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"Au bonheur d'Elise"
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scolarisation
24 juin 2012

Un site à découvrir : Guide pratique AVS : A vos stylos !

Créé dans le cadre d'un mémoire d'orthophonie, ce site a pour objectif d'offrir aux Auxiliaires de Vie Scolaire un outil pratique avec des pistes concrètes afin d'améliorer l'accompagnement des enfants porteurs de handicap en milieu scolaire ordinaire. Il s'adresse spécifiquement aux AVS, toutefois les enseignants peuvent aussi y trouver des idées intéressantes.

= > http://guidespratiquesavs.free.fr/pathologies/ted---troubles-autistiques/

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24 juin 2012

article publié dans le journal du pays Basque le 11 juin 2012

Pays Basque

Un enfant autiste à l’école ordinaire

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11/06/2011

Cyrielle BALERDI

Chevelure blonde, pull rayé et blue-jean, Joanes Olaizola est un enfant atteint d'autisme à l'école ordinaire. Un cas rare. Dans l'Hexagone, 80 % des autistes ne sont pas inscrits à l'école et pour beaucoup d'autres, la scolarisation reste «fictive». «Bien des écoles refusent l'inscription en prétextant que l'accueil n'est pas souhaitable car les enseignants ne sont ni formés ni compétents dans ce domaine, et que l'accueil en classe d'un jeune diagnostiqué autiste perturberait l'ensemble des élèves». Joanes, lui, a soufflé les bougies de son septième anniversaire à l'ikastola d'Urrugne, entouré de sa quinzaine de petits camarades, de sa maîtresse, Idoia, et de Fanny, son auxiliaire de vie scolaire (AVS).

C'est à l'âge de 25 mois que son autisme a pu être décelé, grâce au processus diagnostique Gautena, association d'autisme de Gipuzkoa, rendant possible une prise en charge adaptée dès son plus jeune âge. Car les parents de Joanes ont une chance : ils sont transfrontaliers. Leur travail a Donostia leur permet d'accéder aux soins de l'autre côté, «40 ans en avance sur la France» précise Fanny. A trois ans, Joanes faisait ses premiers pas aux côtés d'elle à l'école maternelle Lissardy de Hendaye. L'an dernier, il entrait au CP de l'ikastola d'Urrugne. Toujours à l'écoute des professionnels autour (référent scolaire, enseignants, psychologue...), ses parents ont décidé de changer d'établissement scolaire pour privilégier l'apprentissage de la lecture, en basque, «où l'on prononce toutes les lettres». «Faire comprendre à Joanes que `OI' se lire `oua', ou `PH' `f' en français serait difficile», explique sa mère.

Un handicap nommé autisme

«Pour comprendre un autiste», a-t-on un jour expliqué à Fanny, «il suffit d'imaginer que nous arrivons dans un pays étranger. A la descente du bus, les gens commencent à parler, ils crient, mais leur langue et leurs gestes sont incompréhensibles. Il y a alors deux réactions possibles : l'isolement ou la défense». L'autisme est un trouble envahissant du développement touchant plusieurs domaines. Les problèmes d'interactions sociales, de communication (verbale ou non) et un caractère répétitif avec des intérêts restreints en sont les principales caractéristiques. «Chez Joanes, le langage est apparu très tardivement, il y a deux ans environ. Mais c'est encore une répétition de mots», constate Fanny. Aujourd'hui, il peut parler, mais pas discuter. Il ne comprend pas l'humour et ne rentre pas spontanément en relation avec les autres. Derrière la baie vitrée, on l'aperçoit qui s'élance au milieu de la cour de récréation avec les autres élèves. Il s'assoit, les regarde, leur prend la main. «Il est très réactif à tous les stimuli : le toucher, l'odeur, le bruit... Il adore le bruit. Il est aussi très câlin», commente-t-elle. «Etre autiste est une façon d'être. Quelques fois, ses réactions ou ses comportements peuvent être difficiles à comprendre ou à affronter. Ce n'est de la faute de personne», sourit tendrement son AVS.

Aujourd'hui, le bus l'attend. Une sortie de classe est prévue pour visiter les locaux de la radio Antxeta Irratia. A cette annonce, Joanes se met à toucher ses oreilles et à sautiller en signe de contentement. «Il arrive de mieux en mieux à exprimer ses sentiments. Ce sont des petites victoires quotidiennes», se réjouit son accompagnatrice. Dans le bus, un camarade s'assoit à ses côtés, et l'aide pour attacher sa ceinture.

Face à ce handicap «qui n'est pas une maladie», Fanny regrette avec amertume les préjugés et l'attitude adoptée, en général, par les écoles. «Il y a un véritable tabou autour de l'autisme dans le milieu scolaire. Les personnes pensent instantanément à la violence et aux crises. Ça existe, mais dans une très faible proportion. S'ils sont diagnostiqués et pris en charge dès petits, ils sont capables d'apprendre. Bien sûr, il ne s'agit pas pour eux d'un apprentissage uniquement académique et scolaire, leur priorité n'est pas de connaître la capitale du Congo, mais d'apprendre à communiquer, à se comporter, et à jouer avec les autres». «Les élèves, eux, apprennent que la différence a sa place dans notre société. C'est un apprentissage pour la vie», reprend la directrice de l'école en charge de sa classe. Aujourd'hui, les petits CP de l'ikastola ont appris à connaître Joanes. Ils savent ce qu'il peut faire, ou non, l'aident à mettre son pull, ou lui expliquent la consigne «comme l'AVS le fait», mais ils savent aussi «mettre des limites» quand il exagère. «Il a fait évoluer mes pratiques quotidiennes en tant qu'enseignante, c'est très enrichissant», affirme de son côté Idoia.

Un accompagnement individuel

La scolarisation d'un enfant autiste lui est bénéfique et thérapeutique, mais nécessite un accompagnement individuel. Sur les étagères de la classe trône un matériel particulier, conçu à l'attention de Joanes. «Pour la structuration du temps par exemple, on utilise un planning-horloge qui représente, grâce à des photos, les différentes activités de la journée et le mot qui y est associé en basque». En classe, Joanes, très sensible aux changements et aux détails, garde toujours la même place. Pour le stimuler, Fanny s'inspire entre autres de la méthode Teacch : «On part des centres d'intérêts de l'enfant pour le stimuler et lui apprendre les choses fonctionnelles. Le but est de le faire aller vers l'autonomie».

A la sortie du bus, Joanes est tout de suite attiré par l'affiche de l'abri posté juste en face. Sous le maillot du numéro 10 de l'équipe du FC Barcelone, Messi, alias Allende, le reprend par la main et le ramène dans le rang qui vient de se former. Deux par deux, ils cheminent tranquillement vers la radio. Une fois arrivés, Joanes écoute de la musique au casque, prend le micro, puis reste un long moment assis face à la porte vitrée, à contempler les voitures qui passent. «Il faut une stimulation concrète et individuelle pour lui dire quoi faire concrètement et constamment», explique Fanny. «Mais il faut aussi respecter son temps, et ses envies. Par période, il va bloquer sur quelque chose qui va captiver toute son attention. Les voitures, les puzzles, le coloriage... On s'en sert comme support ou comme récompense».

Double peine

Pour la plupart des autistes non scolarisés, les parents doivent arrêter de travailler pour les garder. L'enfant, cloîtré dans son monde, ne reçoit pas les soins nécessaires. Les parents, eux, n'ont aucun répit. Et puis il y a les «scolarisations au rabais», comme les appelle Fanny. «Lorsque les parents de Joanes sont arrivés ici, on leur a tout de suite parlé d'hôpital», se souvient-elle. «Ils ont refusé». De son côté, elle s'est retrouvée directement propulsée auxiliaire de vie scolaire auprès de lui, sans formation préalable ni qualification particulière. «Ça ou un saut en parachute...», sourit-elle. «Il n'était pas propre, se couchait par terre quand il était contrarié... `Et bien débrouille-toi !', m'a-t-on fait comprendre».

Son activité, considérée comme «une fonction» et non un métier, souffre d'une précarité régulièrement pointée du doigt. «Il y a tout un travail d'autoformation à fournir, de mise en confiance pour entrer en relation avec l'enfant, et, au bout de six ans maximum, le contrat s'arrête. En vérité, c'est un contrat à durée déterminée d'un an renouvelable six fois, et nous ne sommes même pas sûrs d'être reconduits d'une année sur l'autre avec le même enfant, ni avec le même quota d'heures». Dans le cas de l'autisme, elle s'alarme des conséquences de cette précarité sur l'enfant : «Je suis aujourd'hui associée à sa vie. J'ai un rôle défini. Que se passera-t-il quand ils décideront que mon travail sera arrivé à échéance ? Ce peut être un traumatisme important pour l'enfant».

Durant ces quatre années, elle est peu à peu devenue «l'ange» de vie scolaire de Joanes. A la sortie de la visite, les enfants jouent en attendant le bus. Joanes est accoudé sur le muret en pierre. Fanny ne le quitte pas des yeux. D'ici deux ans, son contrat se terminera, de manière inéluctable. S'il reste de ce côté-ci de la frontière, la seule porte de sortie qui sera offerte à cet enfant, à terme, sera l'hôpital. Pourtant, à quelques kilomètres à peine, de l'autre côté, on ne parle pas d'internement. Des appartements sont conçus pour les accueillir, et leur permettre «d'avoir une vie», tout simplement.

L'association Integrazio Batzordea qui permet aux enfants souffrant de handicap d'être scolarisés organise ce dimanche 12 juin une sardinade de 11h à 14h sur la place de Ciboure.

 

Une maltraitance par défaut

Alors que s’ouvrait mercredi la deuxième Conférence nationale du handicap à Paris, le rapport du sénateur Paul Blanc sur la scolarisation des enfants handicapés pointe du doigt l’inadaptation du personnel d’accompagnement. Point positif, entre 2005 et 2010, le nombre d’élèves handicapés est passé de 150 000 à 200 000 et le nombre d’AVS a doublé. Mais le rapport souligne la mauvaise qualité de leur prise en charge, le statut précaire des AVS individuels et la multiplication des contrats temporaires. “La cohabitation entre les classes spécialisées et les autres doit être plus systématique. Les enfants n’ignorent pas le handicap de leurs camarades et apprennent à vivre avec”, indique-t-il. Dans l’Etat espagnol, on enregistre des taux d’insertion records : 97 % des enfants handicapés sont scolarisés. En 2008, le Conseil de l’Europe condamnait la France et lui rappelait son devoir d’assurer l’éducation des personnes autistes (80 % ne sont pas inscrites à l’école). Les parents souffrent également d’une errance diagnostique conduisant à une prise en charge souvent tardive. Un rapport de l’Andem souligne le grave problème des personnes autistes admises en secteur psychiatrique dès l’enfance et qui demeurent hospitalisés pendant la majorité de leur vie.

http://www.lejpb.com/paperezkoa/20110611/271900/fr/Un-enfant-autiste-a-l%E2%80%99ecole-ordinaire

24 juin 2012

Comment on en est arrivé là ...

Eclairage sur une affaire qui fait jurisprudence pour les parents qui se trouveraient dans la même situation :

=> http://blogs.lexpress.fr/the-autist/files/2012/06/procesanniebeaufils-resume.pdf

Rappel :

Cour administrative d'appel
MARSEILLE
Chambre 2
11 Juin 2012
N° 11MA02042

Annie Beaufils, maman de Geoffrey, jeune autiste profond habitant en Lozère, simple femme de ménage, a porté plainte car rien n"était proposé à son fils
- 2006 : ne sachant plus que faire, elle attaque l’état en justice
- 11 Juin 2012 : affaire rejugée par la Cour Administrative d'Appel de Marseille

La Cour Administrative d'Appel reconnaît la responsabilité de l'état français

La Cour Administrative d'Appel évalue le préjudice en 6 points.

La Puissance publique est condamnée à verser 108 000 euros à Mme Beaufils.

Voir l'arrêté du contentieux administratif :

http://kollectifdu7janvier.org/CAA%20Marseille%2011%20juin%202012.pdf

23 juin 2012

article publié dans l'express.fr le 23 juin 2012

« En France, les personnes handicapées, on les cache. »

J’ai envie de raconter une anecdote révélatrice.

Au cours d’un repas festif, ma mère engage la conversation avec une dame anglaise. Cette grand mère d’enfant autiste vivant en France depuis peu de temps lui explique la surprise qu’elle a eu de ne pas voir d’autistes en France :

- Je pensais que l’autisme, ça n’existait qu’en Angleterre, puisque en France je ne vois aucun autiste.

Ma mère, abasourdie, répond :

- Ah mais si, des autistes il y en a sûrement autant qu’en Angleterre, en proportions ! Si vous ne les voyez pas, c’est qu’en France, on les cache.

à part-TED

Elle a répondu très simplement, en disant la vérité, une vérité qui dérange beaucoup d’étrangers et peut être certains français… Mais qui arrange au final un grand nombre de professionnels.

 

 

À qui profitent les autistes ?

Les autistes vivent en gros soit en institution ou hôpital psychiatrique, soit chez leurs parents. Le personnel de l’Education Nationale, même avec de la bonne volonté, n’a pas les moyens de les éduquer parmi les autres. Ce n’est pas le cas du secteur sanitaire, à qui la sécurité sociale donne tout l’argent possible, il leur suffit de demander.

Dans ce système d’orientation qui est source d’énormément d’emplois, donc d’argent, tout, absolument tout, est fait pour pousser les enfants dans des établissements spécialisés.

Mon fils aussi n’échappera pas à ce système, qui consiste à forcer les parents à faire ce choix du milieu spécialisé, un choix qui n’en n’est pas un quand on sait comment fonctionne la machine administrative.

 

 

Exemple de la combinaison « bonne volonté – moyens » du personnel de l’Education Nationale

Mon fils avait cette année 6h d’école, des heures mendiées et rendues possibles parce que j’embauche et paye moi même une personne pour l’aider en classe.

Bien sur, sur le papier, l’Education Nationale doit me fournir elle même une personne (Auxiliaire de Vie Scolaire, AVS). Mais…

J’ai laissé faire le système la première année, quand je débarquais dans le milieu, cette époque où j’étais encore naïve et confiante : la personne a été nommée en Janvier, elle n’y connaissait rien à l’autisme, et ne voulait pas avoir d’informations dessus, d’ailleurs je n’avais pas le droit de lui en donner, car « L’école étant un milieu ordinaire, Julien doit être vu comme un enfant ordinaire. » Elle était au service de la maîtresse : je n’avais pas le droit de lui parler sans sa présence, à part  « Bonjour, Au revoir ».

Julien avait le droit d’aller à l’école 12h par semaine, en présence de l’AVS. Mais on m’a fait comprendre aux réunions scolaires dans lesquelles je pleurais à chaque fois, que « 12h c’est trop long. Il se fatigue vite ». L’inspecteur d’académie s’est même déplacé une fois, à la demande de l’enseignante et de la directrice, pour m’inciter très fortement à ne pas le mettre 12h, me faisant accepter le fait que 6h suffisaient amplement et que je pouvais m’estimer heureuse.

Chaque réunion se concluant par l’expression « dans l’intérêt de Julien ». Plus hypocrite, c’est possible ?

 

 

Au final : rien n’était fait pour faciliter les heures de présence de Julien. La plupart du temps, il les passait dans le couloir ou la cour, avec l’AVS. Celle-ci était rémunérée pour 12h par semaine auprès de lui, alors qu’en réalité elle en passait 6h. Les six autres heures, elle les passait chez elle ou à aider l’enseignante pour gérer les enfants (ordinaires) de la classe.

 

 

Et maintenant ?

Je suis lasse de devoir me battre pour imposer la présence de mon fils à des professionnels qui n’en veulent pas. Lasse de devoir me battre pour que Julien ait une place parmi nous.

Lors de la dernière réunion à l’école, la personne qui fait le lien entre l’école et la Maison De l’Autonomie (administration chargée des orientations des personnes handicapées) m’a fait clairement comprendre qu’une scolarisation en CP n’était pas envisageable. Elle était soutenue par la directrice et l’enseignante.

Je sais me battre contre moi-même, mais j’ai toujours eu du mal à me battre contre une autre personne ; cela m’a valu bien des déboires quand j’étais adolescente. Bien sur je serais capable de frapper une personne mettant mon fils en danger, mais dans ce cas précis ce n’est pas socialement adapté.

Je n’ai pas eu le courage de dire « Non, j’ai la loi pour moi, je décide. », car Julien a déjà une bonne prise en charge, et même sans école il progressera, il est bien entouré, j’y ai veillé.

Julien quitte donc le milieu ordinaire. Il aura quand même l’occasion de voir ses pairs une après midi par semaine, car la MJC veut bien de lui, à condition que j’emploie une personne pour s’en occuper là-bas.

Mais bon, il sera lui aussi caché de la société. Elle pourra ainsi continuer d’ignorer les personnes comme lui.

Et des étrangers pourront continuer à croire qu’il n’y a pas d’autistes en France.

 

http://blogs.lexpress.fr/the-autist/2012/06/23/en-france-les-personnes-handicapees-on-les-cache/

20 juin 2012

article publié dans l'express.fr le 20 juin 2012

Un processus irréversible – Première partie

Toute ressemblance avec une histoire réelle n‘est pas purement un hasard

 

Il était une fois, dans un monde pas très éloigné du nôtre, des enfants qui avaient beaucoup de mal à communiquer, à entrer en relation avec les autres, et qui développaient des intérêts sortant de l’ordinaire. Ils ne semblaient pas avoir conscience d’eux mêmes et des autres.

Il semblaient vivre sur une autre planète

 

 

 

La vie de ces enfants en Mourance…

En Mourance, pays connu pour son rayonnement culturel dans l’ancien temps, la grande majorité des personnes qui s’occupaient d’eux pensaient que ces enfants, ordinaires par ailleurs, avaient développé quasiment depuis leur naissance une psychose : un traumatisme si fort que l’enfant choisissait de ne pas entrer en relation avec les autres : il se réfugiait de lui-même dans un monde inaccessible aux autres.

Le traitement considérait parfois à enlever l’enfant de son environnement familial jugé traumatisant, et d’attendre que l’enfant développe de lui même le désir d’aller vers l’autre.

Les enfants de ce pays vivaient pour la plupart en institution ou hôpital psychiatrique  (lieu où sont accueillis les personnes qui sortent de la norme) dès le plus jeune âge. Ils ne recevaient pratiquement pas d’éducation. On attendait pour cela que l’enfant soit prêt et désire de lui même aller vers l’autre.

Malheureusement, ces enfants ne semblaient jamais en avoir le désir, et ils restaient donc isolés. Comme tout être humain, ils avaient des besoins vitaux, comme manger, boire… Ils avaient aussi des émotions, des maux, comme nous. Mais comme ils ne savaient pas les dire, ils les exprimaient par des cris, des crises, des coups…

Et plus ils grandissaient, plus ces crises, et cris étaient difficiles à gérer.

Alors, les personnes qui s’en occupaient les serraient parfois fort dans des draps mouillés et froids, pour faire une sorte de choc thermique. Très souvent ils leur donnaient des pilules choquant directement le cerveau de manière irréversible.

Cela calmait l’enfant, mais cela l’éteignait aussi…

 

 

Ailleurs

Un jour, les parents, désespérés de voir leur enfant grandir physiquement et diminuer humainement, décidèrent de s’informer pour savoir comment cela se passait dans les autres pays.

Un grand choc les attendait…

Car ils prirent conscience que leur pays était unique dans la façon de considérer et prendre en charge leurs enfants : en effet, ailleurs on considérait qu’ils étaient éducables, qu’ils pouvaient apprendre à communiquer.

"Je veux une orange", en images

communication par échange d'image

 

Ces enfants faisaient l’objet de nombreuses recherches, d’études qui concordaient toutes. Ils apprirent qu’ils n’étaient pas malades, mais simplement que leurs façons de traiter les informations étaient différentes de la plupart des gens, et que cela entraînait des difficultés pour communiquer, entrer en relation.

Là-bas les enfants allaient à l’école, avec des aménagements spécifiques. D’ailleurs ces enfants étaient considérés non pas comme des malades mentaux, mais comme des « personnes à besoins spécifiques ».

 

Une tentative de changement

Les parents, plein d’espoir, parlèrent de ce qu’ils avaient appris, et demandèrent aux personnes qui s’occupaient de leur enfant de changer leurs façons de faire. Ils demandèrent aussi que leur enfant ait la possibilité de recevoir de l’éducation, sans attendre que l’enfant en exprime le désir.

Mais ceux ci refusèrent tout simplement des les écouter, car cela les auraient obligés à se remettre en question, à revoir leur façon de faire. Et comme ils étaient certains que leur façon de faire était la bonne ils ne voyaient pas l’intérêt de cette demande.

En Mourance, le secteur médical, financé par l’état, avait énormément de pouvoir, beaucoup plus que dans d’autres pays. Les professionnels de ce secteur utilisèrent ce pouvoir pour mettre de la pression au gouvernement qui représentait les citoyens.

Ils firent passer les parents pour des personnes certes en souffrance pour leur enfant, mais en aucun cas capables de juger, donc de  décider, de ce qui était bien pour lui.

Ils firent comprendre par des médias complaisants qu’essayer d’éduquer ces enfants serait coercitif car cela reviendrait à ne pas écouter leurs désirs.

C’est ainsi que le gouvernement refusa de prendre en compte leurs demandes.

 

Mais les parents, motivés par l’espoir d’une vie meilleure pour leur enfant,  continuèrent à se mobiliser…

http://blogs.lexpress.fr/the-autist/2012/06/20/un-processus-irreversible-premiere-partie/

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18 juin 2012

article publié dans le télégramme le 18 juin 2012

Bac. Le défi d'un jeune autiste

18 juin 2012 - Réagir à cet articleRéagir à cet article

Avec 12,1 de moyenne au second trimestre, Corentin Jean, en terminale S au lycée de l'Harteloire, à Brest, n'a pas trop de souci à se faire. Il a déjà presque son bac en poche. C'était pourtant loin d'être gagné. Corentin, âgé de 19 ans, est autiste.

Les appréciations sur son dernier bulletin trimestriel sont encourageantes. «Travail sérieux», «Résultats en net progrès». Corentin Jean est un bosseur. Il s'accroche. «La terminale a été un peu difficile. Le rythme est un peu rapide pour moi», avoue le jeune homme. Sa chance, c'est une excellente mémoire. À quelques jours de la première épreuve du bac, Corentin semble serein. Il est imperméable au stress. Pour l'aider dans ses révisions, sa maman Catherine se libère de son travail tous les après-midi. «Elle me torture à mort», plaisante le lycéen, tout en caressant Figaro, le chat de la maison.

Un GPS dans la tête

«En philosophie, c'est le côté réflexion que j'aime bien. Les langues étrangères me permettent de découvrir d'autres cultures», commente-t-il. Mais là où il est le plus doué, c'est dans les matières scientifiques. L'analyse, ce n'est pas trop son truc. Aussi, pour l'épreuve d'histoire-géographie, il compte bien tomber sur un commentaire de cartes. «Il connaît toutes les cartes par coeur, s'amuse sa maman. C'est un véritable GPS. C'est lui qui nous guide lorsque l'on va à Paris ou en voyage. Il connaît toutes les routes par coeur». Et les sens interdits? «Je m'en moque», rigole-t-il.

Déscolarisé durant six ans

Corentin est autiste de haut niveau. Il a été diagnostiqué en septembre1995, à l'âge de 2 ans. Un choc pour ses parents. La halte-garderie avait déjà signalé des difficultés d'intégration. L'enfant pique des colères, se frappe la tête sur le sol, jette les objets. À 2 ans, ses parents décident de le scolariser en maternelle. Corentin ne parle pas et ses relations avec les autres enfants s'avèrent très difficiles. En 1997, ses parents déménagent à Quimper. La scolarisation de Corentin se complique. Une institutrice remplaçante croit pourtant en lui et l'accepte dans sa classe. Avec l'aide du Sessad (*), l'enfant progresse. Mais en septembre1998, l'enseignante titulaire, de retour, refuse la présence de cet élève dans sa classe. Elle conseille aux parents de le mettre en hôpital de jour. Ils s'y refusent. En 1998, Corentin est déscolarisé. «J'ai dû harceler le Sessad pour qu'il accepte de le suivre à la maison», se souvient Catherine Jean.
L'intégration scolaire est un échec. Corentin a 6 ans et entre à l'IME (institut médico-éducatif). L'enfant ne parle pas. Il se roule par terre en hurlant. Deux ans plus tard, grâce à l'accompagnement d'une éducatrice spécialisée, il a fait de nets progrès. Sa mère reprend alors espoir. Elle veut croire



au potentiel de son fils. Mais «c'est lourd de se battre contre les institutions». Elle fait le forcing pour placer son fils en Clis (classe d'intégration scolaire). L'enfant grandit, les troubles du comportement s'estompent. Corentin peut faire son entrée au collège grâce au soutien d'un pédopsychiatre qui impose qu'il soit placé dans une classe normale. Le collégien souffre cependant du rejet des autres enfants qui ignorent tout de son handicap. Le passage au lycée se déroule mieux. «Il y a eu un progrès indéniable, se réjouit Catherine Jean. Sans la collaboration de la direction, des enseignants, de l'équipe éducative, et sans les efforts de Corentin, cela n'aurait pas été possible. Il a vraiment été bien encadré. Mais sa grande frustration reste de ne pas avoir de copains», à l'exception des scouts qu'il retrouve l'été.





Accepté dans une école d'ingénieurs

Le 7juin, Corentin a appris qu'il était reçu au concours Puissance 11 qui donne accès à onze grandes écoles d'ingénieurs post-bac. «Il a passé le concours comme tous les autres candidats mais avec un tiers-temps supplémentaire et sans préciser le diagnostic», raconte, avec fierté, son père. Ironie du destin. L'enfant, un temps déscolarisé, accède aujourd'hui aux plus grandes écoles. En septembre, il rejoindra l'Isen de Brest (institut supérieur de l'électronique et du numérique), en cycle informatique et réseaux. C'est son premier voeu. Il lui reste juste une petite formalité à accomplir. Passer son bacS.

* Service d'éducation spéciale et de soins à domicile.

Cathy Tymen

http://www.letelegramme.com/ig/generales/regions/bretagne/bac-le-defi-d-un-jeune-autiste-18-06-2012-1741854.php?xtmc=rep%C3%A8res&xtcr=2

14 juin 2012

article publié sur le site de DH.be le 14 juin 2012

À la bonne école…

Deux sénatrices françaises ont visité les classes pour autistes aux Co’Kain

KAIN Ce mardi, l’école maternelle et primaire d’enseignement spécialisé de la Communauté française, dit les Co’Kain, a reçu la visite de deux sénatrices françaises, Claire-Lise Campion de l’Essonne et Isabelle Debré des Hauts-de-Seine.

Ces deux politiciennes poursuivent ainsi leur mission de contrôle de l’application de la loi sur le handicap, votée au Sénat en France en 2005. Elles sont tout d’abord passées, bien évidemment, par des établissements français, avant de se rendre en Belgique, afin de tirer les leçons de ce qui y est réalisé. “Cela nous paraissait évident de venir ici, en Belgique, car beaucoup de familles y trouvent des réponses qu’elles n’ont visiblement pas en France” , relève Marie-Lise Campion.

Et en effet, les élèves français sont nombreux au Co’Kain. Ils le sont encore plus dans les classes dédiées à l’autisme.

C’est d’ailleurs ces classes-là, et l’apprentissage à destination des élèves, qui étaient au cœur de la visite. “Il y a ici un savoir-faire qui est une réalité dans cet établissement” , poursuit Marie-Lise Campion.

Et Isabelle Debré enchaîner : “C’est une école formidable, un modèle, où il y a une méthode tout à fait particulière. Les enfants sont souriants et l’on y voit des progrès extraordinaires. Nous allons maintenant pouvoir témoigner, expliquer ce que nous avons vu.”

Il y a visiblement une grande différence entre la manière dont on aborde l’autisme chez les enfants en France et en Belgique. Dans l’Hexagone, les enfants se retrouvent bien souvent dans des instituts. En Belgique, dans des écoles. “Ici, ce sont des enfants qui se trouvent dans une école, qui suivent une scolarité , souligne le directeur, Frédéric Delfosse. L’idée est d’offrir la vie la plus normale possible à ces enfants. Aussi, nous partons du principe de l’éducatibilité : soit du fait que l’enfant a le potentiel pour avancer.”

“Ainsi , conclut, Christine Gousset, kinésithérapeute au Co’Kain, nous donnons les outils pour que les élèves puissent terminer leur parcours scolaire. Nous nous mettons de plus en plus en retrait pour qu’ils soient le plus indépendants, autonomes possible”.

L. Dup.

http://www.dhnet.be/regions/tournai-ath-mouscron/article/398321/a-la-bonne-ecole.html

11 juin 2012

Recommandation de bonnes pratiques pour les enfants et adolescents autistes ou TED - mode d'emploi à destination des familles

Publié sous la signature de Danièle Langloys, présidente d'Autisme France ce document complète les recommandations de la HAS. A lire impérativement :

=>http://www.autisme-france.fr/offres/file_inline_src/577/577_A_14054_1.pdf

11 juin 2012

article publié dans l'express.fr le 6 juin 2012

Education des enfants handicapés en France : l’état passe la main…

Vendredi premier juin 2012 

Aujourd’hui est un jour pas comme les autres : Julien a une journée d’essai dans une structure adaptée, réservée aux autistes : pris en charge le matin dans les locaux, et l’après midi dans une classe qui leur est réservée, dans une école ordinaire.

 

En route !

Au moment de démarrer, je pense :  « C’est une belle aubaine pour nous… Même si la structure est à 40 minutes en voiture, nous n’allons rien payer d’autre que les frais de transport aujourd’hui. Cela fait 100 euros non dépensés pour sa prise en charge. Et puis je n’ai pas Julien de la journée… ça va me faire drôle ! Bon, on doit profiter, il n’y sera certainement pas l’année prochaine, vue la liste d’attente !  »

On passe devant l’école du quartier, et là je réalise : « Les parents déposent leur enfant, et puis voila. Ils habitent à coté, ils y vont à pied. Puis ils vont à leurs activités et le récupèrent le soir. Ils ne payent rien, tout cela va de soi pour eux… Cette société est bien faite quand même, tout est structuré, finalement chacun y trouve sa place ! Enfin, chacun, pas exactement… »

Et là, j’ai subitement un coup au moral…

 

Pourquoi pas lui ?

C’est quoi la différence ? Julien est handicapé. Ok, mais, handicapé ou pas, il faut bien qu’il passe ses journées comme les autres, je veux dire, il existe !  Et, tant qu’à faire, qu’il les passe le mieux possible tout en apprenant des autres et avec les autres, bref qu’il reçoive de l’éducation…

Sauf que l’Education Nationale* semble l’avoir oublié, mon Julien, sur ce coup… C’est sûrement un oubli, vu qu’il vit dans cette nation non ? Bon, à cause de ce malencontreux « oubli », j’ai arrêté mes activités pour organiser moi même ses journées. Comme je ne me sens pas de lui faire l’école à la maison ( des mamans d’enfants différents le font et je les admire profondément ! ), je me suis entourée de professionnels compétents ( je rajoute « compétents », parce que l’un n’implique pas l’autre, et surtout pas dans l’autisme ! )

Finalement, je me dis « On dit souvent que Julien est dans son monde… Mais ces familles, dont chaque membre a une place dans la société, qui ne se rendent pas compte qu’une 4 ème ou 5 ème  dimension existe, tout près de chez eux… Elles ne seraient pas  un peu aussi dans leur monde  ? » J’accuse le coup, et je me dis « Ces gens là ont l’air inconscients de leur condition, de leurs privilèges, pourquoi essayer de leur faire voir une autre réalité ? En plus ça peut leur faire un choc de découvrir notre dimension. Et puis, ça ne les regarde pas vraiment, ils ne se sentent pas concernés. »

Et pourquoi ils ne se sentent pas concernés ?

 

Loin des yeux …

Moi aussi avant d’avoir Julien, j’étais dans leur monde. Comme eux, j’étais choquée d’apprendre que des salariés soient licenciés brusquement de leur entreprise, perdent leur travail, etc… Toutes ces choses qui font soucis aux français quoi…

Mais je n’étais pas choquée d’apprendre qu’une maman d’enfant handicapé soit licenciée de la société française, et que son enfant n’ait pas le droit de passer ne serait-ce qu’un entretien d’embauche dans cette dite société dont le slogan est « Liberté, Egalité, Fraternité ».

Je n’étais pas choquée de voir que les handicapés, justement je ne les voyais pas… Les personnes ordinaires entre elles, les personnes handicapées entre elles, c’est ça la France…

 

Extra-Terrestre extra-ordinaire expulsé de sa planète...

 

Je n’avais pas conscience qu’une famille avec un enfant handicapé a la double peine : gérer le handicap, dans une société pas adaptée pour les personnes différentes, et payer le prix pour que leur enfant ait la possibilité d’apprendre, de grandir tout simplement.

 

Je n’en n’avais pas conscience, parce que ces enfants là ils existent, mais loin de nos yeux…

 Au fond, c’est comme si ils n’existaient pas : chacun dans son monde.

 

*En fait une loi est passée en 2005, accordant aux enfants handicapés les mêmes droits/obligations de scolarisation qu’un enfant ordinaire. Cette loi est passée en force contre la volonté de l’Education Nationale. En conséquence, tout est fait pour décourager les parents de mettre leur enfant à l’école. Une heure d’éducation par semaine suffit à faire rentrer l’enfant dans la case « scolarisé », le mettant en règle avec la loi 2005.

http://blogs.lexpress.fr/the-autist/?p=713&preview=true

29 mai 2012

article publié dans Agora Vox le 28 mai 2012

Autisme, ce qui va changer

En mars 2012, la Haute Autorité de Santé et l’ANESM rendaient publiques leurs recommandationsdebonnespratiquespourlapriseenchargedelautisme. Ces recommandations, en cohérence avec les textes équivalents déjà publiés depuis longtemps à l’étranger, préconisent en priorité des interventions éducatives individualisées, précoces et intensives, basées sur les modèles de l’ABA et du TEACCH. A l’inverse, la prise en charge d’inspiration psychanalytique, très majoritaire en France, est classée « non consensuelle », n’ayant démontré aucune utilité.

Une tempête médiatique s’en est ensuivie, et n’est toujours pas retombée, opposant deux “camps”. D’un côté les associations de familles, qui réclament ces interventions éducatives individualisées depuis des décennies : vivant en permanence avec leur enfant, elles constatent ce qui est bénéfique et ce qui ne l'est pas. De l’autre, les représentants de la psychiatrie française d’orientation psychanalytique, qui aujourd’hui encore gardent la mainmise sur la plupart des structures de prise en charge (hopitaux de jour, IME, Sessad, MAS ou FAM). Ces même professionnels qui, dans les faits, empêchent bien souvent les familles les moins fortunées d'avoir accès aux prises en charge recommandées par la HAS, en refusant de les mettre en oeuvre dans les structures financées par la Sécurité Sociale.

Au-dela de la polémique sur le fond, où tout a déjà été dit, le présent article tente d’évaluer ce qui va concrètement changer, pour les autistes français et leurs familles, du fait de ces recommandations.

Que disent les recommandations ?

Une fois le diagnostic posé il faut « Débuter avant 4 ans des interventions personnalisées, globales et coordonnées, fondées sur une approche éducative, comportementale et développementale », le plus tôt étant le mieux (d’où l’importance d’un diagnostic précoce, avant 3 ans).

 Il faut par ailleurs « Individualiser et prioriser les interventions en fonction de l’évaluation initiale et continue du développement de l’enfant avec TED et tenant compte des étapes typiques de développement dans les différents domaines. » Le but des interventions est de « viser l’amélioration du développement de l’enfant dans plusieurs domaines (caractère global des interventions) : imitation, langage, communication, jeu, interactions sociales, organisation motrice et planification des actions, capacités adaptatives des comportements dans la vie quotidienne ». Bref, tout ce qui permet de préparer à une vie harmonieuse dans notre société.

Il importe également de “tenir compte des domaines émotionnel et sensoriel” et il est recommandé « d’impliquer les parents pour assurer la cohérence des modes d’interactions avec l’enfant et la généralisation des acquis ». La HAS entérine ainsi le constat que les parents restent les personnes qui connaissent le mieux leur enfant, et qu’il est indispensable de leur faire confiance. D'une manière générale, les équipe, éducatives et parentales, qui fonctionnent le mieux sont celles dans lesquelles la confiance règne de part et d'autre.

Le rythme préconisé est en moyenne de 20 à 25h par semaine, ce chiffre incluant les heures d’école, à adapter en fonction de l’âge de l’enfant et son rythme physiologique (fait-il la sieste ou non par exemple).

Concernant les médicaments, quelques points importants sont à relever. Ainsi en cas de troubles de comportement une cause somatique doit être recherchée en priorité, ces troubles pouvant être l’expression d’une douleur que la personne autiste n'est pas capable d'exprimer. Les psychotropes doivent être prescrits de manière exceptionnelle, et en cas d’inefficacité, il est recommandé de changer de médicament, et surtout ne pas cumuler plusieurs traitements (ce qui est hélas la tendance actuelle).

Par ailleurs, la HAS reconnaît qu’il n’y a aucune étude démontrant une éventuelle efficacité des interventions fondées sur l’approche psychanalytique ou la psychothérapie institutionnelle. Il est important de noter que ces interventions auraient donc logiquement dû être classées comme "non recommandées". Cependant, d'intenses pressions ayant eu lieu dans les semaines précédant la publication du document, l'approche psychanalytique a été classée comme étant "non consensuelle". Ceci signifie que les professionnels ayant rédigé ces nouvelles directives n'ont pu se mettre d'accord, ce qui n’est pas surprenant, compte tenu de la présence dans le groupe de travail de la HAS de professionnels d’orientation psychanalytique.

Il s’agit donc finalement d’un désaveu politiquement correct de ce type d’intervention, qui est pourtant aujourd’hui majoritaire dans les structures ou sont classiquement pris en charge les autistes : hopitaux de jour, IME ou autres.

 

Qu’est-ce qui va changer pour les familles ?

Lorsqu'une famille a pu trouver, en général au prix de recherches laborieuses, une prise en charge éducative conforme aux recommandations de la HAS, se pose en général deux problèmes : faire accepter ce choix à la MDPH afin d'éviter une autre orientation, et faire financer cette prise en charge, également par la MDPH, la Sécurité Sociale ne les remboursant pas. 

Ainsi, il était courant qu'une famille se voie refuser par la MDPH la prise en compte pour le calcul de l'AEEH des frais d'un psychologue formé à l'ABA ou au TEACCH travaillant en libéral, avec à l'inverse suggestion de mettre l'enfant à l'hopital de jour, donc en psychiatrie pour enfant. Ces recommandations vont donc permettre aux familles de justifier de leur choix : si la MDPH ou tout autre professionnel les oriente vers une structure ne mettant pas en oeuvre les prises en charge recommandées par la HAS, personne ne pourra leur reprocher qu’ils refusent. Si dans le même temps ils mettent sur pied une prise en charge TEACCH ou ABA, conforme aux recommandations de la HAS, personne ne pourra contester leur choix.

Le plus souvent, ce type de prise en charge ne peut se trouver qu’avec des professionnels travaillant en libéral, non remboursés par la Sécurité Sociale. Dans ce cas les familles incluent les frais qui en résultent dans une demande d’allocation à la MDPH : soit l’Allocation d’Education de l’Enfant Handicapé (AEEH), soit la Prestation de Compensation du Handicap (PCH), cette dernière pouvant se révéler plus intéressante si les intervenants sont rémunérés en chèque emploi service (CESU). Or, aujourd’hui encore, beaucoup de MDPH refusent de prendre en compte ces frais pour le calcul des allocations en question, même avec la recommandation d’un médecin spécialiste. Une grande disparité de situations existe en France : ainsi la MDPH de Paris prend généralement ces frais en compte, alors que celle du Rhone s’y refuse. Les motifs invoqués, quand il y en a, sont divers, mais la vraie raison est plus probablement à rechercher du côté d’une chasse aux économies, au mépris de l’intéret de l’enfant – et de plus contre-productive, une telle prise en charge étant plus économique à court terme comme à long terme.

On pourrait valablement argumenter qu’il y a là une injustice flagrante, contraire à la loi, puisqu’il n’y a pas égalité de traitement sur le territoire national. Certaines familles ont d’ailleurs pu faire valoir leurs droits au tribunal sur ce type de motifs. Aujourd’hui, l’arrivée des recommandations de la HAS va changer la donne et faciliter pour les familles la reconnaissance de ces frais. En effet, la MDPH ne peut valablement argumenter que ces prises en charges ne sont pas validées ni utiles pour l’enfant, dans la mesure ou la HAS les préconise explicitement. La MDPH ne peut non plus valablement préconiser une autre prise en charge en subsitution, qui ne soit pas également recommandé par la HAS.

Ces recommandations donnent par ailleurs une force nouvelle à la jurisprudence utilisable par les familles pour faire valoir les droits de leur enfant. Un récent arrêt du Conseil d’Etat (n°318501 du 16 mai 2011) rappelle ainsi : “aux termes de l'article L. 246-1 du code de l'action sociale et des familles, dans sa rédaction applicable au litige : " Toute personne atteinte du handicap résultant du syndrome autistique et des troubles qui lui sont apparentés bénéficie, quel que soit son âge, d'une prise en charge pluridisciplinaire qui tient compte de ses besoins et difficultés spécifiques. / Adaptée à l'état et à l'âge de la personne et eu égard aux moyens disponibles, cette prise en charge peut être d'ordre éducatif, pédagogique, thérapeutique et social. " ; qu'il résulte de ces dispositions que le droit à une prise en charge pluridisciplinaire est garanti à toute personne atteinte du handicap résultant du syndrome autistique, quelles que soient les différences de situation ; que si, eu égard à la variété des formes du syndrome autistique, le législateur a voulu que cette prise en charge, afin d'être adaptée aux besoins et difficultés spécifiques de la personne handicapée, puisse être mise en oeuvre selon des modalités diversifiées, notamment par l'accueil dans un établissement spécialisé ou par l'intervention d'un service à domicile, c'est sous réserve que la prise en charge soit effective dans la durée, pluridisciplinaire, et adaptée à l'état et à l'âge de la personne atteinte de ce syndrome”.

On peut donc espérer que de plus en plus de familles puissent s’appuyer sur ces recommandations pour obtenir plus facilement une couverture de leurs frais de TEACCH ou d’ABA en libéral, sans avoir besoin d’entamer une procédure judiciaire longue et pénible (pendant laquelle, d’ailleurs, certaines MDPH suspendent totalement tout versement d’allocation déjà attribuée, ce qui génère des situations catastrophiques pour les familles). Le cas échéant, ces recommandations pourront être utilisées au tribunal s’il le faut. En effet, si elles ne sont pas en elles-mêmes opposables juridiquement pour obliger un professionnel ou un établissement à s’y conformer, elles sont utilisables pour justifier des choix des familles auprès du Juge devant décider si leurs demandes sont “adaptées à l’état et à l’âge de la personne atteinte de ce syndrome”.

Ceci permettra donc de restaurer une certaine justice sociale : aujourd’hui, dans les faits, seules les familles les “plus riches” peuvent se permettre de financer une prise en charge éducative, en se saignant financièrement, là où les familles les moins favorisées n’ont d’autre choix que des prises en charge en hopital de jour, reconnues comme non pertinentes par la HAS, mais... financées à 100% par la Sécurité Sociale.

 

Qu'est ce qui va changer pour les professionnels ?

Aujourd'hui, on le sait très bien, les interventions éducatives telles que recommandées par la HAS, c'est à dire basées sur du TEACCH ou de l'ABA, sont encore très rares en France et difficiles à trouver. Cela est du à la prédominance de la vision psychanalytique de l'autisme, qui imprègne encore beaucoup d'universités et d'écoles d'éducateurs. Ce déséquilibre engendre depuis des décennies une pénurie de professionnels correctement formés à la prise en charge des troubles du spectre autistique. Par ailleurs, la pénurie de budget public fait qu'il est quasiment impossible de trouver un financement institutionnel pour créer une nouvelle structure, et celles qui existent sont encore animées le plus souvent par des professionnels non formés à ce type de prise en charge. 

Le premier effet qu'on peut attendre de ces recommandations, c'est donc une évolution des formations initiales et continues, pour les psychiatres, les psychologues et les éducateurs, ou encore les infirmiers et les aides médico-psychologiques. Ceci afin que ceux d'entre eux qui souhaitent travailler dans le domaine de l'autisme sachent utiliser et mettre en œuvre les prises en charge éducatives recommandées par la HAS. La conséquence directe en sera, on l'espère, l'arrivée en nombre de psychologues et d'éducateurs formés à ces méthodes. Par ailleurs, la reconnaissance par la HAS des méthodes psycho-éducatives pour le traitement de l'autisme permettra que plus de professionnels s'orientent vers la prise en charge de l'autisme, au lieu de chercher dans d'autres domaines, au vu de la certitude de pouvoir trouver une clientèle qui pourra financer ces prises en charge. Ce qui ne pourra qu’améliorer les chiffres désolants du chômage chez les psychologues (jusqu’à 50% à la sortie de l’Université).

On peut aussi espérer une émulation entre ces nouvelles formations, permettant des progrès et des ameliorations continues de celles-ci.

Le second effet qu’on peut attendre, c’est une évolution des professionnels et des institutions existantes. En effet, malgré l’opposition virulente d’une frange de la psychiatrie française, les recommandations de la HAS ont été accueillies par beaucoup d’équipes avec un mélange de soulagement, d’incertitude et d’interrogations. Nombre de professionnels, travaillant au sein d’IME ou d’Hopital de Jour, constatent au jour le jour que les enfants qu’ils prennent en charge progressent très peu voire pas du tout, il en résulte démotivation et stress professionnel, pouvant déboucher sur des démissions répétées et un turnover important, ce qui déstabilise l’institution et les prises en charge. Ces recommandations vont permettre à ces équipes de savoir “dans quelle direction se tourner” : comment se former, comment mieux aider les enfants porteurs de troubles du spectre autistique.

Dans le même temps, les Agences Régionales de Santé vont pouvoir se baser sur ces recommandations pour promouvoir une évolution des prises en charge dans les institutions existantes, mais aussi pour orienter les appels à projets pour les structures nouvelles. Ces changements seront facilités par les “bons exemples” qui existent un peu partout, résultant notamment des expérimentations conduites dans le cadre du Plan Autisme, mais qui restent une goutte d’eau en regard des besoins.

Globalement, dans les années qui viennent, on devrait donc voir les structures existantes se former et se reconvertir vers les prises en charge éducatives préconisées par la HAS et demandées par les familles depuis des décennies, ce qui devrait d’ailleurs permettre aux familles de trouver plus facilement une prise en charge adaptée pour leur enfant autiste, et donc engendrer moins de demandes d’allocations auprès des MDPH pour mettre en place des prise en charge en libéral.

 

Que manque-t’il aux recommandations ?

La scolarisation en milieu ordinaire est la grande absente des recommandations de la HAS, comme d'ailleurs du Plan Autisme 2008-2011. Ce point a d’ailleurs été explicitement mentionné à la HAS par Autisme France ou par des experts étrangers comme Ghislain Magerotte. La scolarisation en milieu ordinaire est certes mise en avant, mais de manière trop peu précise pour que cela soit réellement utilisable facilement par les familles pour justifier d’une demande d’AVS par exemple. 

On constate par ailleurs que le Plan Autisme a été conduit par le Ministère de la Santé, et jamais aucun délégué de l’Education Nationale n’a été présent aux réunions importantes, ni pour l’élaboration des recommandations, ni pour décider du contenu et de la conduite du Plan.

A l’inverse, dans un pays comme la Belgique souvent montré en exemple, la prise en charge de l’autisme est de la responsabilité de l’Education Nationale, et pas de la Santé, tant il est vrai que les autistes ont besoin avant tout d’éducation. Les “soins” nécessaires consistent généralement en orthophonie et en psychomotricité, relevant plus de rééducation spécialisée (comme les troubles “dys”), et éventuellement de soutiens médicamenteux spécifiques. Il n’est donc pas justifié de continuer à placer la Santé en charge d’un tel dossier.

Aujourd’hui, en France, 20% des autistes sont scolarisés en milieu ordinaire avec ou sans auxiliaire (AVS), le plus souvent à temps (très) partiel. En Belgique, au Royaume Uni, aux Etats Unis, en Espagne, la proportion varie entre 80% et 95%. Il n’est pas acceptable de continuer à gâcher ainsi l’avenir et le potentiel des enfants porteurs d’autisme, en les excluant de l’école ordinaire qui constitue leur meilleure chance d’inclusion sociale.

Il s’agit de trouver les réponses adaptées : financement et pérennisation des AVS, avec création d’un véritable statut professionnel, comme le demandent les associations depuis des années ; meilleure formation des enseignants ; meilleure prise en compte par les MDPH des demandes d’AVS. Mais il s’agira surtout de changer les mentalités, que ce soit du corps enseignant, mais aussi des Inspecteurs de l’Education Nationale, dont beaucoup pensent encore aujourd’hui qu’il est préférable “pour leur bien” de placer les autistes en institution, ou que leur présence à l’école est ingérable. Alors qu’un enfant autiste correctement pris en charge va pouvoir s'intégrer à l'école, société miniature, et l'école lui permettra plus tard une meilleure intégration a sein de la société.

Ainsi un enfant TED ou autiste devrait pouvoir prétendre à un accompagnement équivalent au temps de scolarisation, afin de lui permettre de s'intégrer au mieux. L'AVS jouera un rôle de “passerelle” auprès des autres enfants, ce qui permettra de diminuer au fil des années le nombre d'heures d'accompagnement. Il s'agit d'un gros investissement au départ, en termes financier, de personnel et de formation, mais qui au bout du compte s’avèrera rentable pour la société, car il permettra aux enfants autistes d'avoir le plus d'autonomie possible au lieu d’être exclus d’office dans des institutions dès le plus jeune âge, pour toute leur vie.

Les autres pays nous montrent l’exemple et la voie à suivre depuis 30 ans. Il faut espérer que notre pays finisse par rattraper son retard dans la scolarisation des enfants autistes, comme il est en train de le rattraper dans le domaine de la prise en charge. Le gâchis humain et financier n’a que trop duré.

http://www.agoravox.fr/actualites/sante/article/autisme-ce-qui-va-changer-117496

26 mai 2012

dossier publié dans Cercle Psy juillet-août 2012

AUTISME LA GUERRE EST DECLAREE :

https://docs.google.com/file/d/0B8PVSgBwJ-uuTDhQakNfangtZFk/edit

Document très riche et intéressant (jjdupuis)

24 mai 2012

Au sujet de l'autisme en Belgique ...

De la nécessité d’un guide de bonnes pratiques en matière de
prise en charge de l’autisme en Belgique francophone :

http://www.inforautisme.be/01qui/articles/Autisme_Bonnes_Pratiques_Mai_2012.pdf

Les associations belges « Inforautisme », « AutiProches », « Grandir ensemble » et
« Plateforme Annonce Handicap ».
Les associations françaises « Association pour l’Evolution des Pratiques en
Pédopsychiatrie (AEPP) », « Autisme France », « Collectif des Démocrates Handicapés »
et « EgaliTED-Autisme ».

24 mai 2012

article publié dans le cercle psy le 23 mai 2012

Christine Philip : Autisme et école, à quand l’inclusion ?

Propos recueillis par Justine Canonne
Article publié le 23/05/2012
 
 
 
 

La loi « handicap » de 2005 garantit officiellement l’accession à la scolarisation des enfants autistes. Dans les faits, qu’en est-il ? Alors que l’école devrait s’adapter aux enfants (approche inclusive), c’est encore aux enfants de s’adapter à l’école (approche intégrative) : tel est le constat de Christine Philip, maître de conférences à l’Institut national supérieur de formation et de recherche pour l'éducation des jeunes handicapés et les enseignements adaptés (INS HEA), et membre du Laboratoire de Psychopathologie et Processus de Santé (LPPS) à l’université Paris-Descartes.

 

Vous avez récemment codirigé l’ouvrage Scolariser des élèves avec autisme et TED. Vers l’inclusion (avec Ghislain Magerotte et Jean-Louis Adrien, Dunod, 2012). Vous y expliquez qu’en France, l’inclusion des élèves avec autisme dans le système scolaire est loin d’être une réalité…

Dans la logique d’inclusion, c’est le milieu d’accueil qui répond aux besoins particuliers de la personne handicapée. Or, la France est restée dans une logique d’intégration en matière de scolarisation des élèves en situation de handicap, dont les élèves avec autisme : c’est la personne handicapée qui doit encore s’adapter au milieu. À l’inverse, d’autres États ont réellement mis en œuvre des politiques d’inclusion scolaire. C’est le cas des pays du Nord de l’Europe, mais aussi de l’Italie ou de la Belgique, deux pays qu’un rapport de 2007 du Comité  Consultatif National d’Éthique (CCNE) pointait comme des exemples dont il faudrait s’inspirer. En Italie, quand un élève avec un handicap de communication est accueilli dans une classe ordinaire, l’effectif de cette classe est réduit de moitié et l’enseignant se voit adjoindre un deuxième enseignant spécialisé, ce qui permet de scolariser en milieu ordinaire des enfants dans le bas du spectre autistique. Deuxième exemple, en Belgique, où c’est le Ministère de l’Education nationale qui est le maître d’œuvre de la prise en charge des enfants avec autisme. En France, comme l’indique ce rapport, ce sont les médecins psychiatres qui sont les décideurs en matière de « prise en charge » et l’accès à l’éducation et à la scolarisation reste accessoire, malgré la loi Handicap de 2005. C’est aussi en Belgique que sont accueillis beaucoup d’enfants avec autisme français, surtout parmi les plus « touchés », faute de places dans les institutions françaises. Et ne sont pas seulement concernés des enfants des régions limitrophes de la Belgique, mais aussi de toute la France, souvent avec un handicap lourd. C’est la France qui finance ces prises en charge dans les institutions belges au lieu d’ouvrir des places dans des institutions françaises.

 

La loi « Handicap » de 2005 pose le droit à la scolarisation pour tous. Pourtant, les dispositifs de scolarisation des enfants avec autisme en France ne sont pas à la mesure des besoins, dites-vous. Quelles sont les difficultés sur le terrain ?

Les effectifs dans les classes ordinaires posent par exemple un réel problème : lorsque l’on accueille des élèves avec autisme dans des classes de 30 élèves, ce n’est simple ni pour l’élève ni pour l’enseignant ni même pour l’accompagnant lorsqu’il est présent. Parfois, ces élèves n’ont pas d’accompagnant, ou cet accompagnant est à temps partiel, alors que la présence d’un Auxiliaire de Vie Scolaire (AVS) s’impose quand un élève avec autisme est scolarisé en milieu ordinaire. Et les accompagnants et enseignants intervenant auprès de ces élèves ne sont pas assez bien formés.

J’ai le sentiment que ces situations renvoient à un problème plus général : le manque d’engagement de l’Éducation nationale dans le domaine de l’autisme. La preuve en est que c’est la Haute Autorité de la Santé (HAS), seule, qui récemment, dans ses recommandations de bonnes pratiques sur l’autisme, met explicitement en avant les méthodes dites éducatives, comme ABA ou TEACCH. N’y a-t-il pas là quelque chose d’étrange, à voir la Haute Autorité de la Santé recommander des méthodes « éducatives » ? Le ministère de l’Éducation nationale – ou le Conseil supérieur de l’Éducation – n’est même pas signataire de ces recommandations. Pourtant, dès lors que l’on reconnaît que l’éducation est importante pour ces enfants, il faut bien que l’Éducation nationale se saisisse de la question de l’autisme. Il y a là un enjeu important : à qui appartient l’autisme ? Dans le système français, il apparaît que l’autisme appartient encore au domaine de la Santé, de la psychiatrie. Le rôle de la psychiatrie est certes de poser un diagnostic sur l’autisme. Mais ce n’est que le début du parcours, ensuite il faut passer le relais au système éducatif pour que ces enfants puissent bénéficier d’une scolarité effective.

 

Vous évoquiez des carences dans la formation des personnels intervenant auprès des élèves avec autisme ? À quoi tiennent-elles, selon vous ?

Après vingt ans de travail dans ce secteur, mon sentiment est qu’il faudrait que les professionnels du quotidien, enseignants et éducateurs, soient formés aux méthodes éducatives, qualifiées aussi de « comportementales », de type ABA ou TEACCH. L’argument qu’oppose l’Éducation nationale à de telles formations – et qui a d’ailleurs été rappelé dans une circulaire du 8 mars 2005 – est que l’on ne peut imposer des « méthodes » aux enseignants, au nom de la liberté pédagogique. Il ne s’agit pourtant pas d’imposer quoi que ce soit, mais avant tout de faire connaître ces méthodes aux enseignants. Or, actuellement, ils ne sont même pas informés sur le sujet. Cette carence a eu pour conséquence le développement d’un secteur de spécialistes de ces méthodes éducatives, exerçant en libéral, dont les services ne sont accessibles qu’aux parents les plus aisés. Donc, le besoin existe.

Pourtant, les méthodes éducatives sont toujours déconsidérées en France, et ce, au sein même des institutions publiques. Des professionnels des CMPP, par exemple, dont la formation s’appuie essentiellement sur la psychanalyse, rejettent les méthodes comportementales. La représentation que nous nous faisons de ces méthodes reste assez caricaturale dans notre pays : quand on dit « comportemental », on a tendance à penser à un conditionnement de type pavlovien, ce qui n’est pas le cas. Sans « fétichiser » les méthodes éducatives, je pense que l’on peut s’en inspirer et les utiliser avec intelligence et nuance, en appréciant chaque situation nécessairement singulière.

 

Quelle est la situation dans le milieu médico-éducatif, où l’on retrouve des enfants qui sont dans le bas du spectre autistique ?

Le volet scolaire y est très minoritaire. Cela tient à l’histoire de ces instituts médico-éducatifs : ils ont été mis en place dans l’après-guerre, sous l’impulsion des associations de parents, parce que l’État ne s’est pas saisi de la question de l’accompagnement des enfants handicapés. Les enseignants n’y ont été introduits que tardivement, et l’ont souvent été au « compte-gouttes ». Pour exemple, certains IME comptent ainsi 2 enseignants pour 60 enfants alors que d’autres n’en sont toujours pas pourvus. Par conséquent, ce sont les éducateurs spécialisés présents dans ces instituts qui pallient les carences du système et « font du scolaire », sauf que ce n’est pas leur métier... Et, quand il y a scolarisation, le temps qui y est consacré reste très faible : certains enfants en IME peuvent être scolarisés deux heures par semaine. Donc, si je suis parent d’un enfant en IME, je ne suis pas sûr du tout qu’il sera scolarisé de façon effective. Dans ce cas, la loi « Handicap » de 2005, qui prône la scolarisation, n’est tout simplement pas appliquée.

Lorsque l’on aborde le bas du spectre autistique, le cas des handicaps les plus lourds, il y a une tendance à penser qu’il faut peut-être ne pas s’acharner, que l’on va mettre ces enfants « en souffrance » en cherchant à les scolariser, en résumé qu’il ne faut pas « leur en donner trop », parce que « les compétences sont faibles ». Ce schéma de pensée est partagé par beaucoup de professionnels, y compris ceux de l’Éducation nationale. À l’inverse, je pense qu’il ne faut pas « donner moins », mais qu’il faut au minimum donner autant, sinon plus d’éducation à ces enfants. Il est vrai que l’on ne peut scolariser, par exemple, un élève avec autisme associé à un retard mental de la même façon qu’un élève ordinaire, mais il faut scolariser « autrement », en mettant en place des adaptations pédagogiques.

 

Quelles sont les relations entre les parents et les professionnels intervenant dans le champ de la scolarisation des enfants avec autisme ?

Là aussi, on n’a que trop tendance à penser que ces parents sont des personnes qui sont « en souffrance ». Cette vision ne reflète pas tout à fait la réalité. Ce que j’ai pu observer, particulièrement lors de ma thèse qui portait sur l’autisme et la parentalité (1), ce sont des parents qui ont acquis des compétences très pointues dans le champ de l’autisme, et qui, quelquefois, dans les situations de scolarisation, sont confrontés à des professionnels, aussi bien les AVS que les enseignants, qui sont moins formés qu’eux. Dans cette situation, ou bien le professionnel en question a l’humilité de reconnaître qu’il peut apprendre de ces parents, ou bien il juge que les parents n’ont pas à intervenir sur le terrain éducatif. Or, certains parents sont encore confrontés à des professionnels qui ont une attitude de méfiance à leur égard. Nous ne sommes toujours pas dans le cadre d’une relation horizontale, de partenariat, entre les parents et les professionnels dans le champ de l’éducation.

Cependant, il y a tout de même eu des évolutions : nous ne sommes plus à l’époque où les parents étaient systématiquement écartés de toute décision en matière d’éducation de leur enfant. Ils ont aujourd’hui un rôle à jouer, prévu notamment dans la loi Handicap de 2005 : leur avis est pris en compte dans l’élaboration du projet personnalisé de scolarisation (PPS) de l’enfant, et des possibilités de recours leur sont ouvertes en cas de contestation d’une décision des instances administratives… Seulement, ces démarches relèvent quand même d’un véritable « parcours du combattant » pour les parents d’enfants autistes, car elles nécessitent beaucoup de temps, de ressources, de connaissance du système administratif, de courage, pour être menées à bien.

 

Que peut apporter à un enfant avec autisme une scolarisation en milieu ordinaire ?

Vous remarquerez que c’est une question que l’on ne se pose pas pour les enfants non autistes... L’écrivain Marcel Nuss (2) explique très bien que, pour chacun d’entre nous, le parcours scolaire contribue à l’acquisition d’une autonomie, permettant de s’insérer socialement et professionnellement. C’est aussi le cas pour les enfants avec autisme. D’ailleurs, je suis toujours très étonnée lorsque j’entends que l’on oppose acquisition de l’autonomie et scolarisation. Certains disent : « Pourquoi scolariser ces enfants ? Il vaudrait mieux leur apprendre à être autonomes dans la vie quotidienne ». Oui, mais justement, ils seront d’autant plus autonomes qu’ils auront suivi un parcours scolaire – un parcours adapté, j’entends. Il ne faut pas avoir une conception trop restrictive de la scolarisation : scolariser, c’est développer des compétences cognitives et sociales, en essayant de conduire ces enfants vers une certaine maîtrise des apprentissages fondamentaux.

On se demande à quoi peut servir la scolarisation pour les personnes avec autisme, mais on ne se pose pas la question suivante : « A quoi peut conduire un parcours scolaire insuffisant, bâclé ou négligé ? ». Une circulaire de l’Éducation nationale du 30 avril 2002 attire l’attention sur les lacunes dans les parcours scolaires, qui peuvent créer, chez les enfants avec un handicap, « un sur-handicap ». Effectivement, ces enfants ont un handicap : ne créons pas un handicap supplémentaire en ne les scolarisant pas, mal ou trop peu ! Ce qu’il faut, c’est donner la possibilité à tout enfant de rencontrer un enseignant. À ce dernier de voir jusqu’où il peut amener cet élève dans les apprentissages. Mais on ne peut pas décréter a priori qu’il est impossible de scolariser un enfant. Si les diagnostics sont importants, les professionnels, quels qu’ils soient, devraient s’abstenir de faire des pronostics.

Mais pour répondre plus directement à votre question, l’intérêt que peut retirer d’une scolarisation en milieu ordinaire un enfant avec autisme, quelle que soit la gravité de son handicap, est de vivre et d’apprendre parmi les autres, d’être entouré d’enfants qui communiquent bien, susceptibles de constituer pour lui des exemples.

A contrario cet accueil de l’élève avec autisme en milieu ordinaire présente aussi un intérêt pour les autres élèves, en leur donnant la possibilité, « la chance » même, de rencontrer ce que Marcel Nuss nomme « un élève autrement capable », et donc de côtoyer le handicap dès leur plus jeune âge. Je suis persuadée que c’est par l’école que les mentalités pourront évoluer. Lorsque tous les enfants, dès leur plus jeune âge, prendront l’habitude de côtoyer d’autres enfants en situation de handicap dans leurs classes, on peut espérer qu’arrivés à l’âge adulte ils auront une autre représentation du handicap et seront davantage prêts à accueillir ces personnes dans le monde social et professionnel. Dans ces conditions, faisons l’hypothèse que la société sera alors peut-être un peu plus « inclusive » !

 

(1) C. Philip, Autisme et parentalité, Dunod, 2008.

(2) M. Nuss, Former à l’accompagnement des personnes handicapées, Dunod, 2009.


Les dispositifs de scolarisation des élèves avec autisme en France

• La scolarisation en milieu ordinaire
Il existe deux possibilités de scolarisation en milieu ordinaire,
- La scolarisation individuelle en classe ordinaire : l’élève avec handicap suit les cours dans une classe ordinaire, assisté d’un Auxiliaire de vie scolaire (AVS).
- La scolarisation en classe d'inclusion, classe regroupant des élèves avec handicap au sein d’une école ordinaire : les classes d’inclusion scolaire (Clis) au primaire (une douzaine d'élèves par classe), et les unités localisées d’inclusion scolaire (Ulis), au collège et au lycée, général, technique ou professionnel (une dizaine d'élèves par classe).
 
• La scolarisation en Institut médico-éducatif (IME)
L'enseignement en IME doit être théoriquement assuré par des enseignants spécialisés de l’Éducation nationale. Mais dans les faits, beaucoup de ces établissements ont un très faible nombre d'enseignants.


Mots clés

Loi du 11 février 2005 pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées, dite Loi Handicap : Cette loi rappelle les droits fondamentaux des personnes handicapées, tout en livrant une définition du handicap : « Constitue un handicap, au sens de la présente loi, toute limitation d'activité ou restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison d'une altération substantielle, durable ou définitive d'une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, d'un polyhandicap ou d'un trouble de santé invalidant. »

Concernant la scolarité, la loi de 2005 affirme que tout enfant présentant un handicap ou un trouble invalidant de la santé est inscrit dans l'école la plus proche de son domicile, qui constitue son établissement de référence. Il dispose aussi d’un enseignant référent. D’après ces dispositions, la scolarisation en milieu ordinaire est donc recherchée en priorité. L’enfant pourra être accueilli dans un autre établissement, en fonction de son projet personnalisé de scolarisation (PPS).

La loi prévoit que les parents soient pleinement associés aux décisions concernant leur enfant, et réaffirme la possibilité de prévoir des aménagements afin que les étudiants handicapés puissent poursuivre leurs études, passer des concours, etc.
 

Projet personnalisé de scolarisation (PPS) :
Le PPS définit les modalités de déroulement de la scolarité et les actions pédagogiques, psychologiques, éducatives, sociales, médicales et paramédicales répondant aux besoins particuliers de l’élève présentant un handicap. Ce projet est élaboré par une commission technique (l’équipe pluridisciplinaire) de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH), à la demande des parents. Le PPS est ensuite entériné par la Commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH), instance décisionnelle de la MDPH.

http://le-cercle-psy.scienceshumaines.com/christine-philip-autisme-et-ecole-a-quand-l-inclusion_sh_29006

20 mai 2012

article publié dans le blog autiste en France le 19 mai 2012

French autistic kids mostly get psychotherapy - Les enfants autistes français ont surtout des psychothérapies

 

Traduction, par Elsa Bouët, de l'article publié par Associated Press le 18 Mai 2012, et paru dans de nombreux journeaux anglophones

parmi eux : USA Today, News times, Washington Times...

 

LONDRES – Dans la plupart des pays développés, les enfants avec autisme sont habituellement envoyés à l'école où ils reçoivent un programme d'éducation spécifique. Mais en France, ils sont plus souvent envoyés chez un psychiatre où ils reçoivent une thérapie analytique par la parole faite pour les gens avec des problèmes psychologiques ou émotionnels.

Les choses changent lentement, mais non sans résistance. Le mois dernier, un rapport de la Haute Autorité de Santé française a conclu qu'il n'y avait pas d'accord parmi les scientifiques sur l'efficacité de la psychothérapie psychanalytique pour l'autisme, et elle n'a pas été inclue dans la liste des traitements recommandés.

Cela a provoqué un taulé chez les psychiatres. Des groupes comme l'école freudienne, l'association mondiale de la psychanalyse et l'institut français de l'enfant ont lancé une pétition appelant le gouvernement français à reconnaître leur approche clinique, basée sur la psychothérapie analytique.

"La situation en France est en quelque sorte comme celle des États Unis dans les années 50", dit le Dr Fred Volkmar, un expert américain qui dirige le centre d'études sur l'enfant à l'université Yale. "Les Français ont un point de vue très particulier sur l'autisme et, pour quelque raison, ils ne sont pas convaincus par les preuves."

Les méthodes comportementalistes, qui se basent sur le principe d'aider les enfants autistes à communiquer avec les autres et à développer des compétences sociales, sont la norme en Grande Bretagne, au Canada, au Japon, aux États Unis et ailleurs en Europe. Mais elles sont rarement utilisées en France.

La France a longtemps été critiquée pour son approche du traitement de l'autisme. En 2002, la fondation Autisme Europe a déposé plainte contre la France au conseil de l'Europe, accusant le pays de refuser d'éduquer les enfants autistes, comme il est requis par la charte sociale européenne.

La charge a été retenue et le comité européen des droits sociaux a déclaré que "la France a échoué à réaliser un progrès suffisant" dans l'éducation des enfants autistes. Le comité a aussi accusé la France de faire des personnes autistes "un groupe exclu" et souligné un "manque chronique de soin".

Volkmar dit que certaines formes de psychothérapies sont peut-être utiles pour des enfants autistes de haut niveau pour gérer des problèmes comme l'anxiété, mais ne devraient pas être considérées comme un traitement de première ligne. Il dit que la vaste majorité des enfants autistes aux États-Unis – plus de 95% – va à l'école.

Mais les enfants français avec autisme traînent loin derrière. D'après les données du gouvernement, moins de 20% des enfants autistes vont à l'école. La plupart du temps ils sont gardés à la maison ou vont dans un hôpital de jour pour des séances psychiatriques.

Beaucoup d'experts français insistent à dire que la psychothérapie analytique est essentielle. "Je ne dirai jamais que la psychanalyse est la meilleure méthode, mais elle est inestimable", dit Marie Dominique Amy, présidente de  la CIPPA, Coordination Internationale entre Psychothérapeutes Psychanalystes s'occupant de personnes avec Autisme. Elle dit que même chez les enfants autistes qui ne parlent pas, la thérapie peut être faite par les gestes et en interprétant leur langage du corps.

Amy dit qu'elle n'a rien contre les méthodes comportementalistes, qui pourraient être inclues dans un programme de traitement compréhensif. Mais elle dit qu'il était impossible d'accepter l'évaluation de la HAS sans consensus sur l'utilisation de la psychothérapie psychanalytique pour traiter l'autisme.

Amy dit aussi qu'elle a vu des enfants autistes s'améliorer après avoir été traités avec une thérapie controversée appelée "packing". Cela implique de serrer les enfants en sous-vêtements dans des draps mouillés et froids dans l'intention de les "reconnecter" avec leur corps. La pratique est rare, mais est autorisée en France dans le cadre de projets de recherche. Amy dit qu'elle a vu des enfants autistes commencer à parler, écrire et dessiner après les sessions. Elle dit qu'il est essentiel d'avoir la permission des parents avant d'essayer le packing.

D'après l'association française des psychiatres, le packing peut parfois produire des résultats "spectaculaires". Ce groupe dit que plus d'enfants autistes pourraient bénéficier de la méthode si les autorités ne régulaient pas de manière si étroite son utilisation.

D'autres condamnent cette pratique comme barbare. "Non seulement il n'y a pas de preuve que le packing fonctionne, mais il est impensable que quelque chose de potentiellement dangereux et nuisible puisse être performé sur des enfants vulnérables", dit Tony Charman, président de la branche autisme à l'institut de l'éducation de Londres.

Catherine Consel était horrifiée quand elle et son mari ont appris que leur fils Thomas, aujourd'hui 20 ans, avait été sujet à de régulières séances de packing pendant trois ans alors qu'il était traité dans un hôpital de Bordeaux. "J'étais choquée", dit Consel. "Nous faisions confiance aux docteurs pour prendre soin de lui". Consel et son mari ont appris ça par hasard des années plus tard, après que l'hôpital de Thomas soit apparu dans une émission télévisée sur cette technique.

Elle et son mari ont ensuite demandé le dossier médical de Thomas, où les psychiatres ont noté que son autisme était le résultat des problèmes mentaux de ses parents. "Il était très difficile de lire ce que Thomas a subi", dit-elle des séances de packing. "Ils ont noté tout très précisément, combien de temps ça a pris et comment il a crié et pleuré," dit-elle.

Consel est convaincue que Thomas aurait pu aller mieux si sa famille était restée aux États Unis, où il est né. "Il y a seulement une façon de faire les choses en France", dit elle. "Et parfois le gouvernement fait le mauvais choix."

Ailleurs en Europe, le packing est inconnu et même la psychothérapie analytique est rare.

En Espagne, par exemple, les recommandations sur le traitement de l'autisme publiées en 2006 ont mis la psychothérapie analytique dans la même catégorie que les thérapies comme la chelation, qui consiste à l'injection de produits chimiques dans le corps pour enlever les métaux lourds. Les officiels espagnols ont établi qu'il n'y avait pas de preuve sur l'efficacité de ces traitements alternatifs.

Joaquin Fuentes, un psychiatre et conseiller scientifique pour un groupe espagnol sur l'autisme, dit que là où il travaille dans la région Basque, les enfants autistes vont dans des écoles classiques et non pas en hôpital psychiatrique. "Être exposé à un traitement psychanalytique est une manière douloureuse et non-éthique de traiter un enfant avec autisme", dit-il.

Certains parents français en viennent à envoyer leurs enfants à l'étranger pour qu'ils reçoivent un traitement adéquat. Quand le fils d'Andy Berverly, Guillaume, a été diagnostiqué autiste à 2 ans, il a commencé à recevoir un traitement psychanalytique par des psychiatres à Paris.

"Ils ont dit que son autisme était une psychose et que Guillaume avait besoin de trouver lui-même comment s'en sortir", dit Berverly. Après des années d'une scolarité partielle en France, Beverly a envoyé Guillaume dans une école en Belgique qui se base sur des techniques pour l'aider à interagir avec les autres et à faire des choses simples comme mettre son manteau. Il est convaincu que Guillaume, maintenant 15 ans, serait plus avancé s'il avait eu un meilleur traitement étant enfant.

"J'ai commencé avec beaucoup de confiance dans les docteurs français, c'est seulement plus tard que j'ai réalisé que nous avions tort dans ce pays", dit Beverly. "La situation est peut-être enfin en train de s'améliorer, mais pour beaucoup de familles avec enfants autistes, ce n'est pas assez."

http://autisteenfrance.over-blog.com/article-traduction-de-l-article-french-autistic-kids-mostly-get-psychotherapy-105454821.html

18 mai 2012

Guides pratiques AVS - un site très instructif !

Créé dans le cadre d'un mémoire d'orthophonie, ce site a pour objectif d'offrir aux Auxiliaires de Vie Scolaire un outil pratique avec des pistes concrètes afin d'améliorer l'accompagnement des enfants porteurs de handicap en milieu scolaire ordinaire. Il s'adresse spécifiquement aux AVS, toutefois les enseignants peuvent aussi y trouver des idées intéressantes.

http://guidespratiquesavs.free.fr

A mon avis ce site dépasse largement son objectif de conseil aux Auxiliaires de Vie Scolaire car tous ceux qui accompagnent les personnes dans une institution ou en famille peuvent s'y référer et mieux assimiler un certain nombre d'éléments utiles et les mettre en oeuvre (jjdupuis)

17 mai 2012

la Marche des sciences (france culture) "L'Autisme : une guerre de cent ans" - 17 mai 2012

Avec Catherine Barthélémy, Jean-Claude Ameisen & Jean Vautrin

Catherine Barthélémy, physiologiste, psycho-pédiatre au CHU de tours, chercheuse à l’Université de Tours, qui a dirigé avec Frédérique Bonnet-Brilhault L’autisme : de l’enfance à l’âge adulte (Médecine Sciences Publications, 2012) 

Jean-Claude Ameisen, médecin et chercheur, professeur d'Immunologie et directeur du Centre d'Études du Vivant à l'Université Paris Diderot, président du Comité d'éthique et du Comité scientifique de la Fondation Internationale de la Recherche appliquée sur le Handicap (FIRAH).

Jean Vautrin, père d'un garçon autiste

 

Liens :

La tribune parlementaire sur l'autismeUn numéro spécial, daté d'avril 2012, qui parle de l'Autisme grande cause nationale 2012.
Avis n°102 sur l'autisme remis par le CCNE en 2007Un avis dont Jean-Claude Ameisen était le rapporteur : "Sur la situation en France des personnes, enfants et adultes, atteintes d’autisme"

Autisme SolidaritéCette association, présidée par Anne Vautrin, offre ses services à tous les parents, aux autistes enfants et adultes, de même qu’aux intervenants des réseaux de la Santé et des services sociaux, de l’Education, de la famille et de la petite enfance, ainsi qu’aux étudiants et au grand public. Autisme solidarité 10 place Capitaine Vincens-83670-Barjols /Tél : 04 94 77 14 71

17 mai 2012

article publié dans la Nouvelle République.fr le 15 mai 2012

Un père fait la grève de la faim aux marches du conseil général

15/05/2012 05:40

Les parents de Camille militent, en vain, depuis deux ans pour que leur fille âgée de 14 ans intègre une Unité localisée d’inclusion scolaire. Son père a entamé une grève de la faim depuis hier.

Philippe Cantet sur la place le jour, dans son camion la nuit. Philippe Cantet sur la place le jour, dans son camion la nuit.
 

Ils ont épuisé tous les recours. Ils sont épuisés tout court. Philippe Cantet et sa compagne Frédérique Meunier, domiciliés dans une commune du Châtelleraudais, mènent depuis deux ans un combat de titans contre une administration parfois condescendante à l'égard de leur situation et de celle de leur fille de 14 ans, Camille, atteinte d'une maladie génétique rare (*) et déscolarisée depuis 2010. A la suite d'une énième réunion à la MDPH (Maison départementale des personnes handicapées), vendredi dernier, qui n'a pas débouché sur une solution pérenne, Philippe Cantet a décidé de s'installer devant le conseil général à Poitiers pour y effectuer une grève de la faim.

Arrivé à 8 h 30, hier matin, Philippe Cantet a pris soin d'installer son camion sur une place de stationnement payant « pour ne gêner personne ». Un drap vole au vent floqué du simple slogan : « Indignez-vous ! » Une petite pancarte présente la photo de Camille et quelques mots sur sa situation avec une première « rupture » début 2010. A la suite d'un changement de direction, ses parents apprennent qu'à la rentrée 2011, Camille ne pourra plus intégrer la Seesha (Section éducation pour enfants sourds avec handicaps associés), structure adossée à l'IRJS (Institut régional pour les jeunes sourds) après y avoir été scolarisée pendant cinq ans. C'est le début d'innombrables courriers et démarches.

 " Nous avons besoin d'un nouveau départ "

Un parcours semé d'embûches administratives avec tout de même quelques beaux succès personnels. Notamment, l'intégration de Camille dans un centre de loisirs ordinaire et la participation chaque samedi à un atelier musical adapté. Ses parents veillent à consolider les apprentissages scolaires mais tout cela ne répond pas aux besoins de sociabilisation de Camille. Des besoins qui, en fonction de son handicap, seraient comblés si elle était scolarisée en Unité localisée d'inclusion scolaire (Ulis). Preuves à l'appui avec des courriers d'imminents spécialistes. Depuis deux ans, leur dossier est retoqué par la MDPH qui leur propose en revanche une place dans un Institut médico-éducatif, refusée par les parents.
Et enfin, un essai de trois semaines dans l'Ulis de France-Bloch Sérazin à Poitiers. Philippe Cantet s'insurge : « Après deux années déscolarisées, ce serait la " casser ". Il faut anticiper et la préparer. C'est pour cela que nous aimerions avoir l'été pour cela afin qu'elle soit prête à la rentrée prochaine. Nous avons besoin d'un nouveau départ même à mi-temps. » D'autant plus qu'il n'y a aucune certitude que l'essai débouche sur une place en Ulis. Ce serait alors un double échec lourd de conséquences.

 (*)Le syndrome de la délétion 22q13. Elle souffre de troubles sévères du langage. Et même si elle entend, elle s'exprime grâce à la langue des signes.


elle a dit

" C'est une mesure exceptionnelle "

Valérie Champion, vice-présidente du conseil général et représentante auprès de la Maison départementale des personnes handicapées de la Vienne (MDPH86) connaît bien le dossier. « Il est vrai que le fossé s'est creusé avec cette famille. Le dossier est difficile. Après des efforts de médiations infructueux, et un protocole d'accord refusé par les parents en 2011, nous avons établi une nouvelle évaluation en avril 2012. Une équipe pluridisciplinaire s'est réunie et a fait une nouvelle proposition de plan d'aide. Elle a fixé un rendez-vous qui a été refusé par les parents qui avaient fait une demande d'Ulis. En accord avec l'Éducation nationale, une mesure exceptionnelle a été proposée d'intégrer Camille Cantet pendant un stage d'un mois puis ensuite de faire un bilan pour savoir si ça fonctionne. Cette solution avancée, c'est du " cousu main ". »

Marie-Laure Aveline

17 mai 2012

article publié sur le site de Vivre FM le 16 mai 2012

Marie-Arlette Carlotti ministre des personnes handicapées

Marie-Arlette Carlotti est la nouvelle Ministre en charge des questions de handicap. Elle est aujourd’hui conseillère générale des bouches du Rhône élue d’un canton de Marseille. Cette juriste a été cadre (ressources humaines) dans l’aéronautique. Au sein de l’assemblée départementale elle s’occupe de la petite enfance.

Mais c’est sur la question du droit des femmes que l’on attendait Marie-Arlette Carlotti. Spécialiste du sujet dans l’équipe de campagne de François Hollande, elle avait encore récemment porté plainte contre le conseil constitutionnel au sujet du retrait de la loi sur le harcèlement sexuel.

A soixante ans, cette fidèle de François Hollande prend donc en charge la thématique du handicap dans le nouveau Gouvernement et les dossiers qui l’attendent sont nombreux. Au premier rang la question de la Gouvernance des politiques du handicap. Les associations souhaitent que ce sujet soit transversale, interministériel et certaines d’entre elles demandent la création d’un Haut commissariat au Handicap, rattaché au premier Ministre.

La scolarisation est aussi un thème qui revient régulièrement tant les difficultés sont nombreuses sur le terrain et la Ministre devra vérifier que les créations de postes promises à l’Education nationale iront aussi à l’amélioration des conditions de scolarisation des élèves handicapés.

Les dossiers emploi des personnes handicapées, accessibilité, maison départementales attendent aussi  Marie Arlette Carlotti. Là aussi il y a urgence.

Aujourd’hui, ni à Paris, ni chez elle à Marseille on n’a vu pour le moment cette élue sur le sujet du handicap. Les associations locales du secteur ne la connaissent pas, ou en tout cas pas sur ce thème là. Elle devra donc se lancer dans les dossiers dès aujourd’hui. Son expérience d’élue locale dans un département constituera pour elle un point d’appui pour relancer la politique du handicap.

http://www.vivrefm.com/podcast/2012/05/16/marie-arlette-carlotti/

10 mai 2012

L'association Meuphine organise les 3ème Rencontres norm'handicaps le dimanche 13 mai 2012

Nous vous rappelons notre grande cérémonie de sensibilisation au handicap (3ème édition des rencontres norm'handicaps) qui a lieu dimanche prochain et nous aurions aimé votre présence à nos cotés pour cette belle occasion (voir notre mail ci dessous) animations surprises pour les petits et les grands tout au long de la cérémonie. Merci d'en parler autour de vous
 
Les 7 fresques réalisées par les établissements scolaires (les collèges uniquement) sont en ligne sur notre site internet : www.asso-meuphine.org et nous vous invitons à le consulter afin de voter pour votre fresque "préférée" . Cela sera le vote des internautes
 
Bonne journée
 
Toute l'Equipe Meuphine  
 
 
Madame, Monsieur

 

L'association Meuphine  a le plaisir de vous convier à la remise officielle des fresques Rencontres Norm'handicaps 2011/2012 qui se déroulera le Dimanche 13 mai à partir de 13h30 à la salle Santarelli à Tournan en brie.

 

Cette 3ème édition, "Le Handicap dans le Monde", est nul doute l'édition la plus universelle.... et aussi celle qui résonne le plus dans tous les coeurs.   Le handicap est partout, il s'immisce, comme ça,  à l'improviste,  dans toutes les vies mais .... il n'est pas géré de la même façon aux quatre coins du monde.                  

 

Dimanche 13 mai, nous serions heureux de partager ce grand voyage avec vous en compagnie de nos artistes !!!!!

N'hésitez pas à vous inscrire, en famille, l'entrée est gratuite..... et les surprises sont nombreuses. Un goûter est offert à l'issue de la remise des fresques....                                            

 

Nous comptons sur votre présence qui nous encourage à poursuivre nos actions de sensibilisation. 

                                                                                                                                                       

A très vite

 

 

L'équipe MEUPHINE

 

 

 

 

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10 mai 2012

article publié dans le Sun le 9 mai 2012

Dog in school uniform helps teen back to classroom

Corgi Sally in school uniform
Prize-winner ... corgi Sally
Ross Parry
 
Last Updated: 09th May 2012
 
A DOG that wears school uniform has helped an autistic teen overcome his fear of the classroom.

Crufts-winning corgi Sally, has revolutionised 14-year-old Nick Gilling’s life since she arrived in it 18 months ago.

Before, the Asperger Syndrome-sufferer had refused to attend Allerton High School, but thanks to Sally he is back in class.

Mum Tessa, 45, of Leeds, West Yorks., explained: “Nick had been very badly bullied at school. The other pupils saw him as different.

“They would kick him in the stomach, leaving him with bruises, and taunt him.

“One day he just took his uniform off and told me, ‘That’s the last time I’ll ever wear school uniform. You’ll never get me back in that’.”

Nick's fear of leaving the house and especially attending school meant he was taught by the home/hospital education service for around two years

He only went back to a special unit at his school last April — but wouldn’t wear his uniform.

 

Nick Gilling and pal Sally
Best friends ... Nick and pal Sally
Ross Parry

Tessa had heard from the Dogs For The Disabled charity that Nick may respond through his dog.

She said: “I thought, ‘there’s nothing to lose’, so one morning, I got Sally dressed up in Nick’s uniform.

“He thought it was hilarious. He burst out laughing at her. But it was literally an instant reaction — he agreed to wear his school uniform that day to school. It was an amazing breakthrough.

“We’re also training Sally to play cards with Nick. It’s a long process, but dogs generally pick things up quickly, and it’s really good in helping Nick interact with people.”

 

Mum Tessa, Nick, dad Tim and sister Jenny
Happy family ... mum Tessa, Nick, dad Tim and sister Jenny
Ross Parry

Nick said: “Sally makes me feel safe when I’m out.

“Sometimes Sally comes into school with me and we play cards together.

“She is great to cuddle when you are nervous.

“She has changed my life and makes me smile every day.”

http://www.thesun.co.uk/sol/homepage/news/4304054/Dog-in-school-uniform-helps-teen-back-to-classroom.html

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