23 juillet 2019

Comme Greta Thunberg, je suis autiste et parfaitement capable de penser par moi-même

article publié sur le Huffington Post

LES BLOGS
23/07/2019 15:15 CEST | Actualisé il y a 2 heures

Penser qu'un ado autiste Asperger pense ce qu'on lui ordonne de penser, c'est être (volontairement ou non), totalement ignorant de ce qu'est le syndrome d'Asperger.

Mahaut Herrmann Ancienne journaliste et essayiste

Cela faisait plusieurs mois que j’hésitais: devais-je en parler ou pas? Et puis les attaques contre Greta Thunberg basées sur son handicap n’ont fait que croître et embellir, et ont atteint leur paroxysme en fin de semaine dernière, juste avant la prise de parole de la jeune suédoise lors d’un colloque de l’Assemblée Nationale. La décision a été prise assez facilement: j’en parle ouvertement. Fini de le cacher, je ne fais plus mystère du syndrome autistique dont je suis atteinte, comme Greta Thunberg.

Il m’a fallu du temps pour assumer ces trois mots: troubles du spectre de l’autisme, en abrégé, TSA (la notion d’autisme Asperger a disparu de la dernière version du manuel clinique de référence). Le mot autisme fait peur. Il autorise tous les fantasmes, complaisamment relayés par des auteurs de fiction en panne d’imagination. Un autiste serait soit une poupée au cerveau vide manipulable à merci soit un sociopathe aussi intelligent que serial killer en puissance. À moins qu’il ne soit vu comme un fou à enfermer d’urgence dans un foyer pour la protection des braves gens. Trop d’autistes, par crainte de ces clichés, ont dû se résoudre à cacher le diagnostic mis sur leurs troubles derrière des périphrases hésitantes.

Affirmer que Greta Thunberg est incapable de comprendre une problématique écologique à cause de ses TSA est donc faux et malhonnête.

Exaspérée par les éructations des doctes âmes qui prétendent mieux connaître les TSA que les personnes concernées, je souhaite porter un témoignage direct sur ces troubles. J’ai été diagnostiquée à l’âge adulte, après des années d’errance de médecin en médecin, un parcours scolaire et universitaire réussi mais humainement et émotionnellement difficile.

J’ai ainsi découvert que je souffrais d’un trouble des interactions sociales et du langage qui n’est pas une psychose et qui permet de bénéficier de la reconnaissance de travailleur handicapé. Car l’autisme est un handicap. Il n’implique pas une incapacité à comprendre des notions complexes et à penser par soi-même. Affirmer que Greta Thunberg est incapable de comprendre une problématique écologique à cause de ses TSA est donc faux et malhonnête. L’autisme est un trouble des interactions sociales, ce qui nous donne en permanence l’impression d’être en train de chercher notre chemin dans un paysage où les panneaux sont écrits un autre alphabet. Il existe des thérapies et méthodes  pour remédier à cela, mais cela induit une hyperfatigabilité récurrente, du fait des efforts quotidiens nécessaires.

L’autisme n’exclut pas nécessairement de toute vie sociale. En revanche, il la rend anormalement fatigante, ce qui impose parfois de prendre le repos nécessaire quand le corps est épuisé par les interactions sociales et émotionnelles. Le diagnostic m’a permet de prendre conscience des causes de ma fatigue permanente et de mieux m’adapter à celle-ci.

Est-ce que la présence d’intérêts restreints signifie qu’un autiste est incapable de penser par lui-même, comme on peut le lire au sujet de Greta Thunberg? Sûrement pas

Être autiste n’est donc pas synonyme d’être coupé du monde. Et il n’est pas non plus synonyme de ne s’intéresser à rien. Au contraire. Parmi les critères de diagnostic des TSA se trouve l’intérêt restreint, le fait pour un autiste d’accorder un temps et une attention démesurés à un sujet de prédilection. Greta Thunberg est autiste et passe tout son temps à alerter sur l’urgence climatique?

Son idée fixe n’est pas un signe de faiblesse d’esprit, comme certains le clament haut et fort. Au contraire, c’est parfaitement normal pour un autiste. Comme beaucoup d’autres autistes, son intérêt restreint la pousse à accumuler une énorme documentation sur le sujet. Un enfant autiste passionné peut devenir rapidement un vrai rat de bibliothèque. Sa sensibilité à la cause qu’elle défend la pousse aussi à s’en emparer avec plus d’intensité que ce qu’on attendrait d’une jeune fille de seize ans.

Elle est encore une adolescente, mais il n’est pas rare que des autistes se sentent plus à l’aise socialement et intellectuellement avec des adultes qu’avec des jeunes de leur âge. Tous les autistes sont différents et les troubles du spectre autistique se manifestent d’une manière différente chez chaque personne atteinte.

Néanmoins, quand je vois Greta Thunberg, je me revois ado autiste, prise de passion pour des causes sociales et ayant envie de remuer un collège ou un lycée entier pour le sensibiliser. La différence avec Greta Thunberg est que je n’avais pas les forces pour me lancer dans de telles entreprises. Mais j’avais mes propres intérêts restreints: la généalogie, d’une part, les langues et l’étymologie, d’autre part.

Est-ce que la présence d’intérêts restreints signifie qu’un autiste est incapable de penser par lui-même, comme on peut le lire au sujet de Greta Thunberg? Sûrement pas. C’est même le contraire. Celui qui s’imagine qu’un adolescent autiste pense ce qu’on lui ordonne de penser s’illusionne (volontairement ou non) sur les caractéristiques du TSA et la forte volonté présente chez les autistes. À treize ans, au moment de faire mes choix d’orientation de première, j’ai tenu tête au professeur principal, au CPE et à mes parents pour le choix de ma filière: je voulais continuer en même temps le latin et le grec, ce n’était possible qu’en L, ça serait donc L et pas S, filière vers laquelle tout le monde me suppliait de me diriger. J’ai eu de la chance, le dernier mot revenait à l’élève, même (et surtout) contre l’avis de ses parents. J’ai fait L et je ne l’ai jamais regretté puisque j’ai poussé l’étude des lettres classiques jusqu’au doctorat.

En Greta Thunberg, je revois donc beaucoup de l’adolescente que j’étais.

Quant aux idées politiques, il est déjà insultant pour un adolescent normal de penser qu’il ne peut pas en avoir. Avec les traits de caractère propres aux autistes, on imagine donc bien ce que donne un adolescent autiste qui prend fait et geste pour une cause sensible. Les images de la première grève de Greta Thunberg devant le Parlement suédois ravive en moi le souvenir de mes tribunes sociales enflammées dans le bulletin de l’aumônerie du lycée. Rajoutez à cela que les TSA se traduisent aussi par de fortes résistances spontanées devant une activité ou un aliment qui nous répugne, et on comprend aisément combien il est peu crédible, pour qui connaît les TSA de l’intérieur, que Greta Thunberg soit forcée d’agir et de prononcer des discours qu’elle ne comprendrait pas.

Quant à ses parents, mon propre souvenir des difficultés des miens me fait plutôt penser que ce n’est pas facile pour eux tout les jours de faire face à tout ce qu’impliquent, en négatif comme en positif, les TSA. Ce ne sont pas non plus son regard ou sa manière de répondre à des entretiens qui en font quelqu’un atteint de je ne sais quel psychose. Même quand il ressent de la sympathie ou de l’empathie pour la personne à laquelle il s’adresse (contrairement à une autre idée reçue, un autiste peut ressentir de l’empathie, et même fortement), une personne autiste éprouve de grandes difficultés à regarder son interlocuteur dans les yeux. Elle peut avoir des mimiques sur le visage qui ne traduisent rien d’autre que ses efforts pour agir au mieux dans la situation sociale dans laquelle elle se trouve.

Sans être fière d’être handicapée, car je n’ai pas à être fière de ce avec quoi je suis née, j’assume pleinement ce handicap.

En Greta Thunberg, je revois donc beaucoup de l’adolescente que j’étais. Je retrouve aussi des témoignages d’amis ou connaissances autistes, avec qui nous avons partagé des tranches de vie. Si j’ai choisi de témoigner aujourd’hui de mon handicap, car l’autisme en est un, c’est pour tous les enfants et adultes qui ne sont pas encore diagnostiqués et qui tentent de vivre malgré des troubles qui leur compliquent la vie. Des esprits forts se veulent originaux, parce que libres de ne pas penser comme tout le monde, en rabaissant Greta Thunberg au nom de son handicap.

Peut-être Greta Thunberg en fait-elle trop et risque-t-elle de payer un jour ses efforts au service d’une excellente cause. Mais pendant ce temps, dans un pays – la France – où les retards et défaillances dans la prise en charge des enfants autistes et de leurs familles sont régulièrement dénoncés, ce sont ces enfants et ces adultes qu’il convient d’avoir d’abord à l’esprit.

L’autisme n’est pas une honte. Même quand il est un handicap invisible, il a un impact quotidien sur nous. Sans être fière d’être handicapée, car je n’ai pas à être fière de ce avec quoi je suis née, j’assume pleinement ce handicap.

L’autisme fait partie de nous, il fait partie de moi, et il ne devrait jamais être utilisé pour rabaisser la personne, lui attribuer des symptômes imaginaires au gré de ses propres fantasmes, nier ses capacités ou sa dignité. On ne demande pas à une personne à mobilité réduite de cacher son handicap et d’en avoir honte. Pourquoi nous imposerait-on, comme certains tentent de le faire, de vivre comme si nous n’étions pas handicapés? Comme Greta Thunberg, je suis autiste, et je n’en ai pas honte. 

Ce billet est également publié sur le compte Twitter de Mahaut Herrmann. 

 

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La mesure de l'intelligence chez les personnes autistes non verbales

 

La mesure de l'intelligence chez les personnes autistes non verbales

Cet article est le résumé d'une recherche sur l'intelligence chez les personnes autistes non verbales, publiée au mois de mars dans la revue scientifique Journal of Autism and developmental disorders dont vous trouverez les références complètes à la fin de l'article. Le DSM-5 (APA 2013) indique qu'il faut rechercher s'il y a une déficience intellectuelle lors du diagnostic d'autisme.

https://comprendrelautisme.com

 

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Centre expert autisme fermé: la chasse aux fake-news | Autisme Limousin

logo autisme limousin

Centre expert autisme fermé: la chasse aux fake-news | Autisme Limousin

Nous avons récemment annoncé publiquement notre action juridique pour demander l'intégration des enfants de 4 à 6 ans. A la suite de cette annonce, nous avons été la cible de différentes attaques, l'ARS a publié ce matin-même un communiqué de presse nous accusant de propos diffamatoires.

https://www.autisme-limousin.fr

 

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Communiqué de presse - Autisme en Limousin : Le diagnostic et les interventions précoces pérennisés et renforcés

Communiqué de presse de l'ARS Nouvelle Aquitaine
23 juillet 2019

Image communiqué de presse
L’ARS Nouvelle-Aquitaine tient à réagir aux propos diffamatoires tenus par l’association Autisme Limousin. Les allégations fausses émises par cette association sont de nature à inquiéter les familles alors même que l’accès au diagnostic et aux interventions précoces pour les jeunes enfants présentant un trouble du spectre de l’autisme (TSA) est bien assuré.
Corps de texte

Comme annoncé en 2018, l’ARS Nouvelle-Aquitaine a pérennisé et renforcé l’activité de diagnostic et de prise en charge précoces des troubles du spectre de l’autisme (TSA) en Limousin.

Concernant le diagnostic des enfants de moins de 6 ans, les familles continuent de s’adresser au CHU de Limoges (service du Dr Eric Lemonnier) et, depuis le 1er juillet 2019, le CHU a également la responsabilité de structurer l’accès au diagnostic pour les enfants de plus de 6 ans (jusque-là assuré par une autre structure).

Depuis le 1er juillet également, la prise en charge précoce est assurée par des Services d'éducation spécialisée et de soins à domicile (SESSAD).
Ces évolutions permettent aujourd’hui d’étendre cet accompagnement aux familles de la Corrèze et de la Creuse qui n’y avaient auparavant que très peu accès.

Les familles du Limousin qui souhaitent faire évaluer leur enfant, dès leur naissance, afin de poser un éventuel diagnostic des TSA peuvent s’adresser au Centre Ressources Autisme (CRA) du Limousin, porté par le CHU de Limoges. L’objectif du CRA est de poser un diagnostic le plus tôt possible afin de maximiser les chances d’évolution du pronostic de l’enfant et de permettre une prise en charge précoce.

Le CRA Limousin, c’est :

  • 65 enfants de 0 à 6 ans qui ont été accueillis par le CRA depuis le début de l’année 2019,
  • 930 000 € de dotations de l’ARS.

Depuis le 1er juillet 2019, les enfants avec autisme diagnostiqué sont pris en charge par les Services d'éducation spécialisée et de soins à domicile (SESSAD) portés par les PEP 87, l’ALDP et la Fondation Jacques Chirac.

Comme le préconise la Haute Autorité de Santé, les interventions doivent se faire précocement, soit avant 4 ans et pour une durée pouvant aller de 18 mois minimum à 2 ans, soit jusqu’à l’âge de 6 ans. L’efficacité de ces interventions avant 4 ans est attribuée notamment au fait que le cerveau de l’enfant bénéficie avant cet âge d’une grande plasticité permettant un potentiel de développement neurologique important.

Les SESSAD d’intervention intensive précoce en Limousin c’est :

  • 107 places au total (contre 43 places avant le 1er juillet),
  • 66 places en Haute-Vienne, 36 en Corrèze et 5 en Creuse (avant le 1er juillet, cette activité concernait essentiellement les enfants de la Haute-Vienne),
  • Près de 4 millions d’euros alloués par l’ARS (37 500 € par place) auxquels s’ajoutent des moyens redéployés par les gestionnaires.

Les PEP 87 accompagnent actuellement les 15 enfants qui avaient déjà entamé un parcours d’intervention précoce avant le 1er juillet et 11 nouvelles admissions sont prévues pour septembre, tous âgés entre 0 et 6 ans,

L’ALDP accompagne actuellement 21 enfants dont 14 qui avaient démarré un parcours d’intervention précoce avant le 1er juillet. 16 de ces enfants ont plus de 4 ans.

Une durée d’autorisation de fonctionnement de 15 ans renouvelables comme pour tout autre service médico-social (ce qui n’était pas le cas avant le 1er juillet durant la période d’expérimentation).

L’ARS a tenu ses engagements en garantissant la continuité des prises en charge débutées avant le 1er juillet 2019.

Elle a également augmenté significativement le nombre de places pour permettre aux enfants de la Corrèze et de la Creuse de bénéficier d’une prise en charge précoce.

Enfin, l’ARS a conforté le CHU de Limoges dans sa responsabilité médicale et universitaire en matière de diagnostic et de prise en charge des TSA en Limousin.

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Documentation - Hand-AURA (anciennement Réseau de santé AURA 77)

 

Documentation - Hand-AURA (anciennement Réseau de santé AURA 77)

L'accès aux soins somatiques est un droit pour tous (loi du 11 février 2005) Plan Autisme 2008 - 2010 : la mesure 14 renforce l'accès au soin Plan Autisme 2013 - 2017: la fiche action n°16 " améliorer l'accès aux soins somatiques " Stratégie Nationale 2018 - 2022 pour l'Autisme

https://www.hand-aura.org

 

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21 juillet 2019

Fermeture du Centre expert autisme Limousin : une association saisit la justice

 

Fermeture du Centre expert autisme Limousin : une association saisit la justice

La colère et l'incompréhension de l'association Autisme Limousin. Depuis le 1er juillet 2019, le Centre expert autisme a définitivement fermé ses portes, sur décision de l'ARS, l'Agence régionale de Santé. L'association a déposé un recours devant le tribunal administratif de Bordeaux.

https://france3-regions.francetvinfo.fr

 

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Vidéo -> Spécialiste de l'autisme, le docteur Djéa Saravane médecin de la douleur invité du JT Midi

Guyane la1ère Ajoutée le 7 févr. 2019

Spécialiste de l'autisme, le docteur Djéa Saravane médecin de la douleur invité du JT Midi donnera une conférence sur le traitement de la douleur sur les personnes autistes

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20 juillet 2019

Je suis scandalisé : le fils autiste de Stéphane refusé dans un centre à Sprimont car il est belge ?

Stéphane cherche désespérement un centre d’hébergement pour son fils autiste. Il y a quelques semaines, ce Liégeois a contacté un établissement à Sprimont qui lui a affirmé ne prendre en charge que des Français. Une situation choquante pour ce papa. Qu’en est-il exactement?

"Je trouve cela plus que scandaleux et je souhaite en faire écho", lance Stéphane via notre bouton orange Alertez-nous. Cet habitant de Jemeppe est le père de Régis, un autiste sévère de 21 ans qui vient de terminer ses études."Il était scolarisé dans un enseignement spécialisé à Grivegnée et pour le mois de septembre nous devons lui trouver une place dans un centre d’hébergement adapté", indique Stéphane.

Le handicap de son fils nécessite en effet une prise en charge spécifique. "Régis ne parle pas, ne peut pas manger ni se laver tout seul. Il n’est donc pas du tout autonome et a besoin d’un encadrement adapté. On n’a pas d’espoir de trouver une place dans un centre sans hébergement car ils sont blindés. Il reste donc les centres avec hébergement qui permet à Régis de rentrer le weekend", explique le Liégeois.

En mai dernier, ce père de famille a donc contacté la Résidence du Fort, un centre d'hébergement spécialisé pour les personnes en situation de handicap situé à Sprimont. "Quelle ne fût pas ma surprise lorsque le responsable m'a répondu ne prendre en charge qu'exclusivement des enfants français pour une question de subsides", témoigne Stéphane. "Ce n’est pas normal qu’en étant en Belgique la priorité est donnée aux Français, c’est quand même fort de café", ajoute le père de famille.


Régis et sa famille 


Un blocage des subsides wallons pour les nouvelles places

En réalité, ce n'est pas vraiment la nationalité de Régis qui pose problème, mais plutôt le manque de financement octroyé par les pouvoirs publics. Depuis 1997, il existe en Wallonie un moratoire qui interdit tout subside à une nouvelle institution qui accueille des personnes handicapées sauf pour les "cas prioritaires" (personnes en situation extrême) ou en cas d'appels à projets lancés par le ministre compétent. Et pour les centres existants, l'AVIQ (agence wallonne pour une vie de qualité) est limitée dans l’octroi de subsides en raison de carences budgétaires.

"En Wallonie, nous agréons et finançons un certain nombre de prises en charge. L’AVIQ peut agréer plus de prises en charges que de financer de places", indique Sarah Lefèvre, porte-parole de l’agence wallonne. Par exemple, l’AVIQ peut agréer la prise en charge de 70 personnes mais ne financera que 65 places, étant donné qu’il y a un moratoire en vigueur. "Ces places agréées mais non-financées peuvent être occupées par des personnes françaises", précise-t-elle.


La France injecte plus de 410 millions d’euros par an

La France, qui ne possède pas assez de structures, fait donc appel aux places situées dans les services wallons qui ont été agréées mais non-financées. Les autorités françaises subventionnent intégralement ces places destinées à ses ressortissants handicapés. Ainsi, chaque année, l’Hexagone injecte en Wallonie un peu plus de 410 millions d'euros de subventions (selon des chiffres du gouvernement wallon). "Et les modalités d’octroi des subventions sont très différentes entre les systèmes français et wallon", commente Sarah Lefèvre sans donner plus de précisions.

Au début de cette année, il y avait plus de 8.000 Français en situation de handicap accueillis chez nous, souvent dans des établissements hennuyers le long de la frontière.

Au total, près de 19.500 personnes sont prises en charge dans les 477 structures existantes en Wallonie, selon l'AVIQ. On s'aperçoit également que, dans la grande majorité des cas, ce sont des adultes et que le nombre de centres résidentiels est beaucoup plus élevé que le nombre de structures d'accueil de jour.


Pourquoi cet exode français ?

Le manque de places n'est pas le seul facteur pour expliquer cet exode. Alors que la France a historiquement mis l'accent sur des aspects médicaux et thérapeutiques, la Belgique privilégie la prise en charge socio-éducative et les capacités d'autonomie des personnes. Une approche qui semble séduire pas mal de familles françaises.

"Ce que les personnes et les familles aiment chez nous en Belgique, c'est la qualité de la prise en charge éducative plutôt qu'une démarche basée sur le soin. En effet, nous mettons la priorité sur des activités qui correspondent aux centres d’intérêt de la personne", souligne la porte-parole de l’AVIQ.


"On ne peut pas dire que nous refusons des Belges, ce n'est pas une question de nationalité mais de subsides"

"Je ne peux pas faire du bénévolat"

Visiblement, la Résidence du Fort fait donc partie de ces établissements wallons qui prennent en charge des ressortissants français subventionnés. "L'AVIQ ne subsidie pas du tout notre centre pour accueillir des Belges. On ne peut donc pas dire que nous refusons des Belges, ce n'est pas une question de nationalité mais de subsides", insiste Audrey Hanson, la directrice générale. "Si l'AVIQ voulait bien subventionner la place de Régis, il n'y aurait pas de souci. Mais là je ne peux pas faire du bénévolat. Je dois rémunérer les éducateurs et les autres membres du personnel pour leur travail, surtout si je veux maintenir un service et des soins de qualité", ajoute-t-elle.

En résumé, les Français ne prennent donc pas la place de Belges. Le budget wallon ne permettrait de toute façon pas de subventionner ces places françaises si elles étaient vacantes.

Au contraire, la présence de nos voisins permet de créer des milliers d'emplois en Wallonie et la manne financière venue de l'Hexagone serait excédentaire. Les montants envoyés sont supérieurs aux besoins réels et permettent donc à la Région wallonne de payer les frais d'hébergement et d'accueil de Belges.


Macron veut créer de nouvelles places en France

Récemment, le gouvernement français a toutefois annoncé sa déclaration d'intention de rapatrier certaines personnes handicapées françaises résidant chez nous. Lors de sa visite dans notre royaume fin 2018, Emmanuel Macron a d'ailleurs symboliquement visité un centre pour adultes présentant un handicap mental ou des troubles autistiques. Le président français a affirmé vouloir créer de nouvelles places dans son pays pendant son mandat. Une façon d'éviter le départ de ses ressortissants vers des institutions belges.

"Nous espérons que les autorités françaises travailleront en remettant le choix de la famille au centre afin qu'elles décident de la structure de leur choix et que les "retours" des personnes en France soient organisés au cas par cas", estime l’AVIQ. "Selon nous, ce transfert devrait être organisé avec une période de "préavis" et une organisation de l'accueil dans la nouvelle structure. Par ailleurs, il nous semble qu'il doit donc y avoir une création progressive de services en France afin de pouvoir offrir une capacité d'accueil de qualité", ajoute Sarah Lefèvre.

L'AVIQ, qui collabore déjà avec la France pour échanger des informations et réaliser des inspections, se dit prête à soutenir nos voisins dans cette démarche pour le bien-être de tous.


"On est toujours dans l’attente. Et je ne me berce pas d’illusions"

Stéphane toujours dans l’attente: "C’est un enfer"

En tout cas, Stéphane reste amer face à cette réalité. Il pointe du doigt la difficulté et le stress en tant que parent wallon pour trouver un établissement adapté. "Suite à ma demande, une employée de l’AVIQ est venue chez nous pour faire passer notre fils sur une liste prioritaire. Elle nous a également donné une liste de centres à contacter. En juin, cela m'a pris trois jours à remplir les candidatures et à les envoyer car les demandes ne sont pas forcément les mêmes. C’est vraiment épuisant", souffle le Liégeois.

A bout après plusieurs mois de recherche et de paperasse administrative, Stéphane déplore évidemment le manque de places mais aussi de soutien. "C’est un enfer. Ce n’est déjà pas facile d’avoir un enfant dans cet état et personne ne nous facilite la vie. Il faut nous-mêmes aller à la pioche aux informations. Ce serait déjà tellement plus simple si toutes les candidatures étaient uniformisées", estime le père de Régis.

Aujourd’hui, il n’a toujours pas trouvé de centre pour son fils. "On est toujours dans l’attente. Et je ne me berce pas d’illusions. Je serai rassuré qu’une fois l’admission de mon fils validée."

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Comprendre l'autisme : Les troubles et les problèmes associés

 

Participate!

Les personnes ayant reçu le diagnostic d'autisme peuvent aussi montrer d'autres troubles associés : une déficience intellectuelle, de l'épilepsie, un trouble de déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité, une dépression, etc.

https://www.participate-autisme.be

 

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19 juillet 2019

Le Conseil d'Administration d'Autisme France - Assemblée Générale 18 mai 2019

Extrait du site d'Autisme France

Liste des membres du Conseil d'Administration

 

Françoise Bastier  
Nicole Clavaud  

Anne Freulon  

Secrétaire Générale
Christine Garnier Galimard Vice présidente 
Frédérique Glory
 
Thierry Jardin  
Danièle Langloys Présidente

Marie-Claude Leclerc

 
France Levy  
Marina Petit   
Elisabeth Rivard  
Sandra Rondet  
Jean Simonin   
Christian Sottou Trésorier
Marie-José Villaret   
Sylvie Zuntini Secrétaire adjointe

CA-2019 Autisme France

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