant comment des personnes autistes pourraient faire de même. Un monde meilleur est possible, il est même à portée de main.
La scolarisation des élèves en situation de handicap - Site du Gouvernement
La loi du 11 février 2005 pour l'égalité des droits et des chances, la participation de la citoyenneté des personnes handicapées et la loi d'orientation et de programmation pour la refondation de l'École de la République du 8 juillet 2013 ont permis des avancées majeures dans la politique de scolarisation des élèves en situation de handicap.
http://www.education.gouv.fr
Communiqué du Collectif Autisme en date du 10 janvier 2017
Le Syndrome d'Aliénation Parentale bientôt proscrit des expertises judiciaires
Par marie-christine grysonBlog : Marie-Christine Gryson
Expertises Judiciaires : le recours au SAP «Syndrome d'Aliénation Parentale» proscrit en tant que concept infondée médicalement.
La fiche officielle bientôt sur le site du Ministère de la Justice
C'est dans le contexte du 5ème plan de mobilisation et de lutte contre les violences faites aux femmes (2017-2019)1 que le Ministère publie le bilan du 4ème plan de Prévention et de lutte contre les violences faites aux femmes (2014-2016). Ce bilan, au niveau de l'Axe D, l'objectif 19 intitulé : «Protéger les mères et leurs enfants dans l'exercice de l'autorité parentale pendant et après la séparation», contient l'annonce de cette proscription de la manière suivante :
P 42: Action 58 : Informer sur le caractère médicalement infondé du« syndrome d’aliénation parentale »
Dans les cas de violences conjugales ou de violences faites aux enfants, l’allégation du «syndrome d’aliénation parentale» soulève de réelles difficultés. Elle conduit à décrédibiliser la parole de la mère, exceptionnellement du père ou de l’enfant, et par conséquent à en nier le statut de victime en inversant les responsabilités. Or, aucune autorité scientifique n’a jamais reconnu un tel « syndrome » et le consensus scientifique souligne le manque de fiabilité de cette notion. Il n’est reconnu ni par le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM5) ouvrage de référence de l’association américaine de psychiatrie (APA), ni par la classification internationale des maladies publiée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). La recherche démontre que les fausses allégations de maltraitance ou de négligences sur les enfants sont marginales.
C’est pourquoi une communication visant à proscrire l’utilisation de ce concept sera réalisée, via la publication d’une fiche sur ce sujet, sur le site du Ministère de la justice.
Rappel et Ré-information sur le SAP
Rappel :
Il faut d'abord préciser que Richard GARDNER a employé, pour la première fois, le terme de syndrome d’aliénation parentale (SAP) dans un article écrit en 1985 (Academy Forum, Vol. 29, N°2, 1985, p. 3-7, Recent Trends in Divorce and Custody Litigation).Il était lui même concerné directement par le sujet et en bien mauvais posture..
« Le Syndrome d’Aliénation Parentale est un trouble qui survient essentiellement dans le cadre d’un litige à propos du droit de garde dans lequel un enfant, programmé par le parent prétendument aimé, entreprend une campagne de dénigrements à l’encontre du parent prétendument détesté. (…) La plupart des mères sont impliquées dans de tels programmes, et les pères sont les victimes de ces campagnes de dévalorisation. » (Gardner, R.A., M.D., True and False Accusations of Child Sex Abuse, 1992, Cresskill, NJ: Creative Therapeutics, p. 193.
Gardner prétend en référence à ses seules convictions, que lorsque l'enfant rejette un parent ( plus souvent le père) c'est dans presque 90 % des cas parce que la mère l'aurait aliéné. L'enfant selon lui, ne s'exprimerait pas selon ce qu'il ressent, mais selon ce que l'adulte aliénant lui impose, il serait donc forcément manipulé par un adulte. Ce qui va bien entendu, en cas de psycho-traumatisme à l'encontre de toutes les connaissances en psychologie et victimologie infantiles et de l'expérience ( pour ma part, plus de 1000 expertises dans le registre des agressions sexuelles sur mineurs entre 1989 et 2015).
Pour les non-spécialistes de la psychiatrie et du droit que sont les magistrats et les avocats par définition, les termes de syndrome et d'aliénation renvoyant- abusivement- à une discipline ( la psychiatrie) qu'ils ne maîtrisent pas, font appel aux experts censés être formés à sa détection lors des séparations dites conflictuelles. Ceux qui n'adhèrent pas à ce concept étant censés pour les confrères pré-cités ne pas avoir été formés à sa détection ou pire être aveuglés par un prétendu militantisme pour l'intérêt de l'enfant.
N.B.Soulignons ici que le terme de « séparation conflictuelle » met à égalité les deux parents, apportant un effet de neutralisation des plaintes des victimes.
La ré-information sur le SAP
Venons en à la ré-information qui s'est engagée depuis de nombreuses années et qui a atteint sa finalité grâce au rejet de ce syndrome par le consensus psychiatrique international et les arguments sur l'absence de réalité scientifique et éthique de ce syndrome.
Les enseignements du Dr Paul Bensussan, promoteur du SAP en France, à l'Ecole Nationale de la Magistrature ont été judicieusement rectifiés par Le Dr Maurice Berger lors d'une intervention récente dans ce haut lieux de la formation des magistrats. («Le SAP Syndrome d'aliénation parentale ou AP Aliénation Parentale, des concepts dangereux»).Il a rappelé qu'une étude commandée en 2001par le Ministère de la Justice à partir de 30.000 dossier JAF estime à seulement 0,8 % le nombre de fausses allégations d'agressions sexuelles.Au niveau de l'enfant, les notions d'instrumentalisation, de conflit de loyauté voire d'emprise que l'on peut parfois repérer, ne débouchent pas sur des accusations d'agressions sexuelles ; et lorsqu'elles surviennent de manière éventuellement condamnables, elles ne résistent pas à l'analyse victimologique de la déclaration de l'enfant et elles restent de ce fait, très marginales.
Par ailleurs, Jacqueline Phélip auteure avec le Dr Maurice Berger de « Divorce et séparations, nos enfants sont-ils protégés ? » (Dunod 2011) fait état d'une étude récente (2013) demandée et financée par le Ministère de la justice américaine et réalisée par trois chercheurs (Silberg et coll.) qui démontre que nombre d’enfants sont confiés par la justice à un parent violent ou abuseur au prétexte d’une aliénation parentale faite par le parent qui demande une protection pour lui et ses enfants (le plus souvent des mères). Il est très important de préciser que ces chercheurs n'ont fondé leur étude que sur les dossiers où la preuve fut apportée quelques mois plus tard que le père était bien un violeur-abuseur.
Le Dr Gérard Lopez, Président de l'Institut de Victimologie n'est pas de reste en termes de ré-information sur le SAP. Dans son ouvrage « Enfants violés et violentés, le scandale ignoré » (Dunod 2013) il a classifié ce concept dans la catégorie des théories qu'il appelle « anti-victimaires». Cela signifie que leur usage se fait au détriment des enfants victimes dont la parole est discréditée malgré l'authentification expertale (médicale et psychologique) de leurs plaintes, l'idéologie conceptuelle permettant sans autre forme de procès, de dédouaner l'agresseur des accusations dont il est destinataire. Dans la même perspective, sont référencés le syndrome des faux souvenirs, le syndrome de Münchhausen par procuration et le référentiel « Outreau ».
Rappelons que dans cette affaire 12 enfants ont pourtant été reconnus victimes de viols, agressions sexuelles, corruption de mineurs et proxénétisme. ( « Outreau, la vérité abusée » Hugo et cie2009,2015) Rappelons aussi que 7 experts (34 expertises) ont validé leur parole. Or, la vérité judiciaire des victimes a été remplacée par la vérité médiatique du Dr Paul Bensussan (entre autres) qui a évoqué dans de nombreuses émissions et articles, le mensonge des enfants d'Outreau sans les avoir examinés et qui est aussi...est-il utile de le préciser une fois de plus, le promoteurdu SAP en France ?
Il semble utile également de préciser qu'un certain nombre de professionnels qui utilisent le référentiel-erroné- Outreau pour asseoir leur argumentation sur le mensonge des enfants- quand on ne peut invoquer l'inexpérience- s'avèrent être par ailleurs des défenseurs du SAP et/ou d'autres théories anti-victimaires.
Une mention à part sera faite dans ce chapitre sur la ré-information, elle concerne l'ouvrage sur la parole de l'enfant publié cette année par Le Dr Roland Coutanceau. Il y propose de « déconstruire le SAP pour le reconstruire autrement », ce qui est dommageable au moment où la prise de conscience des autorités gouvernementales va le condamner définitivement.
Enfin, comment ne pas signaler l'ouvrage collectif écrit par les professionnels, praticiens de terrain de l'association REPPEA (Réseaux de Professionnels pour la Protection de l'Enfance) -dont je fais partie- qui ont également dénoncé l'utilisation des théories anti-victimaires dont le SAP. Il s'intitule lucidement « Danger en protection l'Enfance »( Dunod 2016) et il est publié sous la direction de Hélène Romano et Eugénie Izard. Dans sa contribution très complète sur l'autre histoire du SAP, Me Brigitte Robilliard, qui bénéficie de la triple formation d'avocate, de psychologue et de médiatrice familiale rend compte à son tour de l'utilisation catastrophique de ce concept dans le domaine social et judiciaire.
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Qu'en est-il des expertises pro-SAP ? Y aura t-il des sanctions comme aux USA et en Australie ?--------->Voir suite sur Village de la Justice :
Tronc commun du métier des maisons départementales des personnes handicapées - MDPH
TOC SOMMAIRE] Le système d'information (SI) commun des MDPH, chantier majeur de la convention d'objectifs et de gestion de la CNSA (2016-2019), constitue un programme de transformation à forte visibilité pour le secteur du handicap et, plus largement, pour l'ensemble des partenaires institutionnels de la CNSA.
http://www.cnsa.fr
Psychanalyse : le soleil se lève-t-il doucement sur la gauche ?
On le sait, pour la gauche française, celle du pays de Lacan, on part de loin.
De très très loin.
J’en avais fait l’expérience surprenante lorsque j’avais été chargé (à ma demande) de rédiger un compte-rendu du Livre Noir de la Psychanalyse pour les colonnes de Rouge, l’hebdomadaire de feu la LCR, et que mon article avait été purement et simplement censuré suite à une intervention de la commission Santé de l'organisation. Celle-ci était en effet un nid de freudiens soixante-huitards, qui défendaient leur bout de gras et leur existence sociale de praticiens has been qui ne se sont jamais mis à jour de l’évolution des connaissances scientifiques en psychiatrie. A l’époque, en 2006, on m’avait expliqué que la LCR était officiellement favorable à la psychanalyse... Je n’ai pourtant jamais trouvé lors de quel congrès cette question (assez saugrenue) aurait été abordée et tranchée par un vote, mais il s’agissait là visiblement d’une question identitaire fondamentale qui ne pouvait même pas être un tant soit peu remise en cause par la publication d’un pour et d’un contre dans les colonnes du journal. Il n’y avait pourtant pas beaucoup de sujets à la LCR où il n’était pas possible d’avoir des avis publics divergents (qui étaient plutôt la règle sur un peu tous les sujets, en fait, jusqu’à pouvoir soutenir publiquement aux élections un candidat d’une autre organisation plutôt que celui de la Ligue !). Cela donne une idée de l’ampleur de l’imprégnation du freudisme dans ces milieux militants.
Pour l’anecdote, je signale que, peut-être plus pour titiller la Ligue sur le débat public que par conviction sur le fond, Alternative Libertaire avait publié mon papier, qui abordait la critique de la psychanalyse d’un point de vue rationaliste « de gauche » :
http://www.alternativelibertaire.org/?Psychanalyse-tabous-brises-et
Depuis, la question de l’autisme et du scandale de sa prise en charge en France a émergé publiquement, et la quasi-totalité des organisations de gauche s’est pourtant alignée sur le lobby des freudiens et sur sa défense de son pré-carré d’incompétents dangereux qui pourrissent la vie des familles. Cela s’est traduit notamment par un soutien sans faille et continu au délicieux « Collectif des 39 contre la nuit sécuritaire » - ce qui sonne mieux que « collectif des archéo-charlatans oppresseurs de familles d’autistes », on en conviendra. Lorsque ce collectif a organisé la riposte aux recommandations de la Haute Autorité de la Santé – qui visaient à bannir la psychanalyse de la prise en charge de l’autisme et à faire se développer en France avec une éternité de retard les méthodes scientifiques éprouvées partout ailleurs -, il a toujours pu trouver des soutiens actifs du côté des Verts, du PCF, du PG ou du NPA.
Récemment encore, on a pu voir circuler ce texte de militants d’Ensemble qui remettaient le couvert en faveur de la défense des droits des freudiens à faire n’importe quoi sans contrôle, cette fois-ci face à la maladroite loi Fasquelle (du nom d’un député de droite qui voulait que les recommandations de la HAS entrent vraiment en application et que la psychanalyse soit vraiment et définitivement bannie du domaine de l’autisme) :
Ce débat m’a fait un peu penser à celui sur les méthodes de lecture, pour lequel là aussi il faut définitivement tourner la page d'une méthode (la globale), parce qu’en gros les neurosciences ont quand même clairement tranché la question en faveur de la méthode syllabique. On a vu à ce sujet un paquet de gens, souvent de gauche, expliquer à la fois que la méthode en question était très progressiste, mais que de toutes façons elle n’avait heureusement jamais été appliquée. Aujourd’hui, les freudiens nous expliquent qu’il faut défendre la psychanalyse, mais que de toutes façons elle n’est plus mise en œuvre dans le domaine de l’autisme… (ce qui est un mensonge, cf plus bas).
Ceci dit, il ne faut pas désespérer, les choses sont peut être en train de changer dans le bon sens.
Par exemple, du côté du Lider Maximo qui règne sur cette mouvance, on a eu la surprise voir Mélenchon faire une vidéo dans laquelle il met en avant le discours d’une représentante d’une association de parents, SOS Autisme, qui comme l’essentiel de ces associations est en guerre contre la psychanalyse (et pour cause) :
https://www.youtube.com/watch?v=Xo1W8mnVyb8
Bon, je ne peux vraiment pas blairer Mélenchon (sa carrière de politicien, son nationalisme, ses airs de tribun qui se veut sauveur suprême, son nationalisme, son électoralisme, son nationalisme, son nationalisme, son nationalisme…) mais là il fait quelque chose de bien, et il faut le dire. Mon petit doigt me dit que sa « confrontation » avec le cinglé freudien Jean-Pierre Winter (signataire des pétitions du collectif des 39) a dû aider JLM à ouvrir les yeux sur la psychanalyse, lorsque'à la télé Winter a fait son laïus détestable de freudien en blablatant sur la sexualité de Mélenchon pour expliquer ses colères dans les médias :
https://www.youtube.com/watch?v=9alie4leLwQ
A noter que cette dame avec laquelle Mélenchon s’entretient dans la vidéo sympa, Olivia Cattan, a publié une bonne tribune autour de la loi Fasquelle, pour demander aux psychanalystes de cesser une fois pour toutes leur combat rétrograde et bien vouloir « déposer les armes » :
Enfin, ce qui est je crois assez nouveau, c’est de voir que la tribune des freudiens d’Ensemble a suscité une réaction de la part d’autres militants ce cette organisation, réaction que je voulais promouvoir dans ce billet, parce qu’elle s’oppose au lobby freudien et propose de plutôt soutenir les avancées scientifiques et les associations de familles :
https://www.ensemble-fdg.org/content/autisme-propos-dune-prise-de-position
Ce texte n’est pas toujours très clair pour le néophytes, je crois, parce qu’écrit dans un style télégraphique « en réponse à » et sans réexpliquer et recontextualiser, mais il me semble très bienvenu dans la situation actuelle et il va vraiment dans le bon sens, lisez-le !
En voici quelques morceaux choisi, parmi ceux que je préfère et qui donnent une idée du réel tel qu’il est en France en 2016 :
"La carence du secteur médico-social et sanitaire oblige les familles à bricoler des solutions. Celles qui ont des moyens financiers peuvent le faire plus facilement. Un mouvement politique de gauche ne peut se satisfaire de cette situation.
Les méthodes recommandées par la HAS restent encore très peu utilisées. Dans l'étude menée en Bretagne dans plus de 500 établissements médico-sociaux,
•l'ABA n'est connue que dans 20 structures pour enfants sur 176 (4/136 chez les adultes)
•le PECS (apprentissage de la communication à l'aide de pictogrammes) dans 40 sur 176 (14/136 chez les adultes);
•la méthode TEACCH (structuration de l'environnement) par 26 structures sur 176 (16/136 chez les adultes).
Les méthodes recommandées par la HAS et l'ANESM sont donc présentes seulement dans 8% à 17% des établissements médico-sociaux. Il ne faut pas chercher plus loin les raisons du mécontentement des parents (et de la lassitude des professionnels devant l'inefficacité de leurs pratiques). Ce sont les pratiques dites psychanalytiques qui disposent d’un monopole quasi-absolu, ne permettant pas le libre choix des familles pour la large palette des méthodes recommandées.
Or, dans les prises de position sur l'autisme, la gauche radicale se contente d'être à la remorque des réactions corporatistes et idéologiques, sans rien proposer pour surmonter cette contradiction entre la majorité des professionnels et la presque totalité des parents et personnes autistes."
et
"Un parti politique n'a pas à rentrer dans les logiques corporatistes, où par exemple les pédopsychiatres défendent leur pré-carré par rapport à d'autres médecins (neurologues, pédiatres …). De même, le collectif des 39, en prenant position sur l'autisme en 2012, idéologise son combat contre « la nuit sécuritaire » et se coupe d'une partie de la population. Il cautionne sans gêne le fait de traiter le mouvement des parents comme étant d'extrême-droite, etc.
Nous demandons une mise à jour des formations de base des professions médicales, para-médicales et sociales sur l'autisme. Nous demandons une formation professionnelle qui tiennent compte des avancées scientifiques, entre autres, rassemblées par la HAS. C'est insupportable qu'il y ait une opposition idéologique rétrograde qui se cache derrière le « pluralisme », la « liberté de recherche », la « polyvalence des travailleurs sociaux ». Dans certains enseignements, cela se traduit encore par : « Tout enfant autiste a cherché à tuer sa mère ! ».
Au nom de quoi les pédopsychiatres hospitaliers s'opposent-ils aux inspections de l'ARS ? A moins d'être partisans de la pratique du « renard libre dans le poulailler libre », il faut admettre de confier à l'Etat une mission de protection de la population. En Belgique, cela s'est traduit, à juste titre, par la fermeture de plusieurs établissements qui profitaient des carences en France, sans donner un accueil décent, et sans contrôle, de la part des financeurs français.
Les méthodes comportementales et éducatives vont se développer. La principale question, c'est comment, au-delà des solutions individuelles, nous arriverons à les généraliser de telle façon que tous ceux qui le veulent puissent en bénéficier sans avoir besoin de casquer : ils contribuent déjà à la sécu, ils n'ont pas à payer pour les prises en charge adaptées. C'est cela qui devrait préoccuper un mouvement comme Ensemble."
Bravo aux militants qui ont initié ce combat dans leur organisation et au-delà, et bon courage à eux.
Yann Kindo
VOS DROITS -> Le 14 janvier 2017 à SORBIERS l'association autistes dans la cité vous propose une formation
En savoir plus
Pas assez de moyens pour freiner l'exil en Belgique des personnes handicapées

Un rapport sénatorial dresse un bilan critique des mesures décidées fin 2015 par le gouvernement pour limiter des départs contraints de personnes handicapées en Belgique.
Les intentions sont bonnes mais les moyens ne suivent pas. Telle est l’impression qui domine à la lecture du récent rapport d’information du Sénat sur « la prise en charge de personnes handicapées françaises dans les établissements situés en dehors du territoire national ».
En Belgique, essentiellement. 1 451 enfants et 5 400 adultes y étaient accueillis en 2015, selon le décompte effectué par les deux auteurs, les sénateurs Claire-Lise Campion et Philippe Mouiller. Coût de l’opération : 400 millions d’euros, cofinancés à hauteur de 170 millions par l’Assurance maladie et 230 millions par les départements.
15 millions d’euros pour créer des places de proximité : insuffisant
Suite à la mobilisation de l’Unapei, Ségolène Neuville, la secrétaire d’État chargée des personnes handicapées, avait fait des annonces, il y a un peu plus d’un an. Elle s’était engagée à ce que les personnes handicapées ne soient plus orientées vers la Belgique contre leur gré.
Elle tablait sur la mise en œuvre anticipée du dispositif permanent d’orientation, auquel faire-face.fr a déjà consacré un article ou « à défaut, sur un recours aux commissions de situations critiques » (voir encadré). Elle avait mis en place un fonds d’amorçage de 15 millions d’euros pour « créer des places sur mesure, à proximité ».
Son montant est « insuffisant », commentent les deux sénateurs. Il ne couvre le coût de fonctionnement que de 350 à 400 places, par an. De plus, rien ne garantit qu’il sert à financer uniquement des solutions destinées aux exilés belges ou aux Français qui auraient été contraints d’y partir. Enfin, « il ne correspond pas à l’ouverture de nouveaux crédits, mais au redéploiement de crédits existants. En l’occurrence les crédits versés chaque année par l’Assurance maladie aux établissements belges ».
Les départements continuent de miser sur la filière belge
En clair, le gouvernement parie sur le fait que, pour chaque départ évité, l’argent non versé aux structures belges permettra de financer l’accueil de la personne en France. Problème : l’Assurance maladie n’est pas le seul organisme impliqué.
Les conseils départementaux financent, seuls, ou cofinancent, eux aussi, des places en Belgique. « Or, il est à craindre que ces derniers, ne bénéficiant d’aucun financement supplémentaire pour réévaluer la PCH, n’opèrent aucune inflexion en la matière », soulignent les parlementaires. Et continuent donc à avoir de plus en plus recours à cette filière belge.
« Humainement inacceptable et économiquement insensé. »
« Combien de temps faudra-t-il encore attendre avant que le drame des exils forcés en Belgique trouve un terme ?, s’insurge Luc Gateau, le nouveau président de l’Unapei. Le rapport sénatorial atteste une situation que notre association dénonce depuis des années. Délocaliser notre obligation de solidarité est humainement inacceptable et économiquement insensé. » Franck Seuret
Les situations critiques débouchent rarement sur un départ en Belgique
En novembre 2013, le gouvernement avait mis en place une procédure d’urgence pour les personnes handicapées sans solutions. La procédure de traitement de ces « situations critiques » repose un dispositif à trois échelons : départemental, d’abord ; puis régional en cas d’échec à trouver une réponse ; national enfin, en dernier recours.
« En 2015, sur les 1 054 situations critiques recensées par la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie, 21 seulement ont été traitées par un départ en Belgique, relèvent les auteurs du rapport. Les solutions sont à près de 85 % trouvées au premier stade de l’intervention, au niveau du département. » Grâce à la mobilisation financière des agences régionales de santé et des départements, aucun financement dédié n’étant prévu par le gouvernement.
Compte rendu du colloque autisme & inclusion - les bonnes pratiques en pratique organisés par l'APEPA
Cette journée a connu un franc succès, tant auprès des familles que des professionnels et des étudiants. Il faut dire que les intervenants étaient particulièrement intéressants et que le thème de la journée une importante source de préoccupation chez ce public diversifié.
http://desmotsgrattent.blogspot.fr
Handicap : les départs en Belgique ont coûté 400 millions d'euros en 2015
L'accueil dans des structures belges de près de 6.800 enfants et adultes handicapés qui n'ont pas de place dans un établissement spécialisé en France a coûté près de 400 millions d'euros en 2015, un chiffre en "augmentation", selon un rapport du Sénat publié en décembre.
Faute de structures adaptées en France ou en attente de place, "environ 6.800 personnes handicapées sont accueillies dans des établissements situés en Wallonie, concentrant la grande majorité des départs à l'étranger", écrivent dans ce document les rapporteurs Claire-Lise Campion (socialiste) et Philippe Mouiller (LR).
En 2015, 1.451 enfants handicapés français étaient pris en charge dans 25 établissements wallons conventionnés par l'assurance maladie. Le nombre d'adultes est estimé à plus de 5.300, mais il est plus difficile à déterminer car leur prise en charge repose sur deux financeurs, l'assurance maladie et les Conseils départementaux, dont la dépense pour les prises en charge à l'étranger n'est pas connue.
Selon les parlementaires, les prises en charge à l'étranger ont coûté, en 2015, 170 millions d'euros à l'assurance maladie et un montant estimé à plus de 200 millions d'euros aux départements, soit "environ 400 millions d'euros de dépense publique".
Ce chiffre "en constante évolution" s'explique par une "augmentation progressive des départs d'adultes handicapés", précisent les sénateurs. Pour essayer de limiter les départs, le déblocage d'un fonds d'amorçage de 15 millions d'euros en 2016 avait été annoncé par le gouvernement en octobre 2015.
Saluant une initiative "méritoire, inédite", les parlementaires soulignent néanmoins que son montant est "insuffisant" et déplorent qu'il s'agisse d'un "redéploiement de crédits existants" versés par l'assurance maladie aux établissements belges conventionnés.
Pour essayer d'améliorer la prise en charge en France, les sénateurs proposent une série de mesures parmi lesquelles la pérennisation de cet effort financier et la mise en place d'un dispositif pour en contrôler l'usage.
Concernant la situation plus spécifique des personnes atteintes d'autisme, "les plus contraintes au départ" pour cause "d'insuffisance criante de l'offre spécialisée" selon le rapport, il est "primordial" que soient publiées les recommandations de bonnes pratiques de la Haute autorité de santé, ajoutent-ils.
Dans un communiqué, l'Unapei, qui regroupe les associations de personnes handicapées mentales et leurs familles et a publié l'an passé un "livre noir" pour dénoncer ces "exils forcés, a salué la publication de ce rapport, dénonçant une situation qui "ne cesse de s'aggraver".
"Il faut des mesures fortes portées par un gouvernement prêt à financer des solutions d'accompagnement adaptées. Ces personnes sont aussi des citoyens français!", insiste Luc Gateau, président de l'Unapei.
05/01/2017 20:54:20 - Paris (AFP) - © 2017 AFP
Aide au logement : la réforme du mode de calcul épargne les allocataires de l'AAH

La loi de finances rectificative pour 2016 précise que les bénéficiaires de l’allocation adulte handicapé et de l’allocation d’éducation de l’enfant handicapé ne sont pas concernés par la réforme des aides au logement. Qu’il s’agisse de leur dégressivité ou de la prise en compte du patrimoine pour leur calcul.
L’engagement de la ministre du Logement a désormais force de loi. Le patrimoine des bénéficiaires de l’allocation adulte handicapé (AAH) ne peut pas être pris en compte pour le calcul de leur aide au logement.
Lors de la présentation, fin septembre 2016, du nouveau mode de calcul de ces aides, Emmanuelle Cosse avait assuré que cette réforme ne s’appliquerait pas aux titulaires de l’allocation adulte handicapé (AAH). Mais aucune disposition réglementaire ne figeait cette promesse dans le marbre. C’est désormais chose faite.
Fin de l’insécurité juridique
À la demande de l’APF, la loi de finances rectificatives pour 2016, adoptée fin décembre 2016 par le Parlement, met en effet un terme à cette insécurité juridique. Son article 136 ajoute aux codes de la construction et de l’habitation et de la Sécurité sociale une mention sans équivoque : « Pour les bénéficiaires de l’allocation aux adultes handicapés (…) ou de l’allocation d’éducation de l’enfant handicapé (…), la valeur en capital du patrimoine n’est pas prise en compte dans le calcul de l’aide. »
Idem pour les demandeurs résidant dans un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes ou dans une résidence autonomie. Par contre, la réforme s’applique aux titulaires d’une pension d’invalidité ou d’une rente accident du travail – maladie professionnelle.
Une aide au logement limitée pour les pensionnés d’invalidité
Depuis le 1er octobre 2016, tout leur patrimoine, à l’exclusion de leur résidence principale et de leurs biens à usage professionnel, est pris en compte dans l’assiette de ressources retenue pour le calcul de l’aide au logement. Sous réserve, toutefois, que sa valeur globale soit supérieure à 30 000 €. Dans ce cas, tous leurs biens sont considérés comme procurant un revenu.
Celui-ci est estimé à 50 % de leur valeur locative, pour les immeubles bâtis ; 80 % de leur valeur locative, pour les immeubles non bâtis ; 3 % de leur montant, pour les capitaux. Et ces ressources viennent s’ajouter aux autres revenus déjà pris en compte jusqu’alors (pension, revenus du capital imposables, etc.). Ce qui limite le montant de leur aide au logement.
Dérogation aussi pour la dégressivité
La prise en compte du patrimoine, en vigueur depuis le 1er octobre, avait été précédée par une autre réforme. Depuis le 1er juillet, le montant des aides personnelles au logement peut ainsi être dégressif. Le mode de calcul tient en effet maintenant compte de la composition du foyer, de sa localisation et de son loyer.
Le ministère avait, là aussi, assuré que ces nouvelles mesures ne s’appliqueraient pas aux titulaires de l’AAH et de l’AEEH. La loi de finances rectificatives pour 2016 formalise cette dérogation. Les titulaires d’une pension d’invalidité, par contre, ne bénéficient pas de ce traitement de faveur. Franck Seuret
Et les contrats de prévoyance conçus pour les personnes handicapées ?
Vous n’êtes pas titulaire de l’AAH et vous bénéficiez d’un contrat de prévoyance spécialement conçu pour les personnes handicapées ? Sa prise en compte, pour le calcul de l’aide au logement, varie selon la nature de ce contrat.
– Contrat épargne handicap : le montant de ce capital n’est pas considéré comme un élément de patrimoine, pour le calcul de l’aide au logement. Par contre, les rentes servies l’année N-2 (ex : 2014 pour l’aide 2016) continuent à être prises en compte comme ressources, à hauteur d’un pourcentage variant selon l’âge du bénéficiaire, cette année N-2. La règle est la suivante : moins de 50 ans, 70 % ; 50 à 59 ans, 50 % ; 60 à 69 ans, 40 % ; plus de 69 ans, 30 %.
Exemple : si, en 2014, vous aviez 39 ans et avez perçu une rente de 1 000 € au titre du contrat épargne handicap, la Caf ajoutera 70 % de ce montant, soit 700 €, à vos ressources de l’année 2016.
– Rente survie : son montant n’est pas pris en compte comme un élément de patrimoine ni comme un revenu, pour le calcul de l’aide au logement.












