16 juin 2015

Autisme, un combat au quotidien pour Alan et sa famille

article publié dans l'impartial

L'ado avait bien failli ne jamais pouvoir partir en voyage scolaire. Pour un motif qui révolte sa famille : diagnostiqué autiste, il n’avait pas trouvé de famille d'accueil...

15/06/2015 à 07:59 par jpgoss

 

Les époux Begot ont décidé de se battre pour offrir à leur fils Alan une vie la plus heureuse, la plus normale possible.

Les époux Begot ont décidé de se battre pour offrir à leur fils Alan une vie la plus heureuse, la plus normale possible.

Alan Begot a des souvenirs plein la tête. Et des photos qui remplissent les tiroirs, ou plutôt les cartes mémoires de son appareil numérique. Pourtant, son voyage scolaire en Allemagne a bien failli ne jamais voir le jour. Jusqu’aux deux derniers jours avant le départ de sa classe de 4e du collège Victor Hugo, cet adolescent de 15 ans diagnostiqué autiste depuis l’âge de 9 ans n’avait pas trouvé de famille d’accueil, contrairement à ses camarades. Révoltés, lui et sa famille avaient alors contacté la presse pour rendre publique cette situation vécue comme une injustice. Nous avions rencontré chez eux en avril dernier à Gisors Alan et ses deux parents David et Laëtitia, en attente d’un dénouement qui sera finalement heureux. Un professeur d’allemand acceptera en effet à la dernière minute de prendre chez lui Alan le temps du voyage. C’est un jeune homme et des parents très combatifs qui nous ouvraient alors leur porte. « C’est inacceptable. Je veux que ça se sache, ce n’est pas une maladie ! » lançait alors Alan Begot face aux refus des familles d’accueil de le prendre chez eux en raison de son autisme.

Une lettre à Nicolas Sarkozy

Un caractère bien trempé, hérité de ses deux parents, pas tout à fait du genre à rester passifs face aux épreuves. Et des épreuves, David et Laëtitia vont pourtant en connaître après le diagnostic posé par un premier médecin… Il y a d’abord ce premier risque de fermeture de la classe CLIS (classe pour l’inclusion scolaire) dans laquelle était scolarisé Alan à l’école primaire Jean Moulin. « Elle comprenait 12 élèves, et était menacée de fermeture. J’ai donc directement écrit au président de la République de l’époque, Monsieur Nicolas Sarkozy. Nous avions reçu en retour un courrier du cabinet qui indiquait que le président avait été sensible à cette lettre et que le préfet serait averti. Finalement, la classe avait été maintenue », explique le père d’Alan.

Deuxième obstacle plus difficile à surmonter : l’absence de véritable structure prenant en charge les cas d’autisme au niveau local. « Il faut savoir qu’une fois le diagnostic posé, on se retrouve un peu seuls. Il y a bien une structure dédiée au niveau régional, la maison départementale du handicap. Mais pour ce qui concerne le suivi du handicap, il n’y a rien dans le coin… » La famille aura donc dû se battre une fois encore pour obtenir une aide personnalisée à la vie scolaire à temps complet pour l’entrée au collège.

Seul soutien : le corps enseignant

« La plupart des enfants dans le même cas n’obtiennent que 10 à 12 h par semaine. Il a fallu remuer ciel et terre pour obtenir un temps complet. À force de détermination, nous l’avons obtenu, on nous appelait même le « dossier sensible », se souvient David Begot. La famille peut en revanche compter sur le soutien des équipes enseignantes de l’école Jean Moulin et du collège Victor Hugo de Gisors. Et le père d’Alan d’ajouter : « C’est même grâce à la directrice de l’école Jean Moulin que nous avons pu conserver à temps complet l’aide à la vie scolaire qui suivait Alan depuis plusieurs années déjà, grâce à un article de loi qu’elle a retrouvé et qui lui permettait d’obtenir l’autorisation d’exercer à temps complet sans avoir à passer de nouveaux diplômes ». Grâce à sa détermination et à celle de sa famille, Alan a pu suivre une scolarité classique et épanouie. Mais la famille Begot envoie aujourd’hui un signal d’alarme : « Ce n’est pas normal d’avoir à se battre à ce point au quotidien pour obtenir simplement des droits normalement acquis. Il faut plus de communication sur l’autisme ». Le message est passé.

Gisors, 27

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Des parents craignent une déscolarisation forcée de leurs enfants handicapés

article publié dans Le Figaro
Par Mis à jour le 16/06/2015 à 07:54
Publié le 15/06/2015 à 18:58
En France, au moins 13.000 enfants sont sans solution éducative, selon un chiffre officiel de 2008, dernier en date.

Un collectif de parents d'enfants en situation de handicap alerte sur le manque de places dans les établissements spécialisés de Seine-Saint-Denis, et plus gobalement sur l'ensemble du pays. Ils ont alerté François Hollande.

 

Ils ont écrit à François Hollande, au défenseur des droits et lancé plusieurs pétitions. En Seine-Saint-Denis, des parents se battent depuis plusieurs mois pour que leurs enfants en situation de handicap puissent poursuivre leur scolarité. Inscrits à l'EMP Henri-Wallon à Stains, un établissement qui accueille une cinquantaine d'enfants souffrant d'un handicap mental, une dizaine d'adolescents vont se retrouver sans solution dans les deux prochaines années, faute de place dans des établissements spécialisés dans l'apprentissage (les Impro ou institut médico-professionnel). Leurs parents ont beau envoyer des demandes d'inscription, les réponses sont souvent les mêmes: «Faute de place, votre enfant ne peut être accueilli», «votre enfant est placé sur liste d'attente».

Des courriers de ce type, Ouarda Loxa en a déjà reçu cinq. Sa fille Méline, âgée de 16 ans, devait intégrer en 2014 un Impro, une structure qui accompagne les adolescents de 14 à 20 ans pour leur apprendre un métier. Faute de place, elle a été maintenue à l'EMP Henri-Wallon, qui ne peut pas accueillir d'enfants au-delà de l'âge de 17 ans. «Du coup, sans réponse positive d'ici l'année prochaine, Méline se retrouvera sans structure adaptée à la rentrée 2016», regrette Ouarda Loxa, employée de mairie. «Elle devra rester à la maison et je devrais arrêter mon activité professionnelle, c'est insupportable... Nous avons bien pensé à déménager, mais ce n'est pas possible. Nous sommes en France, le gouvernement devrait être capable de créer suffisamment de structures adaptées».

«Je ne sais plus quoi faire, c'est le trou noir»

Naéma Benouada, 52 ans, est également désemparée. Sa fille Karima, âgée de 17 ans, va devoir quitter l'EMP Henri-Wallon fin juin. «Elle va se retrouver sans école à la rentrée, c'est de la déscolarisation forcée, je ne sais plus quoi faire, c'est le trou noir», s'inquiète cette commerçante qui a envoyé plusieurs demandes. Pour l'heure, elle a reçu trois refus et attend deux réponses. «C'est vraiment stressant. Pour elle, comme pour nous. Elle se demande si elle va pouvoir continuer à voir ses camarades».

Nordigne Issaad, le responsable d'Henri-Wallon, déplore cette situation qui se répète chaque année. «Quand on travaille avec un enfant arrivé à l'âge de cinq ans et qu'on le voit partir à 16 ans, sans structure adaptée, c'est très difficile à vivre», confie-t-il. «S'il n'y pas de continuité dans la prise en charge, il peut y avoir une régression terrible des acquis». Y a-t-il des alternatives possibles? «Aller en Belgique, avec tous les risques que cela comporte», répond le directeur de l'établissement. En 2014, près de 2800 enfants étaient scolarisés dans des écoles spécialisées en Wallonie.

«Les Instituts médico-éducatifs sont très très engorgés à cause du manque général de place dans les structures spécialisées (Esat, foyers de vie, etc.)», explique Sophie Cluzel, présidente de la Fédération nationale des associations au services des élèves présentant une situation de handicap (FNASEPH). Faute de place dans les établissements pour adultes, «on maintient les jeunes dans des structures qui ne sont plus adaptées à leur âge, ce qui bloque l'entrée des nouveaux arrivants. En fait, le manque de place s'accumule, c'est un vrai cercle vicieux», résume la responsable associative.

Selon l'association Unapei, qui regroupe plusieurs dizaines de milliers de familles, 6500 personnes seraient maintenues actuellement dans des établissements pour enfants, faute de place en milieu adulte. «C'est comme si vous disiez à tous les bacheliers: ‘Bravo, vous avez eu votre bac, mais il n'y a plus de place dans le supérieur pour vous, donc vous allez restés au lycée pendant trois ou quatre ans de plus'», explique sa présidente Christel Prado. «Qui accepterait ça? Personne. Mais quand vous êtes handicapés, vous n'avez pas le choix».

13.000 enfants sans solution éducative

Inquiets, une quarantaine de parents dont les enfants sont scolarisés à l'EMP Henri-Wallon sont réunis au sein d'un collectif «pour faire bouger les lignes». «Ces trois derniers mois, nous avons lancé des pétitions, écrit à François Hollande, à Ségolène Neuville, la secrétaire d'état chargée des personnes handicapées, mais nos courriers sont restés lettre morte», regrette Ouarda Loxa. D'autres élus locaux ont en revanche apporté leur soutien aux familles, à l'image de la député GDR Marie-George Buffet qui a alerté en mai dernier la ministre de la Santé Marisol Touraine, via une question écrite, restée à ce jour sans réponse. D'autres, avant elle, avaient déjà soulevé ce problème. La député PS du Finistère Chantal Guittet avait ainsi interrogé le gouvernement en 2013. L'élue avait indiqué, rapport à l'appui, qu'il manquait dans son département plus de 800 places, tout types d'établissement confondus.

En 2008, Nicolas Sarkozy avait lancé un plan de création de 50.000 places pour enfants et adultes sur cinq ans, répondant ainsi aux demandes des associations. Les objectifs n'étant pas atteints en 2013, le plan a été repoussé à 2016. «Pour le moment, seules deux tiers des places ont été créées. Il y a un manque de place criant dans ce pays. En plus de ce plan, il nous faudrait au moins 50.000 places supplémentaires pour satisfaire les demandes des familles», alerte Christel Prado qui rappelle qu'au moins 13.000 enfants handicapés sont sans solution éducative en France.

» LONG FORMAT - Face à l'autisme, des parents isolés

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29 mai 2015

Sur les bancs de l'école recrute !

Photo de Sur les bancs de l'école.

à partager sans modération
Contact recrutement : http://www.surlesbancsdelecole.fr/agir…/devenir-accompagnant ou vanessa.lagardere@gmail.com

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23 mai 2015

Un jugement qui place un jeune autiste de 16 ans en institution

article publié dans l'Express

 

Timothée,  vivant à Lyon avec sa mère, son beau-père et sa sœur, était jusque là scolarisé à son collège de secteur dans lequel cela se passait bien et où il voulait retourner cette année (2014-2015). Sa mère n’a pas voulu changer ce cadre de vie.  Elle  a souhaité comme l’année précédente, une scolarisation dans le même collège, avec une auxiliaire de vie scolaire.

Le jour de la rentrée 2014-2015, elle a refusé la déscolarisation forcée  et particulièrement violente de son fils par le principal du collège (voir la vidéo). Elle a fait des recours contre  les décisions administratives, judiciaires qui allaient toutes dans le sens d’une déscolarisation du milieu ordinaire en faveur d’un placement en institut médico éducatif n’offrant aucune possibilité de scolarisation effective.

Afin de protéger son fils elle a par la suite a déménagé  progressivement dans la maison de campagne dans laquelle Timothée avait l’habitude d’aller très régulièrement depuis des années, et l’a inscrit au CNED.

Voila son premier devoir corrigé.

1er devoir de Physique-Chimie de Timothée, inscrit en classe règlementée

1er devoir de Physique-Chimie de Timothée, inscrit en classe règlementée

L’arrêt du jugement d’appel du 19 mai a ordonné le placement de T. chez son père, ceci afin de le placer en institution.

 

Quelques extraits du jugement (disponible dans ce lien)

« Dans ces conditions d’insoumission de la mère aux différentes décisions judiciaires, administratives et scolaires prises à l’égard de son fils, ayant conduit notamment à la déscolarisation de Timothée pendant plus de 7 mois et à un changement radical de son cadre habituel de vie. »

(…)

«Le refus de scolarité opposé par la mère était constitutif d’un élément nouveau qui légitimait la compétence du juge des enfants
La mère était dans un combat viscéral contre tous, les instituts, le père etc. pour faire valoir ses droits et ceux de sa famille, qu’elle limite à son nouveau mari et à ses deux enfants, excluant ainsi Mr. D. de la place qui lui revient et que cette posture représente un véritable danger pour la stabilité et l’éducation de son fils.»

(…)

« Cet ensemble d’éléments nouveaux (..) a incontestablement entraîné un danger pour cet enfant qui s’est retrouvé dans un nouvel environnement sans solution scolaire et privé partiellement de son père chaque mercredi. »
(Éléments nouveaux : refus de Mme Z. de donner son accord pour l’autorisation d’inscription en IME, déménagement dans l’Ain.)

(…)

« Ainsi il est établi que les conflits et l’obstruction de Madame Z totalement irrespectueuse des décisions de justice ont abouti à un éloignement du mineur de son cadre de vie habituel et à une déscolarisation laquelle représente pour lui une perte de chance qui peut s’apparenter, comme l’expert le souligne, à de la maltraitance. »

(…)

« Le 1er juge s’est très opportunément interrogé sur le brusque déménagement de Mme Z. alors que l’ensemble des professionnels s’accordent sur la nécessité pour Timothée d’être préservé de tout changement dans son environnement quotidien. »

(…)

« L’importance de troubles constatés chez Timothée par les psychiatres impose une prise en charge globale, qu’il est nécessaire de centraliser dans un seul et même établissement afin de coordonner les différentes prises en charge, et ainsi éviter tout morcellement. »

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Accueil périscolaire : la Caf soutient les enfants handicapés

article publié sur le site de la CAF
04 Mai 2015
Les activités périscolaires sont ouvertes à tous, mais des adaptations sont parfois nécessaires pour faciliter l’accueil des enfants en situation de handicap. Désormais, les Caf pourront apporter une aide financière aux communes.

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La mesure a été annoncée par le président de la République le 11 décembre 2014, lors de la Conférence nationale du handicap. Les Caf jouent un rôle croissant dans le soutien aux activités périscolaires organisées par les communes, notamment dans le cadre de la récente réforme des rythmes scolaires.
Pour répondre à l'orientation fixée par le chef de l'Etat, les Caf vont dorénavant accompagner financièrement les communes qui souhaitent investir pour faciliter l’accès des enfants en situation de handicap à ces activités périscolaires. 
 

Adapter les activités proposées et renforcer l'encadrement

Ceci pourra se traduire, selon les cas, par une adaptation des locaux ou des activités proposées, ou encore par un renforcement de l'encadrement par des adultes. Au vu des projets, les Caf pourront participer au financement de ces adaptations, grâce à un « fonds publics et territoires » doté, pour l'ensemble de ses missions, de 380 millions d'euros pour la période 2013-2017.
Pour sa part, la ministre de l'Education nationale a demandé aux recteurs d’académies que chaque projet d'école - obligatoire pour tous les établissements scolaires - comporte un volet sur l'accueil et l'accompagnement des élèves handicapés.

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21 mai 2015

Autisme : Israël a développé une méthode qui marche

article publié dans The Times of Israël

Changer le regard sur l’autisme s’avère être toujours un long parcours semé d’embûches pour les familles

6 février 2014, 17:30
Un enfant autiste travaille avec un psychomotricien dans un institut médico-éducatif à Paris (Crédit : AFP/Archives Franck Fife)
Journalistes

AFP – Les enfants autistes subissent en France une « discrimination quotidienne ». Peu ont accès à l’école, aux loisirs, aux mêmes droits que les autres en général, et changer le regard de la société est un parcours du combattant, témoignent les familles.

La quasi-totalité des Français (95%) accepteraient que leur enfant soit en classe avec un enfant autiste, révèle un sondage Ifop pour l’association SOS autisme en France publié mercredi 5 février.

Pourtant « seuls 20% des enfants autistes sont aujourd’hui scolarisés », déplore la porte-parole de l’association, Olivia Cattan. « Il y a 600 000 autistes en France, mais ils restent invisibles », lance-t-elle, dans un cri de colère.

Cette militante féministe, auteur du témoignage « Un monde à l’autre. Autisme : le combat d’une mère » aux éditions Max Milo, est la maman de Ruben, 8 ans, diagnostiqué autiste à 5 ans. Elle rend compte de leur combat pour le faire accepter à l’école.

Pour lui permettre de suivre, à mi-temps, une scolarité ordinaire, et « parce qu’aucune auxiliaire de vie scolaire (AVS) publique n’était disponible », Olivia Cattan, ancienne journaliste, a cessé toutes ses activités professionnelles et pris la décision d’accompagner elle-même son fils à l’école, pendant deux ans.

Aujourd’hui, la famille paie une AVS privée et des séances de psychologie comportementale. « Mais comment font les mères célibataires qui vivent avec le RSA? », s’insurge Olivia Cattan.

Elle y raconte aussi le quotidien de sa famille, confrontée au mutisme du petit garçon, jusqu’à ce qu’une méthode éducative en Israël parvienne à lui débloquer la parole.

En effet, le centre Feuerstein, emploie près de 160 personnes dans ses locaux de Jérusalem afin d’aider les personnes autistes. Il s’appuie sur une méthode élaborée dans les années 1970 par le professeur israélien, d’origine roumaine, Reuven Feuerstein.

Reuven Feuerstein (Crédit : Wikimedia commons)

Reuven Feuerstein (Crédit : Wikimedia commons)

Celle-ci est destinée aux enfants handicapés, ou en situation traumatique. Selon Feuerstein, « toute personne est capable de changement quel que soient son âge, son handicap et la gravité de ce handicap. Les enfants différents ont simplement besoin d’un surcroit d’attention et d’investissement personnel ».

La méthode se fonde sur le principe de « médiation », à savoir une personne qui s’interpose entre l’enfant et le monde.

Selon le site de L’Express, « Des méthodes comme [celle de] Feurstein, qui ont fait leurs preuves depuis des années en sortant les enfants littéralement de leur mutisme et en permettant à ces enfants d’avoir une vie sociale et professionnelle, sont révolutionnaires. Certains enfants de ce grand centre situé en Israël sont devenus professeurs dans des universités, comptables, infirmiers, d’autres sont entrés dans l’armée à des postes de haut gradés. Ils ont pour la plupart fondé une famille et sont autonomes. »

« Il y a 600 000 autistes en France, mais ils restent invisibles »

Olivia Cattan

Malgré la loi handicap de 2005, qui voulait favoriser la scolarisation des élèves handicapés en milieu ordinaire, les associations dressent un constat d’échec.

« De plus, à chaque étape de la scolarisation obligatoire, le nombre d’enfants atteints d’autisme scolarisés diminue », souligne M’Hammed Sajidi, président de Vaincre l’autisme.

« Ainsi, si 87% des enfants autistes qui sont scolarisés en milieu ordinaire le sont en école élémentaire, seulement 11% le sont au collège et 1,2% au lycée ».

Et le combat ne s’arrête pas aux portes de l’école. « Les enfants autistes n’ont pas non plus accès aux centres de loisirs, aux clubs de sport ou aux conservatoires », explique Olivia Cattan. « Quand j’ai voulu inscrire Ruben à un club de tennis, on m’a suggéré de lui faire faire plutôt du rugby ou du trampoline », soupire-t-elle.

« Il n’y a pas un jour sans que l’on soit confronté à une menace d’exclusion d’un lieu public », raconte aussi Laurent Savard, père de Gabin, 11 ans, autiste et hyperactif.

« Contrairement à la trisomie 21, l’autisme ne se voit pas, du coup, c’est un peu la double peine : votre enfant souffre d’un trouble du comportement et peut aussi provoquer le rejet ». Pour se battre, ce comédien a choisi l’arme de l’humour (noir), en abordant dans un spectacle, « Le bal des pompiers », la différence de son fils.

« On se figure généralement l’autiste comme le personnage de « Rain Man » mais il y a des tas de formes d’autisme, qui restent très méconnues et peuvent faire peur », souligne-t-il.

Pour mettre fin aux discriminations, l’association SOS autisme en France a fait appel à une équipe d’avocats, que pourront saisir les familles pour faire valoir leurs droits.

Un premier accord a été conclu avec la fédération d’athlétisme, qui s’est engagée à ne pas refuser d’enfants autistes dans ses clubs, se félicite l’avocat David Koubbi.

« Nous sommes dans une phase de sensibilisation mais, si dans une deuxième phase nous constatons qu’il y a violation des droits, nous engagerons des poursuites en justice », assure-t-il.

Dans une décision rendue publique mercredi 5 février, la France a été épinglée par le Conseil de l’Europe qui lui reproche de pas respecter l’accès à la formation professionnelle des autistes et leur droit à être scolarisés dans des établissements ordinaires.

Pour Vaincre l’autisme, à l’origine d’une réclamation collective contre l’Etat français, « cette condamnation apporte aux familles concernées « espoir et soulagement ». L’association a récemment publié son rapport, faisant un bilan des avancées ou non de l’année 2013.

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18 mai 2015

Une classe pour sept enfants autistes ouvrira à Serris en septembre 2015

article publié dans Le Parisien
Thomas Poupeau | 17 Mai 2015, 19h32 | MAJ : 17 Mai 2015, 19h32
  Serris. C’est au groupe scolaire Robert-Doisneau, située dans le bourg de Serris, qu’ouvrira en septembre prochain une classe dédiée aux enfants atteints d’autisme.
Serris. C’est au groupe scolaire Robert-Doisneau, située dans le bourg de Serris, qu’ouvrira en septembre prochain une classe dédiée aux enfants atteints d’autisme. (DR.)

C’est une première dans le département. A la rentrée de septembre, une classe de maternelle réservée aux enfants atteints d’autisme ouvrira à l’école Robert-Doisneau de Serris. Ce projet entre dans le cadre du plan autisme 2013-2018, qui prévoit l’ouverture d’une structure par département.

« L’Education nationale nous a sollicités l’an dernier, raconte Philippe Descrouet, maire UDI. Nous avons donné notre accord, avec la volonté de faire de l’autisme une cause importante dans la commune. »

Située dans le bourg de Serris - où le nombre d’enfants décroît, la démographie s’étant déplacée vers les nouveaux quartiers - cette classe accueillera sept élèves, âgés de trois ans. Ils seront entourés d’un enseignant spécialisé et d’éducateurs. « Ils seront intégrés à la communauté éducative de l’école », précise l’édile.

L’aspect pédagogique est piloté par l’Institut médico-éducatif (IME) de Torcy. Pour la mairie, reste à » rassurer » les parents d’élèves de l’établissement. « J’ai prévu une réunion pour les informer des détails, poursuit Philippe Descrouet. Car quand on connaît mal ce handicap, on peut en avoir peur », estime Philippe Descrouet.

Plus globalement, à la rentrée prochaine, sept Ulis (NDLR : unités localisées pour l’inclusion scolaire, intégrées aux collèges) supplémentaires ouvriront en Seine-et-Marne à la rentrée, en plus des 50 déjà existantes. Par ailleurs, il existe 73 Clis, leur pendant à l’école élémentaire.

Frédéric Baboulaz des Amis de l’atelier : « L’objectif, c’est que les élèves intègrent l’école traditionnelle »

Troubles de la communication, altération des interactions avec les autres, absence de capacités d’imitation : autant de symptômes de l’autisme qui rendent très difficile la sociabilisation des enfants atteints de ce handicap.

« L’objectif de cette classe, c’est que les élèves intègrent l’école élémentaire traditionnelle », espère Frédéric Baboulaz, directeur du pôle enfance de la fondation les Amis de l’atelier, qui gère l’IME de Torcy, pilote du projet. L’idée est donc de sociabiliser les petits pensionnaires de cette maternelle. « Ils partageront certains temps avec les autres enfants, notamment la cantine et la récréation, poursuit-il. Il y aura également des temps d’inclusion dans les classes traditionnelles. »

Par ailleurs, en classe, des méthodes spécifiques seront appliquées : « C’est une approche qui vise à dispenser les apprentissages en s’appuyant sur ce que les enfants aiment bien, pour capter leur attention ». Outre un enseignant spécialisé, issu de l’Education nationale, les enfants seront entourés de quatre éducateurs, d’un psychologue et d’un orthophoniste, pour leur part affiliés à l’IME de Torcy.

Enfin, les sept places pour intégrer cette classe sont déjà prises. « La sélection a été faite en amont, les enfants ont été repérés dans des centres de diagnostic », indique Frédéric Baboulaz

T.P.

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12 mai 2015

Education. Une unité d'enseignement adapté pour autistes à Vannes

Sept enfants seront accueillis en maternelle à la Rabine en septembre

Les choses bougent en ce qui concerne l’accueil des autistes à l’école. Une nouvelle unité d’enseignement maternelle leur sera dédiée à l’école La Rabine, à Vannes. À partir de la rentrée, sept enfants de 3 à 5 ans (3-4 ans au départ) présentant des troubles envahissants du développement y seront scolarisés, à plein temps, à côté des autres enfants.

2ème structure en Bretagne

Le projet, a été porté par l’Établissement public social et médico-social « Vallée du Loch » qui a répondu à un appel à projets de l’Agence régionale de santé. Ville de Vannes et Éducation nationale s’y sont associées. Ce sera la seconde structure du genre en Bretagne. La 1ère a ouvert en septembre dernier à Cesson-Sévigné.

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